Sarkozy 2012: Pourquoi il ne peut pas gagner

Publié le 21 juillet 2010 par Jean-Paul Ney

C’est l’histoire d’un coup de foudre qui finit mal, très mal. A l’image de ces rencontres uniques, la séduction rapide n’apporte rien de bon. C’est la fin de l’histoire.

Alors que doucement mais surement la république Française glisse vers une insurrection des bandes contre le système et les lois du peuple, tout porte à croire que Nicolas Sarkozy, prodige sauveur de la droite en 2002 n’aura jamais été ce président fort, habile et sans remords que les français attendaient depuis des lustres.

De mai à octobre 2007, le tout fraichement élu président de la république aurait pu faire passer n’importe quelle réforme la plus impopulaire fût-elle, son « état de grâce » était à l’image de l’espoir qu’il a véhiculé pendant l’une des plus formidables campagnes présidentielles que la France ait connu.

Ayant vécu cette campagne auprès du candidat (je suivais alors les policiers du SPHP pour un ouvrage qui leur était consacré), je me suis surpris à frissonner lors du discours de la porte de Versailles en janvier 2007. Je garde encore en souvenir ce badge UMP siglé « organisation ». En effet, le candidat Sarkozy emporta alors la foule, l’orateur avait réussi l’impossible : unifier la droite, unifier les droites et porter le juste combat républicain et populaire jusqu’aux marches de l’Élysée…

Puis, le soir du 5 mai, deux mondes s’affrontaient à Paris: ceux du Fouquet’s et ceux de la gare de Lyon. Pendant que les uns sabraient le champagne, les autres battaient le pavé, renversaient des voitures, pillaient les vitrines et agressaient les passants. J’ai préféré faire mon travail de reporter au cœur de cette guérilla urbaine et gouter la douce saveur du gaz CS plutôt que les petits fours du Fouquet’s, car c’est bien connu,  j’aime l’action (et pas les réceptions qui m’emmerdent profondément).

La France en 2002 avait donné son premier coup de semonce à un gouvernement, aux partis républicains et à *toute* la classe politique… las de tant de fausses promesses, ils avaient voté pour le troisième homme: Jean-Marie Le Pen. Non pas que la France soit un repère de fachos d’extrême droite, mais qu’il soit parfois possible que ces citoyens ouvrent la porte de la bergerie au loup peut parfois donner un coup de fouet au berger qui s’endort profondément sans se soucier de la sécurité de son cheptel…

Jacques Chirac – élu avec un score de dictateur africain -  avait alors fait comprendre aux français et au monde entier qu’il avait entendu et compris le message.

Et puis rien, le vide, quelques mots, quelques actions de communication comme sait si bien le faire Claude la fille.

Les années ont passé, et je trouve (dire que je suis le seul serait faux) que les français dans leur ensemble ont été relativement patients.

Scores historiques: Nicolas Sarkozy aura eu deux médailles pour deux scores jamais atteints : Celui du candidat à la présidence le plus populaire de France et celui du président français le plus impopulaire depuis 30 ans…

Et pourtant, OpinionWay, institut de sondage droitier et pro-sarkozyste ne pourra endiguer la triste réalité.

Pour dire ! Même la base solide a finalement lâché : les policiers acquis à la sarkozie ne s’y feront plus prendre ! Ce sont eux-mêmes qui me le disent tous les jours, de tous les grades, de tous les services et de tous âges : « Sarkozy, tu nous as trahis ».

Et ce petit peuple, coincé entre les bandes des cités, celui-là-même qui se fait fouiller à corps par des crapauds (koi ! koi ! koi!) quand il rentre du travail alors qu’il doit passer dans un hall occupé par ces « jeunes » [mode bobo activé] a qui on n’a laissé aucune chance et dont la société est la première fautive… [mode bobo désactivé].

Ces citoyens en territoires occupés (sous-entendre là où la loi républicaine n’a plus lieu) avaient voté docteur Sarkozy pour qu’il allume enfin son Karchër, mais mister Nicolas qui en avait juste fait la promo, ne l’eusse-t-il jamais branché…

Docteur Sarkozy l’a dit: « Les paradis fiscaux c’est terminé ».

Docteur Sarkozy l’a dit: « La loi des bandes c’est terminé ».

Docteur Sarkozy l’a dit: « Je serais un président exemplaire ».

Mais mister Nicolas a retourné sa veste, leurré le peuple.

Tel un roi déchu, il est monté aussi vite qu’il est descendu, et s’il continue à descendre aussi bas dans les sondages « il va trouver du pétrole » comme dit l’autre…

A Paris, ceux qui ont soutenu Sarkozy retirent discrètement la photo qui trône sur le bureau ou la cheminée familiale, reste d’une gloire éphémère partagée entre le candidat et son fidèle soutien. Les petites fourmis ouvrières du sarko-Internet nettoient leurs profils et révisent leur e-réputation: ils ne veulent plus du tout qu’on les assimile de près ou de loin avec celui qui fût jadis leur héros.

Dans les campagnes, bien loin de la capitale, là où j’ai tenté l’aventure d’une campagne régionale contre Georges Frêche, les mains m’agrippaient alors pour me demander de « lui » dire de « faire quelque chose » et de « se bouger ». Puis les lettres ont afflué, lettres personnelles à transmettre à l’intéressé, lettres déposées à l’Élysée par mes soins, off course. A ces actions de centaines de milliers de déçus ont suivi des coups de fils « mais qu’est-ce qu’il fout là haut ? »…

2X5 = 10 : impossible en Sarkozie

Triste réalité sociale et non pas mathématique: Nicolas Sarkozy ne peut pas rempiler pour cinq ans en 2012, en tout cas pas avec un bilan aussi catastrophique en terme de communication. La crise est profonde et la rupture ressemble à la faille de San Andreas. L’affaire Clearstream donne la mesure des suivantes : le boat people de Bolloré, les montres à 50.000 €, les privilèges des ministres, le salaire doublé, l’ouverture cataclysmique à gauche, la dissolution du secrétariat aux droits de l’Homme, les dépenses de la garde prétorienne, l’affaire Woerth-Bettencourt… Trop de magouilles aux yeux des français, il suffit d’aller boire son petit noir chaque matin au bistrot du coin pour se rendre compte que la rupture entre Sarkozy et le peuple français est largement entamée, pas besoin d’un sondage bidon pour comprendre la réalité de la chose…

Certains ont osé dire que Nicolas Sarkozy candidat présidentiable est passé à président présidentiel. Il sera le dernier président d’une droite au bord de l’implosion, le RPR sentait trop mauvais, l’UMP empeste à vue, tel un cadavre en décomposition avancée.

Il est dores et déjà trop tard, en 2012, au premier tour de la présidentielle, les français ne voteront ni pour un candidat de gauche ni pour un candidat de droite, fusse-t-il DSK dans son costume de super-héros revenant d’outre atlantique.

En 2012 les français vont faire ce qu’ils savent faire de mieux: donner un bon coup de pied au cul des politicards, ils referont ce qu’ils ont fait en 2002, parce que pour les français, 2×5=10, dix ans de confiance, dix ans de trop.

2012 ne sera probablement pas la fin du monde, mais surement la fin de la cinquième république et des politicards-cumulards, le seul problème est que le Front National, à mon avis, n’a rien d’un parti républicain.

Mais si l’épicier arabe de mon quartier me dit qu’il va voter pour « la fille de Le Pen », c’est alors que sans doute, la république à  rapidement plus besoin d’un sursaut politique que d’un sursaut citoyen.

Mais comme dit l’autre (une fois de plus) : jusqu’ici tout va bien…

Jean-Paul Ney, grand reporter, rédacteur en chef et fondateur « Les Grandes Oreilles ».

Illustrations: Q.G. de campagne de l'UMP / Jean-Paul Ney / Gamma & DR

1 commentaires pour cet article

  1. rogerBERNARD Says:

    C’est de belle vérité mais je voudrai savoir pour qui voté en 2O12 our moi
    je suis perdu il ya plus de gauche ilya plus de droite il y a des elus coronput du plus petit maire député^président d’administration et j’en passe c’est tous simplement une révolution et que tous repart a zéro .
    Comment faire confience à des politiciens qui ne savent m^mes pas ce qu’est une fin de mois difficile avec ces salaires minables par rapport aux leurs . Ont paye des gens pour coller les affiches pour les élections ont promets des postes dans l’administration, les chefs de services de ces administration sont égelemnt coronput par la politique .
    Dite moi la solution car ont parlé ont peut critiqué mais personne ne solutionne le probleme nous n’avons plus de lideur en politique mais des
    gavés des menteurs oui ça ne manque pas .

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  1. LGO : Les grandes oreilles … | Business Commando a écrit:

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