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	<title>Les Grandes Oreilles &#187; DOSSIERS</title>
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	<description>Actualité, politique, investigation, grands reportages</description>
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		<title>11 septembre 2011: Téléchargez le Livre Noir du Terrorisme</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Sep 2011 12:53:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Yves Bonnet]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce dimanche 11 septembre, nous vous offrons en exclusivité, au format numérique, l&#8217;ouvrage de Jean-Paul Ney et Laurent Touchard. Pour la commémoration du 11 septembre 2001, la rédaction se joint à notre rédacteur en chef, Jean-Paul Ney, pour vous offrir le Livre Noir du Terrorisme (paru en novembre 2004 et préfacé par l&#8217;ancien directeur de]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">Ce dimanche 11 septembre, nous vous offrons en exclusivité, au format numérique, l&#8217;ouvrage de Jean-Paul Ney et Laurent Touchard.</span></strong></h4>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2447"></span></p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Pour la commémoration du 11 septembre 2001, la rédaction se joint à notre rédacteur en chef, Jean-Paul Ney, pour vous offrir le Livre Noir du Terrorisme (paru en novembre 2004 et préfacé par l&#8217;ancien directeur de la DST, Yves Bonnet) en édition limitée numérique.<br />
</strong></h4>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Note de l&#8217;éditeur</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le Livre Noir du Terrorisme est l’un des meilleurs ouvrages sur la question parus depuis le 11 septembre 2001. Pour la première fois, deux grands spécialistes que sont Jean-Paul Ney (grand reporter, chercheur associé au Centre de Recherche sur le Terrorisme) et Laurent Touchard (éditeur de Milrens et chercheur CRT) ont expliqué en détail la guerre contre le terrorisme et vulgarisé l’inexplicable. Epaulés par l’ancien directeur de la DST, le contre-espionnage français; Yves Bonnet a aussi préfacé l’ouvrage en y apportant sa notoriété de spécialiste en la matière depuis plus de vingt-ans. Ney et Touchard explorent toutes les façettes de cette guerre de l’ombre, entre secrets cachés  et secrets dévoilés volontairement à la presse… Aucunement adeptes du complot, leurs travaux sont à essence journalistique. Une minutieuse enquête qui permet à ce jour tant au profane qu’à l’expert de comprendre le monde tel qu’il est depuis le 11 septembre 2001. Sont évoquées les menaces futures et bien entendu, sous forme de prospective, ce que pourrait connaître l’Europe si elle ne combat pas le terrorisme islamiste de toutes ses forces.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Editions de La Pieuvre noire, octobre 2004. ISBN n° 2951859023.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Réédition numérique : PRESSE 2.0 / LGO</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="color: #000000; text-decoration: underline;">Cliquez sur l&#8217;image pour télécharger l&#8217;ouvrage, au format PDF. </span></span></strong><br />
<strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="color: #000000; text-decoration: underline;">Nous vous souhaitons bonne lecture !</span></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a title="Le Livre Noir du Terrorisme, Jean-Paul Ney" href="http://bit.ly/r0bkXn " target="_blank"><img class="alignnone size-full wp-image-2451" title="livre-noir-terrorisme-jean-paul-ney-lgo-web-offre" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2011/09/livre-noir-terrorisme-jean-paul-ney-lgo-web-offre.jpg" alt="" width="500" height="700" /></a></p>
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		<title>Ben Laden et Abdallah Azzam, la véritable genèse d’Al-Qaïda</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Sep 2011 12:12:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Des origines du terrorisme à l&#8217;histoire moderne d&#8217;Al-Qaïda, voici une série d&#8217;articles et d&#8217;analyses exclusives de Jean-Paul Ney et Laurent Touchard. Par Jean-Paul Ney, rédacteur en chef et Laurent Touchard, co-auteurs du Livre Noir du Terrorisme Ben Laden naît le 30 juillet 1957 à Jeddah, Arabie Saoudite. Il est le dix-septième d’une famille de cinquante-deux]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: justify;"><strong>Des origines du terrorisme à l&#8217;histoire moderne d&#8217;Al-Qaïda, voici une série d&#8217;articles et d&#8217;analyses exclusives de Jean-Paul Ney et Laurent Touchard.</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2419"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Par Jean-Paul Ney, rédacteur en chef et Laurent Touchard, co-auteurs du Livre Noir du Terrorisme</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ben Laden naît le 30 juillet 1957 à Jeddah, Arabie Saoudite. Il est le dix-septième d’une famille de cinquante-deux enfants (dont dix-neuf garçons), 54 enfants selon les sources. Son père est originaire de la province d’Hadramaout au Yémen. Dans les années 1950, celui-ci s’enrichit grâce à une compagnie de BTP. Son empire financier se développe &#8211; en dépit de sa mort en 1968 dans un accident d’avion &#8211; en particulier grâce à la construction et à la rénovation de mosquées. Un des ses fils, Oussama Ben Laden suit le parcours scolaire classique des riches séoudiens : tout d’abord à Riyad, puis à l’étranger, en l’occurrence à Londres. A 17 ans, il épouse une Syrienne, appartenant à la famille de sa mère. C’est aussi à cette époque qu’il commence à s’intéresser à la politique, en se rapprochant de groupes critiques à l’égard de la monarchie séoudienne. En 1975, il entre à l’université King Abdel Aziz de Djedda, en Arabie Saoudite. Il en sort diplômé en génie civil en 1979. Il entre alors dans l’entreprise de son défunt père.</p>
<div id="attachment_2425" class="wp-caption alignleft" style="width: 235px"><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2011/09/abdallah_azzam-les-grandes-oreilles.jpg"><img class="size-full wp-image-2425" title="abdallah_azzam-les-grandes-oreilles" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2011/09/abdallah_azzam-les-grandes-oreilles.jpg" alt="" width="225" height="287" /></a><p class="wp-caption-text">Azzam est un ancien membre bien connu de l’Organisation de Libération de la Palestine.</p></div>
<p style="text-align: justify;">A la fin des années 1970, il est présenté au prince Turki Ibn Fayçal Ibn Abdelaziz, chef des services de renseignement séoudiens. Il se met à sa disposition. Le responsable décide d’employer les talents de gestionnaire du jeune homme au profit de la résistance afghane, plus particulièrement, du Hezb-i Islami. Fin décembre 1979, Ben Laden arrive au Pakistan. Sur place, il rencontre Abdallah Azzam, Palestinien de Jordanie. Azzam est un ancien membre de l’Organisation de Libération de la Palestine. Il a quitté l’OLP, indigné par la corruption régnant aux plus hauts échelons de la hiérarchie du mouvement. Azzam et Ben Laden mettent donc sur pied, depuis Peshawar, un réseau de soutien à la résistance. Azzam se charge du recrutement des volontaires aux quatres coins du Monde, mais essentiellement aux Etats-Unis, en Europe, au Pakistan, dans les Pays du Golfe Persique et en Egypte. Pour sa part, Ben Laden obtient des fonds de l’ISI ; ainsi que de donateurs privés du Golfe Persique. Son carnet d’adresses fait qu’il n’éprouve aucune difficulté à rassembler des fonds importants. D’autant que le Djihad est décrété contre les Soviétiques et qu’y participer est une obligation faite à tout bon musulman. Les wahhabites d’Arabie Saoudite et d’autres monarchies du Golfe Persique n’hésitent donc pas à venir au secours de leurs frères afghans, via de fortes sommes d’argents.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1980, il effectue plusieurs voyages clandestins en Afghanistan. Il s’installe durablement à Peshawar (Pakistan) en 1982 où il retrouve Azzam. Une bonne partie de la somme distribuée par l’ISI aux factions islamistes de la rébellion afghane passe entre les mains de Ben Laden. Il en va de même pour les équipements. D’autre part, Ben Laden met à profit son entreprise séoudienne pour construire des infrastructures utiles à la guérilla : routes, hôpitaux et camps d’entraînement, ce qui lui vaut le surnom de « l’entrepreneur ». En 1984, Azzam crée une organisation non-gouvernementale : le Makhtab al-Klidamet (MAK ; Bureau des Services). Ben Laden crée également la sienne Bayt al-Ansar (la Maison des Partisans). Grâce à elles, Azzam et Ben Laden disposent d’une liberté accrue vis à vis de l’ISI et de la CIA. Les dons privés peuvent être versés directement à ces organisations, sans transiter par l’ISI ou les services de renseignement séoudiens. La manne financière ainsi obtenue est alors gérée en toute indépendance. D’autre part, le MAK et Bayt al-Ansar installent des bureaux dans de nombreux pays, dont les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Des volontaires peuvent s’y enrôler pour aller combattre en Afghanistan. Depuis ces centres, les volontaires sont pris en charge jusqu’à des camps d’entraînement installés dans la région de Peshawar. Durant cette période, Ben Laden rencontre pour la première fois le mollah Omar. Celui qui deviendra quelques années plus tard le chef des talibans n’est alors qu’un simple docteur de la foi.<br />
Afin de connaître le devenir des volontaires qui transitent par Bayt al-Ansar, Ben Laden prend l’initiative de mettre en place un registre. Ce registre devient une véritable structure administrative de suivi des volontaires, baptisée le Registre de la Base ou plus simplement al-Qaïda &#8211; la Base -.</p>
<p style="text-align: justify;">A partir de 1988, des tensions apparaissent entre Azzam et Ben Laden. A cette date, plus de 50.000 volontaires ont été envoyés en Afghanistan, sous l’égide du MAK et de Bayt al-Ansar. En février 1989, les Soviétiques quittent l’Afghanistan. L’aide de la CIA s’interrompt alors, ainsi que celle de l’Arabie Saoudite, du moins officiellement. Les responsables des services de renseignement séoudiens maintiennent des liens étroits avec leurs homologues pakistanais. Le 24 novembre 1989, Azzam meurt dans un attentat à la voiture piégée, avec ses deux fils, à Peshawar. Sa mort profite à Ben Laden, puisque les éléments les plus radicaux du MAK rejoignent son organisation. Plusieurs intervenants sont susceptibles d’avoir éliminé Azzam : le Pakistan, soucieux de se débarrasser d’un homme trop avide d’indépendance par rapport à l’ISI ; le KGB, désireux d’abattre un de ceux qui avaient fourni un soutien logistique aux rebelles ; Ben Laden, afin de prendre la place d’un rival potentiel dans les luttes d’influence à venir ; la CIA pour soutenir Ben Laden. Il est également possible de supposer que la CIA voulait mettre hors d’état de nuire un leader islamiste qu’elle supposait plus charismatique et respecté que Ben Laden, chef susceptible de représenter une menace pour l’avenir, dès lors qu’il n’était plus utile dans la guerre contre l’Union Soviétique. D’autant que Abdallah Azzam prône déjà le Djihad contre les Occidentaux, considérés comme infidèles.</p>
<p style="text-align: justify;">En dépit du retrait de l’Armée Rouge, les combats se poursuivent contre les forces gouvernementales. Les mésententes s’accentuent également entre les différentes factions de la résistance. Ben Laden ne souhaite pas s’engager dans les querelles internes afghanes. Il regagne donc l’Arabie Saoudite, où il fonde le Comité du Djihad. Cette organisation rassemble des groupes aux buts communs : le Gama’a al-Islamiya égyptien, le Djihad du Yémen, al-Hadith du Pakistan, la Ligue des Partisans Libanais, le Gamaa al-Islamiya libyen, ainsi que Baït al-Immam de Jordanie et différentes cellules du Groupe Islamique Armé algérien. Toutefois, Ben Laden semble se méfier du pouvoir séoudien qu’il estime trop versatile et proche des Américains. Il envoie alors le noyau d’al-Qaïda au Soudan à partir de 1990. Dans le même temps, l’entreprise fondée par son père est florissante, ses activités se diversifient, des filiales sont créées : télécommunications, médias, loisirs &#8211; dont la commercialisation de livres de Walt Disney -… Cet empire reçoit d’importants contrats pour la reconstruction du Liban, ravagé par plus de dix ans de guerre civile, et, comble de l’ironie, pour la construction de bases américaines en Arabie Saoudite! En 1990, la fortune personnelle de Ben Laden est estimée à 300 millions de dollars. L’invasion du Koweït par l’Irak entraîne un vaste déploiement de forces américaines dans la région. Ben Laden propose d’engager ses hommes aux côtés des forces séoudiennes pour libérer le Koweït. Mais il condamne aussi l’arrivée des contingents occidentaux en Arabie Saoudite, qu’il considère comme le viol de la terre sacrée d’Islam. Ses relations, son passé de héros lui permettent de s’opposer sans encombre à la famille royale séoudienne. Finalement, sous les pressions de Washington, Riyad l’oblige à s’exiler. A la fin de l’année 1991, il passe quelques jours au Yémen, puis il s’envole pour le Soudan où il retrouve les cadres d’al-Qaïda.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur place, grâce à sa fortune et aux moyens de son entreprise, il améliore la vie quotidienne et économique du pays, comme il l’a déjà fait en Afghanistan. Il crée des entreprises : au moins une dizaine au Soudan, et une vingtaine au Yémen. Celles-ci contribuent à l’enrichissement de l’économie locale, tout en permettant le financement d’autres projets, notamment terroristes, de son organisation. Certaines sources indiquent qu’il investit dans l’exploitation de mines de diamants en Afrique du Sud, mais aussi dans un élevage d’autruche au Kenya et dans des exploitations forestières au Tadjikistan et en Turquie. Ben Laden développe des services de proximité pour la population soudanaise. Ecoles, dispensaires, pharmacies sont bâtis… Il soigne ainsi son image de marque et se rend indispensable. Mais il ne se contente pas que de réalisations pacifiques. Al-Qaïda monte en puissance militairement et clandestinement. Ben Laden fait aménager trois camps d’entraînement pour terroristes. Beaucoup des hommes d’al-Qaïda partent servir comme instructeurs ou combattre en Bosnie. C’est à cette époque que sont noués des contacts avec des éléments des Brigades al-Qods. Unités spéciales des services de renseignement iraniens, les brigades al-Qods entraînent les musulmans de Bosnie contre les Croates et les Serbes. Le rapprochement entre des membres des deux courants de l’Islam s’amorce alors. Les sympathies qui naissent se retrouveront plus tard. D’autres hommes d’al-Qaïda sont envoyés en Somalie, où ils participent aux actions contre les forces américaines. En 1993, il finance la préparation des premiers attentats contre le World Trade Center, ainsi que le projet de destruction du tunnel de Manhattan, à New York.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 07 avril 1994, la famille royale séoudienne lui retire sa nationalité. Ben Laden l’accepte mal. Il assimile cette décision à une trahison au profit de l’occupant américain. Il réactive alors tous ses contacts dans les milieux du terrorisme islamique. D’après la police et les services de renseignement britanniques, le Groupe Islamique Armé (GIA) est l’un des premiers mouvements à recevoir une aide financière de la part d’al-Qaïda. Cette aide permet, entre autres, aux membres du GIA en France de perpétrer plusieurs attentats en 1995, dont celui contre la station de métro Saint-Michel. Les pressions diplomatiques &#8211; et économiques &#8211; américaines et séoudiennes amènent le Soudan à expulser Ben Laden en mai 1996. Cependant, celui ci conserve ses entreprises et ses camps d’entraînement. Il se réfugie en Afghanistan, dans la région de Jalalabad. Sur place, les talibans sont en passe de prendre le contrôle du pays. De là, il continue probablement d’effectuer de discrets voyages au Soudan. Le 25 juin 1996, un camion piégé explose à proximité de bâtiments occupés par le personnel militaire américain de la base aérienne de Dahran. Dix-neuf américains sont tués dans cet attentat commandité par Ben Laden. Le 23 août, il lance une fatwa contre les Etats-Unis. Ce faisant, il agit à l’encontre des règles qu’il prétend défendre : seule les autorités religieuses sont aptes à édicter des fatwas. En 1998, il s’installe à Kandahar où il retrouve le mollah Omar.</p>
<p style="text-align: justify;">A suivre&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Photographie : Fond agence EPA.</em></p>
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		<title>Comment les américains ont raté Ben Laden : Le rapport Tora Bora à télécharger</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Sep 2011 11:32:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Afghanistan]]></category>
		<category><![CDATA[Barak Obama]]></category>
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		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>
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		<description><![CDATA[Selon un rapport du Sénat américain, les Etats-Unis auraient pu tuer ou capturer Oussama Ben Laden en décembre 2001 à Tora Bora en Afghanistan. La rédaction ne cautionne pas les théories du complot entourant les évènements du 11 septembre 2001. Nous ne sommes pas des militants, mais des journalistes, donc légitimes pour nous poser certaines]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: justify;"><strong>Selon un rapport du Sénat américain, les Etats-Unis auraient pu tuer ou capturer Oussama Ben Laden en décembre 2001 à Tora Bora en Afghanistan.</strong></h3>
<h3 style="text-align: justify;"><span id="more-2392"></span><span style="color: #ff0000;">La rédaction ne cautionne pas les théories du complot entourant les évènements du 11 septembre 2001. Nous ne sommes pas des militants, mais des journalistes, donc légitimes pour nous poser certaines questions.</span></h3>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong><em>Le contexte :</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">A cette époque, l&#8217;administration Bush a pris la décision de ne pas engager de forces massives dans la traque du chef d&#8217;Al-Qaïda alors que sur le terrain les commandants militaires n&#8217;ont eu cesse de réclamer des renforts. Le document, qui a été officiellement rendu public en novembre 2009, révèle aussi que l&#8217;échec de l&#8217;opération a altéré le cours du conflit en Afghanistan en contribuant au renouveau taliban dans le pays. Ce rapport, rédigé par des membres démocrates du Sénat, est publié au moment où Barack Obama s&#8217;apprête à envoyer des renforts militaires en Afghanistan&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><a title="Tora Bora Report" href="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2011/09/Tora_Bora_Report.pdf" target="_blank">Télécharger le rapport en exclusivité sur ce lien (rapport en anglais)</a></p>
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		<title>Terrorisme et combat pour la liberté, la psychologie de l’absurde</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Sep 2011 10:52:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Paul Ney</dc:creator>
				<category><![CDATA[11 SEPTEMBRE]]></category>
		<category><![CDATA[Zoom sur...]]></category>
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		<description><![CDATA[Le terrorisme islamiste est issu d&#8217;une fracture provoquée par le fanatisme, et non des différences entre culture. Une analyse de Jean-Paul Ney. Le journaliste Afif Lakhdar décrit ce mécanisme du fanatisme qui devient raison et loi pour une frange des populations musulmanes dans le monde(1) : « Sa violence est « Djihad », ses assassins sont des « héros »,]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: justify;"><strong>Le terrorisme islamiste est issu d&#8217;une fracture provoquée par le fanatisme, et <strong><strong>non des différences entre culture</strong></strong>. Une analyse de Jean-Paul Ney.</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2361"></span>Le journaliste Afif Lakhdar décrit ce mécanisme du fanatisme qui devient raison et loi pour une frange des populations musulmanes dans le monde(1) : « <em>Sa violence est</em> <em>« Djihad », ses assassins sont des « héros », ses kamikazes sont des « martyrs » (…) Toutes les violations précitées des droits de l’homme et toute cette violence sont le fruit du fanatisme que nous produisons et reproduisons à grande échelle dans notre système éducatif et dans nos médias.</em> » Il définit aussi ce fanatisme : « <em>(…) Il s’agit de notre incroyable capacité à sacrifier les autres et à nous sacrifier pour assurer la victoire des idées de la communauté.</em> ». Pour ce journaliste, fanatisme et terrorisme existent au travers de six constantes : le narcissisme, le culte du « père social », la haine de l’individu, le refus du relativisme, l’enthousiasme délirant pour la guerre sainte.<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Les membres des cellules terroristes vivent dans un microcosme fanatique coupé de tout centre d’intérêt que celui du combat à mort. De la clandestinité. De l’isolement. Cette distance vis çà vis du monde permet aux terroristes d’échapper au doute, à la remise en cause de leur engagement. En dehors de celui-ci, rien n’existe. En 2001, quelques mois avant le 11 septembre, une cellule du Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat &#8211; dirigée par Saber, de son vrai nom Essid Sami Ben Khemais, passé par les camps d’entraînement d’Afghanistan &#8211; est surveillée par le <em>Servizio per le Informazioni e la Sicurezza Democratica</em> (SISDE), l’équivalent italien de la DST française. Des micros sont cachés dans l’appartement qui sert de « quartier général » à la cellule, tous les appels téléphoniques sont également enregistrés, écoutés. Beni Heni, agent de liaison entre cette cellule et la cellule de Francfort qui projette un attentat au gaz contre la cathédrale de Strasbourg, rejoint Saber à Milan. Pour Beni Heni, seul compte de mourir en shahid : « <em>L’Europe est dans nos mains. Nous sommes désormais des moudjaihidines expatriés, c’est notre mission. Nous devons être comme des serpents, nous devons frapper et nous cacher. Je ne vis que pour le combat et j’ai très envie d’organiser une attaque tout seul</em> ». Chaque geste, chaque pensée est dictée par un « Islam-code », comme le décrit Olivier Roy : « <em>Sous la pression de la mondialisation a émergé un nouveau courant dans l’Islam. Il se limite à définir un système de normes de comportement. Il refuse ce qui est de l’ordre de la culture au profit d’une sorte d’Islam-code adaptable à toutes les situations : du désert afghan à l’université américaine</em>(2). »</p>
<p style="text-align: justify;">Scott Atran, psychologue américain brosse le portrait des auteurs d’attentats suicides(3): « <em>Les kamikazes sont des hommes jeunes (…) Dans l’ensemble, les auteurs d’attentats suicides ne présentent aucune caractéristique dysfonctionnelle sur le plan social ni aucun symptôme suicidaire. Ils n’expriment aucune crainte de leurs ennemis, aucun désespoir, aucun sentiment de n’avoir rien à perdre, d’être privés de toute possibilité matérielle qui serait liée à la rationalité économique.</em> ». Volontaires pour les attentats suicides et poseurs de bombes se caractérisent surtout par leur détermination. Détermination fanatique. Détermination sans faille puisque ne souffrant d’aucun doute. Puisque n’existant que dans le cadre du microcosme de la cellule, avec pour espoir le culte du shahid. La cible n’a aucune importance. Seule compte la mission au nom de la foi. Saber résume parfaitement cet état d’esprit dans l’une des écoutes des services de renseignement italiens : « <em>J’attends seulement qu’on me disent le lieu ou la ville, même si c’est en Arabie Saoudite. Nos hommes sont prêts</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Devenir un terroriste, la cellule terroriste</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Avant les attentats du 11 septembre 2001, les réseaux islamistes recrutaient des volontaires pour le Djihad dans le monde entier. Les écoutes de la SISDE donnent de précieuses informations sur les filières qui permettent à ces volontaires de rejoindre des camps d’entraînement en Afghanistan. Il conseille ainsi de se rendre dans une ambassade en France ou en Grande-Bretagne, tout en recommandant l’ambassade d’Iran de Londres. Dans les transcriptions de ces écoutes, Ben Heni la décrit comme « <em>très souple</em> » quant à ses critères de contrôle. La démarche consiste à demander un passeport pour la Mecque, en passant par l’Iran. Une fois à Téhéran, le volontaire prend la direction de l’est plutôt que celle de l’Arabie Saoudite. Il est pris en charge par tout un réseau qui s&#8217;occupe de toute la logistique pour ses déplacements, son hébergement durant le voyage… Cette même filière se charge du passage de la frontière. Avant cette étape, les volontaires sont sélectionnés, puis conduit dans des camps d’entraînement d’al-Qaida. Le chemin le plus rapide et le moins périlleux implique la traversée du Pakistan. Mais Abou Heni regrette que cette route soit devenue moins discrète car « <em>il y a trop de services secrets dans ce pays</em> ». Depuis peu, des volontaires pour des attentats suicides sont également recrutés sur Internet.<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Définir avec exactitude le schéma de la cellule terroriste type relève de l’utopie. A l’inverse des tables d’organisation et d’équipement militaires, les cellules terroristes n’ont aucune organisation fixe. Beni Heni déclare ainsi : « <em>Je n’ai pas besoin d’une armée, deux hommes suffisent à condition qu’ils aient de la tête et de l’entraînement</em> ». Là difficulté de repérer ces cellules réside là. Elles n’ont pas besoin d’effectifs pléthoriques. La seule constante est qu’elles se forment autour d’un chef. Généralement plus expérimenté, souvent passé par les camps d’entraînement d’Afghanistan, relativement charismatique, capable de rédiger des textes dans lesquels il exprime toute sa foi. Capable de savoir déjouer la surveillance exercée par les services de sécurité. Ou du moins, supposé comme capable de le faire. Autour de lui gravitent quelques lieutenants, puis les exécutants. Noyau. Premier cercle. Des agents de liaison, à l’instar de Beni Heni assurent le contact entre chaque cercle, dans d’autres villes ou d’autres pays. Ils servent à accompagner des responsables lors de leurs déplacements, de transporter de l’argent, des faux papiers, des documents divers… Les agents de liaison se doivent d’être débrouillards et discrets. Un second cercle peut encore être tracé : celui des sympathisants. Susceptibles de fournir une aide pour héberger, cacher. Pour mener des missions de repérage d’objectifs pour lesquelles les véritables terroristes ne peuvent prendre le risque de se faire repérer. Des sympathisants parfois liés à la délinquance : trafiquants de faux papiers, vendeurs de téléphones portables volés…</p>
<p style="text-align: justify;">Si les groupes terroristes de la mouvance al-Qaida peuvent éventuellement disposer de crédits importants avant les attentats du 11 septembre 2001, la situation évolue lorsqu’une partie des fonds dont disposent Ben Laden sont saisis, tandis que dans le même temps, des mesures sont prises pour le contrôle des flux financiers, du blanchiment de l’argent. La destruction d’al-Qaida en tant qu’organisation terroriste, la diminution des facilités financières de Ben Laden, le contrôle exercé sur les mouvements d’argent privent les cellules et groupes terroristes du mécénat du noyau d’al-Qaida. Pour beaucoup de ces cellules et groupes, l’autofinancement devient un moyen de préparer des attentats. La délinquance, le trafic de drogue, l’écoulement de faux billets permettent de réunir des fonds suffisants pour l’attaque d’objectifs relativement peu protégés. Un spécialistes des questions de terrorisme déclare au <em>Washington Pos</em>t(4)<em>: «Tous ces attentats auxquels nous assistons actuellement ne coûtent pas très cher. Dans l’ensemble, ces cellules sont plutôt mal financées. Mais ce qui compte le plus, ce n’est pas l’argent, c’est le capital humain. Et, apparemment, il ne manque pas.</em> » Certaines organisations caritatives ou culturelles musulmanes servent aussi parfois de soutien aux cellules terroristes. Pour beaucoup de spécialistes français en matière de terrorisme, depuis 1995-1996, les mosquées ne sont plus le point de passage obligé pour les terroristes, même si elles cristallisent toute l’activité des associations suspectes.</p>
<p style="text-align: justify;">Les documents administratifs sont un élément clef pour une cellule terroriste. Aussi bien pour permettre des déplacements de liaison avec d’autres cellules, pour rencontrer des responsables dans d’autres pays d’Europe. Pour permettre aux terroristes d’obtenir d’autres papiers, eux, véritables. Pour les déplacements avant un attentat. Après… Les terroristes disposent de plusieurs moyens pour s’en procurer : la falsification de véritables documents : changement des photos, des données, etc, l’achat de faux papiers auprès de filières spécialisées, ou bien encore, la fabrication de ces faux papiers par les terroristes eux-même. Les cartes téléphoniques, comme les Mobicarte, font également l’objet d’un trafic. Les écoutes de la cellule italienne du <em>Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat</em> sous la direction de Saber apportent là encore des informations sur le sujet. Les terroristes préfèrent alors les cartes téléphoniques à code anglaises. Selon les terroristes qui en discutent, les appels passés avec celles-ci sont plus difficiles à intercepter. Et dans le cas d’une éventuelle interception, la localisation de l’appel est impossible.<em> </em>Pour se procurer ces cartes, les cellules ont parfois recours à la petite délinquance.</p>
<div style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><span style="color: #ff0000;"><strong>Notes &amp; références</strong></span></span></div>
<div style="text-align: justify;">[1] <em>Al Hayat</em>, cité par <em>Courrier International</em>hors-série juin/juillet/août 2003.</div>
<div style="text-align: justify;">[2] Olivier Roy, le Monde-Diplomatique.fr avril 2002.</div>
<div style="text-align: justify;">[3] <em>Sciences</em>, cité par <em>Courrier International</em> hors-série juin/juillet/août 2003.</div>
<div style="text-align: justify;">[4] Cité par Courrier International du 27 au 03 novembre 2003.</div>
<div style="text-align: justify;">[5] Disponible en version revue et augmentée chez Folio Documents</div>
<div>
<p><em>Illustration: Démonstration d&#8217;un dispositif explosif sous forme de gilet pour kamikaze (archives Centre de Recherche sur le Terrorisme/FBI).</em></p>
</div>
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		<title>Le Terrorisme Nucléaire, la prochaine étape inévitable ?</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Sep 2011 09:48:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[11 SEPTEMBRE]]></category>
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		<description><![CDATA[Réalité ou menace ? Les valises nucléaires existent-elles ? La bombe &#171;&#160;sale&#160;&#187; est-elle déjà dépassée ? Nous répondons à certaines de ces questions. Entre chantage, réalités et proliférations incontrôlées, la menace du terrorisme nucléaire se profile à l’horizon. Et celle-ci est réellement prise en compte depuis la chute du mur de Berlin et le début]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: justify;"><strong>Réalité ou menace ? Les valises nucléaires existent-elles ? La bombe &laquo;&nbsp;sale&nbsp;&raquo; est-elle déjà dépassée ? Nous répondons à certaines de ces questions.</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-113"></span><strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Entre chantage, réalités et proliférations incontrôlées, la menace du terrorisme nucléaire se profile à l’horizon. Et celle-ci est réellement prise en compte depuis la chute du mur de Berlin et le début de la guerre contre le terrorisme islamique. Pour certains experts il ne s’agit pas de crier aux loups, mais bel et bien d’une situation d’urgence. Une analyse du problème de la prolifération incontrôlée.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un compte à rebours</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En ce jour de 21 mars 2004, une information de premier ordre tombe les filets de veille de la rédaction : une dépêche du fil d’information de l’ Associated Press en Australie vient confirmer une enquête commencée depuis plus de quatre ans : Le journaliste pakistanais Hamid Mir , biographe de l’égyptien Ayman al-Zawahiri , numéro 2 d’ al-Quaïda , affirme que celui-ci a acheté au marché noir d’Asie centrale, des valises nucléaires en parfait état de fonctionnement. C’est la deuxième affirmation officielle de ce type, mais cette fois-ci la menace est claire et précise, comme si le numéro 2 de l’internationale terroriste voulait faire passer un message : « Monsieur Mir, si vous avez 30 millions de dollars, vous allez au marché noir, en Asie centrale, vous contactez n’importe quel scientifique soviétique contrarié ; et dans ce cas, beaucoup de valises nucléaires seront disponibles ».<img title="Lire la suite…" src="http://www.jeanpaulney.com/wp-includes/js/tinymce/plugins/wordpress/img/trans.gif" alt="" /></p>
<p style="text-align: justify;">Les services de renseignements américains ont été longtemps convaincus qu’ al-Qaïda était en possession de tels engins, sans jamais avoir réussi à le prouver. Les propos d’ al-Zawahiri contredisent ceux qui rétorquent qu’al-Qaïda n’a pas les capacités pour les maintenir en état de fonctionnement et les mettre en œuvre. Il ajoute « Ils nous ont contacté, nous avons envoyé des membres à Moscou, Tashkent, et dans d’autres Etats d’Asie Centrale et ils ont négocié et nous avons acheté quelques valises nucléaires » ; les jours passent et des spécialistes commencent à corroborer les déclarations d’ Ayman al-Zawahri concernant les valises nucléaires « Zawahri est quelqu’un de très malin, il est le vrai cerveau tactique de l’organisation. Il se trouve qu’il ment rarement, demandez à son biographe Hanmit Mir, il vous le dira » nous confirme dans un échange un contact proche des services américains.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous évoquons alors l’une des théories des plus effrayantes qui circulent dans certains &laquo;&nbsp;clubs&nbsp;&raquo; d’officiers de renseignement ou de spécialistes de l’anti-terrorisme, c’est le cas d’un membre du club de Berne « Avez-vous pensé au chantage ? Il se peut, et je dis bien qu’il se peut, que les tacticiens d’al-Quaïda aient vraiment en leur possession ces valises. Il se peut aussi, qu’elles soient déjà placées dans des endroits stratégiques, sur le sol de certains pays ».</p>
<p style="text-align: justify;">Pour Louis Belmonte , spécialiste militaire, il se pourrait que la CIA soit beaucoup plus au courant qu’on ne le pense « imaginez un instant que certaines de ces valises soient sur le sol pakistanais, même indien, ce serait l’apocalypse, n’ayons pas peur des mots. C’est un fantastique moyen de pression, si vous me demandez, je vous réponds que c’est bien le style d’Ayman al-Zawahri, pas celui de Ben-Laden ». Graves conséquences si une telle charge explose dans une grande ville comme Bombay ou même Islamabad, dans les deux sens, ce serait ressenti comme une agression, même si l&#8217;Inde ou le Pakistan sont au courant de la menace des valises par le biais des services de renseignement ou le fil gouvernemental, la rue se soulèverait, ouvrant alors la voie aux islamistes et fanatiques de tous bords, des coups d’état sont possibles, surtout pour le président pakistanais Musharaf , qui n’a jamais été aussi fragilisé que depuis ce 11 septembre 2001. Depuis la deuxième menace d’al-Zawahri il y a quelques mois, cette théorie s’affirme de plus en plus, elle devient même un scénario mis en place par le Pentagone . Difficile à croire, mais c’est bien vrai. Même si pour les généraux du Département de la Défense américain il est impossible que de telles valises entrent aux Etats-Unis sans un jour être détectées, on veut bien leur faire confiance, mais jusqu’à quel point ? Le mercredi 24 mars 2004, nous apprenons que les ports américains de New York et de New Jersey sont les premiers à recevoir une technologie capable de détecter les armes nucléaires .</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Valises nucléaires</strong><br />
<a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2011/03/ben-laden-les-grandes-oreilles.jpg"><img class="size-medium wp-image-2402 alignleft" title="ben-laden-les-grandes-oreilles" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2011/03/ben-laden-les-grandes-oreilles-266x300.jpg" alt="" width="266" height="300" /></a>Une émission de télévision est à l’origine d’une prise de conscience du grand public quant à la prolifération des armes de destruction massive. Le 7 septembre 1997, le Russe Alexandre Lebed déclarait durant Sixty Minutes, sur CBS , que plus de cent valises nucléaires avaient disparu des inventaires : « Je ne sais pas où elles se trouvent, je ne sais pas si elles ont été détruites, ou si elles ont été entreposées, vendues ou volées. Je ne sais pas. ».</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques mois auparavant, Lebed avait déjà révélé le problème à une délégation du Congrès américain, mentionnant alors la disparition de 84 de ces armes sur un total de 132. Il avait également précisé qu’elles dépendaient du (Glavnoe Razvedivatel’noe Upravlenie), le service de renseignement militaire soviétique. Elles dotaient des unités spéciales réparties sur l’ensemble du territoire soviétique. Les autorités civiles et militaires russes s’empressèrent de démentir l’information donnée par Lebed. Selon eux, les armes décrites n’existaient pas. Le Département d’Etat américain annonça qu’il n’avait aucune raison de mettre en doute les dénégations russes. Toutefois, le 1er octobre, Lebed persista dans ses déclarations devant le sous-comité de la Recherche et du Développement Militaire du Congrès américain. Il indiqua que des charges nucléaires susceptibles de tenir dans des valises avaient été étudiées et fabriquées pour le KGB . Le 3 octobre 1997, un scientifique russe, Aleksey Yablokov confirma les propos de Lebed devant le même sous-comité. Il expliqua avoir connu d’autres scientifiques qui avaient participé à la réalisation de ces armes, dans les années 1970, pour le KGB. En 1998, Stanislav Lunev , ancien colonel du GRU , transfuge à l&#8217;Ouest en 1992, mentionna à son tour leur existence. Il évoquait même la possibilité de prépositionnement de certaines de ces armes dans les principaux pays de l&#8217;OTAN et aux Etats-Unis. Par la suite, le FBI mit en doute une partie des assertions de Lunev , considérées comme exagérées. Néanmoins, il continua de bénéficier de la protection d’un service de renseignement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quelle est la réalité de ces armes ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Lebed, décédé dans un accident d’hélicoptère le 29 avril 2002, faisait sans doute référence à deux types d’armes. Dans le cas de celles à disposition des spetsnaz du GRU, il s’agissait probablement de charges de démolition nucléaires, équivalentes aux SDAM et MDAM américaines. Les SDAM (Small Demolition Atomic Munition), d’une puissance de 1 kilotonne, pour une masse de 73 kilos restèrent en service de 1964 à 1988. Les MDAM (Medium Atomic Demolition Munition), pesant environ 200 kilos, pour une puissance de 1 à 15 kilotonnes, faisaient partie des inventaires américains de 1965 à 1986. Ces armes pouvaient être mises en oeuvre par les UDT et les Special Forces. Elles étaient d’abord destinées à détruire des objectifs avec une valeur militaire : des postes de commandement, installations portuaires, etc&#8230;Aucun élément concret n’est venu prouver l’existence des valises. Elles auraient pu être confiées aux services spéciaux du KGB, les Osobyy Otdyel (OO ; Département Particulier), en cas de guerre.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces valises nucléaires auraient servi à perpétrer des attentats meurtriers contre des objectifs politiques, dans les pays de l’ OTAN ou alliés des Etats-Unis. La masse reste relativement modeste puisque la W54 pesait une vingtaine de kilos. Le sénateur Weldon , membre du sous-comité qui entendit Lebed et Yablokov, présenta la maquette d’une telle arme, contenue dans un simple attaché-case. Puisque techniquement réalisable, en s’appuyant sur le témoignage de Yablokov, il est permis de supposer que ces armes ont bien existé. De supposer que toutes n’ont pas été détruites . Leur dispersion sur l’ensemble du territoire soviétique semble logique. Elle rendait plus complexe leur surveillance par des services de renseignement adverses. En prévision d’une guerre, elle facilitait les possibilités de transport à l’étranger, avec de nombreux itinéraires d’infiltration. Cependant, avec l’éclatement de l’Union Soviétique en 1991, cet avantage est devenu caduc.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Kremlin n’a sans doute pas pu maintenir le contrôle sur l’ensemble de ces armes non-conventionnelles. D’autant plus que les autorités militaires et civiles n’avaient sans doute pas connaissance de l’existence des « possibles » valises nucléaires du KGB. Des armes clandestines au sein de l’arsenal russe. En niant les propos de Lebed, les responsables russes ne mentaient pas. L’amalgame entre charges de démolition nucléaires et valises nucléaires ne pouvait qu’entretenir la confusion quant aux chiffres et à leur réalité.Ce manque de contrôle a certainement profité à l’ organizatsya , la mafia russe, et à des extrémistes de tous bords. Grâce à l’aide américaine, un travail énorme de sécurisation a été accompli, notamment dans les Républiques d’Asie Centrale. Néanmoins, du matériel nucléaire a bien été volé. La dissimulation de césium 137 par des terroristes tchétchènes dans un parc de Moscou, en est l’illustration. Utilisé avec un explosif, l’ensemble aurait constitué une bombe sale .</p>
<p style="text-align: justify;">Partant de ce postulat, les déclarations de Lebed n’étaient pas à prendre à la légère. Les autorités russes n’exerçaient qu’un contrôle officiel sur le matériel nucléaire civil ou militaire, aussi bien en Russie même que dans les nouveaux Etats.En 2002, un consultant du FBI révéla dans un ouvrage les efforts d’al-Quaïda pour se doter d’ armes nucléaires . Il mentionnait que l’organisation al-Quaïda avait cherché à acquérir des valises nucléaires du KGB dès 1993, pour finalement en acheter vingt, au prix de 30 millions de dollars, en 1998. Selon ce spécialiste, ces bombes auraient été adaptées pour pouvoir être fixées sur le corps de kamikazes, une sorte d’adaptation en « ceinture » nucléaire pour des attentats suicides. Reste alors à savoir si ces armes sont opérationnelles.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 3 octobre 1997, un scientifique russe, Aleksey Yablokov confirma les propos de Lebed devant le même sous-comité. Il expliqua avoir connu d’autres scientifiques qui avaient participé à la réalisation de ces armes, dans les années 1970, pour le KGB. En 1998, Stanislav Lunev , ancien colonel du GRU , transfuge à l&nbsp;&raquo;Ouest en 1992, mentionna à son tour leur existence. Il évoquait même la possibilité de prépositionnement de certaines de ces armes dans les principaux pays de l&nbsp;&raquo;OTAN et aux Etats-Unis. Par la suite, le FBI mit en doute une partie des assertions de Lunev , considérées comme exagérées. Néanmoins, il continua de bénéficier de la protection d’un service de renseignement.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon les spécialistes de la sécurité et du contre-terrorisme, des terroristes pourraient à un moment ou à un autre tenter de faire exploser un engin nucléaire ou de disséminer un virus contagieux dans une grande métropole, scénarios longuement étudiés par Jessica Stern , une spécialiste américaine des armes de destruction massive et professeur de politique publique à l’université d&#8217;Harvard . Après avoir étudié et enseigné au MIT et à Stanford , elle a fait partie du National Security Council (conseil national de sécurité) à la Maison Blanche en tant que directrice pour les affaires russes, ukrainiennes et eurasiennes dans le cadre de la lutte anti-terroriste et la prolifération nucléaire. Poste qu’elle a quitté pour devenir une spécialiste indépendante, écrire des livres et des articles. Certaines mauvaises langues disent qu’elle aurait affolé le NSC et les pseudo spécialistes de la Maison Blanche, dépitée, elle aurait donné sa démission. Pour la petite histoire, quelques années plus tard, le studio de Steven Spielberg l’embauchera en tant que conseillère technique sur le film Peacemaker dont le héros principal, Georges Clonney doit retrouver avec une jeune et ravissante spécialiste, des armes nucléaires volées.</p>
<p style="text-align: justify;">Stern aurait inspiré le personnage campé par la ravissante Nicole Kidman . Le film a été un véritable succès et tous les experts du genre s’accordent à dire qu’il est plus que crédible, peut-être même trop réel, vu la facilité aujourd’hui de se procurer soit des armes de destruction massive, soit les composants.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>La rédaction avec Jean-Paul Ney </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="text-decoration: underline;"><span style="color: #ff0000;"><strong>Notes &amp; références (certains liens ne fonctionnent plus à ce jour, mais le lecteur pourra les trouver en cache de Google)</strong></span></span><br />
</em></p>
<p style="text-align: left;"><em>[1] Groupement formé en 1971 et où l’on y trouve les principaux responsables des services de renseignement de l’Union Européene, et depuis peu, les spécialistes de la lutte anti-terroriste.</em></p>
<p style="text-align: left;"><em>[2] <a href="http://www.newsmax.com/archives/articles/2004/3/23/211611.shtml" target="_blank">« U.S. to Scan for Nukes at All Ports » </a><br />
</em></p>
<p style="text-align: left;"><em>[3] <a href="http://www.stevequayle.com/News.alert/NBC/021106.100.portable.bombs.html http://www.lubbockonline.com/news/090597/LA0759.htm" target="_blank">« Former Russian Official Says 100 Portable BombsMissing » </a><br />
</em></p>
<p style="text-align: left;"><em>[4] <a href="http://www.stevequayle.com/News.alert/04_Nukes/04_Nuke.index.html" target="_blank">Voir à ce propos les archives de Steve Quayle en ligne </a><br />
</em></p>
<p style="text-align: left;"><em>[5] Jessica Stern, livres : Terror in the Name of God (HarperCollins, 2003), The Ultimate Terrorists (Harvard University Press, 1999). Articles : Nuclear Smuggling : Facts, Fiction, and Security Concerns&nbsp;&raquo; Chicago Tribune, April 30, 1996. &laquo;&nbsp;Preventing Portable Nukes&nbsp;&raquo; New York Times, April 10, 1996.</em></p>
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		<title>Pakistan: L’imbroglio Allah, Army, America</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Jun 2011 12:13:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’opération Geronimo et l’après Ben Laden au Pakistan illustrent ce que beaucoup d’historiens nomment « la théorie des 3A » : Allah, l’Armée, l’Amérique. Que sont ces &#171;&#160;3A&#160;&#187; ? Un triumvirat composé des islamistes, de l’armée pakistanaise (connue pour son « double jeu ») et des Etats Unis (qui ont incité à l’islamisation du pays et de l’armée dès le]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: justify;"><strong>L’opération Geronimo et l’après Ben Laden au Pakistan illustrent ce que beaucoup d’historiens nomment « la théorie des 3A » : Allah, l’Armée, l’Amérique.<br />
</strong></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span id="more-1594"></span><strong>Que sont ces &laquo;&nbsp;3A&nbsp;&raquo; ? Un triumvirat composé des islamistes, de l’armée pakistanaise (connue pour son « double jeu ») et des Etats Unis (qui ont incité à l’islamisation du pays et de l’armée dès le Djihad anti soviétique en Afghanistan en 1979 avant de combattre après les attentats du 11 septembre ceux là même qu’ils avaient créés avec la CIA). Trois entités clés du Pakistan dont les stratégies et changements d’alliances s’articulent au gré des intérêts de chacun.</strong></h4>
<p><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>De retour du Pakistan, une analyse de Pauline Garaude*</strong></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi le Pakistan était-il une bonne planque pour Oussama ?</strong><br />
Que Ben Laden ait trouvé refuge au Pakistan – comme d’autres dirigeants de son réseau &#8211; n’a rien de surprenant. C’est d’abord son QG historique : il arrive à Peshawar en 1982 et y fonde Al Qaïda six ans plus tard. Ce qui lui vaut des sympathies fiables parmi ses compagnons de la première heure (les moudjahiddines  d’Afghanistan et les chefs spirituels à la tête de madrassas, les écoles coraniques). Il bénéficie du soutien des Talibans et autres mouvements islamistes pachtounes pour qui couvrir Ben Laden est un honneur. Et monnaie rendue de sa pièce puisque l’émir les finance ! Les Talibans pakistanais ont fait allégeance à al Qaïda en 2007. Et il y a le soutien stratégique et précieux d’une partie de l’armée et des services secrets (l’ISI) dont les liens avec les islamistes remontent à la création même du Pakistan en 1947 (pays créé pour des Musulmans dans un contexte de guerre avec l’Inde: Allah et l’armée sont les deux piliers fondateurs de la nation).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’Armée : un double jeu entre Allah et l’Amérique</strong><br />
Que le chef d’Al Qaïda soit resté 5 ans à un kilomètre de la plus prestigieuse école militaire du pays, la Kakul Military Academy, dans une petite ville truffée d’espions révèle au grand jour ce « double jeu » de l’armée. D’un côté, une collaboration évidente avec les Etats Unis dans la lutte contre le terrorisme. Le pays a arrêté en dix ans plus de 30 responsables d’Al Qaïda dont les plus grands chefs opérationnels : Kalid Sheikh Mohammed (cerveau des attentats du 11 septembre) et son successeur Al Libbi pour ne citer qu’eux. Si une partie de l’armée pakistanaise est de mèche avec les Talibans – Afghans &#8211; elle ne soutient pas forcément Al Qaïda. « Je ne nie pas que certains d’entre nous protègent les Talibans afghans pour contrer la menace indienne. Mais pas Al Qaïda » dixit Zafar Abbas, responsable media de l’ISI. Pour Rahimullah Yussufzai, un journaliste très réputé, en contact régulier avec les islamistes comme avec les plus hauts cercles de l’armée : « l’ISI a dû protéger des islamistes qui eux-mêmes protégeaient Oussama. Je pense qu’ils étaient complices, mais indirectement et sans le savoir».</p>
<p style="text-align: justify;">L’ISI est aussi un conglomérat de clans et de jeux de pouvoirs où les informations que détiennent certains ne sont pas forcément partagées…  Et puis, il y a l’appât des dollars ! L’argent : c’est une raison profonde et majeure qu’invoquent tous les Pakistanais, de l’expert au simple citoyen ! « A part le fric, je ne l’explique pas autrement » lance sans détour Saad Muhammad, ex attaché militaire à Kaboul, dans sa résidence cossue de Peshawar. « L’armée était forcément au courant mais si elle peut profiter quelques années de plus de 1,5 milliards de dollars par an, pourquoi s’en priver ! ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Fin mars, l’ISI délivrait des informations à la CIA</strong><br />
Néanmoins, jamais les Etats Unis n’auraient pu agir sans l’aide de l’armée pakistanaise. D’abord, le premier réseau d’informateurs de la CIA se compose d’anciens généraux de l’Armée : ceux qui ont combattu aux côtés de ben Laden en Afghanistan. On les appelle le « Spider Group ». Ils sont chers payés par le Pentagone. Ensuite, la présence probable du chef d’Al Qaïda à Abbottabad a été révélée par l’ISI en mars dernier, après deux arrestations : Umar Patek (indonésien impliqué dans les attentats de Bali de 2002) à Abbottabad le 29 janvier 2011, et deux de ses complices (deux Français : Sharaf Deen et Zohaib Afzal) à Lahore trois jours avant. Les interrogatoires ont fourni des indications majeures sur la présence de Ben Laden. Fin mars, l’ISI délivrait ces informations à la CIA – après trois mois de « guerre froide » entre les deux agences de renseignement car le diplomate américain Raymond Davis était sous les verrous pakistanais. Le compound d’Abbottabad a alors été placé sous stricte surveillance.</p>
<p style="text-align: justify;">Si le chef de la CIA, Leon Panetta a préféré ne pas avertir l’armée du déclenchement de l’opération, l’opération en elle-même n’était sans doute pas un scoop pour l’armée. Le 20 avril, le chef d’Etat major Américain Mc Mullen rencontrait à huis clos pendant une heure son homologue pakistanais Kayyani. « C’est là que Washington a dû avertir le Pakistan de l’opération Geronimo, sans dire  quand elle aurait lieu » confirme Mansur Mehssud, un expert qui travaille notamment pour le Pentagone.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi l’armée a-t-elle par contre fait profil bas jusqu’à avouer un échec ? « Ce serait se tirer une balle dans le pied ! » lance R. Yussufzai. « Vous imaginez la vengeance des islamistes si Islamabad avoue sa complicité avec les Etats Unis ! Une violation de la souveraineté pakistanaise  vaut mieux qu’une trahison ! C’est le pire des crimes pour les Talibans». Les Talibans eux, qui ont promis vengeance au lendemain du raid sont déjà passés à l’acte avec quatre attentats en dix jours. Les cibles d’Allah? Sans surprise : l’Armée (deux postes de Police et la base aéronavale de Karachi) et l’Amérique (deux diplomates ont été visés dans leur voiture mais l’attentat a échoué)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’Amérique : arbitre du jeu Allah-America</strong><br />
La guerre des Etats Unis au Pakistan ne s’arrête pas avec Abbottabad. Le chef d’Al Qaïda est mort mais il reste encore sur la liste du Pentagone les réseaux affiliés à l’organisation : le réseau de Jalaluddin Haqqani (zones tribales du Nord Waziristan), certains chefs des Talibans pakistanais… et le mollah Omar (chef des Talibans Afghans réfugié à Quetta au Balouchistan dont la tête est mise à prix à 25 millions de dollars). Etrangement, il a « disparu » de Quetta depuis le 20 mai disent les agents de renseignement afghans &#8211; reconnaissant implicitement l’existence de cette ville comme leur comité exécutif, la « shura ». Nul hasard à ce que ce VIP de la nébuleuse OBL (qui a fait allégeance au mollah Omar en 1998) quitte précipitamment sa cache pour rejoindre des refuges de substitution, et se fasse oublier quelques temps.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour Washington, la  vraie guerre n’est pas en Afghanistan. Mais bien au Pakistan. Dans son ouvrage « les guerres d’Obama », le journaliste Bob Woodward relate certaines discussions ultra confidentielles d’Obama avec Petraeus, Mc Chrystal, la CIA et ses plus proches conseillers dans la Situation Room en 2008 au sujet des 35000 soldats américains à envoyer en renfort sur le front afghan. Ecoutons le président américain : « Démarrons cette session là où nos intérêts sont réellement : c’est à dire au Pakistan, pas en Afghanistan… Changer notre stratégie au Pakistan est la clé pour atteindre nos objectifs… La menace terroriste vient autant d’Al Qaïda que des Talibans et autres mouvements islamistes basés au Pakistan ». Bref, ce n’est pas la première fois que Washington pointe le Pakistan comme le foyer du terrorisme et comme le note B. Woodward « des progrès étaient faits contre Al Qaïda avec les drones et le Pakistan émergeait comme la guerre nécessaire. Parallèlement, la guerre de contre insurrection en  Afghanistan devenait secondaire ».</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">C’est bien ce qui semble se profiler et plus que jamais le Pakistan va devoir coopérer, pris entre le marteau et l’enclume : Allah ou America ? L’éternel dilemme. D’autant que les Talibans afghans et le réseau Haqqani sont « sa carte » stratégique face à l’Inde &#8211; et que l’influence grandissante de l’Inde en Afghanistan dans un scénario post-guerre en Afghanistan inquiète Islamabad…. Impératif donc de les ménager. Islamabad n’a jamais voulu intervenir au Nord Waziristan et la Quetta shura est bien protégée par l’ISI. Toute cible autre que ben Laden est « la guerre du Pakistan et pas celle des Etats Unis ». Mais le pays est en bien mauvaise posture après la mort de Ben Laden pour dire qu’il n’y a personne sur son territoire !</p>
<p style="text-align: justify;">Officiellement, pour ménager une opinion publique anti-américaine, l’establishment pakistanais se doit de condamner Washington pour son « action unilatérale » d’Abbottabad et sa « violation de la souveraineté pakistanaise ». C’est ce qui a été repris en boucle par le gouvernement et les médias. En off, des accords existent depuis 2005 pour laisser la CIA mener « sa guerre » contre Al Qaïda avec ses drones Predator. Officiellement donc, le Parlement demande l’arrêt immédiat des tirs de drones « inacceptables » de la CIA en zones tribales (zones frontalières de l’Afghanistan, sanctuaires des réseaux affiliés à Al Qaïda) et la réduction de la présence militaire américaine au Pakistan. Une réduction qui porte officiellement sur les quelques 200 GI’s qui entraînent leurs homologues pakistanais. On ne parle pas bien sûr des 1500 « agents consulaires » sous traitants de la CIA dont les visas expirent en octobre prochain qui eux, seront reconduits. Ce sont eux qui ont alimenté la rumeur de Blackwater – fondée – en 2009. Leurs visas expirent en novembre prochain et Islamabad – officiellement – ne veut pas les reconduire. Ce sont eux aussi, qui sont chargés de veiller à la sécurité des sites nucléaires. L’inquiétude majeure des Américains, qui ont des « antennes » près de chaque lieu sensible. Officiellement, le sénateur démocrate John Kerry se fait le messager à Islamabad de Barack Obama et martèle la nécessité de « poursuivre la lutte contre le terrorisme avec le Pakistan ».</p>
<p style="text-align: justify;">Le Premier ministre Yousuf Raza Gilani a lui, réuni mercredi ministres et responsables des forces de sécurité pour évaluer la situation, reconnaissant que des inquiétudes sont exprimées sur leurs capacités à gérer la gravité des problèmes posés par le terrorisme. La porte ouverte à Washington pour continuer sa « guerre clandestine » comme elle le fait depuis deux ans déjà avec ses « agents consulaires ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Au nom d’Allah : une nouvelle génération de djihadistes ?</strong><br />
« Nous vengerons la mort d’Oussama ben Laden. Notre première cible est le gouvernement pakistanais. La seconde : l’Amérique » dixit Maulvi Nazir, un porte-parole des Talibans. Parce que le Pakistan craint à ce point les représailles (et le potentiel encore plus élevé de plonger dans encore plus de chaos !) il va lui être très délicat de poursuivre sa lutte contre le terrorisme avec Washington. Pour les islamistes, les Américains ont eu ben Laden : aucune raison de rester ! Or il faut s’attendre à plus de tirs de drones de la CIA en zones tribales et à  plus de renseignement au sol. Une offensive sous d’intenses pressions américaines au Nord Waziristan – contre le réseau Haqqani que l’ISI veut se ménager face à l’Inde – est possible. Le pays qui a perdu 35 000 civils et 3500 soldats embrase dans sa coopération forcée l’opinion publique, les classes politiques… et les islamistes !</p>
<p style="text-align: justify;">A Peshawar, le mollah Qureshi qui dirige la mosquée Mohabat Khan, un ancien repère d’Oussama, prévient : « La mort de ben Laden en martyr va réunifier et renforcer tous les mouvements antiaméricains. Ca va donner naissance à une nouvelle génération de djihadistes ! D’ailleurs, ces mouvements existent et sont déjà là ! Ils sont bien plus déterminés à en finir avec l’occupation américaine en Afghanistan et avec la complaisance du gouvernement pakistanais à l’égard des Américains. Les Etats Unis vont avoir des temps difficiles ! En tous cas, je l’espère et je prie pour cela ! ».</p>
<p style="text-align: justify;">Si le réseau propre d’Al Qaïda compte en Afghanistan et au Pakistan moins de cent têtes – des Arabes – c’est assez pour insuffler une idéologie plus radicale. Al Qaïda ne mène pas d’action au Pakistan. C’est avant tout un refuge. Un soutien idéologique et financier en échange d’une couverture. Et comme le précisent unanimement les spécialistes : « Al Qaïda a bien plus besoin des talibans que le contraire ».</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cet imbroglio Allah, Army, America, l’Amérique reste l’arbitre et le décideur d’un jeu entre l’armée et les islamistes – un jeu qu’elle ne maîtrise pas. L’armée, divisée, doit ménager les islamistes et l’Amérique. Et les islamistes ont comme pire ennemi les traîtres : le Pakistan, collabo de la CIA. Rien de nouveau pour Le Pakistan qui est dans ce jeu de pouvoirs depuis 1979.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2011/06/Pauline-garaude-les-grandes-oreilles.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1595" title="Pauline-garaude-les-grandes-oreilles" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2011/06/Pauline-garaude-les-grandes-oreilles.jpg" alt="" width="140" height="185" /></a><strong><span style="color: #ff0000;">Pauline Garaude est grand reporter,</span></strong><br />
<strong><span style="color: #ff0000;"> spécialisée dans l&#8217;Asie du Sud-est.</span></strong><br />
<strong><span style="color: #ff0000;"> Elle travaille en free-lance pour TV5Monde,</span></strong><br />
<strong><span style="color: #ff0000;"> Le Point, le Fig Mag, Sud Ouest, Le Soir&#8230;</span></strong><br />
<strong><span style="color: #ff0000;"> Elle est aussi auteure de plusieurs ouvrages:</span></strong><br />
<strong><span style="color: #ff0000;"> L&#8217;Inde (Editions la Découverte)</span></strong><br />
<strong><span style="color: #ff0000;"> Faut-il avoir peur du Pakistan ? (Larousse),</span></strong><br />
<strong><span style="color: #ff0000;"> Al Qaida (Larousse).</span></strong></p>
<pre style="text-align: justify;"><em>Photo DR</em>.</pre>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Inondations-au-Pakistan-la-lutte-des-refugies-pour/galerie/p-11315-Pauline-Garaude-sur-le-plateau-de-TV5Monde.htm" target="_blank">Voir l&#8217;interview de Pauline sur TV5 Monde.</a></p>
<pre style="text-align: justify;"><em>Photo de l'article A. MAJEED/AFP/Getty Images. </em></pre>
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		<title>Alerte on vous espionne !</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Jul 2010 18:35:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’espionnage au quotidien gagne du terrain. De la microcaméra aux écoutes planétaires, les outils ne manquent pas. On surveille dans la rue, au bureau ou sur internet, on suit à la trace via téléphone portable, cartes à puce ou système de vidéosurveillance. Quand M. Dupond devient James Bond&#8230; Suivez le guide. Vous ne pourrez pas]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">L’espionnage  au quotidien gagne du terrain. De la microcaméra aux écoutes planétaires, les outils ne manquent pas. On surveille dans la rue, au  bureau ou sur internet, on suit à la trace via téléphone portable,  cartes à puce ou système de vidéosurveillance. Quand M. Dupond devient  James Bond&#8230; Suivez le guide.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-244"></span>Vous ne pourrez pas y échapper : l’espionnite est à la mode.  Psychose, parano ou réalité ? En tout cas, sur le lieu de travail, chez  soi, à l’occasion d’un achat, lors d’un voyage, dans les supermarchés,  chaque moment de la vie donne lieu, à notre insu, à écoute et  surveillance ! On estime qu’en moyenne un Français est fiché vingt fois  dans une journée à travers ses actes de la vie courante. Neuf  ordinateurs sur dix connectés à la toile portent, sans le savoir, des  logiciels espions, les fameux spywares. Mais ce n’est pas tout : il y a  le petit patron soucieux de protéger sa caisse, la grande entreprise  suivant attentivement les faits et gestes de ses salariés ou l’homme de  marketing nourrissant d’immenses bases de données. Sans oublier  l’espionnage entre voisins, conjoints ou employés qui donne lieu à des  procès en cascade. Depuis le 11 Septembre, les grandes oreilles de  l’Etat mais aussi celles des entreprises ne se sont jamais autant  déployées. Les yeux aussi : on estime à un million le nombre de caméras  de vidéosurveillance en France.</p>
<p style="text-align: justify;"><img title="Lire la suite…" src="http://www.jeanpaulney.com/wp-includes/js/tinymce/plugins/wordpress/img/trans.gif" alt="" />Longtemps  réservés aux services secrets, les caméras miniatures, les micros  cachés et les stéthoscopes capables d’écouter à travers des murs de  béton armé sont aujourd’hui interdits d’utilisation, mais en vente libre  dans le commerce. Sans compter un arsenal de produits grand public, de  l’appareil photo numérique miniaturisé au smartphone dernier cri, tous  faciles à détourner de leur usage premier.</p>
<p style="text-align: justify;">Les affaires médiatisées constituent l’arbre qui cache une jungle :  contrôle excessif dans les bureaux, piratage d’ordinateurs, installation  sauvage de vidéosurveillance, faux entretiens de recrutement, filature  de personnels gênants, bases de données marketing non déclarées,  utilisation de « loggers » décryptant les journées de travail, fouilles  illicites des disques durs, etc. Le danger menaçant nos vies privées est  d’autant plus grand que &#8211; les hackers le disent haut et fort &#8211; aucune  donnée confidentielle informatisée n’est inviolable, cartes de crédit et  cartes Vitale comprises. Bref, le secret n’existe plus. Et c’est bien  le droit à la vie privée qui se trouve menacé par le développement tous  azimuts du Big Brother technologique. Enquête sur le monde flou et fou  de ce nouvel espionnage.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sortez les mouchards</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En les mettant en relation avec le reste du monde, le web rend les  internautes plus que jamais vulnérables aux espions. Attention, le  terrain est miné&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Peer-to-peer : ce procédé d’échange d’informations entre ordinateurs  privés crée une énorme polémique, à la suite de l’essor du partage  illégal de fichiers musicaux ou de vidéos. Le 29 avril 2004, le tribunal  de grande instance de Vannes a condamné six internautes à des peines de  un à trois mois de prison avec sursis ainsi qu’à une somme de 2 000 à 5  800 euros de dommages et intérêts pour avoir téléchargé jusqu’à 814  CD-Rom de films et de logiciels&#8230; Confortablement installés derrière  leurs ordinateurs, les internautes se croyaient peut-être  inatteignables. Or, les fournisseurs d’accès internet ont les moyens de  tracer leurs activités en associant leurs adresses IP, uniques pour  chaque connexion internet, à leurs coordonnées. D’autres procédés  permettent d’épier les internautes, souvent de manière totalement  invisible. Les spywares (logiciels espions) sont de petits programmes  qui se chargent en mémoire discrètement, en téléchargeant un jeu  gratuit, par exemple, ou en cliquant simplement sur une page web. Ils  profitent de failles de sécurité présentes dans les navigateurs ou les  systèmes d’exploitation. Ces mouchards amassent des informations  personnelles sur l’utilisateur (configuration, sites visités, mots de  passe) et les transmettent à des pirates qui oeuvrent parfois pour le  compte d’organisations mafieuses ou de sociétés publicitaires. Ils  alimentent régulièrement des bases de données utilisées pour le spam  (envoi massif de courrier non sollicité). Selon Webroot, éditeur de  logiciels de sécurité, 87% des PC d’entreprise sont infectés de  spywares. Avec parfois une centaine de variantes. Plus dangereux, les  keyloggers enregistrent les frappes au clavier pour découvrir mots de  passe et codes de cartes bancaires. Dans le même esprit, le phishing  détourne les utilisateurs sur une fausse page web aux couleurs d’une  banque afin de les inciter à révéler leurs coordonnées. Les chevaux de  Troie ont pour mission d’ouvrir une porte dérobée dans l’ordinateur afin  de permettre à un pirate de prendre son contrôle à distance. On notera  également le programme Rbot-GR, qui espionne depuis la webcam d’un PC  distant. Enfin, les cookies, petits fichiers enregistrés sur le disque  dur par le serveur web d’un site, permettent de reconnaître l’internaute  à chaque visite et de collecter ses habitudes de surf. Le moteur de  recherche Google, avec ses puissants algorithmes, peut révéler de  nombreuses informations privées présentes sur un site. De même, son  nouveau service de courrier électronique, Gmail, en conservant les  fichiers des utilisateurs sur les serveurs et en proposant des outils de  recherche pointus, inquiète quant à la confidentialité des données.  Enfin, n’omettons pas les pirates en herbe qui disposent sur le web de  tout un arsenal de logiciels prêts à l’emploi leur permettant de scanner  de façon automatique les réseaux, à la recherche d’ordinateurs mal  protégés. Devant ce tableau inquiétant, une seule attitude : la  vigilance. Ne pas cliquer sur des liens douteux et, surtout, mettre à  jour ses antivirus, anti-spywares, firewalls (qui surveillent les  entrées et sorties) et systèmes d’exploitation.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Souriez, vous êtes filmés</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Micros, caméras, puces électroniques&#8230; les techniques de surveillance  profitent d’une véritable explosion technologique pour se multiplier.  Rassurant ou inquiétant ?</p>
<p style="text-align: justify;">Vous avez demandé la gendarmerie, ne quittez pas&#8230; Un appel banal,  un dialogue de routine. Cette fois, un radio-amateur se plaint d’avoir  ses communications perturbées : en bruit de fond, il capte toutes les  conversations d’une entreprise des environs. La nuisance retient  cependant l’attention des gendarmes lorsque, vérification faite, ceux-ci  constatent que la susdite entreprise est un site de développement de  technologies de pointe et est sous contrat avec un groupe international  de défense aéronautique. C’est donc la DST qui prend immédiatement et  tout naturellement la relève et procède au « dépoussiérage » des locaux.  Sans grande surprise, ses agents découvrent dans la salle de conférence  quatre rallonges électriques multiprises, identiques en tous points à  celles que l’on trouve dans les rayons de tout bon supermarché. Sauf que  celles-ci, en l’occurrence, hébergent dans leurs entrailles des  microphones à longue portée. Le tout parfaitement insoupçonnable pour un  profane. « La technique a déjà dix ans, s’amuse Stéphane, patron d’une  entreprise londonienne spécialisée dans la sécurité et le  contre-espionnage. Dans la multiprise, le micro est alimenté par le  courant. »<br />
Autrement dit, on sait déjà faire bien mieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Il existe en fait une multitude de micros très facilement  dissimulables dans les objets les plus inattendus, ou de stéthoscopes  capables d’écouter à travers d’épais murs de béton. Le tout est en vente  libre sur internet, même si, officiellement, ce matériel est réservé à  l’armée, à la police ou encore aux professionnels de la sécurité. « Mais  les clients peuvent aussi être des entreprises privées, des médias (pas  Le Figaro Magazine ! NDLR), et même des particuliers », révèle le  patron d’une entreprise spécialisée du XIe arrondissement.</p>
<p style="text-align: justify;">Une épidémie d’« écouteurisme » qui n’a d’égale que celle du  voyeurisme. Car les caméras espionnes ne sont pas en reste, même si  toutes ne sont pas aussi sophistiquées que la coqueluche du jour, une  minicaméra qui, fichée dans un mur, passe pour une innocente tête de  vis.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des coupables identifiés, mais trop tard</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-248" title="surveillance-cameras-400" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/surveillance-cameras-400-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" />La vidéosurveillance a, elle aussi, explosé ces dernières années en  France. On compte désormais un million de caméras disséminées sur le  territoire. « Un chiffre bien loin de la réalité quand on pense aux  dispositifs non déclarés », confirme un inspecteur de la Cnil.</p>
<p style="text-align: justify;">400 000 en région parisienne, dont 320 000 dans la capitale, selon  les chiffres recoupés des associations, de la Cnil et des fournisseurs.  La RATP possède à elle seule un maillage de quelque 5 000 caméras (et  bien davantage, selon certains experts).</p>
<p style="text-align: justify;">Un million de caméras « officielles », dont 150 000 partagées entre  les 185 villes qui ont adopté la vidéosurveillance en 1997. Plus de 100  caméras à Levallois-Perret, 80 à Puteaux, 22 à Montargis&#8230; Le quartier «  sensible » des Coteaux, à Mulhouse, fourmille de 165 caméras depuis le  11 Septembre. Un nombre qui devrait être porté à 300&#8230; Cannes en  possède 87, sur un parc prévu de 170. Strasbourg en dispose de 80.  Résultat : le marché de la vidéosurveillance, en France, est estimé à  275 millions d’euros par an (chiffres du Milipol). Et sa croissance est  exponentielle.</p>
<p style="text-align: justify;">Londres est un parfait exemple du phénomène de la vidéosurveillance.  Le simple citoyen y est filmé 300 fois par jour. Sur les 2,5 millions de  caméras de surveillance britanniques, partagées entre police,  établissements privés et sociétés, 150 000 sont implantées à Londres.  Moins qu’à Paris, mais bien présentes : « Près de 800 caméras peuvent  contrôler 250 000 voitures chaque jour, en lisant les plaques  minéralogiques et en transmettant le numéro à un ordinateur central »,  commente un expert.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, ces installations n’empêchent pas le pire. A Londres, les  systèmes de vidéosurveillance ont permis d’identifier les auteurs  présumés des attentats du 7 juillet. Mais pas de les empêcher d’agir.  Idem pour le meurtrier d’Amélie Delagrange, étudiante française,  assassinée le 19 août 2004. Il court toujours. La police a pourtant  reconstitué, seconde après seconde, le parcours d’Amélie vers la mort.  Les images ne conduiront les enquêteurs sur aucune piste. Le tueur a  sans doute frappé dans un endroit sans caméras. « Il connaissait  parfaitement les angles de couverture », affirmait, dépité, un enquêteur  de Scotland Yard.</p>
<p style="text-align: justify;">Moins dramatique, mais presque aussi inquiétante, une autre tendance se dessine.</p>
<p style="text-align: justify;">« Vouloir savoir ce que l’autre fait, ce qu’il se passe chez lui, est  une maladie moderne. C’est du voyeurisme associé à un sentiment de  toute-puissance », affirme le sociologue Jordì Seras en nous conduisant  dans une boîte de nuit de Barcelone. Là, le directeur de  l’établissement, Conrad Chase, propose à sa clientèle de se faire  implanter sur-le-champ une puce électronique dans le bras &#8211; un moyen sûr  d’être identifié et de payer ses consommations. Succès incontestable au  moins sur un point : la boîte de nuit est devenue célèbre dans le monde  entier.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand la technologie nous trahit</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-247" title="espionnage-multimédia" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/espionnage-multimédia-300x234.jpg" alt="" width="300" height="234" />A tout instant de la vie quotidienne, des technologies tracent et  analysent insidieusement les activités et les opinions de chaque  Français. Entre exigences de sécurité et battues commerciales, personne  n’est à l’abri !</p>
<p style="text-align: justify;">La journée ordinaire d’un citoyen français recèle de nombreux pièges  insoupçonnés. Dès son premier appel téléphonique avec un téléphone  mobile, le numéro appelé, la durée de la conversation et la position  géographique de l’appelant sont stockés par l’opérateur téléphonique.  Lors d’un transport en métro, le paiement avec la carte Navigo de la  RATP, qui dispose d’une puce RFID (Radio Frequency Identification),  consigne les horaires et lieux de passage. Dans une grande surface, les  caméras de surveillance filment d’abord le client, puis les puces RFID  présentes sur les articles tracent son chemin jusqu’à la caisse, où son  identité sera révélée par sa carte bancaire et croisée avec ses  habitudes de consommation. De retour à la maison, la consultation du  courrier électronique est enregistrée par le FAI (fournisseur d’accès  internet). Lors de la réalisation d’opérations bancaires en ligne, la  banque recueille ces démarches dans un fichier informatisé. Ajoutons à  cela le départ en voiture depuis un parking souterrain avec  vidéosurveillance, le flashage au radar pour excès de vitesse, le  paiement dans une boutique avec la carte Moneo (actuellement en phase de  test) ou la consultation d’un médecin avec sa carte Vitale.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutes ses activités sont consignées dans des fichiers informatisés  dont la destination et les multiples duplications demeurent incertaines.  On estime qu’un citoyen français est fiché jusqu’à vingt fois par jour.  Les données recueillies laisseront des traces vingt-cinq ans après sa  mort.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette pratique n’est pourtant pas nouvelle. Impôts, Sécurité sociale,  abonnements, achats par correspondance, cartes de club, codes-barres&#8230;  De nombreuses techniques de fichage existaient déjà. Mais le nombre et  la taille des bases de données ont explosé avec l’avènement de  l’informatique. Sous couvert de sécurité, d’optimisation des stocks ou  d’études de consommateurs, elles traquent l’individu dans les moindres  recoins. Au niveau sécuritaire, les exigences ont explosé après les  événements du 11 septembre 2001. La loi Perben 2 a légalisé des  pratiques jusqu’alors officieuses comme le piratage d’un ordinateur, la  mise à disposition d’e-mails ou l’installation de systèmes d’écoute (par  les autorités compétentes). Utile pour traquer les criminels, mais  inquiétant lorsqu’il s’agit de pister un passionné d’islam, de la langue  arabe ou un curieux de l’histoire du terrorisme, sur la simple  observation de ses habitudes de consommation. Si demain la carte Moneo  s’avérait le seul moyen de paiement, quelle serait notre liberté lors de  nos achats ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le rasoir qui trace plus près</strong><br />
<img class="alignleft size-medium wp-image-249" title="RFID-jean-paul-ney" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/RFID-jean-paul-ney-300x210.jpg" alt="" width="300" height="210" />La palme de l’élément le plus intrusif dans la vie privée revient sans  conteste au téléphone portable, que certains n’hésitent pas à surnommer  la « laisse électronique ». Pour pouvoir vous joindre à tout moment, les  opérateurs localisent en permanence la position de votre mobile parmi  les antennes-relais de leur réseau. Vous devenez ainsi repérable avec  une précision de 100 mètres, même quand votre appareil est en veille (et  vingt minutes après l’avoir éteint, le temps que les condensateurs se  déchargent). L’exemple le plus spectaculaire est peut-être la mort du  président tchétchène Djokhar Doudaïev en avril 1996, localisé dans son  refuge par son téléphone cellulaire et touché par un missile russe. En  France, le site www.ootay.com propose un service de géolocalisation des  enfants. En répondant à un simple texto, le portable utilisé devient  pistable en temps réel. On imagine les débordements possibles entre un  mari jaloux et une femme trompée. Un individu malintentionné peut  également fixer un appareil sous une voiture pour connaître tous ses  déplacements.</p>
<p style="text-align: justify;">La puce RFID permet également le traçage à distance. Dépassant à  peine 1 millimètre, elle contient une grande capacité de mémoire et  s’avère détectable à 5 mètres. Elle ne nécessite aucune alimentation et  demeure éternelle ! La grande distribution (Wall-Mart aux Etats-Unis ou  Metro en Allemagne) l’a déjà adoptée pour suivre l’acheminement des  marchandises. Gillette l’a incorporé à ses rasoirs pour suivre l’état  des stocks ou, peut-être, espionner les habitudes de ses clients. On la  retrouve actuellement au travers des cartes de transport comme Navigo ou  dans les systèmes de péage automatique sur autoroute. La discothèque  Baja Beach Club à Barcelone propose de greffer une puce dans le bras de  ses clients. Ils sont identifiés dès leur arrivée dans le club, leurs  consommations déduites du crédit dont ils disposent. Un développement  intéressant dont les dérives possibles font frémir. Le cabinet d’études  américain Datamonitor estime ce marché à 6 milliards de dollars en 2010.</p>
<p style="text-align: justify;">Si la vidéosurveillance commence à poser des problèmes de par son  évolution rapide, l’écueil principal pour le respect de la vie privée  réside dans « le développement des technologies d’identification par  biométrie », selon Alex Türk, président de la Cnil (Commission nationale  informatique et libertés). Encore à l’état de projet, la future carte  d’identité biométrique Ines déclenche déjà l’ire des associations de  défense des droits de l’homme et des libertés. Contenant une  photographie et des empreintes digitales numérisées au sein d’une puce,  ce document sera payant et obligatoire. Inquiétant lorsque l’on sait que  Ines sera reliée à un fichier central répertoriant 60 millions de  Français. Du jamais vu ! « L’usage de la biométrie doit rester  extrêmement prudent et encadré, précise Alex Türk. Sur 60 millions  d’individus, on peut imaginer, chaque année, une centaine de victimes du  système (usurpations d’identité, données erronées&#8230;). Il faut  également se méfier des consultations abusives. Si vous connaissez un  policier, rien ne vous empêche de lui demander des informations sur une  personne. De plus, la carte Ines est lisible à 20 mètres. On peut  enregistrer vos déplacements à votre insu. »</p>
<p style="text-align: justify;">Cette situation met en lumière le principal danger de l’ère numérique  : la conservation des données informatiques et le croisement possible  (quoique interdit) des fichiers. « Nous sommes tous répertoriés dans des  centaines de fichiers, renchérit Alex Türk. Le Stic (fichier de la  police recensant les délits, mises en cause ou simples victimes)  contient des dizaines de millions de coordonnées. Récemment, une femme  qui briguait un emploi dans la sécurité à l’aéroport de Roissy s’est vu  écartée, car elle apparaissait, à tort, dans le fichier pour une  histoire vieille de onze ans (alors que les données doivent être  détruites au bout de cinq ans). Le temps de nous contacter et de  régulariser la situation, la place était prise&#8230; » Cela pose également  le problème du droit à l’oubli. Plus d’erreur permise. On peut se voir  refuser un emploi à 30 ans pour un tag malheureux à 18 ans. « C’est la  disparition de l’espace public anonyme, ajoute Alex Türk. Si vous croyez  que le monde ressemblera un jour à celui de Big Brother,  détrompez-vous&#8230; Vous êtes en plein dedans ! »</p>
<p style="text-align: justify;">Lors du boum d’internet en France, de nombreux fournisseurs d’accès  offraient gratuitement leurs services à la condition de renvoyer un  questionnaire composé de questions banales (profil, coordonnées, centres  d’intérêt&#8230;). Ces réponses alimentaient des fichiers qui venaient  s’ajouter à d’autres : abonnés au téléphone, adhérents à un club, achats  par correspondance&#8230;<br />
<strong><br />
La traque commerciale</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Toutes les informations sont bonnes à prendre pour venir grossir des  bases de données comportementales de plusieurs millions d’adresses. En  procédant à des recoupements, on bénéficie alors de renseignements  précis selon de multiples critères : socio-démographie, style de vie,  comportement d’achat&#8230; Essentiel pour cibler les familles de deux  enfants qui consomment du lait au petit déjeuner ou les personnes  susceptibles de contracter un crédit. Les informations collectées  alimentent les études et les campagnes de marketing des entreprises du  monde entier qui se les arrachent à prix d’or. Deux géants détenaient la  majeure partie du marché français : Consodata et Claritas. Ils ont été  rachetés par Axciom, qui affiche aujourd’hui une MBDD (mégabase de  données) de 6 millions de foyers, soit 18 millions d’individus dans  l’Hexagone. Avec des tarifs variant entre 0,1 euro et 0,8 euro hors  taxes l’adresse, on perçoit l’ampleur du marché. Le secteur a connu un  développement considérable avec internet où la collecte sauvage abondait  en toute illégalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, la Cnil impose de cocher une case sur les formulaires  internet si l’on désire recevoir de la publicité ciblée. Le but étant  d’éviter le spam (envoi massif de mails non sollicités). Pourtant, le  citoyen reste traqué sans relâche, puis fiché à son insu au cours de  grandes battues commerciales.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Votre patron sait tout, voit tout, entend tout</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-252" title="cravate-camera-jean-paul-ney" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/cravate-camera-jean-paul-ney-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" />Enregistreurs, caméras, contrôle des disques durs mais aussi filatures  et enquêtes internes : c’est un véritable bras de fer qui se joue entre  directions et employés sur le thème de la surveillance &#8211; notamment  technologique &#8211; des salariés. Les magistrats, eux, tentent d’arbitrer en  émettant des jugements en rafales.</p>
<p style="text-align: justify;">L’affaire fait grand bruit et secoue le landerneau judiciaire. Les  faits au départ relevaient pourtant d’une anecdote à la Courteline,  mâtinée de high-tech : un employeur découvre des photos érotiques sur le  bureau d’un salarié. « Rien d’affolant aujourd’hui compte tenu de  l’accroissement spectaculaire de photos X circulant dans les entreprises  via internet », glisse, moqueur, un avocat. L’affaire se complique  quand la direction décide de contrôler &#8211; discrètement &#8211; le disque dur de  l’ordinateur de son employé. Trouvant sous l’intitulé « Perso »  d’autres dossiers tout aussi étrangers à la fonction de l’intéressé,  l’employeur convoque l’homme aussi sec. Et licencie le licencieux pour  faute grave. Sanction confirmée par la cour d’appel. Le 19 mai dernier  pourtant, rebondissement : la Cour de cassation casse la décision. Au  motif que, hors événement ou risque particulier, l’employeur n’a pas le  droit d’ouvrir les fichiers personnels sur un disque dur informatique  sans que l’intéressé soit présent, ou du moins prévenu.</p>
<p style="text-align: justify;">Face à cette jurisprudence, quelques millions de salariés heureux  possesseurs de dossiers persos &#8211; à forte flatulence &#8211; sur leurs disques  durs sont tentés de pousser un ouf de soulagement. A tort. « Cette  décision ne dit pas que les contrôles sont illicites, ou que la faute  n’existe pas, rappelle Me Michel Henry, un des avocats réputés de  l’Hexagone en droit social, conseil de nombreux syndicats. Il confirme  simplement que ces fouilles ne peuvent se faire à l’insu des intéressés.  »</p>
<p style="text-align: justify;">« Si le combat est rude, c’est que les technologies fragilisent en  réalité l’une et l’autre partie, commente Luc Mensah, directeur de Siva,  une société en pointe dans le conseil en surveillance informatique. Les  entreprises voient leurs données stratégiques exposées aux courants  d’air du monde numérique, et les salariés se sentent menacés dans leurs  libertés individuelles. » L’affaire de la jeune stagiaire chinoise,  supposée espionne de Valeo, est révélatrice de la vulnérabilité des  employeurs, notamment vis-à-vis des personnels non permanents :  stagiaires, CDD, intérimaires, indépendants.<br />
<strong><br />
Une variété de mouchards technologiques</strong><br />
<img class="alignleft size-medium wp-image-253" title="espionnage-animal-L-1" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/espionnage-animal-L-1-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" />De leur côté, les employés n’ont pas forcément de quoi être rassurés.  Les caméras de vidéosurveillance externes, toujours plus nombreuses  depuis le 11 Septembre, captent les déplacements des salariés &#8211; arrivées  et départs notamment &#8211; et parfois par inadvertance quelques recoins des  locaux internes. Contestables devant les tribunaux, ces enregistrements  créent une tension, parfois une psychose, qui peut devenir explosive.  Or, la tentation de l’accumulation des systèmes de surveillance est  d’autant plus forte que le marché fourmille de mouchards technologiques  toujours plus performants. « Les key loggers, par exemple, en  enregistrant les frappes sur le PC, avec la date et l’heure, sont  capables de reconstituer l’intégralité d’une journée de travail d’un  salarié ; les log trackers sont des mouchards internet capables de  tracer toute l’activité d’une personne sur la toile », détaille un  spécialiste internet.</p>
<p style="text-align: justify;">Seule limite à ces outils : ils ne doivent être utilisés que dans un  objectif de statistique globale et ne peuvent viser un salarié  particulier. Car la Cnil veille à ce que libertés individuelles et  respect de la vie privée soient respectés. « Hors activités sensibles,  l’autorisation d’une vidéosurveillance dans les bureaux, devant la  machine à café&#8230; sera toujours refusée, analyse Luc Mensah. Dès lors,  face aux contraintes légales, la meilleure solution consiste à ceinturer  les données elles-mêmes plutôt que les hommes. Via des clés d’accès,  cryptages, tunnels, connexions sécurisées sans oublier les filtres  internet pour dissuader le personnel de surfer sur certains sites&#8230; »</p>
<p style="text-align: justify;">Deux règles viennent renforcer la protection des salariés. « Celle de  la transparence, qui oblige l’entreprise à faire connaître les systèmes  de contrôle qu’elle installe, et celle de la proportionnalité des  moyens mis en place par rapport aux risques encourus », décrit Me Michel  Henry. Pour le viol de cette seconde disposition, l’avocat vient ainsi  de faire condamner une filiale de la SNCF ayant mis en place un système  de pointage du personnel par empreinte biométrique du pouce. Un  dispositif disproportionné par rapport aux risques encourus parce que «  irrespectueux des droits de la personne humaine », dit le jugement. Une  première en France.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme dans les meilleures agences de renseignements, l’entreprise se  nourrit aussi de renseignements humains sur le terrain : évaluations  annuelles, visites médicales, dialogues informels, suivi de carrière,  etc. Là où les choses dérapent, c’est quand les services de sécurité  interne ou les officines sont saisies. Car les détectives privés  français ont fait leur révolution : fini les maris jaloux qui veulent  des flags dès potron-minet. Leurs clients aujourd’hui sont souvent des  chefs d’entreprise en quête de révélations sur l’évaporation de secrets  industriels, des détournement de marchandises ou&#8230; de l’info sur les  habitudes d’un collaborateur gênant. Certes, les officines ont des codes  de déontologie féroces. « Mais on peut toujours invoquer des prétextes  bidons pour faire suivre une personne dont on veut la peau », remarque  ce détective d’une enseigne parisienne ayant pignon sur rue.</p>
<p style="text-align: justify;">Il en est de même pour tous les systèmes d’espionnage sauvages : ils  sont totalement interdits, mais la sanction pénale reste faible. Et leur  efficacité souvent payante. Témoin cette affaire dans une école de  commerce d’une grande CCI où les distributeurs de cafés et de boissons  se trouvaient régulièrement vidés de toute leur monnaie par un étudiant  non identifié. Au bout de quelques mois, exaspéré, le directeur  dissimule dans le plus grand secret, et en dehors de toute autorisation,  une caméra au-dessus des fameuses machines. Et découvre que le pilleur  de tronc est&#8230; son principal adjoint, professeur de culture générale ! «  Sommé de choisir entre la démission immédiate ou la plainte au  commissariat, le salarié a craqué et disparu du jour au lendemain des  murs de l’établissement », raconte un témoin. S’il était allé devant les  tribunaux, son licenciement aurait pu être contesté, compte tenu de  l’illégalité totale de l’enregistrement.</p>
<p style="text-align: justify;">Contester, c’est aussi ce qu’ont tenté de faire récemment quatre  agents de sécurité, non sans un certain culot. Pris en flagrant délit  d’« indélicatesse » (le mot est joli) par des caméras installées dans le  local de stockage de clients de l’entreprise où ils n’avaient pas  accès, les lascars ont plaidé avec force la nullité de l’enregistrement.  Au motif qu’ils n’étaient pas prévenus de l’existence des caméras.  Habile mais raté : les juges de la Cour de cassation ont estimé en mai  dernier qu’il n’était pas besoin de prévenir les salariés d’une  vidéosurveillance dans des locaux où le personnel n’a pas l’autorisation  d’entrer.</p>
<p style="text-align: justify;">Le rôle des juges n’est donc pas partial mais au contraire précis,  équilibré, avec néanmoins une double ambiguïté : les magistrats sont  eux-mêmes ordonnateurs d’écoutes judiciaires &#8211; 30 000 par an environ &#8211;  en extension mal contrôlée. Et, ironie supplémentaire, eux-mêmes  n’échappent pas à l’espionnite croissante. Après les accusations des  magistrats de Nanterre se plaignant de piratage informatique dans  l’affaire Juppé, un autre scandale a éclaté à Caen. Un système de  téléphonie donnait au premier président de la cour et au procureur  général les moyens techniques d’espionner les conversations  téléphoniques des magistrats de la juridiction. Si l’enquête a conclu à  une « maladresse », l’émoi suscité par cette affaire a conduit le  ministre de la Justice à se fendre d’une circulaire rappelant que dans  les juridictions « seul le standard est autorisé sans aucune faculté  d’écoute ». Un texte surréaliste à souhait, parfaitement révélateur,  jusqu’à la caricature, des dérives actuelles.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Espionnage industriel : tous les coups sont permis</strong><br />
Du faux entretien d’embauche pour recueillir des informations aux  &laquo;&nbsp;grandes oreilles&nbsp;&raquo;américaines qui surveillent les communications de  toute la planète, l’espionnage économique ne regarde pas à la dépense et  peut rapporter gros. A condition de ne pas se faire prendre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le scandale a explosé au début de juin. Et l’enquête suivie par  Interpol pourrait bien révéler une des plus importantes affaires  d’espionnage industriel des dix dernières années.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout commence au mois de novembre 2004. A sa grande stupéfaction, un  écrivain israélien découvre sur internet des extraits de son livre,  alors en préparation. Il porte plainte. La police déniche sur son  ordinateur un cheval de Troie, petit programme informatique permettant  d’espionner à distance le contenu d’un ordinateur. Son gendre,  rapidement soupçonné, passe aux aveux. Quitté par sa femme, il avait  décidé de se venger sur sa famille.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais en tirant le fil de cette affaire, les enquêteurs découvrent que  le triste sire est allé bien plus loin. Il a vendu son logiciel espion à  des sociétés de renseignements privées, et ces dernières ont  elles-mêmes proposé à des sociétés implantées dans le monde entier ou  représentant des grandes marques en Israël de leur vendre des  informations confidentielles&#8230; La police a déjà découvert plus de  quatre-vingts entreprises victimes de cet espionnage industriel à grande  échelle.</p>
<p style="text-align: justify;">« Rien n’est pire en matière d’espionnage industriel que de se faire  prendre », commente un spécialiste de ces questions, ancien de la Sûreté  du territoire (DST) travaillant aujourd’hui pour une entreprise privée.  Car, pour lui, il n’y a pas de doute, « croire que les limites légales  de la recherche d’information sur un concurrent ne sont jamais  franchies, c’est être un peu naïf ».</p>
<p style="text-align: justify;">L’affaire de la petite Chinoise Li Li Whuang, stagiaire chez Valeo,  soupçonnée d’espionnage industriel par la justice française, est loin  d’être unique en son genre. Le Centre européen pour le renseignement  stratégique et la sécurité (ESISC), basé à Bruxelles, a révélé qu’un  véritable réseau d’espionnage économique chinois, dont la base se  trouverait au sein de l’université de Louvain, essaimerait dans toute  l’Europe du Nord.</p>
<p style="text-align: justify;">« La Chine est considérée comme l’un des pays les plus agressifs en  matière d’intelligence économique », rappelle Jacques Baud, auteur de  l’ouvrage de référence l’Encyclopédie du renseignement et des services  secrets *. Mais bien souvent les affaires sont étouffées. Une entreprise  n’a que rarement intérêt à montrer qu’elle ne sait pas se défendre. De  surcroît, des intérêts nationaux peuvent être en jeu. La France ne veut  pas se brouiller avec la Chine ? C’est tout bénéfice pour l’entreprise  ou le pays qui a profité de l’espionnage. Car « suivant la qualité des  informations recueillies, entre cinq et dix ans de recherche peuvent  être économisés. Dans certains cas, des marchés entiers sont gagnés ou  perdus », confie un expert en protection de secret industriel.</p>
<p style="text-align: justify;">« Il ne faut être ni naïf ni paranoïaque », rappelle de son côté  Alain Juillet, haut responsable à l’Intelligence économique, après avoir  dirigé Marks &amp; Spencer-France et tenu le deuxième rang des services  secrets français, en charge notamment de la création d’un système de  veille et d’alerte pour les entreprises stratégiques. A la suite du  rapport du député UMP Bernard Carayon sur les faiblesses de la France en  matière de défense économique, il a également lancé un fonds de soutien  pour les entreprises sensibles en difficulté. Un moyen d’éviter une  technique connue de l’espionnage industriel : prendre le contrôle  financier d’une société pour piller le résultat de ses recherches.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce souci de l’Etat français de protéger son patrimoine scientifique  et technologique est une première quand dans certains pays on pratique  depuis des lustres des techniques bien plus offensives. L’une des plus  connues à ce jour est celle du faux entretien d’embauche. Une entreprise  voulant obtenir des informations sur un concurrent diffuse des petites  annonces laissant miroiter des rémunérations importantes. Ces annonces  ciblent des profils d’ingénieurs ou de chercheurs très spécifiques. Une  fois attirés, ces derniers sont soigneusement manipulés grâce à une  série d’entretiens étudiés pour que rien ne filtre de la machination.  Ils cherchent bien évidemment à briller auprès de leur futur employeur  et lâchent sans même s’en rendre compte les informations stratégiques  recherchées. Le candidat reçoit quelques jours plus tard une lettre.  Elle stipule qu’il n’a pas décroché le poste.</p>
<p style="text-align: justify;">D’autres utilisent des méthodes plus classiques&#8230; Ainsi, la  multinationale Procter &amp; Gamble, par le biais du cabinet privé  Phoenix Consulting Group, a été impliquée dans une affaire d’espionnage  industriel alors que certains des agents de Phoenix Consulting  fouillaient les poubelles d’une filiale de son concurrent Unilever.</p>
<p style="text-align: justify;">L’espionnage touche quasiment tous les secteurs. L’armement et la  sécurité sont parmi les plus sensibles. Un officier de l’armée grecque  vient d’être arrêté pour avoir divulgué à des sociétés privées des  informations confidentielles concernant l’achat de F-16 et d’avions de  combat Eurofighter du consortium européen EADS. Mais tous les secteurs  extrêmement concurrentiels, que ce soit l’agroalimentaire, les  cosmétiques, les secteurs pharmaceutiques&#8230; sont concernés. Comme  toutes les guerres, la guerre économique ne se gagne qu’avec de bonnes  informations.</p>
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		<title>Au coeur des écoutes électroniques américaines</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Jul 2010 15:55:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em></em>Nous sommes en 1994 et la France vient de conclure un accord de vente  de quarante quatre Airbus, un avion affrété par le gouvernement  français file droit vers l’Arabie Saoudite, à l’intérieur, des hommes  clefs du gouvernement ainsi que quelques pontes de la firme Airbus. A  bord se trouve aussi Edouard Balladur, très confiant de signer un juteux  contrat. Seules quelques personnes triées sur le volet sont au courant  d’une telle transaction. Et pour cause : La commande que doit signer  l’Arabie Saoudite se monte à 30 milliards de francs ! Le secret est donc  bien gardé et il ne reste qu’un contrat à signer par les partis  concernés pour que la vente soit validée.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-30"></span><em>“En Dieu nous croyons, tous  les autres nous écoutons” Mot d’ordre  des opérateurs d’interception de  la NSA dans les années 1970.</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><img title="Lire la suite…" src="http://www.jeanpaulney.com/wp-includes/js/tinymce/plugins/wordpress/img/trans.gif" alt="" />L’avion est en phase d’approche, le commandant de bord se cale sur  les fréquences des balises de l’Aéroport de Riyad, la tour de contrôle  valide la piste d’atterrissage. Les roues touchent le tarmac. Comme il a  souvent l’habitude de le faire, Edouard Balladur vérifie une dernière  fois que le contrat d’Airbus est bien parmi les autres contrats  commerciaux dans son attaché-case, simple tic nerveux. Un contrat qui ne  sera jamais signé, un contrat qui repartira dans cet avion et ce, aussi  vierge de signature qu’il en est venu. En effet, au dernier moment les  autorités de Riyad ont décliné l’offre de la France, sans aucune autre  explication. Edouard Balladur est prié de remonter dans l’avion.  Quelques temps après, la raison de cette annulation devient officielle :  Le contrat vient de passer chez Boeing qui a révisé son offre à la  baisse au dernier moment . Comment Boeing aurait eu connaissance d’un  tel accord ? Qui aurait fait bénéficier Boeing de cette information ?  Qui aurait eu accès au secret et comment ? Mais surtout quelle en est la  raison principale ? Chez Airbus deux personnes étaient au courant de  cet accord, aucune fuite possible.</p>
<p style="text-align: justify;">Branle-bas de combat à Matignon et à l’Elysée, la DST est convoquée  pour une réunion de crise. L’affaire éclate au grand jour et la presse  -tout en pointant le doigt sur la très puissance NSA- avance un seul mon  : Echelon. Ce fait bien « réel » n’a pas eu cependant l’effet qu’il  aurait du produire. Bien au contraire, il reste à ce jour l’un des  nombreux dossiers mystérieux classés dans le dossier Echelon, le système  d’interception de données à l’échelle du globe que pilote en silence  depuis plus de vingt ans l’agence nationale de sécurité américaine. Il y  a seulement quelques semaines, l’Amérique a commencé à reconnaître  timidement l’existence d’un tel système, ses partenaires anglo-saxons  (la Grande-Bretagne, la Nouvelle-Zélande et l’Australie) suivent le pas  et le puzzle se reconstitue passivement.</p>
<p style="text-align: justify;">Fin 1999, c’est une rencontre bien étonnante qui se déroulera dans  les locaux de l’assemblée nationale à Paris. Elle se poursuivra une  deuxième fois le long des couloirs des Invalides, pour se terminer non  loin de là où reposent les cendres de Napoléon. Je n’aurai aucune  méfiance envers mon interlocuteur, m’ayant montré pâte blanche à notre  première rencontre, ledit contact me demande alors mon avis sur le  réseau Echelon : « Vous savez, c’est ainsi, nous savons qu’ils nous  espionnent, ce sont les règles du jeu, mais là ils trichent, nous volent  des contrats commerciaux, c’est une situation de monopole, et dans  l’information, le monopole, c’est la mort de la démocratie ». Nous  parlerons des capacités d’interception d’Echelon et de mon enquête. Mon  contact me fait savoir qu’il serait intéressé par mon avis, par un  rapport fouillé : « J’en ai plus qu’assez de ces rapports profondément  vides de nos services, assez aussi des articles répétitifs de vos  confrères journalistes. J’ai sur le coup un juge, j’attends aussi votre  avis, c’est important. Nous préparons une mission d’information et  peut-être une enquête. Ney, je compte sur vous, allez sur le terrain et  voyez de vos propres yeux, je veux savoir ce que pensent aussi les  américains de toute cette histoire. Pas de conneries, nous sommes  d’accord ? ». Ce sera chose faite.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><img class="alignleft" title="nsa_jpney08" src="http://www.jeanpaulney.com/wp-content/uploads/2009/06/nsa_jpney08-300x192.jpg" alt="nsa_jpney08" width="300" height="192" />État du Maryland, février  2000</strong><br />
26 degrés, un temps magnifique, du jamais vu pour un mois de février  dans le Maryland. Fredrick Thomas Martin roule au ralenti. Notre  véhicule file le long de la route 32. Une route emplie de mystère qui a  été surnommée « la route du silence » par les quelques habitants des  environs. Et pour cause : Elle longe le gigantesque complexe de l’Agence  Nationale de Sécurité américaine, la surpuissante NSA. Une bifurcation à  droite se présente à nous, un panneau indique « NSA EMPLOYEES ONLY » .  Fredrick prend la bretelle de droite. Les arbres cachent le paysage. Une  barrière se présente à nous, des gardes ornés du brassard « MP »,  police militaire, contrôlent nos identités : « Evite de sortir ton  appareil photo, c’est la police militaire de la NSA, un jour un gars a  voulu faire des photos, il n’a pas eu le temps d’en prendre une seule »  ajoute avec humour Fredrick, notre guide. Fredrick Thomas Martin &#8211;  ex-directeur d’un service de la NSA et aujourd’hui consultant au sein de  l’Intelligence Community &#8211; affiche un grand sourire : « Tu dois être le  seul français, le seul européen. Non, en fait, le seul tout court&#8230; ».  Trois ans d’enquête sur l’affaire Echelon, les services de  renseignement américains les dossiers Intelink et Compusec pour  finalement aboutir au cœur du complexe tant décrié. Quel journaliste  n’en a pas rêvé ? Beaucoup de confrères européens ont essayé sans succès  aucun, mais cela me coûtera cher, très cher. Je payerai plus tard ce  succès au prix fort : Gardes à vues, DST sur le dos, confrères jaloux et  puants de haine, diffamations et désinformations sur Internet. Mais  ceci est une autre histoire&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" title="NSA_HQ" src="http://www.jeanpaulney.com/wp-content/uploads/2009/06/NSA_HQ-300x225.jpg" alt="NSA_HQ" width="300" height="225" />Nous nous enfonçons lentement au  cœur de la « cité du silence », l’un de ces nombreux surnoms donnés à  l’agence d’espionnage électronique américaine. Ville fantôme, notre  voiture roule et les immeubles défilent, pas un chat à l’extérieur.  C’est donc cette petite ville où la NSA a « loué » des dizaines  d’immeubles, des bâtiments couleurs briques marqués de gros chiffres  blancs : 881, 126, 800. Le « guide tour » commence, nostalgique,  Fredrick montre du doigt l’immeuble qui fut le tout premier centre  opérationnel de la NSA en 1960, puis le deuxième bâtiment de 1980,  l’immense bloc noir, une grosse boite noire de plusieurs étages, le  centre névralgique. A le voir, il vous glace le sang d’un coup et vous  coupe la respiration, tel le paralysant monolithe noir de Stanley  Kubrick dans 2001 l’Odyssée de l’Espace. A ses pieds, un gigantesque  parking l’entoure sur trois flancs. Des milliers de voitures y sont  parquées. Un amas blanc rappelle les récentes chutes de neige. Quelques  rares soldats en uniformes circulent, une petite blonde nous sourit : «  Là c’est le bâtiment ou nous produisons nos propres microprocesseurs  ultra sécurisés » ajoute Fredrick. Je jette un oeil dans le rétroviseur,  une voiture nous suit depuis notre entrée dans le complexe « la police  militaire&#8230; » renchérit Fredrick. Puis sans pointer le doigt, il me  montre où sont positionnées une des quelque trois cent caméras  disséminés autour du Fort Georges G. Meade, en effet, les caméras  poussent comme des champignons ici, et des gars sont payés pour  surveiller 24H/24 l’immense complexe. Contrôles, et barrières en béton  marquées « NSA » délimitent le Fort, sans doute pour le badaud qui se  serait égaré&#8230; La cité de ceux « qui servent en silence » semble  définitivement imprenable.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><img class="alignleft" title="nsa_jpney02" src="http://www.jeanpaulney.com/wp-content/uploads/2009/06/nsa_jpney02-300x191.jpg" alt="nsa_jpney02" width="300" height="191" />Une naissance en silence</strong><br />
« La NSA intercepte, gère, stocke et traite toutes les trois heures un  volume d’information équivalente a celle de la bibliothèque du congres  américain », une information incroyable relayée à l’époque par un ancien  militaire ayant travaillé pour la NSA.</p>
<p style="text-align: justify;">La légende veut que seul trois personnes proches de Truman eurent  connaissance du vrai nom de l’agence, un nom alors classé au plus haut  niveau du secret et ce, dans toute l’histoire du renseignement  américain. En effet la National Security Agency est crée en 1952, plus  précisément le 4 novembre quand le président H. Truman abolit l’AFSA  (Armed Forces Security Agency, l’ancêtre de la NSA) et signe le «  Communications Intelligence Activities ». L’existence de la NSA n’a été  reconnue officiellement qu’en 1957. Les missions de la NSA restent,  malgré tout, peu connues et sont inscrites dans la très secrète «  National Security Council Intelligence Directive N°6 ». L’agence agit au  profit de l’ensemble de l’Intelligence Community, elle transmet les  informations au service qui en fait la demande. Le Directeur Central du  Renseignement (Director of Central Intelligence, DCI) -aujourd’hui  Porter J. Goss- est aussi le directeur de la CIA, établit les objectifs  et les priorités de la NSA selon les besoins du renseignement américain.  En novembre 1997, l’agence a reçu le National Intelligence Meritorious  Unit Citation, décerné par le DCI, au titre des services rendus pendant  la Guerre Froide et à travers cinq décennies, des services qui resteront  à 80% enfouis au plus profond du secret militaire.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est en 1972 qu’est crée au sein de la NSA, et par mémorandum  présidentiel, le Central Security Service. Cet organisme est chargé de  coordonner les activités de cryptologie, de gérer les procédures  d’écoutes et de sécurité électronique du Département de la Défense (le  Pentagone). Il assure aussi la liaison avec les autres organes de  renseignement et de sécurité des armes. Cet organisme fait partie  intégrante de la NSA. Le directeur de la NSA est également le chef du  Central Security Service (aujourd’hui le Lieutenant General Michael V.  Hayden de l’United States Air Force).</p>
<p style="text-align: justify;">En 1984 le président Ronald Reagan signe une directive qui rend alors  la NSA responsable de la sécurité informatique (COMPUSEC, Computer  Security) pour l’ensemble des organes fédéraux américains. Aujourd’hui,  c’est la NSA qui édicte les normes de sécurité informatique, l’une  d’elles, la NACSIM 5100A, est une norme qui fait autorité en matière de  protection contre l’effet TEMPEST .</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" title="nsa_jpney06" src="http://www.jeanpaulney.com/wp-content/uploads/2009/06/nsa_jpney06-300x201.jpg" alt="nsa_jpney06" width="300" height="201" />Aujourd’hui la NSA emploie  quelques 20.000 employés au siège de Fort Georges G.Meade, dont 38.000  employés expatriés et disséminés à travers le globe (100.000 en 1998 et  presque le double en 1999). Elle gère 31 supercalculateurs (CRAY, SGI et  IBM) ainsi que 52 systèmes informatiques reliés entre eux (système  connu sous le sobriquet Platform) et dont les logiciels spécifiques tels  que Oratory et Mosaïc sont le cœur même du système Echelon. Les  analystes de la NSA sont appuyés par huit satellites espions (dont  Trumpet, Mentor et Mercury ) qui relayent les communications aspirées  aux 54 stations d’écoute disséminées à travers le globe (deux  désactivées dont celle de Berlin). Ces dernières pré-digèrent les  quelques deux milliards de communications interceptées par jour que  devront analyser les supercalculateurs de Fort Meade, le siège central,  un travail de titan. Mais le roulement de ce système d’écoutes  planétaire, nommé Echelon, s’est récemment grippé et le système ses  retrouvé sous les rampes de l’actualité. Mais entre affirmations  officielles et déclarations officieuses, la presse a bien eu du mal à  différencier le vrai du faux. Un parcours unique pour l’agence de  renseignement la plus puissante au monde : Alors qu’il y a encore quinze  ans son nom et ses activités étaient inconnues, aujourd’hui la presse  fait ses gros titres sur deux seuls et uniques mots : NSA et Echelon.</p>
<p style="text-align: justify;">La NSA se trouve officiellement au 9800 Savage Road dans le Maryland,  c’est le Fort George C. Meade abrite cette agence aux dizaines de  surnoms. Electronic City, Puzzle Palace, SIGINT City, Silence City,  Codemakers City , Codebreakers City &#8230; En effet, les surnoms ne  manquent pas pour le « block » solide et compact que constitue la NSA au  coeur de la communauté du renseignement américain -où elle est l’une  des composantes les plus secrètes- avec un budget de 4 milliards de  dollars en 1997, 16 milliards en 1999, et 20 milliards en 2000 !  Aujourd’hui la NSA reste l’outil d’écoute le plus efficace et le plus  performant au monde.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" title="nsa_jpney01" src="http://www.jeanpaulney.com/wp-content/uploads/2009/06/nsa_jpney01-300x187.jpg" alt="nsa_jpney01" width="300" height="187" />L’agence de Fort G.Meade est  l’organe principal d’analyse des langues étrangères de l’administration  américaine. Lors de notre enquête nous avons appris que la NSA a  racheté tous les environs de Savage Road, de la station essence en  passant par l’aéroport et le motel qui par la suite a été transformé en  musé : le Natiolal Cryptologic Museum.</p>
<p style="text-align: justify;">La NSA joue un rôle déterminant dans la mise au point des  super-calculateurs par son besoin accru en matériel informatique  relativement puissant. Le Cray Super-Computers Research Center et le  National Center for Supercomputing Applications sont deux centres qui  développent les technologies de super calculs conjointement avec  l’agence. A titre d’anecdote, c’est en partie grâce aux recherches de la  NSA sur le stockage des données que le développement de la cassette  audio de Philips a vu le jour ! Mais il ne faut pas oublier que la  véritable mission de la NSA reste la collection, l’exploitation et la  distribution des écoutes issues de l’exploration électronique (COMSEC,  Communications Security) : « En douze heures, la NSA aspire et traite  une somme d’informations équivalente à la bibliothèque du Congrès  américain » confie Jacques Baud, un ancien des services suisses auteur  de « l’Encyclopédie du renseignement et des services secrets ». Et ce  n’est nullement de la science-fiction comme l’affirmaient dans la presse  certains de nos éminents ‘experts’ car aujourd’hui les preuves  s’accumulent et les langues se dénouent. Pour certains experts français,  le système de la NSA, Echelon, n’existe pas !</p>
<p style="text-align: justify;">« Cela tient du roman, je n’arrive pas à prendre tout ça au sérieux »  affirmait Philippe Caduc, directeur de l’ADIT (Agence pour la Diffusion  de l’Information Technologique) aux prémices du scandale Echelon dans  la presse. A l’évocation du rapport STOA sur Echelon réalisé à la  demande du Parlement Européen, ces derniers campaient sur leurs  positions, au contraire de l’amiral Pierre Lacoste, ancien patron de la  DGSE, qui lui a toujours eu un tout autre point de vue « C’est la  spécialité des Français et des énarques, un côté d’ignorance et un côté  d’arrogance intellectuelle. Echelon existe bien, c’est indéniable.  Regardez, en 1999 le budget annoncé approche celui de la Guerre froide,  mais la Guerre froide est révolue, Echelon sert d’autres objectifs&#8230; ».</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que nos politiciens et experts se querellent, les américains  s’esclaffent à nous voir agiter nos petits rapports et nos menaces de  plainte contre « x » pour « écoutes abusives et non autorisées et viol  de la vie privée » selon les termes des juristes parisiens. Les  associations impuissantes s’insurgent : « Le gouvernement ne nous  soutient pas, mais nous allons porter plainte ». Et les experts de  tourner autour du pot : « On va examiner le dossier, c’est promis ». Les  américains eux, ne sont pas obligés de répondre face à ces attaques, et  c’est bien ici que la devise chère aux employés de la NSA prend toute  sa splendeur : Never Say Anything : Ne dites jamais rien&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">A suivre&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Première publication dans la presse : VSD, février 2000. Toutes  les photographies sont la propriété de Jean-Paul Ney, toute reproduction  interdite sauf accord écrit.</em></p>
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		<title>La puce qui vous traque</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Jul 2010 15:38:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les puces RFID (puces d’identification par radiofréquences) sont incorporées par les multinationales dans certains de leurs produits pour en assurer la traçabilité. On en trouve sur les vêtements, disques CD et autres produits vidéos. La puce RFID permet ensuite de localiser le produit tout au long de son stockage jusqu’à sa livraison au client, elle]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Les puces RFID  (puces d’identification par radiofréquences) sont incorporées par les  multinationales dans certains de leurs produits pour en assurer la  traçabilité.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-25"></span>On en trouve sur les vêtements, disques CD et autres produits vidéos. La puce  RFID permet ensuite de localiser le produit tout au long de son stockage  jusqu’à sa livraison au client, elle est identifiée au moment du  passage à la caisse du supermarché, elle peut être associée à la carte  de crédit ou au chèque de l&#8217;acheteur, et donc à son identité. Chaque  produit acheté devient ensuite un véritable mouchard électronique qui  permet de localiser son utilisateur, car même après avoir acheté un  produit, la puce n’est pas désactivée, bien au contraire !</p>
<p style="text-align: justify;"><img title="Lire la suite…" src="http://www.jeanpaulney.com/wp-includes/js/tinymce/plugins/wordpress/img/trans.gif" alt="" />Les  puces RFID mesurent un peu moins d’un millimètre, une miniaturisation  qui n’empêche pas la haute technologie : elles intègrent une mémoire de  1kbit et une antenne qui émet dans la bande de fréquence des 2,5 GHz. La  puce a déjà été utilisée par Gillette, pour tracer ses rasoirs jetables  et donc mieux connaître les consommateurs, une étude sauvage basée, une  fois de plus, sur le concept de la sécurité. En effet, Gillette et ses  distributeurs (les grandes surfaces) sont victimes de vols qui coûtent  très cher. Les paquets de lames de rasoir disparaissent, tout comme les  rasoirs, assez facilement. Des ingénieurs ont donc mis au point un  système de traçabilité qui suit le moindre mouvement du client potentiel  depuis la saisie du produit dans son rayon jusqu’à la caisse : Au  moment ou le client s’accapare d’un produit Gillette, une caméra  discrète enregistre son visage alors que le produit contient dans son  packaging une puce RFID qui transmet ses déplacements sur un ordinateur,  ils sont couplés à la photo prise au rayon. Au moment du paiement à la  caisse, l’ordinateur vérifie bien que le produit a été identifié,  répertorié et payé, la photo est alors comparée avec le visage du client  en attente à la caisse… L’association américaine CASPIAN (consommateurs  contre la violation de la vie privée par les supermarchés) a dénoncé ce  procédé déjà mis en application par plusieurs marques de la grande  distribution, à ce propos une campagne sur Internet a été lancée sur le  site boycottgillette.com .</p>
<p style="text-align: justify;">L’histoire de la puce RFID est quelque peu trouble, elle a été  inventée par Gemplus, une société française rachetée par des  investisseurs américains, le patron actuel de Gemplus, Alex Mandl est le  neveu d’un des pontes de la NSA, l’agence d’espionnage électronique  américaine, et Mandl est lié à CIA, pour cause : il a été  l’administrateur de la société In-Q-Tel, une société privée financée  avec des fonds de la CIA ! Cette société a été crée pour inventer et  répertorier toutes les technologies qui pourraient permettre au  renseignement américain de progresser efficacement&#8230; Aujourd’hui la  puce RFID est fabriquée par une société américaine dénommée Matrics,  ainsi que par les sociétés japonaises NEC et Hitachi.  Début 2004, une  sénatrice californienne, Debra Bowen, a présenté une proposition de loi  encadrant l&#8217;usage des puces RFID, afin d’en limiter le risque d’abus et  d’intrusion dans la vie privée. Le texte prévoyait que les consommateurs  soient avertis de la présence d&#8217;un système RFID dans les produits  qu&#8217;ils désiraient acheter&#8230; Depuis c’est le silence total sur les puces  RFID. Comme d’habitude, pour les distributeurs et les grandes surfaces  il s&#8217;agit de lutter contre le vol et la contrefaçon, au mieux d’en  faciliter les inventaires. Pour certains consommateurs, c&#8217;est une  atteinte pure et simple de la vie privée. Sous la pression du lobby de  la distribution, le projet de loi sera rejeté &#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Décembre 2003, un communiqué de presse annonce qu’une société basée  en Floride, Applied Digital Solutions souhaite commercialiser  prochainement des puces RFID qui se greffent sous la peau. Un prototype  de ce produit a été présenté au salon de l’ID World 2003, à Paris.  L’opération, qui était réalisée sous anesthésie locale a consisté à  placer une étiquette de 12mm de coté sous l’épiderme du bras, une  étiquette au contenu digne d’un roman de science fiction : un émetteur  ultra miniaturisé pouvant transmettre une réponse à un signal radio  donné. Elles envoient un identifiant unique de 64 bits produisant  environ 18 mille trillions (18 millions de milliards) de valeurs  possibles&#8230; Pour la société ADS, le système baptisé VeriPay, est un  moyen de paiement comme les autres : l’identification du client pour les  distributeurs de billets ou encore le paiement instantané au passage de  la main ou de l’avant-bras sur un récepteur : « l’avantage le plus  évident réside dans le fait qu’il n’existe aucun risque de perdre sa  puce contrairement à une carte de crédit classique ou aux autres  applications utilisant des puces RFID, matérialisées par des porte clé  ou autres objets » annonce le communiqué de presse.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout comme le téléphone portable à ses débuts, ou la carte bancaire  mais encore la carte VIP ou Premium d’une société proposant à ses  clients de devenir des membres privilégiés, c’est donc au tour de la  puce sous-cutanée d’entrer dans la danse technologique. Ainsi pour  devenir un membre VIP de la boite de nuit Baja Beach Club de Barcelone  en Espagne, son directeur, Conrad Chase, propose à ses clients  d’implanter en quelques minutes une puce VIP Verichip dans le bras !  Elle permet au client de s’identifier mais aussi de payer ses  consommations ! Tant d’excuses qui finissent par séduire les jeunes  catalans et même des étrangers venus spécialement se faire implanter la  puce, histoire de frimer et de dire qu’on est un membre VIP avec une  puce spéciale dans son corps. Pour le sociologue Jordì Seras, cette  dernière attraction n’est pas un phénomène de mode, bien au contraire : «  Au début des téléphones mobiles tout le monde en voulait un, même  aujourd’hui, celui qui n’en possède pas passe, aux yeux de ses proches  ou des autres, pour un pariât, un rebelle, mais dans le mauvais sens. Si  vous n’avez pas de carte bancaire vous pouvez passer pour un fauché  auprès des filles, pas facile pour draguer. C’est la même chose ici à  Barcelone, depuis que ce patron de boite a lancé son concept d’implanter  une puce dans le corps humain de ses clients pour accéder à un espace  VIP et payer les consommations, le piège est double : non seulement la  méthode va se généraliser mais de plus elle emprisonne le libre arbitre  dans un état d’esprit où le fichage est quelque chose de positif, il est  lié à la fête et à l’appartenance à une haute classe ». Traduisez : la  technologie RFDI risque de connaître le même succès auprès des jeunes  que la carte de crédit et le téléphone portable ! Sans compter la  facilité de paiement, une puce dans le corps identifie tout de suite son  propriétaire à la caisse, plus aucun geste ne peut retenir les  tentations&#8230; Avant  on pouvait hésiter à sortir de la poche les  billets, puis la carte bancaire, maintenant, le barman passe un lecteur  électronique près du corps. Le patron de la boite de nuit, Conrad Chase  affirme que cette puce ne gène pas le client, et l’opération ou plutôt  l’implantation se fait dans les règles de la médecine : Le client signe  un formulaire, puis l’acte chirurgical prends quelques minutes et ne  procure aucune douleur désagréable. Et Conrad Chase de rajouter « on  peut enlever la puce aussi facilement qu’elle a été implantée, mais  personne ne l’a fait depuis le début de notre opération, bien au  contraire, le carnet de rendez-vous est plein jusqu’à la fin 2005 ».  C’est un succès incontestable qui a fait connaître la boite de nuit de  Conrad Chase jusqu’à l’autre bout du globe. Le flicage est dores et déjà  à la mode…</p>
<p style="text-align: justify;">D’autres sociétés comme Mastercard et même le Groupement des Cartes  Bancaires en France n’excluent pas de placer un jour des puces sous la  peau de leurs clients. Une information bien troublante. Un jour ou  l’autre il sera trop tard : nous aurons tous accepté un tel dispositif  dans notre corps par souci de facilité et d’économie. Aussi facile à  poser qu’un piercing et tout aussi efficace et sécurisant qu’une carte  bancaire…</p>
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