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	<title>Les Grandes Oreilles &#187; INVESTIGATION</title>
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	<description>Actualité, politique, investigation, grands reportages</description>
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		<title>&#171;&#160;Sihem Souid m&#8217;a omertuer&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Jul 2011 14:33:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nouvelle preuve de manipulation de Sihem Souid, auteur controversée du livre &#171;&#160;Omerta dans la Police&#160;&#187;. Depuis la publication de l&#8217;article &#8216;Omerta dans la police ou dans la presse&#8216;, la rédaction et ses sources reçoivent des textos et des emails de menaces. Selon les auteurs de ces menaces, nous serions (à l&#8217;insu de notre plein gré)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: justify;"><strong>Nouvelle preuve de manipulation de Sihem Souid, auteur controversée du livre &laquo;&nbsp;Omerta dans la Police&nbsp;&raquo;.</strong></h4>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2050"></span>Depuis la publication de l&#8217;article &#8216;<a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/2011/07/03/omerta-dans-la-police-ou-dans-la-presse/" target="_blank">Omerta dans la police ou dans la presse</a>&#8216;, la rédaction et ses sources reçoivent des textos et des emails de menaces. Selon les auteurs de ces menaces, nous serions (à l&#8217;insu de notre plein gré) le relais de rumeurs nauséabondes. Ni plus ni moins que des journalistes manipulés pour déstabiliser l&#8217;irréprochable Sihem Souid, nouvelle icône de la sécurité du Parti Socialiste.</p>
<p style="text-align: justify;">Outre le fait que la rédaction est en possession d&#8217;un (très) épais dossier (en plusieurs copies) permettant d&#8217;attendre de pied ferme toutes les actions judiciaires dont nous sommes menacés, chaque jour décidément apporte sa preuve des manipulations flagrantes dont Melle Souid et ses associés sont capables.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 4 juillet, ce furent des policiers qui s&#8217;étonnaient de la présence sur la liste des soutiens de Sihem Souid du syndicat SGP-FO Unité Police, à la fois comme organisation syndicale et également sous le nom comme signataire de Nicolas Comte, son Secrétaire Général.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 6 juillet, ces deux mentions avaient &laquo;&nbsp;disparu&nbsp;&raquo; mystérieusement du site de Sihem Souid. Hier c&#8217;était le syndicat de police Alliance qui s&#8217;étonnait par un tract de la présence de son principal concurrent comme soutien d&#8217;une secrétaire administrative dont le but est de dénigrer globalement la Police, même si elle s&#8217;en défend, il suffit de lire ses interventions publiques pour constater la réalité de sa propagande incertaine et surtout sans beaucoup de preuves que sa victimisation perpétuelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&#8217;hui, le SGP-FO Unité Police publie un tract très clair à ce sujet, mentionnant : &laquo;&nbsp;Comité du soutien de Madame Sihem SOUID : Nicolas Comte n’a jamais accepté de figurer dans ce comité, ni à titre individuel, ni à fortiori en qualité de secrétaire général d’UNITÉ SGP POLICE.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">Nous reproduisons ici l&#8217;intégralité du courrier adressé par Nicolas Comte à Melle Souid, sous forme de sommation formelle de rétablir au plus vite les deux mentions mensongères de soutien.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2054" title="2011-07-08_SIHEM_SOUID" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2011/07/sihem-souid-SGP-mythomane-police-nicolas-comte-2.jpg" alt="" width="500" height="669" /><br />
Nous pouvons affirmer que ce n&#8217;est pas la première fois que des &laquo;&nbsp;soutiens&nbsp;&raquo; se retrouvent ainsi inscrits comme pétitionnaires de l&#8217;action de Sihem Souid sans avoir fait de démarche volontaire. Il suffit de croiser cette dernière pour que, de sa propre initiative, elle inscrive un nom de plus. Mais là, le dégât dépasse la mention d&#8217;un simple citoyen puisque cela a permis à la presse, une fois encore sans vérifications, de mentionner que Sihem Souid était soutenue <em>par presque</em> tous les syndicats de police, ce qui était totalement faux, les démarches par courrier de ces derniers jours l&#8217;attestent.</p>
<p style="text-align: justify;">Il serait plus que temps que les médias OUVRENT ENFIN LES YEUX et se décident à vérifier les déclarations de Sihem Souid depuis le début de l&#8217;affaire &laquo;&nbsp;Omerta dans la Police&nbsp;&raquo;. S&#8217;il est peut-être vrai qu&#8217;elle eut constaté des propos sortant de la déontologie policière, il est aussi assuré qu&#8217;une bonne partie de ses déclarations ne sont qu&#8217;approximations ou estimations tout à fait subjectives de sa part.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce matin, la totalité des articles repris sur le post.fr (filiale du Monde interactif tout de même) à partir de l&#8217;article sur LGO concernant<a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/2011/07/07/la-politique-du-ps-en-matiere-dethique-dans-la-police-inspiree-par-une-militante-pro-ben-ali/" target="_blank"> la présence du nom de Sihem Souid sur une pétition favorable au maintien au pouvoir de l&#8217;ancien dictateur Ben Ali</a> ont été censurés dans les minutes suivant les mises en ligne. Plusieurs auteurs qui ont voulu relayer l&#8217;information se sont vus effacer leur post&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est ainsi que fonctionne apparemment la presse française. Pas de vérifications, des publications idéologiques sans aucun travail de recoupement, mais une censure immédiate dès lors qu&#8217;une information &#8216;sourcée&#8217; ne va pas dans le sens du vent dominant de la propagande générale.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous posions la question hier de savoir si c&#8217;était l&#8217;éthique policière de l&#8217;ancien régime Tunisien qui devait inspirer la déontologie de la police française. Aujourd&#8217;hui, au vu de la censure et de la &laquo;&nbsp;cécité&nbsp;&raquo; des médias sur des articles de presse factuels, nous pouvons poser la même question sur l&#8217;éthique de la presse. Cette presse doit-elle être aussi muselée en France, par ses propres acteurs, qu&#8217;elle le fut en Tunisie sous la dictature ?</p>
<p style="text-align: justify;">Une seule chose est certaine. Ces manœuvres d&#8217;informations sélectives, au bilan final, par faute principale de l&#8217;amateurisme d&#8217;une bonne partie des journalistes, ne profitera&#8230;qu&#8217;au Front National. Il sera alors bien tard pour se plaindre.</p>
<p style="text-align: justify;">Il va de soi, que la rédaction des Grandes Oreilles et son rédacteur en chef, Jean-Paul Ney, protègeront leurs sources jusqu&#8217;au bout de toute procédure, ni la garde à vue ni la pression des juges nous feront dévier de notre mission: le DROIT À L&#8217;INFORMATION (RÉELLE ET JUSTE).</p>
<h6 style="text-align: justify;"><em>Photo d&#8217;illustration : Fond Presse 2.0 / montage</em></h6>
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		<title>La politique du PS en matière d&#8217;éthique dans la police inspirée par une militante pro Ben Ali !</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Jul 2011 17:55:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;égérie du PS en matière de sécurité publique, Sihen Souid, auteur du brûlot «Omerta dans la police» était l’une des cent signataires d&#8217;une pétition pour soutenir une nouvelle candidature à la présidence tunisienne de Ben Ali. Ces signataires étaient principalement des représentants des milieux d&#8217;affaires et des &#171;&#160;intellectuels&#160;&#187;, elle a été publiée par la revue]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;égérie du PS en matière de sécurité publique, Sihen Souid, auteur du brûlot «Omerta dans la police» était l’une des cent signataires d&#8217;une pétition pour soutenir une nouvelle candidature à la présidence tunisienne de Ben Ali.</strong></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span id="more-2021"></span><strong>Ces signataires étaient principalement des représentants des milieux d&#8217;affaires et des &laquo;&nbsp;intellectuels&nbsp;&raquo;, elle a été publiée par la revue tunisienne &laquo;&nbsp;Réalités » et mise en ligne le 9 septembre 2010 sur le site tunisien businessnews.com.tn.</strong></h4>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.businessnews.com.tn/details_article.php?t=520&amp;a=21652&amp;temp=1&amp;lang=&amp;w=" target="_blank">Cette pétition exemplaire</a>, se conclue par l&#8217;allégeance suivante : <em>« Pour toutes ces raisons, nous nous adressons à Son Excellence le Président Zine El Abidine Ben Ali pour qu’il se porte candidat à la prochaine élection présidentielle. Notre appel traduit notre conviction profonde et sincère que le Président Ben Ali est le plus qualifié pour continuer à diriger le projet du changement moderniste afin que la Tunisie accède au rang des pays développés qui œuvrent pour un monde de paix, de justice et de solidarité.»</em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">En voici une copie d&#8217;écran pour la postérité</span></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone size-full wp-image-2023" title="sihem-souid-petition-pro-ben-ali-1" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2011/07/sihem-souid-petition-pro-ben-ali-1-e1310059910133.jpg" alt="" width="500" height="524" /></p>
<p style="text-align: justify;">Inutile de rappeler que des éléments à charge : armes, drogue et argent détourné ont été retrouvés dans les palais de « Son Excellence », et que « Son Excellence » et ses soutiens internationaux peuvent se targuer de la mort de 300 tunisiens. Nous ne comptons pas non-plus les 700 blessés, dont certains ne remarcheront plus, parce que fauchés aux jambes, à la tête où à la colonne vertébrale par les balles des services de sécurité aux ordres spécifiques de « Son Excellence ».</p>
<p style="text-align: justify;">Chacun garde en aussi en mémoire la polémique du début de l&#8217;année sur les vacances de Michelle Alliot-Marie en Tunisie et la proximité apparente de la patronne de la diplomatie française avec des proches du régime de Ben Ali. N’oublions pas non plus ses propos concernant l&#8217;éventualité d&#8217;une aide technique de la France à la police tunisienne en matière de maintien de l&#8217;ordre…</p>
<p style="text-align: justify;">Le Parti Socialiste avait alors fustigé la Ministre des Affaires Étrangères, entretenant une large campagne médiatique et polémique qui avait amené Mme Alliot-Marie à présenter sa démission le 27 février 2011. Pourtant ce même Parti Socialiste a choisi comme figure de proue de sa politique de sécurité publique, Melle Souid, française d&#8217;origine tunisienne, auteur du livre controversé « Omerta dans la Police ». Soutien indéfectible du PS donc depuis la sortie de ce livre en octobre 2010, surtout, Sihem Souid est également un des soutiens actifs et publics de la candidature d’Arnaud Montebourg aux primaires socialistes.</p>
<p style="text-align: justify;">Il se trouve alors que Sihem Souid est l’une des signataires en tant &laquo;&nbsp;Ecrivaine établi (sic) à étranger&nbsp;&raquo;, au rang numéro 90 de la liste alphabétique publiée le 02 septembre 2010 dans la revue tunisienne &laquo;&nbsp;Réalités&nbsp;&raquo; et reprise par le site Internet businessnews.com.tn.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone size-full wp-image-2024" title="sihem-souid-petition-pro-ben-ali-2" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2011/07/sihem-souid-petition-pro-ben-ali-2.jpg" alt="" width="438" height="126" /></p>
<p style="text-align: justify;">Le Parti Socialiste ne peut argumenter de son ignorance de la présence de Melle Souid sur cette pétition pro-Ben Ali, en effet, le PS fut avisé par email des approximations récurrentes des propos publics de Sihem Souid. Ce courriel envoyé par les membres démissionnaires de son comité de soutien, le 7 mars 2011 à l&#8217;ensemble des élus de cette formation politique la soutenant, mentionne cette pétition pour le maintien de l&#8217;ancien régime tunisien, LGO a obtenu une copie de ce courriel et en confirme l’existence.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2028" title="affaire-sihem-souid-courrier-parti-socialiste-1" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2011/07/affaire-sihem-souid-courrier-parti-socialiste-1.jpg" alt="" width="500" height="468" /></p>
<p style="text-align: justify;">Pour autant le Parti Socialiste a poursuivi son soutien inconditionnel à Sihem Souid, ancienne militante pro-Ben Ali n’hésitant pas à s’afficher donc publiquement.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2029" title="affaire-sihem-souid-courrier-parti-socialiste-2" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2011/07/affaire-sihem-souid-courrier-parti-socialiste-2.jpg" alt="" width="500" height="127" /></p>
<p style="text-align: justify;">Effectivement, le soutien médiatique après cet envoi du PS, et de Benoît Hamon (qui est dans les destinataires du courriel), en connaissance de cause indiscutable de la qualité de Melle Souid comme ex militante publique pro Ben Ali est savoureuse, <a href="http://www.lepoint.fr/societe/l-auteur-de-omerta-dans-la-police-soutenue-par-le-parti-socialiste-30-05-2011-1336782_23.php" target="_blank">notamment cet extrait d’un article du Point</a> :<br />
<em>« Plutôt que d&#8217;enquêter sur les faits dénoncés, le ministre de l&#8217;Intérieur Claude Guéant s&#8217;apprête à condamner (&#8230;) une femme qui a su s&#8217;élever contre des agissements indignes des valeurs de la République&nbsp;&raquo;, estime Benoît Hamon.</em> » C’est du brutal comme dirait l’autre…</p>
<p style="text-align: justify;">Si la vision de la déontologie policière du Parti Socialiste, et son soutien à la création d&#8217;un comité d&#8217;éthique indépendant pour la police, réclamé par Melle Souid, s&#8217;inspire d&#8217;un projet déposé par une &laquo;&nbsp;intellectuelle&nbsp;&raquo; en accord apparent avec les méthodes policières d&#8217;un régime dictatorial  condamné depuis par l&#8217;ensemble de la communauté internationale, sans doute faut-il l&#8217;affirmer plus clairement de manière à ce que le débat politique s&#8217;en trouve plus limpide.</p>
<p style="text-align: justify;">Il en est sans doute de même pour toutes les associations de défense des droits de l&#8217;Homme et assimilées qui soutiennent la démarche opportuniste, personnelle et auto-promotionnelle de Sihem Souid.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut également (et légitimement) se poser la même question pour l&#8217;ensemble des médias qui ont soutenu aveuglement Sihem Souid, sans jamais vérifier la moindre de ses affirmations péremptoires et encore moins son véritable profil politique… Mais doit-on encore rappeler qu’en France les médias se suivent et se ressemblent ? Doit-on rappeler les différentes affaires (Outreau, Baudis…) qui entachent le noble métier de la presse ? Doit-on rappeler que c’est ce « suivisme » tribal qui est à l’origine du refus de continuer à collaborer à cette « presse » qui a donné naissance au présent site d’information ?</p>
<p style="text-align: justify;">Autre question, l&#8217;éthique dans la police de notre pays doit-elle être inspirée de celle qui régnait dans la police tunisienne avant le renversement du régime de Ben Ali ?</p>
<p style="text-align: justify;">La question mérite d&#8217;être posée…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/2011/07/03/omerta-dans-la-police-ou-dans-la-presse/" target="_blank">Alors Omerta dans la Police, Omerta dans la presse ou Omerta dans la politique ?</a></p>
<p style="text-align: justify;">Sources :  :<br />
<a href="http://www.lepoint.fr/politique/document-la-lettre-de-demission-de-michele-alliot-marie-27-02-2011-1300278_20.php" target="_blank">http://www.lepoint.fr/<wbr>politique/document-la-lettre-<wbr>de-demission-de-michele-<wbr>alliot-marie-27-02-2011-<wbr>1300278_20.php</wbr></wbr></wbr></wbr></a><br />
<a href="http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/01/13/tunisie-les-propos-effrayants-d-alliot-marie-suscitent-la-polemique_1465278_3212.html" target="_blank">http://www.lemonde.fr/afrique/<wbr>article/2011/01/13/tunisie-<wbr>les-propos-effrayants-d-<wbr>alliot-marie-suscitent-la-<wbr>polemique_1465278_3212.html</wbr></wbr></wbr></wbr></a><br />
<a href="http://www.convergencedesluttes.fr/index.php?post/2011/02/16/AYRAULT-ALLIOT-MARIE-ET-BEN-ALI" target="_blank">http://www.<wbr>convergencedesluttes.fr/index.<wbr>php?post/2011/02/16/AYRAULT-<wbr>ALLIOT-MARIE-ET-BEN-ALI</wbr></wbr></wbr></a></p>
<h5 style="text-align: justify;"><em>Photo de l&#8217;article: Couverture du livre (éditions du Cherche Midi)</em></h5>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><span style="color: #ff0000; text-decoration: underline;"><strong>Droit de réponse de Sihem Souid</strong></span></span></h3>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;J&#8217;ai pris connaissance d&#8217;un article sur votre site internet me concernant. Contrairement à vos allégations, vous n&#8217;avez pas cherché à me joindre pour vous apporter les réponses qui vous auraient èviter de produire des contrevérités et de vous rendre coupable du délit de diffamation à mon encontre. Concernant les faits, je n&#8217;ai jamais SIGNÉ de pétition en faveur de l&#8217;ex-président tunisien, mon nom a été utilisé à mon insu. Je pourrais aisément le démontrer devant le tribunal qui tranchera notre litige. Par ailleurs, attachée à la défense des droits de l&#8217;homme, je vous apprends que j&#8217;ai été désignée depuis fin janvier 2011 par <a href="http://www.tunisiensdumonde.com/vous-avez-la-parole/2011/01/appel-a-la-solidarite-avec-la-tunisie-a-lattention-des-tunisiens-et-amis-de-la-tunisie-a-letranger/ec" target="_blank">http://www.tunisiensdumonde.com/vous-avez-la-parole/2011/01/appel-a-la-solidarite-avec-la-tunisie-a-lattention-des-tunisiens-et-amis-de-la-tunisie-a-letranger/ec</a>  avec deux autres personnalités pour contrôler les dons de la diaspora à la reconstruction de la Tunisie.&nbsp;&raquo;</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;"><strong><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;avis de la rédaction</span></strong></span></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">La pétition que conteste Sihem Souid a été publiée le 2 septembre 2010 par la revue tunisienne Réalités. Elle est en ligne depuis le 9 septembre 2010 sur le site businessnews.com.tn dont le directeur Nizar Bahloul nous confirme bien que ladite liste leur est parvenue du RCD, l’ancien parti au pouvoir.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette pétition a été mentionnée dans un courriel envoyé à de nombreux élus par les membres démissionnaires du collectif de soutien à Sihem Souid le 7 mars 2011. Cette dernière, le 8 mars 2011, a apporté une réponse à ce courriel dans laquelle nulle part elle ne nie être signataire de cette pétition. Depuis le 8 mars <a href="http://www.businessnews.com.tn/details_article.php?t=520&amp;a=21652&amp;temp=1&amp;lang=&amp;w=" target="_blank">cette pétition est toujours en ligne et aucune modification n’a été apportée dessus et ce malgré la pléiade d’avocats dont dispose Sihem Souid</a>. Nous avons constaté qu’après la parution de notre article, la faute d’orthographe (à la ligne n°90) &laquo;&nbsp;Ecrivaine établi(E) à l’étranger&nbsp;&raquo; a cependant été rectifiée, mais le nom de Sihem Souid toujours maintenu par la rédaction de businessnews.com.tn.<br />
Dans cette affaire de pétition, LGO n’a fait que citer des éléments factuels et publics. Nous ne pouvons être responsable du maintien du nom de Sihem Souid dans cette liste publiée sur un site ouvert au public.<br />
<strong><span style="color: #ff0000;">Maître Maktouf Samia, qu’elle rend responsable de son inscription dans cette liste à son insu, n’ a toujours pas répondu à notre courriel du 12 juillet 2011, lui priant de bien vouloir confirmer ou infirmer les dires de sa cliente (la copie de ce courriel est jointe à notre dossier).</span></strong> Nous sommes contraints d’en rester aux faits en notre possession tant que son nom reste sur cette liste publique. Sihem Souid et son conseil, en poursuivant un site d’information qui n’a fait qu&#8217;utiliser bonne foi des éléments publics se trompent visiblement de cible.<br />
De plus, notre investigation continue, et nous nous réservons le droit de publier dans un proche avenir des documents concernant cette affaire, documents émanant de plusieurs sources et vérifiés par nos soins. Notre but est le droit à l&#8217;information et rien que le droit à l&#8217;information.</p>
</blockquote>
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		<title>&#171;&#160;Stéphane a appelé la force Licorne plusieurs fois&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Jun 2011 11:49:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Alors que deux corps ont été retrouvés dans la lagune d&#8217;Abidjan, des questions se posent sur les décisions du groupe Accor et de la force Licorne. C&#8217;est un commando de plusieurs hommes qui a foncé sur l&#8217;hôtel, tuant un garde armé, le seul présent ce jour-ci pour assurer la sécurité des clients et de l&#8217;hôtel]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: justify;"><strong>Alors que deux corps ont été retrouvés dans la lagune d&#8217;Abidjan, des questions se posent sur les décisions du groupe Accor et de la force Licorne.</strong></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span id="more-1655"></span> <strong>C&#8217;est un commando de plusieurs hommes qui a foncé sur l&#8217;hôtel, tuant un garde armé, le seul présent ce jour-ci pour assurer la sécurité des clients et de l&#8217;hôtel dont le groupe Accor est propriétaire.</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Ce 4 avril 2011 c&#8217;est la guerre tant redoutée qui touche Abidjan, ce sera la dernière bataille de Gbagbo et de ses hommes. La zone du Plateau, c&#8217;est le quartier d’affaires d’Abidjan, où se situe le Novotel, et il est depuis plusieurs jours l’épicentre des combats entre les soldats et mercenaires de Laurent Gbagbo et les hommes d’Alassane Ouattara. En entrant dans le hall de l&#8217;hôtel, les membres de la Garde républicaine  de Laurent Gbagbo cherchent &laquo;&nbsp;des blancs&nbsp;&raquo;, ils savent que des journalistes (occidentaux et français, selon les mots prononcés) se trouvent dans les étages supérieurs : &laquo;&nbsp;ils étaient bien organisés, ils savaient ce qu&#8217;ils venaient faire&nbsp;&raquo; dira un témoin de la scène.  Alors que l&#8217;alerte aurait été donnée, la force Licorne décide d&#8217;agir. Les membres du commando repartiront très vite, trop vite, et emporteront avec eux deux français, un béninois et un malaisien : Stéphane Frantz di Rippel, directeur du Novotel, Yves Lambelin, président de Sifca, première entreprise privée de Côte  d&#8217;Ivoire,  le malaisien Chelliah Pandian, directeur général de Sania (filiale du groupe Sifca) et le béninois Raoul Adeossi, l&#8217;assistant d`Yves Lambelin.</p>
<p style="text-align: justify;">Les hélicoptères de la Licorne arriveront trop tard, le commando et les quatre hommes se sont évaporés dans la nature. Pourtant ils seront séquestrés qu&#8217;à quelques pas de l&#8217;hôtel.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;enquête avance bien depuis les investigations menées sur place par la juge d’instruction Patricia Simon. En effet, des caméras vidéos ont filmé l’arrivée au palais présidentiel du commando  de la Garde républicaine (nommée aussi &laquo;&nbsp;GP&nbsp;&raquo;, pour Garde présidentielle) qui a enlevé les quatre étrangers. Des témoins parlent bien des locaux de la Garde républicaine où les quatre hommes auraient été amenés. Le palais se situant à deux pas du Novotel, c&#8217;est dans une annexe de cette unité d&#8217;élite, alors totalement acquise à l’ancien président Laurent Gbagbo, que les traces s&#8217;arrêtent. Les images ont été saisies par les enquêteurs français.</p>
<blockquote>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #800000;"><strong>&laquo;&nbsp;Stéphane a plusieurs fois téléphoné à Licorne, ils lui ont dit qu&#8217;il n&#8217;était pas prioritaire&nbsp;&raquo;</strong></span></h3>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs membres de la GP sont aux arrêts et entendus par les services de police.  Ce qui confirme bien les dires du  ministre ivoirien de la Justice, qui avait assuré le 30 avril à l&#8217;AFP que la piste principale dans leur enlèvement était celle de l&#8217;implication de &laquo;&nbsp;miliciens et d&#8217;éléments de la Garde républicaine&nbsp;&raquo; de l&#8217;ex-président Gbagbo. La redoutée Garde républicaine, forte de quelques 2.500 hommes, représentait un des piliers sécuritaires du régime de Laurent Gbagbo, arrêté le 11 avril à Abidjan.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon plusieurs sources, ce sont aussi les informations du général Dogbo Blé Brunot, alors patron de la Garde républicaine, qui auraient permis l&#8217;arrestation de plusieurs membres du commando. Il est actuellement détenu dans le nord du pays et sous bonne garde.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le chaos de la guerre</strong><br />
Le jour de l&#8217;enlèvement, plusieurs experts des questions sécuritaires se sont indignés : Pourquoi, au plus fort des combats, ne pas avoir évacué l&#8217;hôtel ? Pourquoi n&#8217;y avait-il pas plusieurs gardes armés alors que les menaces se faisaient de plus en plus précises ?</p>
<p style="text-align: justify;">René-Georges Querry, le directeur sécurité du groupe Accor répondait alors à nos interrogations au téléphone. A la question de savoir pourquoi ne pas avoir augmenté la garde de sécurité autour des français présents dans l&#8217;hôtel, M.Querry nous avait répondu que &laquo;&nbsp;c&#8217;était du ressort de l&#8217;armée de protéger les citoyens français, et puis non, aucune exfiltration n&#8217;était prévue&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Difficile à croire, même dans le chaos de la guerre, Licorne n&#8217;a cessé d&#8217;exfiltrer vers le camp de port Bouët des dizaines et des dizaines de personnes, mais parfois les zones étaient rudes, les armes anti-aériennes et les snipers tiraient sur tout ce qui s&#8217;approchait d&#8217;eux&nbsp;&raquo; confirme un spécialiste militaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi donc le groupe Accor n&#8217;a pas décidé, au vu des risques et des alertes, soit d&#8217;exfiltrer tout le monde soit de renforcer la protection ? &laquo;&nbsp;Trop près des noyaux des forces gbagbistes, trop dangereux pour intervenir&nbsp;&raquo; confirme un analyste militaire &laquo;&nbsp;sans doute la direction de l&#8217;hôtel ne pensait pas que cela était possible, ils étaient préparés aux risques de guerre, pas à un rapt !&nbsp;&raquo; rajoute-t-il. Mais alors quelles ont été les consignes du groupe Accor ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Stéphane: &laquo;&nbsp;pas prioritaire&nbsp;&raquo;</strong><br />
Lors de notre enquête, nous avons contacté Karine Perrelle, compagne de Stéphane Frantz di Rippel, le directeur du Novotel, et selon ses dires, celui-ci a tenté plusieurs fois de joindre la force Licorne durant ce long week-end du vendredi 1er avril : &laquo;&nbsp;Il a plusieurs fois téléphoné à Licorne, ils lui ont dit qu&#8217;il n&#8217;était pas prioritaire&nbsp;&raquo;. Quant au groupe Accor, il rétorque à la compagne de Stéphane que &laquo;&nbsp;celui-ci connaissait les risques&nbsp;&raquo; en acceptant sa mission à Abidjan.</p>
<p style="text-align: justify;">Stéphane Frantz di Rippel était en Afrique depuis 2005 et résidait seul à  Abidjan au moment de l&#8217;enlèvement, sa famille étant restée à Lomé au  Togo. S&#8217;il en connaissait les risques, il en calculait aussi la valeur humaine. &laquo;&nbsp;Il n&#8217;a jamais paniqué, et est toujours resté professionnel pour montrer l&#8217;exemple&nbsp;&raquo; explique cette employée de l&#8217;hôtel.</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Si ces dires se confirment, le gouvernement français et le groupe Accor vont devoir donner des explications quant à leur manière de gérer la sécurité de leurs ressortissants et de leurs employés, ce ne sont pas les sociétés spécialisées qui manquent pour ponctuellement protéger les biens et les personnes dans des zones grises.&nbsp;&raquo; explique un &#8216;expert militaire privé&#8217; français.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><span style="color: #ff0000;"><strong>Mise à jour 16h00:</strong></span></span> le décès de Stéphane Frantz di Rippel à Abidjan est confirmé par l&#8217;avocat de la famille.<br />
‎</p>
]]></content:encoded>
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		<title>La Franc-Maçonnerie Arabe joue-t-elle un rôle dans les révolutions Arabes ?</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Jun 2011 14:35:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[INTERNATIONAL]]></category>
		<category><![CDATA[INVESTIGATION]]></category>
		<category><![CDATA[Libre parole]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Nasser Abouzeyd]]></category>

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		<description><![CDATA[Selon un franc-maçon arabe, les idéaux laïcs de cette confrérie auraient poussé les élites arabo-musulmans vers les portes de la démocratie. Par M.Hatem, franc-maçon arabo-libanais. Peu présente dans presque tout les pays arabes ou elle est interdite (sauf au Liban, Jordanie, Maroc), alors qu’elle était omniprésente avant les années 1950 et que ses membres sont]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: justify;"><strong>Selon un franc-maçon arabe, les idéaux laïcs de cette confrérie auraient poussé les élites arabo-musulmans vers les portes de la démocratie.</strong></h4>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1612"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Par M.Hatem, franc-maçon arabo-libanais. </strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Peu présente dans presque tout les pays arabes ou elle est interdite (sauf au Liban, Jordanie, Maroc), alors qu’elle était omniprésente avant les années 1950 et que ses membres sont derrière le Mouvement de la Nahda au début du 20ème siècle, elle a su comme tout ceux qui sont à l’origine des révolutions actuelles faire passer ses messages sur Internet et sur les réseaux sociaux à travers le site du Grand Orient Arabe Œcuménique consacré à « L’Orient Maçonnique » et qui est administré par son Grand Maître, Jean-Marc Aractingi.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette Obédience a depuis longtemps alerté les régimes arabes sur le fait que pour lutter contre l’instrumentalisation de l’Islam, les gouvernements musulmans devront séculariser le code de la famille et le statut personnel (qui interdit à un non musulman d’épouser une musulmane), l’enseignement public et une grande partie de la jurisprudence liée par la Constitution à la charia, lecture traditionaliste depuis le IXe siècle de l’application à une société qui n’existe plus de principes juridiques sacralisés et désuets. Aussi les régimes autoritaires de la plupart des États musulmans imposent à leurs citoyens la momification de la pensée, l’immobilisme des institutions, l’aliénation des droits de l’homme et de la femme, la répression des libertés religieuses (croire ou ne pas croire)  et individuelles (accès non censuré aux mass media internationaux et à l’Internet entre autres).</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que l’on souligne constamment le danger islamique qui menace l’Europe et le monde libre, pratiquement rien n’est dit des francs-maçons, qui, malgré un danger permanent dans leur propre pays, essaient de lutter contre l’intégrisme exacerbé de certains de leurs compatriotes. Eux sont à même de démonter le mécanisme de ce faux retour aux sources, prétendant idéaliser le régime musulman des premiers temps de l’islam et le réintroduire dans nos sociétés modernes comme palliatif de tous les problèmes socio-économiques actuels</p>
<p style="text-align: justify;">En fait, la séparation du politique et du religieux s’est effectuée dès les premiers temps de la propagation de l’islam. Ainsi les califes omeyyades déléguaient à des clercs spécialisés la gestion des affaires religieuses; les califes abbassides s’en remirent à des sultans d’origine turque ayant pris la tête de mercenaires immigrés pour ce qui émanait du politique en se faisant reléguer dans le domaine religieux; les sultans ottomans feront de même en créant un corps d’oulémas seuls compétents dans la jurisprudence, les affaires de statut personnel et bien sûr la gestion du religieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette manière de gouverner se rapproche d’une conception laïque à l’européenne. La laïcité n’est pas le monopole de la civilisation occidentalo-chrétienne car, dit Georges Corm, «  les principes essentiels de l’Islam ont un contenu libérateur et constituent l’essence de la laïcité; cette laïcité implique la notion de neutralisation de l’État dans les affaites religieuses mais non la marginalisation de la religion dans la vie sociale. C’est le principe de laïcité qui protège les minorités » (in: Le Proche-Orient Éclaté , Folio Gallimard 1999). Rappelons qu&#8217;en Irak et en Syrie, le Parti Baath fondé vers 1930 par trois intellectuels syriens, un alaouite, un sunnite, un chrétien orthodoxe, proclamait : « La religion pour Dieu et la patrie pour tous ».</p>
<p style="text-align: justify;">Les contestataires actuels des régimes au Moyen-Orient et au Maghreb sont des intellectuels arabes et francs-maçons. Ils ont des projets de société portant sur l’émancipation féminine, la liberté religieuse et bien sûr sur la démocratie. Ils citent le publiciste égyptien des années 1920, Salama Moussa, qui disait : «  Après avoir chassé les colonisateurs, soumis les exploiteurs, serons nous capables de vaincre le Moyen-âge dans notre vie ? », son disciple actuel Mahmoud Al Alem s’écrie à son tour : « Nous pensons toujours avec une terminologie archaïque qui correspond à la vie du désert. »</p>
<p style="text-align: justify;">Mais les francs-maçons arabes ne peuvent s’exprimer dans leur pays ni les universitaires. Ainsi du Professeur Nasser Abouzeyd, de l’Université du Caire qui publia &laquo;&nbsp;Critique du discours religieux&nbsp;&raquo; dont le contenu était dispensé dans ses cours avec un très grand succès; ses collègues jaloux le traduisirent en justice et sous le prétexte qu’il était devenu apostat. Ils en obtinrent du tribunal qu’il soit obligé de divorcer de son épouse, restée musulmane et le gouvernement égyptien  le recommanda aux structures universitaires étrangères pour qu’il enseigne en Espagne puis aux Pays-Bas avec son épouse hispanisante. Cette hypocrisie générale et le recul des autorités politiques devant les exigences des islamistes poussent les universitaires les plus compétents à l’exil. Le Professeur Abouzeyd avait déclaré que la lecture actuelle du Coran &laquo;&nbsp;est une lecture politique, donc instrumentalisée et viciée par les pouvoirs en place&nbsp;&raquo; et qu’&nbsp;&raquo;il était nécessaire d’introduire dans l’exégèse coranique une dimension historique, lexicale, épistémologique, comme cela s’est fait pour la Bible à la fin du XIXe siècle.&nbsp;&raquo; CQFD.</p>
<p style="text-align: justify;">Menant un combat similaire, le Professeur Mohamed Chérif Ferjani (Université de Lyon II), dans son ouvrage &laquo;&nbsp;Islamisme Laïcité et Droits de l’Homme&nbsp;&raquo; (L’Harmattan, 1992), réfute les conceptions d’un Islam particulièrement antinomique avec la liberté, l’égalité et la laïcité et montre que les obstacles à l’adoption de ces principes dans les sociétés arabo-musulmanes sont de même nature que ceux qu’on rencontre dans d’autres aires culturelles.</p>
<p style="text-align: justify;">Déjà, dans le domaine scolaire, certains États arabes essaient de réformer les manuels d’instruction religieuse qui sont en général très conventionnels et fermés au dialogue interreligieux, ainsi le nouveau manuel tunisien de la classe de première (l’enseignement religieux est une matière d’examen dans tous les baccalauréats des pays arabes) souligne la nécessité d’institutions étatiques laïques pour un bon fonctionnement de la société arabe. Ce manuel indique aussi que l’homme naît libre et que la liberté inclut la liberté politique, la liberté de pensée, voire même la liberté religieuse.</p>
<p style="text-align: justify;">Au Liban, on a été plus loin encore: Des diplômés libanais de l’Université libre de Bruxelles, connue pour sa défense de la laïcité ont créé « l’Association pour un Liban laïque » et ouvert à Beyrouth une « Maison laïque ». Différentes rencontres y sont organisées, activités culturelles et conférences tendent vers un but: promouvoir un État laïque alors que 18 communautés confessionnelles sont reconnues et représentées au Parlement par des députés appartenant obligatoirement à l’une de ces communautés. Et ça a marché ! Le premier résultat obtenu a été la suppression de la mention obligatoire de l’appartenance religieuse sur les registres d’état-civil et les cartes d’identité. Un colloque belgo-libanais s’est déroulé en août dernier sur les thèmes suivants: l’Université libanaise entre pluralité et laïcité ou Le mouvement laïc au Liban, la presse s’en est fait l’écho. Il est vrai qu’au Liban des élèves de toutes confessions fréquentent les lycées de la Mission Laïque Française de Beyrouth, de Tripoli ou de Nabatiyeh (en milieu chiite d’expatriés en Afrique de l’Ouest).</p>
<p style="text-align: justify;">Les femmes commencent également à se mobiliser avec beaucoup de courage, ainsi une psychiatre syrienne vivant aux États-unis, Wafaa Sultan s’était rendue célèbre dans une émission consacrée à la responsabilité de l’islam intégriste dans le choc des civilisations produite par la chaîne populaire du Qatar, Al-Jazeera, le 21février 2006. Elle avait été confrontée à un ouléma égyptien qu’elle ne ménagea pas du tout en ces termes : « le choc mondial n’est pas un choc de civilisations ou de religions, c’est un choc entre une mentalité qui appartient aux temps médiévaux et une autre qui appartient au 21e siècle. C’est un choc entre la liberté et l’oppression, entre la démocratie et la dictature, entre ceux qui traitent les femmes comme des bêtes et ceux qui les traitent comme des êtres humains ». Et elle répliquait à son adversaire qui l’avait traitée d’ « hérétique » : «  Je ne suis pas une chrétienne, une musulmane ou une  juive. Je suis un être humain laïc, je ne suis pas tenue de croire au surnaturel, mais je respecte le droit des autres à y croire » .Ce débat télévisé suivi par plus de dix millions de téléspectateurs dans le monde entier, et qui est repassé en boucle, a valut à Wafaa de recevoir des menaces de mort. Mais depuis, elle a persisté et elle a créé un mouvement d’opinion qui n’hésite plus à s’exprimer sur la place publique, d’où la radicalisation d’émules d’Al Qaïda qui ne voient que dans le combat violant, la possibilité de freiner l’évolution naturelle d’une société qui renouvelle ses valeurs et exige plus de libertés.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Grand Orient Arabe Œcuménique a su attirer vers lui ces intellectuels arabes et son site a vu son audience augmenter de façon significative depuis les révolutions arabes (180.000 visiteurs  en 2 ans d’existence et le nombre de tunisiens, égyptiens, syriens, émiratis.. ne cesse d’augmenter (de 300 à 400 visiteurs par jour).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">Pour plus d&#8217;informations et de sources :</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Vous pouvez visiter <a href="http://www.goao.org" target="_blank">le site officiel de l’Obédience</a> qui travaille au Rite Œcuménique. Ce rite par son Grand Maître Mondial Jean-Marc Aractingi se structure sur l’héritage des pères fondateurs, le Rite écossais ancien et accepté de 1804, et s’inspire de l’ancienne maçonnerie musulmane opérative ainsi que des branches initiatiques de l’islam (Soufis, Druzes et Ismaéliens). Il tisse de ce fait un lien fort entre l’Orient et l’Occident et vise à « re-lier » les trois mondes abrahamiques (Judéo-Chrétien et Musulman). Depuis sa création, en 2010, il est pratiqué par quelques loges en France, dont la loge « Khalil Gibran » à Saint Cloud, au Moyen-Orient, au Maghreb et en Afrique.</p>
<p style="text-align: justify;">A lire de Jean-Marc Aractingi et G. Le Pape: Rituels et Catéchismes au Rite Œcuménique « Orient et Occident à la croisée des chemins maçonniques », Éditions l’Harmattan Paris, 2011</p>
<p style="text-align: justify;">Sources de l&#8217;article: Secrets initiatiques en Islam et rituels maçonniques, Jean-Marc Aractingi et Christian Lochon, Editions l’Harmattan Paris, 2008.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous pouvez aussi visiter <a href="http://www.grandorientarabe.org" target="_blank">le site du Grand Orient Arabe</a>.</p>
<h5 style="text-align: justify;">Photo: Une loge maçonnique du Caire dans les années 1940, réunis sous le portrait du roi Farouk, des maçons égyptiens et anglais (c)Omar Hamed Zaki.</h5>
<p><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2011/06/egypte-loge-les-grandes-oreilles-e1306938770812.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1614" title="egypte-loge-les-grandes-oreilles" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2011/06/egypte-loge-les-grandes-oreilles-e1306938770812.jpg" alt="" width="550" height="423" /></a></p>
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		<title>Prison d&#8217;Abidjan: Ces images que Gbagbo voudrait oublier</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Dec 2010 02:32:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Exécutions sommaires, tortures, bastonnades, bienvenue dans les prisons de Laurent Gbagbo La Maison d&#8217;arrêt et de correction d&#8217;Abidjan (MACA) a été le théâtre d&#8217;une mutinerie les samedi 13 et dimanche 14 décembre 2008. Le bilan, selon des sources pénitentiaires, avait fait état de 4 détenus en fuite et 6 blessés. Notre rédacteur en chef, le]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Exécutions sommaires, tortures, bastonnades, bienvenue dans les prisons de Laurent Gbagbo</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">La Maison d&#8217;arrêt et de correction d&#8217;Abidjan (MACA) a été<a href="http://www.225business.com/news/2876/mutinerie-a-la-maca-4-detenus-evades-6-blesses" target="_blank"> le théâtre d&#8217;une mutinerie les samedi 13 et dimanche 14 décembre 2008</a>. Le bilan, selon des sources pénitentiaires, avait fait état de 4 détenus en fuite et 6 blessés.<br />
Notre rédacteur en chef, <a href="http://www.lemonde.fr/afrique/article/2009/05/06/cote-d-ivoire-le-journaliste-jean-paul-ney-est-sorti-de-prison_1189835_3212.html" target="_blank">le grand reporter Jean-Paul Ney &#8211; alors retenu en otage par le président Laurent Gbagbo pour avoir approché la rébellion -</a> fait entrer un appareil numérique, filme et photographie les exactions du régime en place.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-672"></span>Tirs directs, exécutions sommaires, et tortures, deux ans après, pour que la mémoire des &laquo;&nbsp;oubliés de la MACA&nbsp;&raquo; ne s&#8217;éteigne jamais, nous avons décidé avec Jean-Paul, de publier cette vidéo.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/2010/09/03/la-photo-qui-fait-trembler-le-regim-ivoirien/" target="_blank">Nous avions déjà publié une photographie, alors reprise par la presse ivoirienne et qui avait fait le tour du monde avec le témoignage de Jean-Paul Ney</a>. Aujourd&#8217;hui, nous publions cette vidéo, demain suivront d&#8217;autres photos.</p>
<p style="text-align: justify;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="500" height="385" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/COHzUgjd0Jg?fs=1&amp;hl=fr_FR&amp;color1=0x5d1719&amp;color2=0xcd311b" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="500" height="385" src="http://www.youtube.com/v/COHzUgjd0Jg?fs=1&amp;hl=fr_FR&amp;color1=0x5d1719&amp;color2=0xcd311b" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&laquo;&nbsp;Je n&#8217;avais plus rien à perdre&nbsp;&raquo;<br />
</strong>Pendant deux longues nuits, notre rédacteur en chef (et fondateur du site lesgrandesoreilles.com), Jean-Paul Ney, a ressassé ses souvenirs. Plongé dans l&#8217;obscurité d&#8217;une salle de montage, il a dérushé, monté et commenté les images: &laquo;&nbsp;je n&#8217;avais plus rien à perdre, je n&#8217;ai pas réfléchi, j&#8217;ai foncé, j&#8217;ai tout filmé et photographié à l&#8217;instinct&nbsp;&raquo;. Parfois, les souvenirs refaisaient surface &laquo;&nbsp;j&#8217;essaye de ne pas oublier mes petits que j&#8217;ai laissé là-bas, je fais ça pour eux, pour qu&#8217;on ne les oublie pas, la triple peine à la MACA, ça suffit&nbsp;&raquo;. Cette triple peine est décrite par le reporter comme étant d&#8217;abord celle de l&#8217;arrivée en prison, ils sont déshabillés, déshumanisés. Ensuite ils doivent payer pour ne pas dormir debout ou recroquevillés dans des toilettes immondes. La troisième peine c&#8217;est la faim, les mauvais traitements et l&#8217;hygiène déplorable, les maladies, le sida&#8230;<br />
&laquo;&nbsp;Il fallait que je témoigne, il y a eu des morts, des gens les mains vides qui ont étés volontairement abattus et très vite évacués, tout est filmé. L&#8217;ex-régime de Gbagbo doit rendre des comptes et je me mets à la disposition de la justice ivoirienne et internationale pour témoigner, monsieur le président Alassane Ouattara est déjà au courant&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><img class="size-medium wp-image-686 alignleft" title="maca-jean-paul-ney" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/12/maca-jean-paul-ney-300x209.jpg" alt="" width="300" height="209" />&laquo;&nbsp;Rajouter un risque à un autre risque&nbsp;&raquo;<br />
</strong>Pour Jean-Paul Ney, dans de pareilles situations, le calcul est simple : &laquo;&nbsp;de toutes façons, j&#8217;étais dans un pays où beaucoup de gens voulaient me tuer, c&#8217;était un équilibre hallucinant. D&#8217;un côté on me gardait sans véritable statut pour faire pression sur la France, de l&#8217;autre, des gens voulaient m&#8217;atteindre pour que je sois le troisième journaliste français tué en Côte d&#8217;Ivoire, le truc idéal pour faire basculer le régime de Laurent Gbagbo. Mon bourreau était devenu mon protecteur ! Au point où j&#8217;en étais, rajouter un risque à un autre risque rapportait exactement le même résultat. J&#8217;ai travaillé, avec tous mes réflexes, en faisant attention aux gardes, aux détenus qui pouvaient revendre l&#8217;information au régime pour monnayer leur sortie&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des caches, une balance et 18 gendarmes armés jusqu&#8217;aux dents</strong><br />
Et effectivement, le reporter sera &laquo;&nbsp;donné&nbsp;&raquo; par un détenu, qui a joint au téléphone ses contacts au FPI, le parti au pouvoir, afin de faire remonter l&#8217;information jusqu&#8217;à la présidence.<br />
&laquo;&nbsp;J&#8217;ai donc du travailler très vite, et protéger le matériel. J&#8217;ai aménagé des caches dans ma cellule mais aussi dehors, je n&#8217;ai bénéficié d&#8217;aucune complicité, pour ne pas mettre en danger mes codétenus&nbsp;&raquo;. Le Deuxième jour plusieurs dizaines de gendarmes et para-militaires ivoiriens font irruption dans le bâtiment où est détenu Jean-Paul Ney, il sait déjà qu&#8217;ils sont là pour lui, ses relais et autres informateurs fonctionnent bien: &laquo;&nbsp;ils sont venus à 18 et armés jusqu&#8217;aux dents, j&#8217;avais déjà tout préparé, tout planqué. Ils n&#8217;ont trouvé qu&#8217;un téléphone portable dans ma poche, j&#8217;ai haussé le ton pour faire passer le tout. Je l&#8217;avais laissé dans ma poche, comme surpris par leur arrivée à laquelle j&#8217;ai fait semblant de ne pas m&#8217;attendre&#8230; plus c&#8217;est gros, plus ça passe&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Espion international<br />
</strong><a href="http://www.connectionivoirienne.net/?p=4741" target="_blank">Le lendemain, Jean-Paul Ney fait la Une des journaux ivoiriens, dont ceux proches du pouvoir qui publient de rocambolesques papiers</a> tout aussi vides que ridicules, ils parlent alors &laquo;&nbsp;d&#8217;agent communiquant par satellite avec sa base&nbsp;&raquo;, mais encore d&#8217;&nbsp;&raquo;arsenal d&#8217;espionnage&nbsp;&raquo;, une véritable pépite d&#8217;or pour une étude de cas en école de journalisme.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Faire sortir les images</strong><br />
&laquo;&nbsp;J&#8217;avais réussi, à présent j&#8217;avais deux missions: faire sortir les images et&#8230; rester en vie ! la deuxième mission étant de là, la plus importante !&nbsp;&raquo;. Le soir de ma libération, je n&#8217;ai pensé qu&#8217;à une chose: faire sortir les images, je m&#8217;en foutais complètement des mots doux du procureur, du sourire du consul et de l&#8217;adieu de mes amis de fortune, je devais faire sortir ces foutues images&nbsp;&raquo;. Jean-Paul Ney s&#8217;envolera vers Paris, où il retrouvera sa famille et ses amis, ses confrères et tous ceux qui l&#8217;ont soutenu. &laquo;&nbsp;Je ne vous dirais pas comment j&#8217;ai fait, comment j&#8217;ai agi, c&#8217;est un secret que je garde pour ceux qui veulent faire ce métier, informer au cœur des conflits et jusqu&#8217;au bout de l&#8217;enfer&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.clubdelapressenpdc.org/spip.php?article9501" target="_blank">De conférences en conférences</a>, <a href="http://old.esj-paris.com/index.php/conferences/jean-paul-ney.html" target="_blank">de rédactions en salles de cours</a>, Jean-Paul Ney enseigne aujourd&#8217;hui les secrets d&#8217;un métier plus que passionnant, le métier de reporter.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Marc Durand à Paris et Sako R. à Abidjan</strong></em></p>
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		<title>La note secrète des &#171;&#160;Brigades Spéciales&#160;&#187; de Gbagbo : Du chloroforme pour les enlèvements</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Dec 2010 15:12:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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		<description><![CDATA[EXCLUSIF : La note secrète qui accable le régime Gbagbo. Alors que l&#8217;ex-président ivoirien autoproclamé Laurent Gbagbo continue de s&#8217;accrocher à un pouvoir imaginaire et qu&#8217;il est confiné dans son palais présidentiel, plusieurs fonctionnaires ivoiriens font défection. Ils emporté avec eux des documents ainsi que des disques durs. Dans ces documents figurent des notes, rapports]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>EXCLUSIF : La note secrète qui accable le régime Gbagbo.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-654"></span>Alors que l&#8217;ex-président ivoirien autoproclamé Laurent Gbagbo continue de s&#8217;accrocher à un pouvoir imaginaire et qu&#8217;il est confiné dans son palais présidentiel, plusieurs fonctionnaires ivoiriens font défection. Ils emporté avec eux des documents ainsi que des disques durs. Dans ces documents figurent des notes, rapports et autres procès-verbaux issus des &laquo;&nbsp;brigades spéciales&nbsp;&raquo; de la présidence et d&#8217;autres services.</p>
<p style="text-align: justify;"><!--more-->Des documents accablants pour le régime Gbagbo, des preuves concrètes, dont certaines font froid dans le dos. Nous avons décidé de les publier après analyse et vérification.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les premiers documents qui nous ont été fournis cette semaine, une première note de la direction de la surveillance du territoire (la DST ivoirienne) évoque une &laquo;&nbsp;Brigade Spéciale&nbsp;&raquo;. Après plusieurs vérifications, nous publions la première note de cette brigade spéciale avec le témoignage de deux sources, deux policiers, qui ont fait défection au camp Gbagbo.</p>
<p style="text-align: justify;"><span class="highslide"><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/12/brigade-speciale-DST-ivoirienne-LGO.jpg"><img class="size-full wp-image-657 alignleft" title="brigade-speciale-DST-ivoirienne-LGO" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/12/brigade-speciale-DST-ivoirienne-LGO.jpg" alt="" width="218" height="306" /></a></span><span style="color: #ff0000;"><strong>Quelle est l&#8217;origine de la note ? </strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Elle émane d&#8217;une &laquo;&nbsp;Brigade Spéciale&nbsp;&raquo; au sein même de la DST ivoirienne. Ce service est surtout en charge de &laquo;&nbsp;la protection du pays contre le terrorisme et les atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation&nbsp;&raquo;, selon le site Internet de la police nationale ivoirienne. Concernant cette &laquo;&nbsp;Brigade Spéciale&nbsp;&raquo;, elle n&#8217;est présente dans aucun des organigrammes que nous avons pu consulter. Il existe bien cependant une &laquo;&nbsp;Brigade spéciale de protection des personnalités&nbsp;&raquo; (BSP) mais sans aucun lien avec cette note.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;"><strong>Quel est l&#8217;émetteur de la note ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">La note a été émise par un officier de police ivoirien à son directeur de l&#8217;époque. Nous avons décidé de ne pas publier les noms. Cette note est interne et uniquement destiné au cabinet du directeur.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;"><strong>Quel est l&#8217;objet de la note ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;officier de police en question, membre de cette &laquo;&nbsp;Brigade Spéciale&nbsp;&raquo;, fait état d&#8217;une demande de matériel plus ou moins sensible pour les besoins de ses missions de &laquo;&nbsp;repérage&nbsp;&raquo;, de &laquo;&nbsp;recrutement&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;missions spéciales&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Du chloroforme pour les enlèvements</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cette brigade spéciale de la DST utiliserait-elle du chloroforme pour interpeller plus facilement ses &laquo;&nbsp;cibles&nbsp;&raquo; ? C&#8217;est la question que nous avons posé à un de ces policiers qui a fait défection cette semaine au camp Gbagbo : &laquo;&nbsp;Je suis policier, ivoirien et fier de l&#8217;être. Je sers ma nation, et non pas un parti politique. La brigade spéciale est assignée à des missions de renseignement et d&#8217;enlèvement d&#8217;opposants politiques, ainsi que ceux qu&#8217;on nous a trop souvent qualifiés de &#8216;rebelles&#8217;. Même si je n&#8217;ai pas participé directement à ce genre de mission, il est de notoriété que cette brigade utilise des composés chimiques pour endormir facilement une personne qu&#8217;elle doit maitriser ou faire disparaître&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, dans ladite note, la demande de chloroforme se trouve dans un &laquo;&nbsp;pack spécial&nbsp;&raquo; comprenant un kit médical mais aussi du matériel de maquillage. Nous avons demandé à un médecin ivoirien, qui a travaillé avec les forces de sécurité ivoiriennes lors de la guerre, ce qu&#8217;il en pensait : &laquo;&nbsp;Nous n&#8217;avons pas besoin de chloroforme pour endormir un blessé, nous avons doté certains policiers et militaires avec de puissants antalgiques, qui diminuent la douleur, mais en aucun cas ne font perdre conscience&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Un médecin français qui a longtemps travaillé dans l&#8217;humanitaire confirme les dires de son confrère ivoirien. D&#8217;après nos sources médicales sur place, il n&#8217;est donc point question d&#8217;une &laquo;&nbsp;utilisation anesthésiante&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Un ancien des services spéciaux français, confirme à son tour que le chloroforme &#8211; même si jadis utilisé comme anesthésique dans les blocs opératoires et pendant certaines guerres permettait à des blessés de mieux supporter la douleur &#8211; pouvait être utilisé pour perpétrer des enlèvements. Ce dernier évoque alors dans une étude la Résistance en France, où les opérations d&#8217;enlèvement d&#8217;opposants politiques en Amérique du Sud.</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Si un membre est blessé dans une opération de renseignement dans la profondeur et/ou en territoire ennemi, le mieux est de lui administrer quelques antalgiques. Il est plus facile de transporter un type à moitié endormi qu&#8217;un sac de 75kg&nbsp;&raquo; nous confirme un membre des forces spéciales françaises.</p>
<p style="text-align: justify;">Un ex-policier ivoirien installé à Paris confirme nos doutes : &laquo;&nbsp;J&#8217;ai servi sous Bédié, je n&#8217;ai pas voulu servir sous Gbagbo, ce dernier avait installé des &laquo;&nbsp;brigades spéciales&nbsp;&raquo; dans tous les services de sécurité. Il disait &laquo;&nbsp;jamais les œufs pourris dans le même panier&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline; color: #800000;">Première publication le<strong> 7 décembre 2010 à 15 h 12</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Exactions, tortures: La photo qui fait trembler le régime Ivoirien</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Sep 2010 22:58:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est la photo qui a tout déclenché, un témoignage à charge contre les exactions du régime ivoirien, elle fait en ce moment le tour de l&#8217;Afrique. Publiée pour la première fois avec le témoignage de Jean-Paul Ney, fondateur et rédacteur en chef de LGO, et reprise mercredi dernier par le quotidien Ivoirien &#171;&#160;L&#8217;Intelligent d&#8217;Abidjan&#160;&#187; qui]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">C&#8217;est la photo qui a tout déclenché, un témoignage à charge contre les exactions du régime ivoirien, elle fait en ce moment le tour de l&#8217;Afrique.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-461"></span><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/2010/07/27/exclusif-la-vie-dans-la-plus-dangereuse-prison-dafrique/" target="_blank">Publiée pour la première fois avec le témoignage de Jean-Paul Ney, fondateur et rédacteur en chef de LGO</a>, et reprise mercredi dernier par le quotidien Ivoirien &laquo;&nbsp;L&#8217;Intelligent d&#8217;Abidjan&nbsp;&raquo; qui en a fait la Une, la photo dévoile les pratiques qui violent la dignité humaine. L&#8217;article a provoqué indignations et réactions à travers l&#8217;Afrique mais aussi tout autour du globe via des associations humanitaires et de défense des droits de l&#8217;Homme. <em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="size-full wp-image-463 alignnone" title="Une 2072" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/09/Une-20721.jpg" alt="" width="519" height="719" /></p>
<p style="text-align: justify;">Selon l&#8217;Intelligent d&#8217;Abidjan, le ministre de la Justice a convoqué une réunion au sommet avec les plus hauts responsables de la prison civile à son cabinet. Il s’est agi pour le ministre d’Etat, Koné Mamadou et ses collaborateurs, d’analyser l’image exclusive et choquante publiée dans « L’Intelligent d’Abidjan ». Une  image incroyable qui montre des prisonniers nus, couchés sous un soleil ardent dans la cour de la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA), sous le contrôle d’un élément des Forces de Défense et de Sécurité de Côte d’Ivoire (FDS-CI). Le Garde des Sceaux veut bien comprendre pourquoi et comment de tels agissements, dignes d’une autre époque et en violation flagrante de la Charte universelle des Droits de l’Homme, ont pu se dérouler dans la plus célèbre prison de Côte d’Ivoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Une enquête a donc été exigée par le ministre de la Justice, afin de situer les responsabilités dans ce scandale qui ternit l’image de l’univers carcéral ivoirien, plusieurs fois dénoncé dans la presse. L’on se souvient qu’en décembre 2008 (date à laquelle l’image en question a été prise par le reporter Jean-Paul Ney), après la mutinerie survenue à la MACA, certains journaux avaient écrit et dénoncé des exactions au sein de la prison, qu’auraient commis certains militaires, venus en renfort aux gardes pénitentiaires pour circonscrire l’émeute qui s’était déclenchée.</p>
<p style="text-align: justify;">A cette époque, aucune autorité n’avait pris au sérieux ces informations, parce qu’il n’y avait aucune preuve matérielle, à part peut être quelques témoignages (vite balayés) de prisonniers. Mais aujourd’hui, avec cette image prise par un ex-détenu (de surcroit témoin oculaire et journaliste), le ministère de la Justice ne pouvait que fléchir en diligentant une enquête pour faire toute la lumière sur ce qui s’est réellement passé pendant et après la mutinerie de décembre 2008. Le ministre Koné Mamadou se serait engagé à ce que ce type de pratiques indignes ne se reproduisent plus dans les prisons ivoiriennes. « Au cours de la réunion tenu hier au cabinet du ministre, le travail d’éveil de conscience, d’interpellation et de professionnalisme de ‘’L’Intelligent d’Abidjan’’ a été reconnu, mais le ministre a déploré que cette publication soit intervenue dans une période préélectorale sensible », a confié une source proche du dossier à Joël Touré, journaliste à l&#8217;Intelligent d&#8217;Abidjan (IA).</p>
<p style="text-align: justify;">Les professionnels du secteur de la presse Africaine, saluent le courage du directeur général du journal  Assé Alafé et de ses journalistes. &laquo;&nbsp;Ne cherchez pas dans les archives,  c&#8217;est la première fois qu&#8217;en Côte d&#8217;Ivoire une telle photographie est  publiée, peut-être même la première fois en Afrique. Elle permet de prendre conscience de l&#8217;état de dégradation de la condition humaine et de la double peine subie par les prisonniers africains&nbsp;&raquo;, nous a confié un haut responsable d&#8217;une ONG basée à Abidjan.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Menaces de mort sur les journalistes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Quelques heures seulement après la publication de l’image notre confrère, le directeur de publication de l&#8217;IA, Touré Youssouf, a reçu des appels anonymes. Ces interlocuteurs ont proféré des menaces de mort. Mais Youssouf reste serein et vaque à ses occupations tout en promettant de publier le reste du dossier, encore plus choquant.</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant, le premier journal ivoirien reste sur ses gardes. Sereins, professionnels, les journalistes de la Socef, société de presse qui publie l&#8217;IA gardent un calme relatif face à des attaques dans les journaux &laquo;&nbsp;bleus&nbsp;&raquo; à la solde du gouvernement ivoirien et du FPI (Front populaire ivoirien, parti du président Laurent Gbagbo). &laquo;&nbsp;Les intimidations existent, mais rien ne nous fera plier, nous sommes journalistes et nous ferons notre travail de journalistes&nbsp;&raquo; nous confirmait au téléphone tôt ce matin l&#8217;un des responsables de la publication, &laquo;&nbsp;certains font déjà couvrir le bruit que cette photographie serait truquée, voire qu&#8217;elle serait prise au Rwanda&nbsp;&raquo;. Mais à la Maison d&#8217;arrêt et de correction d&#8217;Abidjan, personne n&#8217;est dupe, certains prisonniers se reconnaissent même sur la photo. &laquo;&nbsp;Le journal a eu du mal à entrer dans la prison, nous avons finit par récupérer plusieurs exemplaires&nbsp;&raquo; nous a expliqué un détenu au téléphone. &laquo;&nbsp;Elle a fait le tour de la prison, nous ici on se rappelle du blanc Jean-Paul Ney, de l&#8217;aide qu&#8217;il nous a apporté avec les médecins et les pasteurs pour améliorer nos conditions de vie alors que lui était loin de son pays, de sa famille, loin de tout. Il nous a dit qu&#8217;il parlerai de nous, qu&#8217;il nous aiderait depuis la France, il a tenu ses promesses, tout le monde ici en parle !&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">Nous reproduisons ci-dessous un encadré paru dans IA du 2 septembre, un texte qui en dit long sur les pressions subies par les journalistes indépendants en Côte d&#8217;Ivoire.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des actions de déstabilisation et d&#8217;intimidation contre le journal</strong><br />
Par Olivier Dion, journaliste à l&#8217;Intelligent d&#8217;Abidjan</p>
<p style="text-align: justify;">C’est le branle-bas de combat actuellement dans les états major politiques et au sein de certaines structures de défense des Droits de l’Homme, depuis la publication de l’image choquante de prisonniers nus sous le soleil à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). Pendant que les organisations de défense des Droits de l’Homme saluent le travail de ‘’L’Intelligent d’Abidjan’’ en dévoilant les pratiques qui violent la dignité humaine, des pyromanes tapis dans l’ombre, mais qui ont vite été démasqués, manœuvrent pour que le quotidien dont vous avez rêvé soit cloué au pilori. Dans leur sale besogne, ces individus tentent de faire croire aux autorités, qu’en publiant l’image, l’I.A aurait commis un péché, celui d’avoir exposé aux regards, des détenus dans leurs plus simples attributs. Mais à côté des bonnes dispositions du ministre et de certains membres de son cabinet, il faut souligner l’action de quelques ennemis de la liberté de la presse qui ont tenté d’inciter à des poursuites judiciaires contre l’IA, comme si c’était le journal qui avait commis ces traitements dégradants contre des prisonniers. Le vrai problème n’est pas d’avoir publié l’image. Le problème est que les actes aient été commis. Heureusement que le ministre de la Justice a décidé de voir clair dans l’affaire. Pourquoi donc tant d’acharnement et de méchancetés gratuites envers ‘’L’Intelligent d’Abidjan’’, qui n’a fait que son travail d’éveil de conscience et d’interpellation, face aux dérives qui prolifèrent dans les prisons ivoiriennes ! ‘’L’Intelligent d’Abidjan’’ n’est pas Wikileaks. Alors, que ces pyromanes se ressaisissent et laissent l’enquête diligentée par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, aboutir, afin de situer toutes les responsabilités.</p>
<p style="text-align: justify;">Liens :</p>
<p style="text-align: justify;">- <a href="http://maps.google.com/maps?q=5.390540,+-4.076599&amp;num=1&amp;t=h&amp;vps=3&amp;jsv=271c&amp;sll=5.336389,-4.026667&amp;sspn=0.177767,0.256119&amp;ie=UTF8&amp;hl=en&amp;geocode=FcxAUgAdycvB_w&amp;split=0" target="_blank">Photo satellite de la MACA (Google)</a></p>
<p style="text-align: justify;">- <a href="http://www.lintelligentdabidjan.org/" target="_blank">Site Internet de l&#8217;Intelligent d&#8217;Abidjan</a></p>
<p style="text-align: justify;">- <a href="http://presse.ivorian.net/article/?p=18486" target="_blank">L&#8217;article repris par le webring ivoirien</a></p>
<p style="text-align: justify;">- <a href="http://kouamouo.ivoire-blog.com/archive/2010/09/01/decembre-2008-a-la-maca-retour-sur-une-mutinerie-meurtriere.html" target="_blank">Le témoignage du journaliste Théophile Kouamouo sur son blog</a></p>
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		<title>La vie dans la plus dangereuse prison d&#8217;Afrique</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Jul 2010 02:48:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le grand reporter Jean-Paul Ney témoigne des 497 jours d&#8217;enfer qu&#8217;il a vécu dans les geôles de Laurent Gbagbo. Un reportage exclusif. De décembre 2007 à mai 2009, soit pendant 497 jours, le reporter Jean-Paul Ney  a été retenu en otage par le président ivoirien Laurent Gbagbo. Le reporter était parti sur place pour enquêter]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;"><strong>Le grand reporter Jean-Paul Ney témoigne des 497 jours d&#8217;enfer qu&#8217;il a vécu dans les geôles de Laurent Gbagbo. Un reportage exclusif.</strong></span></h3>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-382"></span><strong>De décembre 2007 à mai 2009, soit pendant 497 jours, le reporter Jean-Paul Ney  a été retenu en otage par le président ivoirien Laurent Gbagbo. Le reporter était parti sur place pour enquêter et obtenir des informations sur un probable coup  d&#8217;état pesant sur le régime ivoirien. Pour les besoins de son  investigation, il avait suivi une équipe de mercenaires français chargés  de liquider Laurent Gbagbo et de placer au pouvoir l&#8217;opposant politique  Ibrahim Coulibaly. Alors qu&#8217;il devait rejoindre les unités de la  rébellion dans le nord du pays, Jean-Paul Ney et son guide ont été  enlevés par les escadrons de la mort de Laurent Gbagbo. Ces derniers ont  été portés disparus pendant plusieurs heures. Après avoir été torturés  et menacés d&#8217;exécution, ils ont été envoyés dans les géoles de la DST  ivoirienne puis, un mois après, à la MACA, la maison d&#8217;arrêt et de  correction d&#8217;Abidjan, l&#8217;une des pires prisons d&#8217;Afrique, ils y  connaitront la faim, la peur, les exécutions sommaires mais aussi une  très grande solidarité. Jean-Paul Ney </strong><strong>(grand reporter et fondateur du site lesgrandesoreilles.com) </strong><strong>a décidé de publier son enquête extraite de l&#8217;ouvrage qu&#8217;il est en train d&#8217;écrire. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><img class="alignnone size-full wp-image-393" title="jean-paul-ney-MACA-Adidjan-droits-de-l-homme" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/jean-paul-ney-MACA-Adidjan-droits-de-l-homme.jpg" alt="Violations des droits de l'Homme dans les prisons de Laurent Gbagbo" width="558" height="418" /></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><!--more-->Témoignage et photos exclusives: Il a pu se procurer un carnet et un appareil photographique, exerçant alors son métier au cœur même de l&#8217;enfer et au péril de sa vie à chaque photo, à chaque mot noté sur le carnet&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/jean-paul-ney-MACA-Adidjan-2.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-391" title="jean-paul-ney-MACA-Adidjan-2" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/jean-paul-ney-MACA-Adidjan-2-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>J’ai mal, j’ai très mal. Je ne sais pas par quel miracle je tiens debout, mon nez me fait encore souffrir et je pense avoir une côte cassée. Je fixe fortement mes mains sur une barre en métal, des grands yeux par dizaine me fixent comme on scruterait un gros poisson rapporté à terre. Je suis le seul blanc à bord de la « bétaillère », un gros camion jaunâtre dans lequel nous sommes entassés, compressés comme des animaux, il y a des gars partout, même au plafond, allongés entre les barres de fer. La majorité tient debout, ceux qui ont été passés à tabac sont allongés à même le sol. La chaleur, l’odeur nauséabonde et le manque d’air frais me portent à la limite du malaise, envie de vomir en prime. Nous devons être une bonne soixantaine dans ce « camion-poubelle » de l’administration pénitentiaire ivoirienne, qui devrait logiquement n’en contenir qu’une dizaine tout au plus.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette nuit sent mauvais, j’ai le sentiment d’aller tout droit en enfer, des gémissements se font entendre dans la bétaillère, ils souffrent au sol, sans un frère pour les secourir : chacun a déjà ses propres problèmes…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/jean-paul-ney-MACA-Adidjan-1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-390" title="jean-paul-ney-MACA-Adidjan-1" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/jean-paul-ney-MACA-Adidjan-1-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>Ca fume, si on rajoute à ça l’odeur du gazole et de la circulation &#8211; qu’on devine grâce aux sons et aux à-coups du chauffeur – la nausée est vite arrivée. Je suis trempé de sueur, je sens très mauvais, je le sais, c’est insupportable. Un type à ma droite me regarde fixement depuis quelques minutes, il s’approche de moi et me dit « on va te bouffer là-bas, puis on va te faire le cul, prépares toi petit blanc »&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">La MACA, maison d’arrêt et de correction d’Abidjan, l’une des plus dangereuses et l’une des pires d’Afrique est un véritable mouroir où la justice ivoirienne entasse les combattants rebelles – à majorité musulmans – ainsi que les bandits de grands chemins et autres assassins. Pourtant dans ce grand village, où tout s’achète, se retrouvent aussi des homosexuels, pédophiles, drogués, petits voyous à l’arrache et surtout, une grande majorité de pauvres, dont le seul recours pour survivre a été de voler un fruit ou un morceau de pain.</p>
<p style="text-align: justify;">La première chose qui marque c’est l’odeur, une odeur qui imprègne les murs, les vêtements et s’incruste dans la peau, une odeur d’humidité, de pisse et d’excréments, se mélange aussi chaque jour à cette odeur l’effluve du riz pénal et de sa sauce, un mélange immonde cuisiné dans des conditions d’hygiène déplorables, que mangent pourtant quelques 1500 personnes pour vivre, mais ce riz tue à petit feu…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/jean-paul-ney-MACA-Adidjan.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-392" title="jean-paul-ney-MACA-Adidjan" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/jean-paul-ney-MACA-Adidjan-300x225.jpg" alt="Le reporter Jean-Paul Ney dans sa cellule à la prison d'Abidjan" width="300" height="225" /></a>Nous sommes « officiellement » 5800 prisonniers – sans compter les oubliés – pour 1500 places, la surpopulation est la première cause de maladies, de violences et d’agressions sexuelles. Dès les premiers jours j’ai décidé de faire ce reportage à mes risques et périls. Bien qu’interdit de quitter le bâtiment des « assimilés », sorte de carré VIP qui n’a de VIP que son nom, j’ai pu très vite disposer d’une relative liberté pour aller visiter les malades et surtout enquêter dans la plus grande discrétion au cœur de la prison. Face à moi, le bâtiment B, celui des prévenus, c&#8217;est-à-dire des personnes dont la détention provisoire s’avère nécessaire à la manifestation de la vérité pendant la durée de l’investigation, hors, j’ai croisé des détenus dont la détention, dite provisoire, dépasse les 5 ans et peut aller jusqu’à 10 ans, comme le dit Armand « nous sommes les oubliés, moi-même la justice ne sait plus que je suis ici, mon dossier a disparu et je n’ai pas d’argent pour prendre un avocat, je suis ici pour une affaire de vol, tous les jours pour survivre je vends des légumes et des condiments, sinon je serais obligé de manger le riz pénal qui rend malade ».</p>
<p style="text-align: justify;">Armand n’est pas seul, Moussa est un chauffeur malheureux qui a embouti une voiture a un carrefour, cela fait cinq ans qu’il attend un jugement… Les exemples sont nombreux, les injustices se comptent par milliers, tout comme l’affaire de Bamba, un jeune « majeur-mineur » c&#8217;est-à-dire plus assez mineur pour être logé dans le bâtiment des mineurs, mais assez grand pour affronter le monde sans pitié de la vraie prison. Bamba se prostitue depuis quelques mois, il est logé au 4e étage, là où sont parqués tous les jeunes de son âge. « moi et mes amis avons été raflés par les gendarmes, on nous a dit que nous étions des rebelles et que nous préparions un coup d’Etat, depuis, je suis là, et le greffier demande 300.000 Francs CFA (458€) à ma famille pour que je sorte… ». Bamba est rentré dans le système du pire pédophile de la Maca : Django. Ce « chef-pédophile » comme le nomment les pasteurs évangéliques est chez lui ici depuis plus de dix ans. Multi condamné, Django accueille les jeunes majeurs dès leur arrivée : « il m’a proposé sa protection, un matelas, de l’eau pour me laver, de la véritable nourriture et non pas le riz pénal. En échange, je devais coucher avec lui et être ‘sa femme’. Lors de la mutinerie de décembre 2008, Django sera battu à mort par cinq gendarmes devant une centaine de témoins, dont « ses femmes ».</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Jean-Paul Ney</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Fin de la première partie.</em></p>
<p><span style="color: #333333;"><em>Les photographies publiées dans cet article sont la propriété exclusive de Jean-Paul Ney et ne peuvent être reproduites sous peine de poursuites.</em></span></p>
<h3><em><span style="color: #ff0000;">A LIRE/VOIR :</span></em></h3>
<h2><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/2010/12/10/prison-dabidjan-ces-images-que-gbagbo-voudrait-oublier/">Prison d’Abidjan: Ces images que Gbagbo voudrait oublier</a></h2>
<p><em><span style="color: #ff0000;"><br />
</span></em></p>
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		<title>Police : le SMS de la peur</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Jul 2010 23:45:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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		<category><![CDATA[BAC]]></category>
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		<category><![CDATA[Police]]></category>
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		<description><![CDATA[Depuis l&#8217;embrasement la semaine dernière de la cité de La Villeneuve à Grenoble et après la mort d&#8217;un braqueur tué dans une course-poursuite avec la BAC, les esprits s&#8217;échauffent dans la police. En effet, un SMS bien particulier est tombé ce week-end sur les portables de presque tous les policiers de France et de Navarre,]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Depuis l&#8217;embrasement la semaine dernière de la cité de La Villeneuve à Grenoble et après la mort d&#8217;un braqueur tué dans une course-poursuite avec la BAC, les esprits s&#8217;échauffent dans la police.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-360"></span></p>
<p style="text-align: justify;">En effet, un SMS bien particulier est tombé ce week-end sur les portables de presque tous les policiers de France et de Navarre, sans compter leurs amis reporters, photographes ou simples connaissances journalistiques de passage.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Comme l’état n’est pas capable d’assurer la protection de ses fonctionnaires, il organise leur fuite. Ne prenez plus de risque pour  un état qui ne peut garantir la sécurité des premiers de ses défenseurs.&nbsp;&raquo;</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Le contenu est explicite, nous le reproduisons ici tel quel :</p>
<p style="text-align: justify;">« TR : Une info qui ne passera surement pas dans les médias. Suite aux évènements de Grenoble, les effectifs BAC-Grenoble ont été mis en repos de force par le préfet et obligés de quitter la région avec femmes et enfants. La BAC étant impliquée dans la mort du braqueur, les bruits courent que ses amis ne vengeront sa mort que par la mort d&#8217;un BACman au lance-roquettes si nécessaire (info véridique). Comme l’état n’est pas capable d’assurer la protection de ses fonctionnaires, il organise leur fuite (voir leur conseille de poser des mut). Ne prenez plus de risque pour état qui ne peut garantir la sécurité des premiers de ses défenseurs. Faites passer.»</p>
<p style="text-align: justify;">Une première vague de messages pouvait faire croire à un canular, mais rapidement, l’information a été vérifiée et soutenue par des centaines de policiers <a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=254631551572" target="_blank">sur le groupe Facebook &#8216;Le Blog de Police&#8217;</a>, dirigé par <a href="http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Que-fait-la-police-/3234950,CmC=3235110.html" target="_blank">Marc Louboutin, un ex-flic devenu journaliste et photographe indépendant depuis 2001</a>. Il a été, entre 1985 et 2001, inspecteur puis lieutenant de police et a été révélé au public suite à l’ouvrage qu’il a écrit en 2007 « Métier de chien. Lettres à Nicolas » (éditions Privé). La source est sérieuse, Louboutin est connu pour avoir fédéré à lui tout seul un réseau de plus de cinq mille policiers tous grades et opinions confondus. Selon une source au ministère de l’Intérieur, Le Blog de Police est très suivi, très écouté et très surveillé…</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le terrain, des écoutes téléphoniques et des renseignements bien précis ont fait état de ces menaces sur les policiers de la BAC de Grenoble. Selon nos confrères du magazine Le Point, <a href="http://www.lepoint.fr/societe/grenoble-un-contrat-sur-les-policiers-de-la-bac-26-07-2010-1218906_23.php" target="_blank">des informateurs auraient confirmé que plusieurs policiers de la BAC locale feraient l&#8217;objet d&#8217;un contrat</a>. Une menace suffisamment sérieuse pour que le ministère de l&#8217;Intérieur place sous protection ces policiers et leurs familles.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-372" title="SMS-police" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/SMS-police1.jpg" alt="" width="205" height="307" />« C&#8217;est le monde à l&#8217;envers, on plie face à la voyoucratie ! » s&#8217;insurge un policier, un autre sourit et lance avec humour « à l&#8217;époque, y&#8217;a bien une ministre qui voulait faire raccompagner les femmes policiers par des agents de sécurité&#8230; et qui raccompagnerait alors les agents à leur tour ? » Un troisième laisse exploser sa colère « on atteint le sommet de la connerie ! qu’on nous envoie des moyens pour nous protéger et pour tous les attraper, qu’ils foutent le paquet ! ça servira d’exemple ! Même si ça doit passer par plusieurs voyous au tapis. On n’attaque pas la police impunément. Le braqueur qui braque il sait qu’il court de risque de s’en prendre une, c’est arrivé, tout métier a un risque ! »</p>
<p style="text-align: justify;">Sur les 45 hommes de la BAC de Grenoble, la plupart ont obtenu d&#8217;être mis &laquo;&nbsp;au repos&nbsp;&raquo; et certains d&#8217;être mutés. Pour les remplacer, on a fait appel à d&#8217;autres BAC, notamment celles de Lyon et de Marseille. Ont été également déployés sur place, le RAID (Recherche Assistance Intervention Dissuasion), le GIPN (Groupe d&#8217;intervention de la police nationale) et la BRI (Brigade de recherche et d&#8217;intervention) sous l’égide de la FIPN, la Force d’intervention de la police nationale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Moral au plus bas</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, la pire crainte serait la mort d’un policier, tué par vengeance. « C’est le scénario cata, toutes les troupes sont à cran et le moral au plus bas, un policier à la morgue et c’est une grève générale, un débrayage jamais vu. De là le pire est à craindre » confirme une source de la place Beauvau.</p>
<p style="text-align: justify;">Toujours selon Le Point et des sources communes, un lance-roquettes circulerait actuellement dans la cité de La Villeneuve. Craignant qu&#8217;il ne soit utilisé contre l&#8217;hôtel de police, la sécurité a été renforcée autour cet immeuble.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors qu’ils se sentent de plus en plus délaissés et peu soutenus par les politiques et le gouvernement, les policiers brisent de plus en plus leur DDR, le droit de réserve: « Que peut-on faire dans ces conditions ? la population nous crache à la figure et nos patrons nous demandent de ne pas faire de vagues, depuis les évènements de la cité (NDA : cité de La Villeneuve à Grenoble) j’ai l’impression d’être un marin ! avant chaque mission, le commissaire rajoute à la fin « et pas de vagues ! » c’est hallucinant… je crois que je vais me mettre en dispo ou au pire démissionner. Mais c’est dur car j’aime ce métier… »</p>
<p style="text-align: justify;">D’autres sont plus radicaux : « Sommes-nous en guerre civile ? Les voyous se donnent le droit de posséder des armes de guerre ! on fait quoi nous avec nos neuf millimètres (NDA : calibre de l’arme de service, le Sig Sauer SP 2022, un pistolet automatique) ? Ils ont des Taser et des Flashball, alors que nous il nous faut passer des habilitations spéciales chaque année… Je ne sais pas comment font tous mes collègues pour tenir, mais là-haut le ras-le-bol général va leur péter à la figure très bientôt. »</p>
<p style="text-align: justify;">A Grenoble, les prémices d’une guerre civile ont-ils été jetés comme le disent à demi-mots les plus grands experts et criminologues ? « Il faut raison garder, seuls quelques éléments isolés sont susceptibles d’être armés, ce n’est dans l’intérêt de personne de déclencher des hostilités à grande échelle. La police doit traiter fermement ces éléments, les identifier &#8211; si ce n’est déjà fait &#8211; et les neutraliser avec l’aide de la justice : une condamnation exemplaire pour les membres d’une même bande. Répéter ainsi ces opérations coups de poing et non pas opérations de communication serait beaucoup plus efficace ! » explique un expert des questions de sécurité.</p>
<p style="text-align: justify;">Reste qu’ici, à Grenoble, les policiers ont définitivement perdu confiance.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;"><strong>&gt;&gt;&gt;</strong></span> <a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/2010/07/24/police-le-grand-malaise/" target="_self"><strong>Le débat continue sur VOTRE OPINION : POLICE, LE GRAND MALAISE</strong></a></p>
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		<title>Alerte on vous espionne !</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Jul 2010 18:35:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Surveillance & vie privée]]></category>
		<category><![CDATA[CNIL]]></category>
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		<description><![CDATA[L’espionnage au quotidien gagne du terrain. De la microcaméra aux écoutes planétaires, les outils ne manquent pas. On surveille dans la rue, au bureau ou sur internet, on suit à la trace via téléphone portable, cartes à puce ou système de vidéosurveillance. Quand M. Dupond devient James Bond&#8230; Suivez le guide. Vous ne pourrez pas]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">L’espionnage  au quotidien gagne du terrain. De la microcaméra aux écoutes planétaires, les outils ne manquent pas. On surveille dans la rue, au  bureau ou sur internet, on suit à la trace via téléphone portable,  cartes à puce ou système de vidéosurveillance. Quand M. Dupond devient  James Bond&#8230; Suivez le guide.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-244"></span>Vous ne pourrez pas y échapper : l’espionnite est à la mode.  Psychose, parano ou réalité ? En tout cas, sur le lieu de travail, chez  soi, à l’occasion d’un achat, lors d’un voyage, dans les supermarchés,  chaque moment de la vie donne lieu, à notre insu, à écoute et  surveillance ! On estime qu’en moyenne un Français est fiché vingt fois  dans une journée à travers ses actes de la vie courante. Neuf  ordinateurs sur dix connectés à la toile portent, sans le savoir, des  logiciels espions, les fameux spywares. Mais ce n’est pas tout : il y a  le petit patron soucieux de protéger sa caisse, la grande entreprise  suivant attentivement les faits et gestes de ses salariés ou l’homme de  marketing nourrissant d’immenses bases de données. Sans oublier  l’espionnage entre voisins, conjoints ou employés qui donne lieu à des  procès en cascade. Depuis le 11 Septembre, les grandes oreilles de  l’Etat mais aussi celles des entreprises ne se sont jamais autant  déployées. Les yeux aussi : on estime à un million le nombre de caméras  de vidéosurveillance en France.</p>
<p style="text-align: justify;"><img title="Lire la suite…" src="http://www.jeanpaulney.com/wp-includes/js/tinymce/plugins/wordpress/img/trans.gif" alt="" />Longtemps  réservés aux services secrets, les caméras miniatures, les micros  cachés et les stéthoscopes capables d’écouter à travers des murs de  béton armé sont aujourd’hui interdits d’utilisation, mais en vente libre  dans le commerce. Sans compter un arsenal de produits grand public, de  l’appareil photo numérique miniaturisé au smartphone dernier cri, tous  faciles à détourner de leur usage premier.</p>
<p style="text-align: justify;">Les affaires médiatisées constituent l’arbre qui cache une jungle :  contrôle excessif dans les bureaux, piratage d’ordinateurs, installation  sauvage de vidéosurveillance, faux entretiens de recrutement, filature  de personnels gênants, bases de données marketing non déclarées,  utilisation de « loggers » décryptant les journées de travail, fouilles  illicites des disques durs, etc. Le danger menaçant nos vies privées est  d’autant plus grand que &#8211; les hackers le disent haut et fort &#8211; aucune  donnée confidentielle informatisée n’est inviolable, cartes de crédit et  cartes Vitale comprises. Bref, le secret n’existe plus. Et c’est bien  le droit à la vie privée qui se trouve menacé par le développement tous  azimuts du Big Brother technologique. Enquête sur le monde flou et fou  de ce nouvel espionnage.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sortez les mouchards</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En les mettant en relation avec le reste du monde, le web rend les  internautes plus que jamais vulnérables aux espions. Attention, le  terrain est miné&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Peer-to-peer : ce procédé d’échange d’informations entre ordinateurs  privés crée une énorme polémique, à la suite de l’essor du partage  illégal de fichiers musicaux ou de vidéos. Le 29 avril 2004, le tribunal  de grande instance de Vannes a condamné six internautes à des peines de  un à trois mois de prison avec sursis ainsi qu’à une somme de 2 000 à 5  800 euros de dommages et intérêts pour avoir téléchargé jusqu’à 814  CD-Rom de films et de logiciels&#8230; Confortablement installés derrière  leurs ordinateurs, les internautes se croyaient peut-être  inatteignables. Or, les fournisseurs d’accès internet ont les moyens de  tracer leurs activités en associant leurs adresses IP, uniques pour  chaque connexion internet, à leurs coordonnées. D’autres procédés  permettent d’épier les internautes, souvent de manière totalement  invisible. Les spywares (logiciels espions) sont de petits programmes  qui se chargent en mémoire discrètement, en téléchargeant un jeu  gratuit, par exemple, ou en cliquant simplement sur une page web. Ils  profitent de failles de sécurité présentes dans les navigateurs ou les  systèmes d’exploitation. Ces mouchards amassent des informations  personnelles sur l’utilisateur (configuration, sites visités, mots de  passe) et les transmettent à des pirates qui oeuvrent parfois pour le  compte d’organisations mafieuses ou de sociétés publicitaires. Ils  alimentent régulièrement des bases de données utilisées pour le spam  (envoi massif de courrier non sollicité). Selon Webroot, éditeur de  logiciels de sécurité, 87% des PC d’entreprise sont infectés de  spywares. Avec parfois une centaine de variantes. Plus dangereux, les  keyloggers enregistrent les frappes au clavier pour découvrir mots de  passe et codes de cartes bancaires. Dans le même esprit, le phishing  détourne les utilisateurs sur une fausse page web aux couleurs d’une  banque afin de les inciter à révéler leurs coordonnées. Les chevaux de  Troie ont pour mission d’ouvrir une porte dérobée dans l’ordinateur afin  de permettre à un pirate de prendre son contrôle à distance. On notera  également le programme Rbot-GR, qui espionne depuis la webcam d’un PC  distant. Enfin, les cookies, petits fichiers enregistrés sur le disque  dur par le serveur web d’un site, permettent de reconnaître l’internaute  à chaque visite et de collecter ses habitudes de surf. Le moteur de  recherche Google, avec ses puissants algorithmes, peut révéler de  nombreuses informations privées présentes sur un site. De même, son  nouveau service de courrier électronique, Gmail, en conservant les  fichiers des utilisateurs sur les serveurs et en proposant des outils de  recherche pointus, inquiète quant à la confidentialité des données.  Enfin, n’omettons pas les pirates en herbe qui disposent sur le web de  tout un arsenal de logiciels prêts à l’emploi leur permettant de scanner  de façon automatique les réseaux, à la recherche d’ordinateurs mal  protégés. Devant ce tableau inquiétant, une seule attitude : la  vigilance. Ne pas cliquer sur des liens douteux et, surtout, mettre à  jour ses antivirus, anti-spywares, firewalls (qui surveillent les  entrées et sorties) et systèmes d’exploitation.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Souriez, vous êtes filmés</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Micros, caméras, puces électroniques&#8230; les techniques de surveillance  profitent d’une véritable explosion technologique pour se multiplier.  Rassurant ou inquiétant ?</p>
<p style="text-align: justify;">Vous avez demandé la gendarmerie, ne quittez pas&#8230; Un appel banal,  un dialogue de routine. Cette fois, un radio-amateur se plaint d’avoir  ses communications perturbées : en bruit de fond, il capte toutes les  conversations d’une entreprise des environs. La nuisance retient  cependant l’attention des gendarmes lorsque, vérification faite, ceux-ci  constatent que la susdite entreprise est un site de développement de  technologies de pointe et est sous contrat avec un groupe international  de défense aéronautique. C’est donc la DST qui prend immédiatement et  tout naturellement la relève et procède au « dépoussiérage » des locaux.  Sans grande surprise, ses agents découvrent dans la salle de conférence  quatre rallonges électriques multiprises, identiques en tous points à  celles que l’on trouve dans les rayons de tout bon supermarché. Sauf que  celles-ci, en l’occurrence, hébergent dans leurs entrailles des  microphones à longue portée. Le tout parfaitement insoupçonnable pour un  profane. « La technique a déjà dix ans, s’amuse Stéphane, patron d’une  entreprise londonienne spécialisée dans la sécurité et le  contre-espionnage. Dans la multiprise, le micro est alimenté par le  courant. »<br />
Autrement dit, on sait déjà faire bien mieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Il existe en fait une multitude de micros très facilement  dissimulables dans les objets les plus inattendus, ou de stéthoscopes  capables d’écouter à travers d’épais murs de béton. Le tout est en vente  libre sur internet, même si, officiellement, ce matériel est réservé à  l’armée, à la police ou encore aux professionnels de la sécurité. « Mais  les clients peuvent aussi être des entreprises privées, des médias (pas  Le Figaro Magazine ! NDLR), et même des particuliers », révèle le  patron d’une entreprise spécialisée du XIe arrondissement.</p>
<p style="text-align: justify;">Une épidémie d’« écouteurisme » qui n’a d’égale que celle du  voyeurisme. Car les caméras espionnes ne sont pas en reste, même si  toutes ne sont pas aussi sophistiquées que la coqueluche du jour, une  minicaméra qui, fichée dans un mur, passe pour une innocente tête de  vis.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des coupables identifiés, mais trop tard</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-248" title="surveillance-cameras-400" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/surveillance-cameras-400-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" />La vidéosurveillance a, elle aussi, explosé ces dernières années en  France. On compte désormais un million de caméras disséminées sur le  territoire. « Un chiffre bien loin de la réalité quand on pense aux  dispositifs non déclarés », confirme un inspecteur de la Cnil.</p>
<p style="text-align: justify;">400 000 en région parisienne, dont 320 000 dans la capitale, selon  les chiffres recoupés des associations, de la Cnil et des fournisseurs.  La RATP possède à elle seule un maillage de quelque 5 000 caméras (et  bien davantage, selon certains experts).</p>
<p style="text-align: justify;">Un million de caméras « officielles », dont 150 000 partagées entre  les 185 villes qui ont adopté la vidéosurveillance en 1997. Plus de 100  caméras à Levallois-Perret, 80 à Puteaux, 22 à Montargis&#8230; Le quartier «  sensible » des Coteaux, à Mulhouse, fourmille de 165 caméras depuis le  11 Septembre. Un nombre qui devrait être porté à 300&#8230; Cannes en  possède 87, sur un parc prévu de 170. Strasbourg en dispose de 80.  Résultat : le marché de la vidéosurveillance, en France, est estimé à  275 millions d’euros par an (chiffres du Milipol). Et sa croissance est  exponentielle.</p>
<p style="text-align: justify;">Londres est un parfait exemple du phénomène de la vidéosurveillance.  Le simple citoyen y est filmé 300 fois par jour. Sur les 2,5 millions de  caméras de surveillance britanniques, partagées entre police,  établissements privés et sociétés, 150 000 sont implantées à Londres.  Moins qu’à Paris, mais bien présentes : « Près de 800 caméras peuvent  contrôler 250 000 voitures chaque jour, en lisant les plaques  minéralogiques et en transmettant le numéro à un ordinateur central »,  commente un expert.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, ces installations n’empêchent pas le pire. A Londres, les  systèmes de vidéosurveillance ont permis d’identifier les auteurs  présumés des attentats du 7 juillet. Mais pas de les empêcher d’agir.  Idem pour le meurtrier d’Amélie Delagrange, étudiante française,  assassinée le 19 août 2004. Il court toujours. La police a pourtant  reconstitué, seconde après seconde, le parcours d’Amélie vers la mort.  Les images ne conduiront les enquêteurs sur aucune piste. Le tueur a  sans doute frappé dans un endroit sans caméras. « Il connaissait  parfaitement les angles de couverture », affirmait, dépité, un enquêteur  de Scotland Yard.</p>
<p style="text-align: justify;">Moins dramatique, mais presque aussi inquiétante, une autre tendance se dessine.</p>
<p style="text-align: justify;">« Vouloir savoir ce que l’autre fait, ce qu’il se passe chez lui, est  une maladie moderne. C’est du voyeurisme associé à un sentiment de  toute-puissance », affirme le sociologue Jordì Seras en nous conduisant  dans une boîte de nuit de Barcelone. Là, le directeur de  l’établissement, Conrad Chase, propose à sa clientèle de se faire  implanter sur-le-champ une puce électronique dans le bras &#8211; un moyen sûr  d’être identifié et de payer ses consommations. Succès incontestable au  moins sur un point : la boîte de nuit est devenue célèbre dans le monde  entier.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand la technologie nous trahit</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-247" title="espionnage-multimédia" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/espionnage-multimédia-300x234.jpg" alt="" width="300" height="234" />A tout instant de la vie quotidienne, des technologies tracent et  analysent insidieusement les activités et les opinions de chaque  Français. Entre exigences de sécurité et battues commerciales, personne  n’est à l’abri !</p>
<p style="text-align: justify;">La journée ordinaire d’un citoyen français recèle de nombreux pièges  insoupçonnés. Dès son premier appel téléphonique avec un téléphone  mobile, le numéro appelé, la durée de la conversation et la position  géographique de l’appelant sont stockés par l’opérateur téléphonique.  Lors d’un transport en métro, le paiement avec la carte Navigo de la  RATP, qui dispose d’une puce RFID (Radio Frequency Identification),  consigne les horaires et lieux de passage. Dans une grande surface, les  caméras de surveillance filment d’abord le client, puis les puces RFID  présentes sur les articles tracent son chemin jusqu’à la caisse, où son  identité sera révélée par sa carte bancaire et croisée avec ses  habitudes de consommation. De retour à la maison, la consultation du  courrier électronique est enregistrée par le FAI (fournisseur d’accès  internet). Lors de la réalisation d’opérations bancaires en ligne, la  banque recueille ces démarches dans un fichier informatisé. Ajoutons à  cela le départ en voiture depuis un parking souterrain avec  vidéosurveillance, le flashage au radar pour excès de vitesse, le  paiement dans une boutique avec la carte Moneo (actuellement en phase de  test) ou la consultation d’un médecin avec sa carte Vitale.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutes ses activités sont consignées dans des fichiers informatisés  dont la destination et les multiples duplications demeurent incertaines.  On estime qu’un citoyen français est fiché jusqu’à vingt fois par jour.  Les données recueillies laisseront des traces vingt-cinq ans après sa  mort.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette pratique n’est pourtant pas nouvelle. Impôts, Sécurité sociale,  abonnements, achats par correspondance, cartes de club, codes-barres&#8230;  De nombreuses techniques de fichage existaient déjà. Mais le nombre et  la taille des bases de données ont explosé avec l’avènement de  l’informatique. Sous couvert de sécurité, d’optimisation des stocks ou  d’études de consommateurs, elles traquent l’individu dans les moindres  recoins. Au niveau sécuritaire, les exigences ont explosé après les  événements du 11 septembre 2001. La loi Perben 2 a légalisé des  pratiques jusqu’alors officieuses comme le piratage d’un ordinateur, la  mise à disposition d’e-mails ou l’installation de systèmes d’écoute (par  les autorités compétentes). Utile pour traquer les criminels, mais  inquiétant lorsqu’il s’agit de pister un passionné d’islam, de la langue  arabe ou un curieux de l’histoire du terrorisme, sur la simple  observation de ses habitudes de consommation. Si demain la carte Moneo  s’avérait le seul moyen de paiement, quelle serait notre liberté lors de  nos achats ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le rasoir qui trace plus près</strong><br />
<img class="alignleft size-medium wp-image-249" title="RFID-jean-paul-ney" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/RFID-jean-paul-ney-300x210.jpg" alt="" width="300" height="210" />La palme de l’élément le plus intrusif dans la vie privée revient sans  conteste au téléphone portable, que certains n’hésitent pas à surnommer  la « laisse électronique ». Pour pouvoir vous joindre à tout moment, les  opérateurs localisent en permanence la position de votre mobile parmi  les antennes-relais de leur réseau. Vous devenez ainsi repérable avec  une précision de 100 mètres, même quand votre appareil est en veille (et  vingt minutes après l’avoir éteint, le temps que les condensateurs se  déchargent). L’exemple le plus spectaculaire est peut-être la mort du  président tchétchène Djokhar Doudaïev en avril 1996, localisé dans son  refuge par son téléphone cellulaire et touché par un missile russe. En  France, le site www.ootay.com propose un service de géolocalisation des  enfants. En répondant à un simple texto, le portable utilisé devient  pistable en temps réel. On imagine les débordements possibles entre un  mari jaloux et une femme trompée. Un individu malintentionné peut  également fixer un appareil sous une voiture pour connaître tous ses  déplacements.</p>
<p style="text-align: justify;">La puce RFID permet également le traçage à distance. Dépassant à  peine 1 millimètre, elle contient une grande capacité de mémoire et  s’avère détectable à 5 mètres. Elle ne nécessite aucune alimentation et  demeure éternelle ! La grande distribution (Wall-Mart aux Etats-Unis ou  Metro en Allemagne) l’a déjà adoptée pour suivre l’acheminement des  marchandises. Gillette l’a incorporé à ses rasoirs pour suivre l’état  des stocks ou, peut-être, espionner les habitudes de ses clients. On la  retrouve actuellement au travers des cartes de transport comme Navigo ou  dans les systèmes de péage automatique sur autoroute. La discothèque  Baja Beach Club à Barcelone propose de greffer une puce dans le bras de  ses clients. Ils sont identifiés dès leur arrivée dans le club, leurs  consommations déduites du crédit dont ils disposent. Un développement  intéressant dont les dérives possibles font frémir. Le cabinet d’études  américain Datamonitor estime ce marché à 6 milliards de dollars en 2010.</p>
<p style="text-align: justify;">Si la vidéosurveillance commence à poser des problèmes de par son  évolution rapide, l’écueil principal pour le respect de la vie privée  réside dans « le développement des technologies d’identification par  biométrie », selon Alex Türk, président de la Cnil (Commission nationale  informatique et libertés). Encore à l’état de projet, la future carte  d’identité biométrique Ines déclenche déjà l’ire des associations de  défense des droits de l’homme et des libertés. Contenant une  photographie et des empreintes digitales numérisées au sein d’une puce,  ce document sera payant et obligatoire. Inquiétant lorsque l’on sait que  Ines sera reliée à un fichier central répertoriant 60 millions de  Français. Du jamais vu ! « L’usage de la biométrie doit rester  extrêmement prudent et encadré, précise Alex Türk. Sur 60 millions  d’individus, on peut imaginer, chaque année, une centaine de victimes du  système (usurpations d’identité, données erronées&#8230;). Il faut  également se méfier des consultations abusives. Si vous connaissez un  policier, rien ne vous empêche de lui demander des informations sur une  personne. De plus, la carte Ines est lisible à 20 mètres. On peut  enregistrer vos déplacements à votre insu. »</p>
<p style="text-align: justify;">Cette situation met en lumière le principal danger de l’ère numérique  : la conservation des données informatiques et le croisement possible  (quoique interdit) des fichiers. « Nous sommes tous répertoriés dans des  centaines de fichiers, renchérit Alex Türk. Le Stic (fichier de la  police recensant les délits, mises en cause ou simples victimes)  contient des dizaines de millions de coordonnées. Récemment, une femme  qui briguait un emploi dans la sécurité à l’aéroport de Roissy s’est vu  écartée, car elle apparaissait, à tort, dans le fichier pour une  histoire vieille de onze ans (alors que les données doivent être  détruites au bout de cinq ans). Le temps de nous contacter et de  régulariser la situation, la place était prise&#8230; » Cela pose également  le problème du droit à l’oubli. Plus d’erreur permise. On peut se voir  refuser un emploi à 30 ans pour un tag malheureux à 18 ans. « C’est la  disparition de l’espace public anonyme, ajoute Alex Türk. Si vous croyez  que le monde ressemblera un jour à celui de Big Brother,  détrompez-vous&#8230; Vous êtes en plein dedans ! »</p>
<p style="text-align: justify;">Lors du boum d’internet en France, de nombreux fournisseurs d’accès  offraient gratuitement leurs services à la condition de renvoyer un  questionnaire composé de questions banales (profil, coordonnées, centres  d’intérêt&#8230;). Ces réponses alimentaient des fichiers qui venaient  s’ajouter à d’autres : abonnés au téléphone, adhérents à un club, achats  par correspondance&#8230;<br />
<strong><br />
La traque commerciale</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Toutes les informations sont bonnes à prendre pour venir grossir des  bases de données comportementales de plusieurs millions d’adresses. En  procédant à des recoupements, on bénéficie alors de renseignements  précis selon de multiples critères : socio-démographie, style de vie,  comportement d’achat&#8230; Essentiel pour cibler les familles de deux  enfants qui consomment du lait au petit déjeuner ou les personnes  susceptibles de contracter un crédit. Les informations collectées  alimentent les études et les campagnes de marketing des entreprises du  monde entier qui se les arrachent à prix d’or. Deux géants détenaient la  majeure partie du marché français : Consodata et Claritas. Ils ont été  rachetés par Axciom, qui affiche aujourd’hui une MBDD (mégabase de  données) de 6 millions de foyers, soit 18 millions d’individus dans  l’Hexagone. Avec des tarifs variant entre 0,1 euro et 0,8 euro hors  taxes l’adresse, on perçoit l’ampleur du marché. Le secteur a connu un  développement considérable avec internet où la collecte sauvage abondait  en toute illégalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, la Cnil impose de cocher une case sur les formulaires  internet si l’on désire recevoir de la publicité ciblée. Le but étant  d’éviter le spam (envoi massif de mails non sollicités). Pourtant, le  citoyen reste traqué sans relâche, puis fiché à son insu au cours de  grandes battues commerciales.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Votre patron sait tout, voit tout, entend tout</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-252" title="cravate-camera-jean-paul-ney" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/cravate-camera-jean-paul-ney-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" />Enregistreurs, caméras, contrôle des disques durs mais aussi filatures  et enquêtes internes : c’est un véritable bras de fer qui se joue entre  directions et employés sur le thème de la surveillance &#8211; notamment  technologique &#8211; des salariés. Les magistrats, eux, tentent d’arbitrer en  émettant des jugements en rafales.</p>
<p style="text-align: justify;">L’affaire fait grand bruit et secoue le landerneau judiciaire. Les  faits au départ relevaient pourtant d’une anecdote à la Courteline,  mâtinée de high-tech : un employeur découvre des photos érotiques sur le  bureau d’un salarié. « Rien d’affolant aujourd’hui compte tenu de  l’accroissement spectaculaire de photos X circulant dans les entreprises  via internet », glisse, moqueur, un avocat. L’affaire se complique  quand la direction décide de contrôler &#8211; discrètement &#8211; le disque dur de  l’ordinateur de son employé. Trouvant sous l’intitulé « Perso »  d’autres dossiers tout aussi étrangers à la fonction de l’intéressé,  l’employeur convoque l’homme aussi sec. Et licencie le licencieux pour  faute grave. Sanction confirmée par la cour d’appel. Le 19 mai dernier  pourtant, rebondissement : la Cour de cassation casse la décision. Au  motif que, hors événement ou risque particulier, l’employeur n’a pas le  droit d’ouvrir les fichiers personnels sur un disque dur informatique  sans que l’intéressé soit présent, ou du moins prévenu.</p>
<p style="text-align: justify;">Face à cette jurisprudence, quelques millions de salariés heureux  possesseurs de dossiers persos &#8211; à forte flatulence &#8211; sur leurs disques  durs sont tentés de pousser un ouf de soulagement. A tort. « Cette  décision ne dit pas que les contrôles sont illicites, ou que la faute  n’existe pas, rappelle Me Michel Henry, un des avocats réputés de  l’Hexagone en droit social, conseil de nombreux syndicats. Il confirme  simplement que ces fouilles ne peuvent se faire à l’insu des intéressés.  »</p>
<p style="text-align: justify;">« Si le combat est rude, c’est que les technologies fragilisent en  réalité l’une et l’autre partie, commente Luc Mensah, directeur de Siva,  une société en pointe dans le conseil en surveillance informatique. Les  entreprises voient leurs données stratégiques exposées aux courants  d’air du monde numérique, et les salariés se sentent menacés dans leurs  libertés individuelles. » L’affaire de la jeune stagiaire chinoise,  supposée espionne de Valeo, est révélatrice de la vulnérabilité des  employeurs, notamment vis-à-vis des personnels non permanents :  stagiaires, CDD, intérimaires, indépendants.<br />
<strong><br />
Une variété de mouchards technologiques</strong><br />
<img class="alignleft size-medium wp-image-253" title="espionnage-animal-L-1" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/espionnage-animal-L-1-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" />De leur côté, les employés n’ont pas forcément de quoi être rassurés.  Les caméras de vidéosurveillance externes, toujours plus nombreuses  depuis le 11 Septembre, captent les déplacements des salariés &#8211; arrivées  et départs notamment &#8211; et parfois par inadvertance quelques recoins des  locaux internes. Contestables devant les tribunaux, ces enregistrements  créent une tension, parfois une psychose, qui peut devenir explosive.  Or, la tentation de l’accumulation des systèmes de surveillance est  d’autant plus forte que le marché fourmille de mouchards technologiques  toujours plus performants. « Les key loggers, par exemple, en  enregistrant les frappes sur le PC, avec la date et l’heure, sont  capables de reconstituer l’intégralité d’une journée de travail d’un  salarié ; les log trackers sont des mouchards internet capables de  tracer toute l’activité d’une personne sur la toile », détaille un  spécialiste internet.</p>
<p style="text-align: justify;">Seule limite à ces outils : ils ne doivent être utilisés que dans un  objectif de statistique globale et ne peuvent viser un salarié  particulier. Car la Cnil veille à ce que libertés individuelles et  respect de la vie privée soient respectés. « Hors activités sensibles,  l’autorisation d’une vidéosurveillance dans les bureaux, devant la  machine à café&#8230; sera toujours refusée, analyse Luc Mensah. Dès lors,  face aux contraintes légales, la meilleure solution consiste à ceinturer  les données elles-mêmes plutôt que les hommes. Via des clés d’accès,  cryptages, tunnels, connexions sécurisées sans oublier les filtres  internet pour dissuader le personnel de surfer sur certains sites&#8230; »</p>
<p style="text-align: justify;">Deux règles viennent renforcer la protection des salariés. « Celle de  la transparence, qui oblige l’entreprise à faire connaître les systèmes  de contrôle qu’elle installe, et celle de la proportionnalité des  moyens mis en place par rapport aux risques encourus », décrit Me Michel  Henry. Pour le viol de cette seconde disposition, l’avocat vient ainsi  de faire condamner une filiale de la SNCF ayant mis en place un système  de pointage du personnel par empreinte biométrique du pouce. Un  dispositif disproportionné par rapport aux risques encourus parce que «  irrespectueux des droits de la personne humaine », dit le jugement. Une  première en France.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme dans les meilleures agences de renseignements, l’entreprise se  nourrit aussi de renseignements humains sur le terrain : évaluations  annuelles, visites médicales, dialogues informels, suivi de carrière,  etc. Là où les choses dérapent, c’est quand les services de sécurité  interne ou les officines sont saisies. Car les détectives privés  français ont fait leur révolution : fini les maris jaloux qui veulent  des flags dès potron-minet. Leurs clients aujourd’hui sont souvent des  chefs d’entreprise en quête de révélations sur l’évaporation de secrets  industriels, des détournement de marchandises ou&#8230; de l’info sur les  habitudes d’un collaborateur gênant. Certes, les officines ont des codes  de déontologie féroces. « Mais on peut toujours invoquer des prétextes  bidons pour faire suivre une personne dont on veut la peau », remarque  ce détective d’une enseigne parisienne ayant pignon sur rue.</p>
<p style="text-align: justify;">Il en est de même pour tous les systèmes d’espionnage sauvages : ils  sont totalement interdits, mais la sanction pénale reste faible. Et leur  efficacité souvent payante. Témoin cette affaire dans une école de  commerce d’une grande CCI où les distributeurs de cafés et de boissons  se trouvaient régulièrement vidés de toute leur monnaie par un étudiant  non identifié. Au bout de quelques mois, exaspéré, le directeur  dissimule dans le plus grand secret, et en dehors de toute autorisation,  une caméra au-dessus des fameuses machines. Et découvre que le pilleur  de tronc est&#8230; son principal adjoint, professeur de culture générale ! «  Sommé de choisir entre la démission immédiate ou la plainte au  commissariat, le salarié a craqué et disparu du jour au lendemain des  murs de l’établissement », raconte un témoin. S’il était allé devant les  tribunaux, son licenciement aurait pu être contesté, compte tenu de  l’illégalité totale de l’enregistrement.</p>
<p style="text-align: justify;">Contester, c’est aussi ce qu’ont tenté de faire récemment quatre  agents de sécurité, non sans un certain culot. Pris en flagrant délit  d’« indélicatesse » (le mot est joli) par des caméras installées dans le  local de stockage de clients de l’entreprise où ils n’avaient pas  accès, les lascars ont plaidé avec force la nullité de l’enregistrement.  Au motif qu’ils n’étaient pas prévenus de l’existence des caméras.  Habile mais raté : les juges de la Cour de cassation ont estimé en mai  dernier qu’il n’était pas besoin de prévenir les salariés d’une  vidéosurveillance dans des locaux où le personnel n’a pas l’autorisation  d’entrer.</p>
<p style="text-align: justify;">Le rôle des juges n’est donc pas partial mais au contraire précis,  équilibré, avec néanmoins une double ambiguïté : les magistrats sont  eux-mêmes ordonnateurs d’écoutes judiciaires &#8211; 30 000 par an environ &#8211;  en extension mal contrôlée. Et, ironie supplémentaire, eux-mêmes  n’échappent pas à l’espionnite croissante. Après les accusations des  magistrats de Nanterre se plaignant de piratage informatique dans  l’affaire Juppé, un autre scandale a éclaté à Caen. Un système de  téléphonie donnait au premier président de la cour et au procureur  général les moyens techniques d’espionner les conversations  téléphoniques des magistrats de la juridiction. Si l’enquête a conclu à  une « maladresse », l’émoi suscité par cette affaire a conduit le  ministre de la Justice à se fendre d’une circulaire rappelant que dans  les juridictions « seul le standard est autorisé sans aucune faculté  d’écoute ». Un texte surréaliste à souhait, parfaitement révélateur,  jusqu’à la caricature, des dérives actuelles.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Espionnage industriel : tous les coups sont permis</strong><br />
Du faux entretien d’embauche pour recueillir des informations aux  &laquo;&nbsp;grandes oreilles&nbsp;&raquo;américaines qui surveillent les communications de  toute la planète, l’espionnage économique ne regarde pas à la dépense et  peut rapporter gros. A condition de ne pas se faire prendre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le scandale a explosé au début de juin. Et l’enquête suivie par  Interpol pourrait bien révéler une des plus importantes affaires  d’espionnage industriel des dix dernières années.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout commence au mois de novembre 2004. A sa grande stupéfaction, un  écrivain israélien découvre sur internet des extraits de son livre,  alors en préparation. Il porte plainte. La police déniche sur son  ordinateur un cheval de Troie, petit programme informatique permettant  d’espionner à distance le contenu d’un ordinateur. Son gendre,  rapidement soupçonné, passe aux aveux. Quitté par sa femme, il avait  décidé de se venger sur sa famille.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais en tirant le fil de cette affaire, les enquêteurs découvrent que  le triste sire est allé bien plus loin. Il a vendu son logiciel espion à  des sociétés de renseignements privées, et ces dernières ont  elles-mêmes proposé à des sociétés implantées dans le monde entier ou  représentant des grandes marques en Israël de leur vendre des  informations confidentielles&#8230; La police a déjà découvert plus de  quatre-vingts entreprises victimes de cet espionnage industriel à grande  échelle.</p>
<p style="text-align: justify;">« Rien n’est pire en matière d’espionnage industriel que de se faire  prendre », commente un spécialiste de ces questions, ancien de la Sûreté  du territoire (DST) travaillant aujourd’hui pour une entreprise privée.  Car, pour lui, il n’y a pas de doute, « croire que les limites légales  de la recherche d’information sur un concurrent ne sont jamais  franchies, c’est être un peu naïf ».</p>
<p style="text-align: justify;">L’affaire de la petite Chinoise Li Li Whuang, stagiaire chez Valeo,  soupçonnée d’espionnage industriel par la justice française, est loin  d’être unique en son genre. Le Centre européen pour le renseignement  stratégique et la sécurité (ESISC), basé à Bruxelles, a révélé qu’un  véritable réseau d’espionnage économique chinois, dont la base se  trouverait au sein de l’université de Louvain, essaimerait dans toute  l’Europe du Nord.</p>
<p style="text-align: justify;">« La Chine est considérée comme l’un des pays les plus agressifs en  matière d’intelligence économique », rappelle Jacques Baud, auteur de  l’ouvrage de référence l’Encyclopédie du renseignement et des services  secrets *. Mais bien souvent les affaires sont étouffées. Une entreprise  n’a que rarement intérêt à montrer qu’elle ne sait pas se défendre. De  surcroît, des intérêts nationaux peuvent être en jeu. La France ne veut  pas se brouiller avec la Chine ? C’est tout bénéfice pour l’entreprise  ou le pays qui a profité de l’espionnage. Car « suivant la qualité des  informations recueillies, entre cinq et dix ans de recherche peuvent  être économisés. Dans certains cas, des marchés entiers sont gagnés ou  perdus », confie un expert en protection de secret industriel.</p>
<p style="text-align: justify;">« Il ne faut être ni naïf ni paranoïaque », rappelle de son côté  Alain Juillet, haut responsable à l’Intelligence économique, après avoir  dirigé Marks &amp; Spencer-France et tenu le deuxième rang des services  secrets français, en charge notamment de la création d’un système de  veille et d’alerte pour les entreprises stratégiques. A la suite du  rapport du député UMP Bernard Carayon sur les faiblesses de la France en  matière de défense économique, il a également lancé un fonds de soutien  pour les entreprises sensibles en difficulté. Un moyen d’éviter une  technique connue de l’espionnage industriel : prendre le contrôle  financier d’une société pour piller le résultat de ses recherches.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce souci de l’Etat français de protéger son patrimoine scientifique  et technologique est une première quand dans certains pays on pratique  depuis des lustres des techniques bien plus offensives. L’une des plus  connues à ce jour est celle du faux entretien d’embauche. Une entreprise  voulant obtenir des informations sur un concurrent diffuse des petites  annonces laissant miroiter des rémunérations importantes. Ces annonces  ciblent des profils d’ingénieurs ou de chercheurs très spécifiques. Une  fois attirés, ces derniers sont soigneusement manipulés grâce à une  série d’entretiens étudiés pour que rien ne filtre de la machination.  Ils cherchent bien évidemment à briller auprès de leur futur employeur  et lâchent sans même s’en rendre compte les informations stratégiques  recherchées. Le candidat reçoit quelques jours plus tard une lettre.  Elle stipule qu’il n’a pas décroché le poste.</p>
<p style="text-align: justify;">D’autres utilisent des méthodes plus classiques&#8230; Ainsi, la  multinationale Procter &amp; Gamble, par le biais du cabinet privé  Phoenix Consulting Group, a été impliquée dans une affaire d’espionnage  industriel alors que certains des agents de Phoenix Consulting  fouillaient les poubelles d’une filiale de son concurrent Unilever.</p>
<p style="text-align: justify;">L’espionnage touche quasiment tous les secteurs. L’armement et la  sécurité sont parmi les plus sensibles. Un officier de l’armée grecque  vient d’être arrêté pour avoir divulgué à des sociétés privées des  informations confidentielles concernant l’achat de F-16 et d’avions de  combat Eurofighter du consortium européen EADS. Mais tous les secteurs  extrêmement concurrentiels, que ce soit l’agroalimentaire, les  cosmétiques, les secteurs pharmaceutiques&#8230; sont concernés. Comme  toutes les guerres, la guerre économique ne se gagne qu’avec de bonnes  informations.</p>
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