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	<title>Les Grandes Oreilles &#187; REPORTAGES</title>
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	<description>Actualité, politique, investigation, grands reportages</description>
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		<title>Vous reprendrez bien une cigarette électronique ?</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jan 2012 13:01:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Effet de mode ou pas, la clope électronique est tendance. Reportage chez Smok-It, une jeune société française qui cartonne. Dans leurs nouveaux locaux, tout juste aménagés, Romain Elbert et Didier William nous font le tour du propriétaire. Les cartons s&#8217;empilent, et les téléphones sonnent, même en fin de journée: &#171;&#160;Nous avons été dans l&#8217;obligation de]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: justify;"><strong>Effet de mode ou pas, la clope électronique est tendance. Reportage chez Smok-It, une jeune société française qui cartonne.</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-3003"></span>Dans leurs nouveaux locaux, tout juste aménagés, Romain Elbert et Didier William nous font le tour du propriétaire. Les cartons s&#8217;empilent, et les téléphones sonnent, même en fin de journée: &laquo;&nbsp;Nous avons été dans l&#8217;obligation de changer pour plus grand, et d&#8217;embaucher, même avec des bâtons dans les roues, on avance&nbsp;&raquo; confirme Romain, le directeur commercial. Ici chez Smok-It, si ça ne sent pas la cigarette on peut y ressentir la volonté de faire clair et qualitatif, comme le précise sans états d&#8217;âme Didier William, le directeur marketing: &laquo;&nbsp;Chez nous tout est clair, limpide, on ne cache rien, c&#8217;est un business comme un autre mais notre but est de satisfaire une demande existante, pas de vendre des produits qu&#8217;on ne maîtrise pas.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><em>Voir ci-dessous notre reportage et l&#8217;interview des fondateurs de Smok-It</em></span></p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/gs4iE4JjKDk" frameborder="0" width="500" height="315"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Pas d&#8217;écran de fumée donc chez Smok-It, du moins, s&#8217;ils avancent ce n&#8217;est pas masqué. Si les chiffres sont presque inexistants et qu&#8217;aucune étude sérieuse n&#8217;a été encore lancée c&#8217;est parce que le phénomène est tout récent.</p>
<p style="text-align: justify;">Les débuts pas très glorieux de la e-clope sont quelques peu chaotiques, c&#8217;est là qu&#8217;en 2006, les trois associés et jeunes entrepreneurs, Didier William, Romain Elbert et Mehdi Saidi, décident après un voyage en Chine où ils découvrent la cigarette électronique, d&#8217;apporter leur expertise du marché français et de fonder Smok-It.</p>
<div id="attachment_3004" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2012/01/smokit-JEAN-PAUL-NEY-LES-GRANDES-OREILLES-2.jpg"><img class=" wp-image-3004 " title="smokit-JEAN-PAUL-NEY-LES-GRANDES-OREILLES-2" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2012/01/smokit-JEAN-PAUL-NEY-LES-GRANDES-OREILLES-2.jpg" alt="" width="450" height="280" /></a><p class="wp-caption-text">Chez Smok-It, toute l&#39;équipe soigne la qualité de ses produits, la communication, la recherche et le SAV. A gauche Romain Elbert, à droite Didier William.</p></div>
<p style="text-align: justify;">S&#8217;ils ne sont pas les seuls, il en existe d&#8217;autres en France (Cigarelec ou Edsylver), la jeune start-up décide de travailler principalement sur quatre axes : la qualité, la communication, le SAV et la recherche.</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Nous insistons sur la qualité parce que l&#8217;argument phare de l&#8217;industrie du tabac ou des autorités est de dire qu&#8217;on plonge dans l&#8217;inconnu, hors nous maitrisons la chaine complète, notre usine en Chine est régulièrement visitée par nos soins et nous travaillons sans relâche sur des produits innovants en effectuant des recherches et des tests en labos.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">Des chiffres que nous avons obtenu indiquent que chaque trimestre Smok-It injecte quelques 6000 € dans des recherches bien précises sur les produits, et ce, dans des laboratoires indépendants. En effet, de ces recherches ont découlé le fait qu&#8217;il fallait exclure le propylène glycol, un produit irritant et toxique, et le remplacer par du glycérol, un liquide incolore, inodore et non toxique. Ce liquide imbibe la cartouche jetable d&#8217;une cigarette électronique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment ça marche ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cette cigarette alimentée par une batterie lithium-ion contient un microprocesseur embarqué, un atomiseur et une cartouche. Elle est censée reproduire artificiellement le goût et la fumée d&#8217;une cigarette. Quand le fumeur aspire, le microprocesseur active un atomiseur, qui mélange le liquide contenu dans la cartouche avec l&#8217;air inspiré. Ce mélange alors propulsé sous forme de vapeur d&#8217;eau est inhalé par le fumeur. La fumée est le résultat de l&#8217;évaporation et de la pulvérisation à chaud, dont la diffusion est contrôlée par le microprocesseur. Un capteur lumineux est activé à chaque aspiration, pour reproduire la consommation d&#8217;une vraie cigarette.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Alors, toxique ou pas ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Ce qui est sur c&#8217;est que ce n&#8217;est pas un médicament, nous n&#8217;avons jamais revendiqué ce fait là&nbsp;&raquo; explique Romain Elbert de Smok-It. Et si la guerre des communiqués fait rage, l&#8217;avenir de la e-cigarette se jouera aussi sur Internet: Forums, consommateurs, médecins, fabricants et industriels du tabac se donnent à cœur joie dans une bataille des &laquo;&nbsp;pseudo&nbsp;&raquo; consommateurs déçus entre communiqués de l&#8217;Afsaps et autres lois sanitaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour l&#8217;Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), il est difficile de se prononcer en raison de l’absence de données qualitatives et quantitatives suffisantes. A ce jour, aucun effet indésirable ou cas d’intoxication en lien avec la présence de ces solvants dans les cigarettes électroniques n’a été rapporté. Et lors de notre enquête, le service de communication de l&#8217;Afssaps <a href="http://www.afssaps.fr/Infos-de-securite/Communiques-Points-presse/L-Afssaps-recommande-de-ne-pas-consommer-de-cigarette-electronique-Communique" target="_blank">confirme maintenir le communiqué du 30 mai 2011</a>, précisant bien que la cigarette électronique n&#8217;est pas un médicament mais juste un produit de consommation courante: &laquo;&nbsp;Nous n&#8217;avons jamais dit que nous étions pour ou contre, ce n&#8217;est pas le rôle de l&#8217;Afssaps, on ne se prononce pas non plus sur la dangerosité ou pas de ces produits&nbsp;&raquo; confirme au téléphone le service de communication de l&#8217;Afssaps.</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Ils jouent sur les mots, même si le doute peut persister sur deux ou trois produits présents dans la cigarette électronique, alors que dire des 5.300 produits chimiques contenus dans une véritable cigarette ?&nbsp;&raquo;, une question légitime posée par un consommateur régulier de e-cigarettes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Produit de consommation ou sevrage ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour les médecins, c&#8217;est clair, l&#8217;un d&#8217;entre eux décrit le succès du sevrage par cette méthode: &nbsp;&raquo; Souvent il faut un coup de starter pour démarrer. Les patchs et autres gommes à mâcher sont inefficaces dans la majorité des cas pour une simple raison: le geste et la fumée manquent, c&#8217;est souvent plus psychologique que physique, car les patchs apportent suffisamment de nicotine pour palier le manque.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">Pour Paul, ex-gros fumeur, il décrit le manque de la sensation de fumée &laquo;&nbsp;qui rentre dans la gorge et les poumons&nbsp;&raquo;. Enfin pour ce médecin spécialiste du tabac, le professeur Max Budowsky, il est clair que ça ne marche qu&#8217;un certain temps car &laquo;&nbsp;il faut supprimer ce geste, c&#8217;est la clef de la réussite. Il est vrai que ce geste est un moment important chez le fumeur, c&#8217;est un élément de la dépendance du fumeur.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, les consommateurs de e-cigarette sont enthousiastes, l&#8217;effet mode et surtout le fait de pouvoir &laquo;&nbsp;fumer&nbsp;&raquo; dans des lieux publics rajoute un côté social indéniable et une béquille psychologique supplémentaire: &laquo;&nbsp;je fume en boite de nuit, j&#8217;étais le seul, puis l&#8217;effet de groupe a poussé certains fumeurs à découvrir ce produit.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;On ne parle pas de sevrage, ni de médicament, on parle d&#8217;accompagnement du fumeur dans ses propres démarches, la réalité c&#8217;est que certains de nos clients réduisent considérablement leur consommation de cigarettes, retrouvent des odeurs et le goût des aliments. Ils gardent le geste et même si l&#8217;investissement peut paraitre cher au commencement, ils s&#8217;y retrouvent rapidement et amortissent leur investissement dans la cigarette électronique&nbsp;&raquo; précise Didier William de Smok-It.</p>
<p style="text-align: justify;">Communication ou pas, sur les forums dédiés, certains consommateurs n&#8217;hésitent pas à évoquer &laquo;&nbsp;des performances sexuelles retrouvées&nbsp;&raquo;, ce qui ne serait pas si faux pour ce médecin ayant requis l&#8217;anonymat: &laquo;&nbsp;Ils fument moins de cigarettes, donc, ils retrouvent une certaine forme, l&#8217;air ambiant est moins pollué, le sang aussi, il est plus oxygéné, et puis il n&#8217;y a plus les effets des milliers de produits toxiques présents dans la cigarette, ne soyons pas aveugles. Mon but est que les gens arrêtent de fumer, s&#8217;ils ne peuvent pas s&#8217;arrêter, alors qu&#8217;ils fument moins.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le professeur Max Budowsky, tabacologue, il faut des études sur des périodes longues &laquo;&nbsp;c&#8217;est vrai que si un fumeur fume moins il y aura un impact positif sur la santé, mais concernant la cigarette électronique, nous attendons qu&#8217;il y ait des études qui nous montrent qu&#8217;on fume moins avec la cigarette électronique. Ce qui m&#8217;intéresse c&#8217;est de savoir s&#8217;il y a eu une baisse significative, non pas dans les deux mois, mais dans les six mois ou les douze mois suivants comparée à d&#8217;autres techniques médicamenteuses.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">En revanche, tous les médecins contactés confirment à demi-mots qu&#8217;il n&#8217;est même pas question aujourd&#8217;hui d&#8217;opposer la dangerosité une cigarette (qui contient quelques 5.300 produits chimiques) à une cigarette électronique qui contient deux ou trois produits chimiques, même sujets à débat: &laquo;&nbsp;Là on parle de quantités, et les détracteurs de la e-cigarette reconnaissent que la comparaison est mathématique, c&#8217;est comme traverser un champ miné avec 5.000 mines et un autre avec deux ou trois mines.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">Même un léger flou peut persister autour de la cigarette électronique, les fondateurs de Smok-It ont le courage de jouer la franchise, et c&#8217;est tout à leur honneur. Alors, allez-vous essayer la clope électronique  ?</p>
<p><strong>Un reportage (texte-photos-vidéo) de Jean-Paul Ney et Frédérique Romano.</strong><br />
Moyens techniques: PRESSE 2.0</p>
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		<title>Reporters: 2000 €, le prix de la vie</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Jan 2012 16:32:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nous avons suivi notre rédacteur en chef, Jean-Paul Ney, dans une école de journalisme où il dispense des cours sur la sécurité des journalistes en zones grises. Reportage. C&#8217;est un grand amphi, dans un vacarme presque traditionnel, les étudiants s&#8217;installent, on se pousse pour être aux premières loges car le cours d&#8217;aujourd&#8217;hui n&#8217;est pas classique]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #333300;"><strong>Nous avons suivi notre rédacteur en chef, Jean-Paul Ney, dans une école de journalisme où il dispense des cours sur la sécurité des journalistes en zones grises. Reportage.</strong></span></h3>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2959"></span>C&#8217;est un grand amphi, dans un vacarme presque traditionnel, les étudiants s&#8217;installent, on se pousse pour être aux premières loges car le cours d&#8217;aujourd&#8217;hui n&#8217;est pas classique -loin s&#8217;en faut- il est presque surprenant. Le conférencier est déjà sur place, c&#8217;est un habitué des lieux. Le diaporama est prêt. Sur la table, deux casques, un gilet pare-balles, une grenade, une mine, des balles, des répliques d&#8217;armes. &laquo;&nbsp;Sécurité du journaliste en zone grise&nbsp;&raquo;, le ton est donné : zones instables, guerres, catastrophes naturelles, la réalité du reportage de terrain et ses dangers.</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;On peut mourir très vite, on filme, on photographie et l&#8217;instant d&#8217;après, tout est terminé&nbsp;&raquo; explique Jean-Paul Ney, rédacteur en chef du site LesGrandesOreilles.com, ex-professeur à l&#8217;Ecole supérieure de journalisme de Paris (ESJ-Paris), formateur, grand reporter, il parcourt les écoles de journalisme pour expliquer le grand reportage et ses dangers depuis son retour d&#8217;Afrique en 2009, après une prise d&#8217;otage qui lui aura presque coûté sa vie.</p>
<div id="attachment_2981" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2012/01/JEAN-PAUL-NEY-GRAND-REPORTER-LES-GRANDES-OREILLES-9.jpg"><img class="wp-image-2981 " title="JEAN-PAUL-NEY-GRAND-REPORTER-LES-GRANDES-OREILLES-9" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2012/01/JEAN-PAUL-NEY-GRAND-REPORTER-LES-GRANDES-OREILLES-9.jpg" alt="" width="450" height="253" /></a><p class="wp-caption-text">Les dangers sont sur tous les terrains, le conflit n&#39;est qu&#39;un facteur multiplicateur</p></div>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;instant est grave, sur le diaporama le nom des derniers journalistes français et étrangers tombés sur le front de la bataille de l&#8217;information, il y a quelques jours, il a rajouté celui de Gilles Jacquier, récemment tombé en Syrie. Même si l&#8217;instant est grave, Ney sait aussi faire preuve d&#8217;humour &laquo;&nbsp;Il faut prendre conscience du danger, bouger tout le temps, et se dire qu&#8217;on est pas dans le monde des Bisounours, que la guerre ça tue&nbsp;&raquo;. Quelques rires dans l&#8217;amphi, le message est passé. Mais gravement il rajoute une expérience récente en Libye qui aurait pu tourner très mal: Alors au lendemain de la chute de Kadhafi, Jean-Paul Ney présent à Tripoli sort téléphoner à sa rédaction, casque lourd sur la tête. Un jeune reporter &#8211; que Ney a pris sons son aile pour ce reportage &#8211; sourit à la vue de cette scène : &laquo;&nbsp;Il est sorti à son tour, préparer un direct par téléphone, il a refusé de mettre un casque, le lendemain, au même endroit où se trouvait ce jeune journaliste, deux balles gisaient au sol, juste sous l&#8217;antenne satellite. Des ogives de 7.62, retombées suite à des tirs de joies, des &laquo;&nbsp;happy shooting&nbsp;&raquo; qui dans le chaos ont fait des dizaines de morts&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">Le silence plane au milieu des étudiants. &laquo;&nbsp;Le chaos, les révolutions arabes, les manifestations, les armes de guerre partout, c&#8217;est la multiplication des risques, il faut tout prévoir, tout&#8230;&nbsp;&raquo; explique le reporter avec conviction.</p>
<p style="text-align: justify;">Séance pratique, plusieurs étudiants enfilent gilet pare-balles signé &laquo;&nbsp;PRESS&nbsp;&raquo;, plaques de protection, casque siglé &laquo;&nbsp;TV&nbsp;&raquo;, lunettes balistiques et chaussures montantes de type &laquo;&nbsp;Magnum&nbsp;&raquo;, sans oublier les gants légers en Kevlar. Tout le monde se précipite pour faire des photographies et immortaliser ses premiers pas de reporter de guerre. Accrocheur, pratique, ludique, où comment apprendre l&#8217;art du danger sans se faire bobo, Ney sait y faire.</p>
<div id="attachment_2983" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2012/01/JEAN-PAUL-NEY-GRAND-REPORTER-LES-GRANDES-OREILLES-11.jpg"><img class="wp-image-2983 " title="JEAN-PAUL-NEY-GRAND-REPORTER-LES-GRANDES-OREILLES-11" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2012/01/JEAN-PAUL-NEY-GRAND-REPORTER-LES-GRANDES-OREILLES-11.jpg" alt="" width="450" height="253" /></a><p class="wp-caption-text">Ney présente une ogive de 7.62, la fameuse balle de Kalachnikov AK-47</p></div>
<p style="text-align: justify;">En 2009, ce fut la première fois qu&#8217;une école de journalisme appliquait dans son programme ce genre de cours, à l&#8217;initiative de Guillaume Jobin, le président de l&#8217;ESJ Paris , qui avait alors fait appel à Jean-Paul Ney pour ses qualités pédagogiques et son expérience du terrain. Depuis, d&#8217;autres écoles ont compris tout l&#8217;intérêt et ont intégré soit des modules, soit des conférences sur ce sujet. Depuis, Ney a parcouru les press-club, les écoles de commerce et d&#8217;autres établissements reconnus pour leur sérieux: Le CFPJ, l&#8217;école des médias, l&#8217;Institut Européen du Journalisme&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Si son but est de sensibiliser à la sécurité, Jean-Paul Ney sait de quoi il parle, le reporter est un ancien de la rédaction de Canal Plus, il a couvert plusieurs conflits de l&#8217;Afrique au Moyen-Orient et a été emprisonné pendant 17 mois en Côte d&#8217;Ivoire pour avoir approché de trop près les rebelles. Pour les étudiants, c&#8217;est un plus non négligeable, des conseils à retenir pour les futurs envoyés spéciaux et autres correspondants de guerre qu&#8217;ils espèrent être.</p>
<div id="attachment_2982" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2012/01/JEAN-PAUL-NEY-GRAND-REPORTER-LES-GRANDES-OREILLES-10.jpg"><img class="wp-image-2982 " title="JEAN-PAUL-NEY-GRAND-REPORTER-LES-GRANDES-OREILLES-10" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2012/01/JEAN-PAUL-NEY-GRAND-REPORTER-LES-GRANDES-OREILLES-10.jpg" alt="" width="450" height="253" /></a><p class="wp-caption-text">le gilet pare-balles n&#39;est rien sans des plaques anti-trauma</p></div>
<p style="text-align: justify;">Depuis, les écoles de la place parisienne se l&#8217;arrachent, les étudiants en raffolent, un succès qui gène parfois son auteur: &laquo;&nbsp;On assimile ce journalisme à du journalisme-spectacle, c&#8217;est faux, les reporters qui couvrent les conflits pour la grande majorité d&#8217;entre eux ne font pas que ça, ils suivent le rythme de l&#8217;information, ils sont les témoins de l&#8217;histoire, ce ne sont pas des drogués à la guerre ou à l&#8217;adrénaline. Ils couvrent tous les questions sociales, humaines et politiques, c&#8217;est plus large qu&#8217;une simple guerre.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que Reporters sans frontières dénombre 66 journalistes tués dans le monde en 2011 (contre 57 en 2010 et 76 en 2009) plus de 157 sont emprisonnés, 51 ont été enlevés et plus de 1.300 agressés ou blessés, Jean-Paul Ney explique aux étudiants qu&#8217;une toute petite minorité a été victime de tirs directs lors de combats et la raison est tout aussi paradoxale &laquo;&nbsp;Les conflits d&#8217;aujourd&#8217;hui sont des combats urbains de faible intensité à l&#8217;arme légère, de petites armes dans des pays parfois très pauvres. Ces conflits sont souvent extrêmement brutaux et tuent souvent beaucoup plus de civils que de combattants&nbsp;&raquo; et de rajouter &laquo;&nbsp;il faut compter au maximum une à deux véritables lignes de front tous les dix ans, et elles ne durent pas longtemps, les guerres sont des guerres éclairs parce que tout se joue dans le ciel&nbsp;&raquo;. L&#8217;avenir lui donnera raison avec le conflit Libyen et ses lignes de front désertiques ou urbaines.</p>
<p style="text-align: justify;">Il évoque alors le &laquo;&nbsp;Hi-Ground&nbsp;&raquo;, le point le plus élevé : la tactique du Pentagone qui enseigne que celui qui domine le point le plus élevé, contrôle la bataille. Les mots sont lâchés : aviation, drones, satellites, renseignement. &laquo;&nbsp;Si on veut aller sur un terrain de guerre, comme la Libye, il faut en comprendre tous les enjeux et tous les acteurs, comprendre le vocabulaire et la terminologie militaire.&nbsp;&raquo;</p>
<div id="attachment_2974" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2012/01/JEAN-PAUL-NEY-GRAND-REPORTER-LES-GRANDES-OREILLES-2.jpg"><img class="wp-image-2974 " title="JEAN-PAUL-NEY-GRAND-REPORTER-LES-GRANDES-OREILLES-2" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2012/01/JEAN-PAUL-NEY-GRAND-REPORTER-LES-GRANDES-OREILLES-2.jpg" alt="" width="450" height="253" /></a><p class="wp-caption-text">Démonstration d&#39;évacuation et d&#39;extraction rapide d&#39;un confrère touché</p></div>
<p style="text-align: justify;">Pour lui, comme pour les experts qu&#8217;il cite tout le long de son cours, les rebellions, les manifestations et les soulèvements sont beaucoup plus risqués aujourd&#8217;hui pour les journalistes qu&#8217;un embarquement avec les militaires en Afghanistan ou en Irak, il leur parle aussi d&#8217;enlèvements et de prises d&#8217;otages, l&#8217;exemple des révolutions arabes avec des agressions de journalistes, des tentatives de viol sur les femmes reporters&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Son pire souvenir ? Ney répond à la question d&#8217;un élève, dont les yeux brillent à chaque évocation du métier de reporter: &laquo;&nbsp;2006, la guerre entre le Hezbollah et Israël, un véritable front avec plus de 5000 bombes et missiles échangés des deux côtés en moins d&#8217;un mois, l&#8217;exode géant des habitants israéliens du nord vers le sud, le feu et l&#8217;enfer sur Terre&#8230; Et un an après, à Villiers-Le-Bel, en France, on se faisait tirer dessus au fusil de chasse, à l&#8217;arme de guerre, du jamais vu, c&#8217;était casques et gilets lourds tous les soirs.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">Son meilleur souvenir ? Ney évoque la chute du colonel Kadhafi, cet instant où il est resté seul face au corps du dictateur allongé dans un entrepôt frigorifique de Misrata pour prendre une photo: &laquo;&nbsp;Tout le monde est sorti, on m&#8217;avait oublié, j&#8217;étais seul face à l&#8217;histoire, j&#8217;ai pris la photo, même si l&#8217;instant fut très court, il m&#8217;a marqué à jamais.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">Une autre photographie gène l&#8217;auditoire, on voit des africains allongés nus, dans la prison principale d&#8217;Abidjan, ils sont torturés en plein soleil sous une température de plus de 50 degrés. Cette photo, il l&#8217;a réalisée alors qu&#8217;il était emprisonné par le président ivoirien Laurent Gbagbo en 2008 : &laquo;&nbsp;J&#8217;ai fait mon travail, je devais témoigner, j&#8217;ai fait rentrer un appareil photo, ça m&#8217;a pris six mois pour corrompre les gardiens, négocier et payer.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le prix de la vie</strong></p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Deux mile euros et vous pouvez sauver votre peau&nbsp;&raquo;, c&#8217;est le prix maximum d&#8217;une protection balistique complète, tel est le message que veut faire passer Jean-Paul Ney auprès de ses élèves. Là il n&#8217;hésite pas à montrer l&#8217;image crue de Fabio Polenghi, photographe tué d&#8217;une balle en plein cœur à Bangkok lors du dernier assaut contre les &#8216;chemises rouges&#8217; le 19 mai 2010. La vidéo fait mouche, les cris, le transport du corps inanimé tel une marionnette à qui on aurait coupé les fils, le t-shirt ensanglanté&#8230; Et Ney de commenter l&#8217;image &laquo;&nbsp;vous voyez un gilet pare-balles ? non ? moi non plus&#8230; Voilà ce que ça fait..&nbsp;&raquo; Image choc, le prix de l&#8217;info&#8230; le prix de la vie&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;actualité va malheureusement lui donner une fois de plus raison: Lucas Mebrouk Dolega, photographe pour l&#8217;agence EPA décède en janvier 2011 après avoir été touché à la tête par un tir de grenade lacrymogène. &laquo;&nbsp;Il n&#8217;avait pas de casque, je suis le seul à le dire mais je le dis, ça ne plait pas mais c&#8217;est comme ça. Lucas était un confrère, un ami des grands chemins, nous étions toujours sur les manifs à Paris ou les émeutes en banlieue, c&#8217;est un petit groupe de reporters et de photographes qui se connaissent bien. Je ne fais pas de démagogie, je suis le seul à engueuler souvent les confrères dans les manifs, ceux qui ne portent pas de casques, ou ceux qui couvrent les conflits sans gilets. C&#8217;est un point d&#8217;honneur. Quand Lucas Dolega est tombé en Tunisie, je me suis fâché, parce que c&#8217;était un bon compagnon de route, un excellent photographe qui a joué avec le feu: il n&#8217;avait pas de casque.&nbsp;&raquo; En effet, la grenade lacrymogène tirée en pleine tête par un policier tunisien a plongé ce jeune photographe dans un coma irréversible, il est décédé quelques heures plus tard. &laquo;&nbsp;Je ne dis pas que ça sauve des vies, je dis que c&#8217;est comme la ceinture de sécurité ou les airbags, c&#8217;est du pareil au même&nbsp;&raquo; rétorque Jean-Paul Ney.</p>
<div id="attachment_2984" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2012/01/JEAN-PAUL-NEY-GRAND-REPORTER-LES-GRANDES-OREILLES-12.jpg"><img class="wp-image-2984 " title="JEAN-PAUL-NEY-GRAND-REPORTER-LES-GRANDES-OREILLES-12" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2012/01/JEAN-PAUL-NEY-GRAND-REPORTER-LES-GRANDES-OREILLES-12.jpg" alt="" width="450" height="253" /></a><p class="wp-caption-text">Le kit du parfait reporter tient dans une petite sacoche</p></div>
<p style="text-align: justify;">Là aussi le message passe auprès des étudiants. Il projette alors le film &laquo;&nbsp;Reporters, le prix de la guerre&nbsp;&raquo; qu&#8217;il a réalisé avec les étudiants l&#8217;année dernière. Un documentaire de 26 minutes diffusé au prix Bayeux des correspondants de guerre en partenariat avec l&#8217;ESJ. On peut y voir une vingtaine d&#8217;interviews de grands reporters, photographes et réalisateurs dont Michel Scott de TF1 actuellement avec l&#8217;opposition libyenne non loin de Benghazi, le photographe Patrick Robert, blessé par balles à Monrovia, Patrick Forestier de Paris Match, Laurent Van der Stockt, Georges Malbrunot, Isabelle Lasserre du Figaro, Karen Lajon du JDD&#8230; tous y racontent leurs parcours, leurs conflits et les dangers du métier.</p>
<p style="text-align: justify;">La fin du cours sonne, Jean-Paul Ney reprend la citation du photographe Patrick Chauvel: &laquo;&nbsp;Tu vas débarquer dans un pays où tout le monde va chercher à te tuer, au moins c&#8217;est simple, ça évite les fausses questions&nbsp;&raquo;. Point de vue, ô combien réel, d&#8217;un survivant du grand reportage que tous les étudiants ont griffonné sur leurs calepins.</p>
<p style="text-align: justify;">Il termine avec ces quelques mots face à un auditoire conquis : &laquo;&nbsp;Le devoir numéro 1 du reporter, du journaliste est la recherche de la vérité et le respect des documents ce qui implique une attention redoublée par rapport à la tentation de vouloir faire plus spectaculaire. Ce que vous avez en face est déjà spectaculaire, ce que vous vivez aussi, alors n&#8217;en rajoutez pas&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">A la fin du cours, un petit groupe d&#8217;élèves se presse autour du reporter, tous l&#8217;écoutent avec attention : &laquo;&nbsp;C&#8217;est le plus beau métier du monde mais la finalité ce n&#8217;est pas de couvrir la guerre ou une guerre, juste l&#8217;actualité de l&#8217;Homme avec un grand H, et pour l&#8217;instant, il y a une trentaine de conflits dans le monde, votre boulot c&#8217;est de rapporter, de raconter et de témoigner pour que personne ne sombre dans l&#8217;oubli. Mais nous devons le faire en pensant à notre sécurité, sinon qui rapportera le témoignage ?&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Photographies: Frédérique Romano &#8211; PRESSE 2.0<br />
</em></strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Reporters: le prix de la guerre. Extrait n°1</strong></span><br />
<iframe src="http://player.vimeo.com/video/15638429?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" frameborder="0" width="500" height="320"></iframe></p>
<p><a href="http://vimeo.com/15638429">Reporters: Le prix de la guerre (extrait 1)</a> de <a href="http://vimeo.com/user4911181">Jean-Paul Ney</a> sur <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Reporters: le prix de la guerre. Extrait n°2</strong></span><br />
<iframe src="http://player.vimeo.com/video/15638559?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" frameborder="0" width="500" height="320"></iframe></p>
<p><a href="http://vimeo.com/15638559">Reporters: Le prix de la guerre (extrait 2)</a> de <a href="http://vimeo.com/user4911181">Jean-Paul Ney</a> sur <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p><strong>Reporters: le prix de la guerre. Extrait n°3</strong><br />
<iframe src="http://player.vimeo.com/video/15638699?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" frameborder="0" width="500" height="320"></iframe></p>
<p><a href="http://vimeo.com/15638699">Reporters: Le prix de la guerre (extrait 3)</a> de <a href="http://vimeo.com/user4911181">Jean-Paul Ney</a> sur <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
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		<title>Pakistan: L’imbroglio Allah, Army, America</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Jun 2011 12:13:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[11 SEPTEMBRE]]></category>
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		<category><![CDATA[Pauline Garaude]]></category>
		<category><![CDATA[Rahimullah Yussufzai]]></category>
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		<description><![CDATA[L’opération Geronimo et l’après Ben Laden au Pakistan illustrent ce que beaucoup d’historiens nomment « la théorie des 3A » : Allah, l’Armée, l’Amérique. Que sont ces &#171;&#160;3A&#160;&#187; ? Un triumvirat composé des islamistes, de l’armée pakistanaise (connue pour son « double jeu ») et des Etats Unis (qui ont incité à l’islamisation du pays et de l’armée dès le]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: justify;"><strong>L’opération Geronimo et l’après Ben Laden au Pakistan illustrent ce que beaucoup d’historiens nomment « la théorie des 3A » : Allah, l’Armée, l’Amérique.<br />
</strong></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><span id="more-1594"></span><strong>Que sont ces &laquo;&nbsp;3A&nbsp;&raquo; ? Un triumvirat composé des islamistes, de l’armée pakistanaise (connue pour son « double jeu ») et des Etats Unis (qui ont incité à l’islamisation du pays et de l’armée dès le Djihad anti soviétique en Afghanistan en 1979 avant de combattre après les attentats du 11 septembre ceux là même qu’ils avaient créés avec la CIA). Trois entités clés du Pakistan dont les stratégies et changements d’alliances s’articulent au gré des intérêts de chacun.</strong></h4>
<p><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>De retour du Pakistan, une analyse de Pauline Garaude*</strong></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi le Pakistan était-il une bonne planque pour Oussama ?</strong><br />
Que Ben Laden ait trouvé refuge au Pakistan – comme d’autres dirigeants de son réseau &#8211; n’a rien de surprenant. C’est d’abord son QG historique : il arrive à Peshawar en 1982 et y fonde Al Qaïda six ans plus tard. Ce qui lui vaut des sympathies fiables parmi ses compagnons de la première heure (les moudjahiddines  d’Afghanistan et les chefs spirituels à la tête de madrassas, les écoles coraniques). Il bénéficie du soutien des Talibans et autres mouvements islamistes pachtounes pour qui couvrir Ben Laden est un honneur. Et monnaie rendue de sa pièce puisque l’émir les finance ! Les Talibans pakistanais ont fait allégeance à al Qaïda en 2007. Et il y a le soutien stratégique et précieux d’une partie de l’armée et des services secrets (l’ISI) dont les liens avec les islamistes remontent à la création même du Pakistan en 1947 (pays créé pour des Musulmans dans un contexte de guerre avec l’Inde: Allah et l’armée sont les deux piliers fondateurs de la nation).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’Armée : un double jeu entre Allah et l’Amérique</strong><br />
Que le chef d’Al Qaïda soit resté 5 ans à un kilomètre de la plus prestigieuse école militaire du pays, la Kakul Military Academy, dans une petite ville truffée d’espions révèle au grand jour ce « double jeu » de l’armée. D’un côté, une collaboration évidente avec les Etats Unis dans la lutte contre le terrorisme. Le pays a arrêté en dix ans plus de 30 responsables d’Al Qaïda dont les plus grands chefs opérationnels : Kalid Sheikh Mohammed (cerveau des attentats du 11 septembre) et son successeur Al Libbi pour ne citer qu’eux. Si une partie de l’armée pakistanaise est de mèche avec les Talibans – Afghans &#8211; elle ne soutient pas forcément Al Qaïda. « Je ne nie pas que certains d’entre nous protègent les Talibans afghans pour contrer la menace indienne. Mais pas Al Qaïda » dixit Zafar Abbas, responsable media de l’ISI. Pour Rahimullah Yussufzai, un journaliste très réputé, en contact régulier avec les islamistes comme avec les plus hauts cercles de l’armée : « l’ISI a dû protéger des islamistes qui eux-mêmes protégeaient Oussama. Je pense qu’ils étaient complices, mais indirectement et sans le savoir».</p>
<p style="text-align: justify;">L’ISI est aussi un conglomérat de clans et de jeux de pouvoirs où les informations que détiennent certains ne sont pas forcément partagées…  Et puis, il y a l’appât des dollars ! L’argent : c’est une raison profonde et majeure qu’invoquent tous les Pakistanais, de l’expert au simple citoyen ! « A part le fric, je ne l’explique pas autrement » lance sans détour Saad Muhammad, ex attaché militaire à Kaboul, dans sa résidence cossue de Peshawar. « L’armée était forcément au courant mais si elle peut profiter quelques années de plus de 1,5 milliards de dollars par an, pourquoi s’en priver ! ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Fin mars, l’ISI délivrait des informations à la CIA</strong><br />
Néanmoins, jamais les Etats Unis n’auraient pu agir sans l’aide de l’armée pakistanaise. D’abord, le premier réseau d’informateurs de la CIA se compose d’anciens généraux de l’Armée : ceux qui ont combattu aux côtés de ben Laden en Afghanistan. On les appelle le « Spider Group ». Ils sont chers payés par le Pentagone. Ensuite, la présence probable du chef d’Al Qaïda à Abbottabad a été révélée par l’ISI en mars dernier, après deux arrestations : Umar Patek (indonésien impliqué dans les attentats de Bali de 2002) à Abbottabad le 29 janvier 2011, et deux de ses complices (deux Français : Sharaf Deen et Zohaib Afzal) à Lahore trois jours avant. Les interrogatoires ont fourni des indications majeures sur la présence de Ben Laden. Fin mars, l’ISI délivrait ces informations à la CIA – après trois mois de « guerre froide » entre les deux agences de renseignement car le diplomate américain Raymond Davis était sous les verrous pakistanais. Le compound d’Abbottabad a alors été placé sous stricte surveillance.</p>
<p style="text-align: justify;">Si le chef de la CIA, Leon Panetta a préféré ne pas avertir l’armée du déclenchement de l’opération, l’opération en elle-même n’était sans doute pas un scoop pour l’armée. Le 20 avril, le chef d’Etat major Américain Mc Mullen rencontrait à huis clos pendant une heure son homologue pakistanais Kayyani. « C’est là que Washington a dû avertir le Pakistan de l’opération Geronimo, sans dire  quand elle aurait lieu » confirme Mansur Mehssud, un expert qui travaille notamment pour le Pentagone.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi l’armée a-t-elle par contre fait profil bas jusqu’à avouer un échec ? « Ce serait se tirer une balle dans le pied ! » lance R. Yussufzai. « Vous imaginez la vengeance des islamistes si Islamabad avoue sa complicité avec les Etats Unis ! Une violation de la souveraineté pakistanaise  vaut mieux qu’une trahison ! C’est le pire des crimes pour les Talibans». Les Talibans eux, qui ont promis vengeance au lendemain du raid sont déjà passés à l’acte avec quatre attentats en dix jours. Les cibles d’Allah? Sans surprise : l’Armée (deux postes de Police et la base aéronavale de Karachi) et l’Amérique (deux diplomates ont été visés dans leur voiture mais l’attentat a échoué)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’Amérique : arbitre du jeu Allah-America</strong><br />
La guerre des Etats Unis au Pakistan ne s’arrête pas avec Abbottabad. Le chef d’Al Qaïda est mort mais il reste encore sur la liste du Pentagone les réseaux affiliés à l’organisation : le réseau de Jalaluddin Haqqani (zones tribales du Nord Waziristan), certains chefs des Talibans pakistanais… et le mollah Omar (chef des Talibans Afghans réfugié à Quetta au Balouchistan dont la tête est mise à prix à 25 millions de dollars). Etrangement, il a « disparu » de Quetta depuis le 20 mai disent les agents de renseignement afghans &#8211; reconnaissant implicitement l’existence de cette ville comme leur comité exécutif, la « shura ». Nul hasard à ce que ce VIP de la nébuleuse OBL (qui a fait allégeance au mollah Omar en 1998) quitte précipitamment sa cache pour rejoindre des refuges de substitution, et se fasse oublier quelques temps.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour Washington, la  vraie guerre n’est pas en Afghanistan. Mais bien au Pakistan. Dans son ouvrage « les guerres d’Obama », le journaliste Bob Woodward relate certaines discussions ultra confidentielles d’Obama avec Petraeus, Mc Chrystal, la CIA et ses plus proches conseillers dans la Situation Room en 2008 au sujet des 35000 soldats américains à envoyer en renfort sur le front afghan. Ecoutons le président américain : « Démarrons cette session là où nos intérêts sont réellement : c’est à dire au Pakistan, pas en Afghanistan… Changer notre stratégie au Pakistan est la clé pour atteindre nos objectifs… La menace terroriste vient autant d’Al Qaïda que des Talibans et autres mouvements islamistes basés au Pakistan ». Bref, ce n’est pas la première fois que Washington pointe le Pakistan comme le foyer du terrorisme et comme le note B. Woodward « des progrès étaient faits contre Al Qaïda avec les drones et le Pakistan émergeait comme la guerre nécessaire. Parallèlement, la guerre de contre insurrection en  Afghanistan devenait secondaire ».</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">C’est bien ce qui semble se profiler et plus que jamais le Pakistan va devoir coopérer, pris entre le marteau et l’enclume : Allah ou America ? L’éternel dilemme. D’autant que les Talibans afghans et le réseau Haqqani sont « sa carte » stratégique face à l’Inde &#8211; et que l’influence grandissante de l’Inde en Afghanistan dans un scénario post-guerre en Afghanistan inquiète Islamabad…. Impératif donc de les ménager. Islamabad n’a jamais voulu intervenir au Nord Waziristan et la Quetta shura est bien protégée par l’ISI. Toute cible autre que ben Laden est « la guerre du Pakistan et pas celle des Etats Unis ». Mais le pays est en bien mauvaise posture après la mort de Ben Laden pour dire qu’il n’y a personne sur son territoire !</p>
<p style="text-align: justify;">Officiellement, pour ménager une opinion publique anti-américaine, l’establishment pakistanais se doit de condamner Washington pour son « action unilatérale » d’Abbottabad et sa « violation de la souveraineté pakistanaise ». C’est ce qui a été repris en boucle par le gouvernement et les médias. En off, des accords existent depuis 2005 pour laisser la CIA mener « sa guerre » contre Al Qaïda avec ses drones Predator. Officiellement donc, le Parlement demande l’arrêt immédiat des tirs de drones « inacceptables » de la CIA en zones tribales (zones frontalières de l’Afghanistan, sanctuaires des réseaux affiliés à Al Qaïda) et la réduction de la présence militaire américaine au Pakistan. Une réduction qui porte officiellement sur les quelques 200 GI’s qui entraînent leurs homologues pakistanais. On ne parle pas bien sûr des 1500 « agents consulaires » sous traitants de la CIA dont les visas expirent en octobre prochain qui eux, seront reconduits. Ce sont eux qui ont alimenté la rumeur de Blackwater – fondée – en 2009. Leurs visas expirent en novembre prochain et Islamabad – officiellement – ne veut pas les reconduire. Ce sont eux aussi, qui sont chargés de veiller à la sécurité des sites nucléaires. L’inquiétude majeure des Américains, qui ont des « antennes » près de chaque lieu sensible. Officiellement, le sénateur démocrate John Kerry se fait le messager à Islamabad de Barack Obama et martèle la nécessité de « poursuivre la lutte contre le terrorisme avec le Pakistan ».</p>
<p style="text-align: justify;">Le Premier ministre Yousuf Raza Gilani a lui, réuni mercredi ministres et responsables des forces de sécurité pour évaluer la situation, reconnaissant que des inquiétudes sont exprimées sur leurs capacités à gérer la gravité des problèmes posés par le terrorisme. La porte ouverte à Washington pour continuer sa « guerre clandestine » comme elle le fait depuis deux ans déjà avec ses « agents consulaires ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Au nom d’Allah : une nouvelle génération de djihadistes ?</strong><br />
« Nous vengerons la mort d’Oussama ben Laden. Notre première cible est le gouvernement pakistanais. La seconde : l’Amérique » dixit Maulvi Nazir, un porte-parole des Talibans. Parce que le Pakistan craint à ce point les représailles (et le potentiel encore plus élevé de plonger dans encore plus de chaos !) il va lui être très délicat de poursuivre sa lutte contre le terrorisme avec Washington. Pour les islamistes, les Américains ont eu ben Laden : aucune raison de rester ! Or il faut s’attendre à plus de tirs de drones de la CIA en zones tribales et à  plus de renseignement au sol. Une offensive sous d’intenses pressions américaines au Nord Waziristan – contre le réseau Haqqani que l’ISI veut se ménager face à l’Inde – est possible. Le pays qui a perdu 35 000 civils et 3500 soldats embrase dans sa coopération forcée l’opinion publique, les classes politiques… et les islamistes !</p>
<p style="text-align: justify;">A Peshawar, le mollah Qureshi qui dirige la mosquée Mohabat Khan, un ancien repère d’Oussama, prévient : « La mort de ben Laden en martyr va réunifier et renforcer tous les mouvements antiaméricains. Ca va donner naissance à une nouvelle génération de djihadistes ! D’ailleurs, ces mouvements existent et sont déjà là ! Ils sont bien plus déterminés à en finir avec l’occupation américaine en Afghanistan et avec la complaisance du gouvernement pakistanais à l’égard des Américains. Les Etats Unis vont avoir des temps difficiles ! En tous cas, je l’espère et je prie pour cela ! ».</p>
<p style="text-align: justify;">Si le réseau propre d’Al Qaïda compte en Afghanistan et au Pakistan moins de cent têtes – des Arabes – c’est assez pour insuffler une idéologie plus radicale. Al Qaïda ne mène pas d’action au Pakistan. C’est avant tout un refuge. Un soutien idéologique et financier en échange d’une couverture. Et comme le précisent unanimement les spécialistes : « Al Qaïda a bien plus besoin des talibans que le contraire ».</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cet imbroglio Allah, Army, America, l’Amérique reste l’arbitre et le décideur d’un jeu entre l’armée et les islamistes – un jeu qu’elle ne maîtrise pas. L’armée, divisée, doit ménager les islamistes et l’Amérique. Et les islamistes ont comme pire ennemi les traîtres : le Pakistan, collabo de la CIA. Rien de nouveau pour Le Pakistan qui est dans ce jeu de pouvoirs depuis 1979.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2011/06/Pauline-garaude-les-grandes-oreilles.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1595" title="Pauline-garaude-les-grandes-oreilles" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2011/06/Pauline-garaude-les-grandes-oreilles.jpg" alt="" width="140" height="185" /></a><strong><span style="color: #ff0000;">Pauline Garaude est grand reporter,</span></strong><br />
<strong><span style="color: #ff0000;"> spécialisée dans l&#8217;Asie du Sud-est.</span></strong><br />
<strong><span style="color: #ff0000;"> Elle travaille en free-lance pour TV5Monde,</span></strong><br />
<strong><span style="color: #ff0000;"> Le Point, le Fig Mag, Sud Ouest, Le Soir&#8230;</span></strong><br />
<strong><span style="color: #ff0000;"> Elle est aussi auteure de plusieurs ouvrages:</span></strong><br />
<strong><span style="color: #ff0000;"> L&#8217;Inde (Editions la Découverte)</span></strong><br />
<strong><span style="color: #ff0000;"> Faut-il avoir peur du Pakistan ? (Larousse),</span></strong><br />
<strong><span style="color: #ff0000;"> Al Qaida (Larousse).</span></strong></p>
<pre style="text-align: justify;"><em>Photo DR</em>.</pre>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Inondations-au-Pakistan-la-lutte-des-refugies-pour/galerie/p-11315-Pauline-Garaude-sur-le-plateau-de-TV5Monde.htm" target="_blank">Voir l&#8217;interview de Pauline sur TV5 Monde.</a></p>
<pre style="text-align: justify;"><em>Photo de l'article A. MAJEED/AFP/Getty Images. </em></pre>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
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		<title>La liquidation de Salameh par le Mossad</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Jan 2011 15:35:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[REPORTAGES]]></category>
		<category><![CDATA[Ali Hassan Salameh]]></category>
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		<description><![CDATA[Ali Hassan Salameh , cerveau des la prise d’otage en 1972 pendant les jeux olympiques de Munich, a été exécuté au terme d&#8217;une longue traque de sept ans. Une traque menée par plusieurs groupes d&#8217;agents israéliens, jamais confirmée ni infirmée par Israël. A la tête de la « liste Golda », Salameh , comme tous]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Ali Hassan Salameh , cerveau des la  prise d’otage en 1972 pendant les jeux olympiques de Munich, a été  exécuté au terme d&#8217;une longue traque de sept ans. Une traque menée par  plusieurs groupes d&#8217;agents israéliens, jamais confirmée ni infirmée par  Israël. A la tête de la « liste Golda », Salameh , comme tous les  responsables terroristes de Septembre Noir, n’échappera pas à la main  vengeresse du Mossad . Voici son histoire.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-19"></span><img title="Lire la suite…" src="http://www.jeanpaulney.com/wp-includes/js/tinymce/plugins/wordpress/img/trans.gif" alt="" />Août 1972, le monde entier attend impatiemment l&#8217;ouverture des Jeux  Olympiques de Munich, fait symbolique s&#8217;il en est, une délégation  d&#8217;athlètes israéliens sera présente et la presse se focalise sur  l’équipe et ce petit pays toujours en guerre. Côté sécurité, les  autorités autrichiennes et allemandes se sont fait tirer l&#8217;oreille pour  intégrer à leurs effectifs les meilleurs spécialistes en matière de  contre terrorisme venus de Tel-Aviv . Au final, les autorités refusent  de les recevoir, prétextant que la sécurité serait assurée, l’un des  responsables allemands affirmera même que « Munich n&#8217;est pas Beyrouth ».  Toujours est-il que l&#8217;organisation de la sécurité se met en place  autour des axes traditionnels pour l&#8217;époque, c&#8217;est-à-dire la  tranquillité des participants et la sécurité des foules.</p>
<p style="text-align: justify;">Au début des années 70, le terrorisme n&#8217;est pas encore une  préoccupation majeure pour les polices d&#8217;Europe, en effet, même si des  groupes sont déjà agissants, ils ne représentent pas encore le problème  qu&#8217;ils deviendront dans les années suivantes. Les israéliens, quant à  eux, sont aux prises avec ces problèmes depuis plusieurs années déjà et  ont mené quelques opérations retentissantes. Les Jeux commencent donc et  rien ne se passe, jusqu&#8217;au début septembre. Mais le 2 de ce mois, tout  bascule : Un commando palestinien &#8211; apparemment habillés en athlètes &#8211;  s&#8217;infiltre dans le village olympique et prend des sportifs israéliens en  otages.</p>
<p style="text-align: justify;">Les polices allemandes et autrichiennes sont totalement prises au  dépourvu, elles sont complètement dépassées par la situation. En effet,  comment des policiers non préparés, non sensibilisés et surtout  totalement inconscients des capacités d&#8217;un groupe terroriste  pourraient-ils stopper des palestiniens bien préparés, entraînés et  agissant avec l&#8217;appui d&#8217;agents de la STASI infiltrés sur place ?</p>
<p style="text-align: justify;">Très vite les terroristes contrôlent les opérations, réussissant à  prendre un groupe d&#8217;haltérophiles en otages, un seul d&#8217;entre eux  réussira à prendre la fuite. Dès cet instant, l’incompétence de la  police se fait sentir; personne ne sait quoi faire, ni quel matériel  mettre en oeuvre&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Une fois de plus, les israéliens proposent de mettre à la disposition  des policiers locaux un spécialiste des opérations de  contre-terrorisme. Mais les policiers refusent, jaloux de leurs  prérogatives territoriales, c’est aussi une question d’honneur…</p>
<p style="text-align: justify;">Le premier jour se passe dans la confusion la plus totale. Le  deuxième jour, les choses bougent : les terroristes demandent un  hélicoptère qui puisse les emmener à l&#8217;aéroport ou un avion de ligne  doit les attendre. Les autorités locales font une première erreur en  leur donnant un hélicoptère qui est en mesure de contenir tout le monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Le plan est de prendre les terroristes en embuscade dès leur descente  de l&#8217;appareil, à l&#8217;aide de tireurs d&#8217;élite. Mais les tireurs en  question ne sont pas des professionnels et ne sont pas entraînés pour  effectuer un tir synchronisé efficace. Les terroristes arrivent sur  l&#8217;aéroport avec ce qui reste de leurs otages: ils sont nerveux et tendus  comme des cordes à piano.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien sûr, aucune évaluation psychologique n&#8217;a été faite et c&#8217;est dans  ces conditions que les policiers vont agir. Une fois de plus, les  services israéliens proposent d&#8217;envoyer un spécialiste, qui est  d&#8217;ailleurs déjà sur place. C&#8217;est non, définitif. Cependant, l&#8217;officier  israélien transmet à Tel-Aviv des informations alarmantes sur ce qu&#8217;il a  vu des préparatifs de l&#8217;aéroport, son analyse est clair et précise : le  dispositif tel quel donne seulement 10% de chance de survie aux  athlètes…</p>
<p style="text-align: justify;">Policiers sur les nerfs, autorités incompétentes, refus de  reconnaître un échec patent, hommes non préparés, armes pas adaptées… le  rapport affole Tel-Aviv qui se prépare au pire. Selon un spécialiste de  l’époque : « les tireurs ne sont guère plus que des chasseurs du  dimanche, et ils sont placés en dépit du bon sens »</p>
<p style="text-align: justify;">Pour l’officier de Tel-Aviv, spectateur d’un désastre annoncé,  confirme une dernière fois que le drame va se jouer en direct,  malheureusement il aura raison.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;hélicoptère est là sur le tarmac, moteur tournant, les terroristes  commencent à en descendre. Soudain un coup de feu se fait entendre et  fige les reporters sur place, il annonce le début de la fusillade.</p>
<p style="text-align: justify;">Les palestiniens ripostent et commencent à tirer sur leurs otages.  Une grenade est lancée. L&#8217;opération ne dure qu&#8217;une minute, mais elle a  été suffisante pour que tous les otages soient tués, ainsi qu&#8217;un  policier allemand et quatre terroristes… Fiasco total.</p>
<p style="text-align: justify;">Les trois membres restant du commando sont arrêtés, mais le prix de  cette capture est fort élevé, surtout quant on connaît la suite des  événements.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 29 octobre, un groupe du nom de FPLP , détourne un avion de ligne  de la Lufthansa avec ses passagers. Les pirates formulent leurs  exigences: ils veulent que leurs camarades du commando de Munich soient  relâchés immédiatement ou ils tueront tous les passagers.</p>
<p style="text-align: justify;">Le message a été envoyé aux tours de contrôle de Nicosie, Athènes,  Rome, Zagreb et Munich. Dans leur communiqué les terroristes ont déclaré  que le FPLP revendiquait l&#8217;opération Munich .</p>
<p style="text-align: justify;">En fait, l&#8217;opération de Munich a été menée par un groupe issu de  Septembre Noir , l&#8217;organe d&#8217;action spécial du Fatah d&#8217;Arafat. Bien sûr  l&#8217;Allemagne cède à l’ultimatum des terroristes et libère les trois  membres du commando, en les acheminant sous escorte jusqu&#8217;à un aéroport  où un avion privé les attend.</p>
<p style="text-align: justify;">Golda Meir, alors premier Ministre d’Israël, a demandé aux autorités  allemandes de ne pas céder, mais les allemands déclarent que « l&#8217;opinion  publique de leur pays ne supporterait pas un massacre dans un avion de  la Lufthansa ». Fin de non recevoir donc pour la dame de fer du pays de  David.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais l’ambiance est si exécrable entre les deux gouvernements que les  allemands pensent que des agents israéliens pourraient tenter de tuer  les membres restant du commando durant le transfert à l’aéroport.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La liste Golda</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Devant tant d&#8217;incompétence et de lâcheté, les responsables  israéliens, Golda Meir en tête décident qu&#8217;aucun de ceux qui ont  participé, de près ou de loin au massacre de Munich ne devaient échapper  à la vengeance d&#8217;Israël. Les responsables devaient payer car s’ils  parvenaient à en sortir indemne, ce serait la porte ouverte à d&#8217;autres  opérations plus meurtrières encore. Il fallait donc mettre un point  final à cette affaire et délivrer un message aux terroristes: Vous allez  devoir payer.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur la base des informations fournies par divers services de  renseignements, le Mossad établit la liste de ceux qui doivent être  liquidés : la liste des condamnés à mort.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur cette liste, on peut lire les noms suivants:<br />
1)Wahil Zouaiter (il fut tué à Ronce en octobre 72).<br />
2)Mahmoud Hamshari (tué à Paris en décembre 72).<br />
3)Bashir Abdel Hir (tué en janvier 73 à Chypre).<br />
4)Ahou Zeid (tué en avril 72 à Athènes).<br />
5)Al Qubeisi (tué en avril 73 à Paris).<br />
6)Kamal Adwan (tué en avril 73 à Beyrouth).<br />
7)Abou Youssouf (tué en avril 73 à Beyrouth).<br />
8)Boutros Nassir (tué en avril 73 à Beyrouth).<br />
9)Mohamed Boucha (tué en juin 73 à Paris).<br />
10)Hassan Salameh (tué en janvier 79 à Beyrouth).<br />
11)Khalil AI Ouazir dit Abou Jihad (tué en avril 88 à Tunis).<br />
12)Wadia Haddad (mourut d&#8217;une leucémie foudroyante à Berlin Est).<br />
13)Ahou Ayad (tué en janvier 91 à Tunis, opposant au soutien d&#8217;Arafat  aux irakiens durant la guerre du Golfe, ces derniers se chargèrent de  l&#8217;exécuter).<br />
14)Atef Bseisso (tué en juin 92 à Paris).</p>
<p style="text-align: justify;">Comme on le voit, les tueurs israéliens, bien renseignés et appuyés  par des réseaux de sayanims (coopérants du Mossad à l’étrangers, ou  ‘honorables correspondants’) furent efficaces dans presque tous les cas.  Seul le N°12 ne peut leur être catégoriquement attribué (quoique&#8230;).</p>
<p style="text-align: justify;">Quant au N°13, il fut assassiné par des tueurs très expérimentés  issus des services spéciaux irakiens, qui par la même occasion rendirent  un service involontaire au Mossad.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’assassinat de Salameh</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.jeanpaulney.com/wp-content/uploads/2009/07/300_430192.jpg"><img class="alignleft" title="300_430192" src="http://www.jeanpaulney.com/wp-content/uploads/2009/07/300_430192-234x300.jpg" alt="300_430192" width="234" height="309" /></a>Abou Hassan Salameh n&#8217;est  pas un client facile. D&#8217;une part, il est très méfiant mais en plus il  bénéficie de l&#8217;aide occulte d&#8217;agents de la CIA, dont son officier  traitant, Robert Ames. Ce dernier trouvera la mort le 18 avril 1983,  avec 74 autres américains, dans un attentat au camion piégé mené par le  Hezbollah contre l&#8217;ambassade des Etats-Unis à Beyrouth.</p>
<p style="text-align: justify;">Salameh n&#8217;intéresse pas que les israéliens, en effet, depuis le  massacre de Damours où plusieurs centaines de civils chrétiens furent  purement et simplement assassinés. Les Phalangistes des frères Gemayel  ont, juré sa mort. Les services secrets israéliens, ainsi que des  conseillers militaires séjournent en permanence à Jounieh, en zone  chrétienne. Pour Salameh, une telle communauté d&#8217;intérêt représente un  danger supplémentaire: il devient plus prudent encore. Beyrouth est une  ville dangereuse, on y rencontre des gens venus de divers horizons et  même au paroxysme de la guerre, la ville reste cosmopolite. Dans cette  ambiance, et fort des appuis qu&#8217;ils ont dans le camp chrétien, les  agents israéliens entrent et sortent de la ville comme bon leur semble.</p>
<p style="text-align: justify;">Salameh, qui vit à Beyrouth, y dispose de six appartements, tous  surveillés par ses compagnons et tous à Beyrouth Ouest en secteur ami.  Malgré cela, il lui arrive très souvent de changer d&#8217;appartement au  dernier moment et cela lui sauvera la vie à plusieurs reprises.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais l&#8217;opiniâtreté, la ténacité et le mordant des agents israéliens  finira par payer, ils resteront tapis dans l’ombre à le surveiller et  attendre le bon moment…</p>
<p style="text-align: justify;">Salameh est marié à une fort belle femme du nom de Georgina Rizek,  elle est connue dans tout le Liban et pour cause : elle a été élue Miss  Monde en 1970.</p>
<p style="text-align: justify;">Par son entremise, Salameh finit par entrer en contact avec Solange  Gemayel et lui demande de proposer à son mari Béchir d&#8217;entamer des  négociations en vue de calmer les tensions meurtrières qui règnent entre  chrétiens et palestiniens. A leur première rencontre, Salameh propose à  Béchir de cesser le combat, en échange de quoi les Phalangistes le  laisseraient installer des dépôts d&#8217;armes souterrains à Beyrouth et des  postes lance-roquettes flans les environs de Damours,</p>
<p style="text-align: justify;">Béchir Gemayel fait mine d&#8217;être intéressé et en preuve de bonne  volonté, il confie à Salameh que des agents israéliens posent des  questions sur lui et le cherchent activement. Ce que Salameh ne sait  pas, c&#8217;est que les agents de renseignement chrétien abreuvent  copieusement le Mossad d&#8217;informations à son sujet.</p>
<p style="text-align: justify;">Fin 1978, Salameh semble devenir moins prudent. Il séjourne de plus  en plus souvent dans son appartement de la rue de Verdun. Georgina  attend un enfant, Salameh est en joie. Mais ce qu’il nee peut pas non  plus savoir, c&#8217;est que dès 1977, une jeune femme allemande est envoyée  par le Mossad en Allemagne, pour s&#8217;y constituer une couverture : Elle  est titulaire d&#8217;un passeport allemand et s&#8217;enrôle dans plusieurs  organisations caritatives, qui lui donnent une ‘traçabilité’ très  honorable. Rapidement elle aura de nombreux amis, tous prêts à répondre  d&#8217;elle si nécessaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette jeune femme que nous nommerons Inge, arrive à Beyrouth au  milieu de l’année 1978 et s&#8217;installe dans un appartement situé dans les  étages d&#8217;un immeuble de l&#8217;avenue Marie Curie. L&#8217;appartement n&#8217;a pas été  choisi au hasard, en effet, de la fenêtre de la chambre, on voit très  bien la rue où vit Salameh. Officiellement, Inge est artiste peintre.<br />
Patiemment, elle note les allers et venues de Salameh, le volume de son  escorte, le type de voiture dans laquelle il se déplace. Salameh roule  dans une Chevrolet et est en permanence escorté de deux hommes dans sa  propre voiture plus trois ou quatre dans un Land Rover. Chaque semaine,  des agents de liaison récupèrent les messages d&#8217;Inge et lui laissent des  directives dans des boîtes aux lettres.</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, à une occasion, Inge devient nerveuse: une jeune femme  japonaise semble s&#8217;intéresser de près à ses activités. Rapidement, la  japonaise est identifiée : il s&#8217;agit de Fousako Shiganuvu, chef des  opérations de la Japanese Red Army, groupe terroriste d’extrême gauche  allié des palestiniens. En fait, le Mossad découvre que la japonaise  s&#8217;avère être aussi la responsable de la sécurité de Salameh&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">On décide que Inge ne doit pas bouger et surtout ne rien faire de  suspect. Bonne idée, deux jours plus tard l&#8217;appartement d&#8217;Inge est  fouillé de fond en comble…</p>
<p style="text-align: justify;">Début janvier 79, le Mossad apprend que Salameh rentre chez lui tous  les midis. Ce qui aux vues de sa sécurité est une erreur. Par ailleurs,  on sait qu&#8217;il ne quittera pas la ville avant la fin du mois, dans la  mesure où il participe avec Arafat à la préparation d&#8217;une conférence  inter organisations à Damas.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 15 janvier, un vol en provenance de Hambourg atterrit à Beyrouth  avec à son bord une autre jeune femme allemande que nous nommerons  Georgia. En fait, elle fait aussi partie du Mossad, elle est chef de  cette opération.</p>
<p style="text-align: justify;">Le même jour, elle prend une chambre à l&#8217;hôtel Méditerranée. Dans ce  même hôtel quelques jours plus tôt, un homme d&#8217;affaires anglais est  arrivé, Peter. Ce dernier a loué une Volkswagen bleu à l&#8217;agence Lenacar.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans un autre hôtel, le Royal Garden, un canadien attend lui aussi :  il a loué une Chrysler grise.</p>
<p style="text-align: justify;">Un soir, tout ce petit monde prend séparément la route pour Jounieh,  Une fois sur place, ils se retrouvent dans une villa (qui servait de  base opérationnelle aux agents de liaison). Là une seconde Volkswagen  les attend, c’est la réplique exacte de celle loué par le fameux Peter &#8211;  à un détail prêt &#8211; elle est arrivée d&#8217;Israël quelques jours plus tôt et  y a été spécialement préparée. Elle contient 110 kilogrammes  d&#8217;explosifs et un système de mise à feu télécommandé, très sophistiqué  pour l’époque dit-on&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Les plaques minéralogiques sont échangées, les autocollants du loueur  posés sur la bombe roulante et les derniers détails sont discutés. Pour  Salameh, l&#8217;heure va bientôt sonner, mais il ne le sait pas encore…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Il ne faut pas le rater ! »</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il est aisé de penser que pour tuer Salameh, il suffi rait de placer  la voiture sur le bord de la route et d&#8217;appuyer sur le contacteur dès  que sa Chevrolet arrive à la bonne hauteur, mais en réalité, une telle  entreprise réclame une précision digne d’un horloger.</p>
<p style="text-align: justify;">En fait, les services israéliens veulent être sûrs de tuer la cible  du premier coup. Pas question de la blesser, ce serait donner un héros &#8211;  de surcroît un martyre vivant &#8211; au Fatah. Il doit donc mourir à la  première tentative, d&#8217;autant que la voiture piégée ne pourra rester  éternellement en stationnement sans attirer l&#8217;attention.</p>
<p style="text-align: justify;">Aussi, il est décidé de faire placer des barrières de signalisation  de travaux à hauteur de la Volkswagen : le rétrécissement de la chaussée  forcera la Chevrolet à passer au plus près de la bombe, garantissant  ainsi le succès de l&#8217;opération.</p>
<p style="text-align: justify;">Entre-temps, le chef du renseignement de Béchir Gemayel a une  entrevue avec deux agents du Mossad, ces derniers lui disent qu&#8217;il  serait utile qu&#8217;il appelle Salameh le lendemain, 22 janvier, aux  environs de 15 heures.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 22 janvier 79, Ali Hassan Salameh rentre chez lui pour déjeuner;  il est de bonne humeur et est toujours escorté de ses gardes du corps.  La veille, l’agente du Mossad sur place, Inge, a reçu la visite de Peter  qui lui a remis une télécommande.</p>
<p style="text-align: justify;">A 15h15, Salameh reçoit un coup de téléphone par lequel un officier  de renseignement de Gemayel l&#8217;informe qu&#8217;il vient d&#8217;entrer en possession  d&#8217;importants renseignements provenant du Mossad. Pour être sûr de  l&#8217;affaire, Gemayel et le chef du renseignement sont injoignables. A  15h30, Salameh monte dans sa Chevrolet, avec deux gardes du corps et son  chauffeur, derrière lui la Land Rover attend, moteur en marche. Le  convoi a une allure bizarre, imaginez un instant l’ambiance : deux  voitures bondées d&#8217;hommes dont les kalachnikovs sortent par les vitres…  pas très professionnel.</p>
<p style="text-align: justify;">La Volkswagen attend, à une centaine de mètres, garée ici une heure  avant par Georgia qui depuis a quitté le Liban voire même la région.</p>
<p style="text-align: justify;">Le convoi se met en route, il s&#8217;approche du piège. A hauteur des  barrières, la Chevrolet se déporte vers la droite pour pouvoir passer,  ses portières sont à moins de 80 cm de celle de la Volkswagen. C&#8217;est le  moment que choisit Inge pour actionner la télécommande. Sur les trois  systèmes de mise à feu que contient la voiture, en cas de problème, on  sait que l’un d’eux a fonctionné parfaitement : une énorme explosion  retentit.</p>
<p style="text-align: justify;">La voiture de Salameh est projetée sur le côté gauche de la rue de  Verdun. Tous ses occupants sont tués, carbonisés ou déchiquetés. La  carrière de Salameh vient de s&#8217;achever par là où elle avait commencé:  dans la furtive lueur jaune d&#8217;un blast d&#8217;explosion, dans le sang et dans  la douleur.</p>
<p style="text-align: justify;">La fumée envahit la rue, les débris commencent à retomber. Les  occupants de la Land Rover sont encore en vie, mais en état de choc. Ils  parviennent tout de même à descendre de leur véhicule et sans grand  espoir, se portent au secours de leur chef.</p>
<p style="text-align: justify;">A ce moment, les membres de l&#8217;équipe sont en route vers Jounieh où  ils doivent être récupérés et exfiltrés vers Israël alors que d’autres  sont déjà loin… Trois jours après l&#8217;explosion, l&#8217;OLP demandera aux  gouvernants allemands de chercher une certaine Inge qui disent-ils peut  être impliquée dans la mort de Salameh. L’enquête s’arrêtera là, mais  pas les Kidonim du Mossad, dont la liste comporte encore les noms qui  n’ont pas été rayés.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Conclusion et analyse</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette affaire, comme dans presque toutes les autres, c&#8217;est une  succession d&#8217;erreurs qui ont mené Salameh à la mort. Si on examine  l&#8217;attentat dont il fut victime, on se rend compte que manifestement, il a  lui aussi cédé aux faiblesses qui avaient fait de ses victimes de  parfaites cibles.</p>
<p style="text-align: justify;">La première de ces erreurs est d&#8217;être resté dans une ville où les  tueurs le cherchaient. En effet, même s&#8217;il évoluait dans un quartier de  Beyrouth où il ne comptait que des amis, Salameh aurait pu savoir que  les frontières entre les quartiers n&#8217;étaient pas étanches. Par  expérience, un homme correctement préparé et au fait des divers  comportements à adopter dans chaque quartier est en mesure de traverser  la ville, avec de bonnes chances d&#8217;arriver en vie. Pour Salameh, la  meilleure solution aurait sans doute été de s&#8217;expatrier vers un pays ami  où il aurait été bien plus délicat, politiquement et techniquement,  d&#8217;intervenir et d’attenter à sa vie, ce que d’autres candidats de la  liste Golda ont largement compris…</p>
<p style="text-align: justify;">La seconde erreur qui a été commise, fut de s&#8217;habituer à la présence  d&#8217;une étrangère dans les parages. En effet, compte tenu de la qualité  des gens lancés à sa poursuite, les responsables de sa sécurité  n&#8217;auraient pas dû se contenter d&#8217;une fouille d&#8217;appartement. Si Inge  avait été discrètement surveillée 24h sur 24, on se serait rendu compte  de son manège et elle aurait certainement été démasquée. De plus, durant  la fouille de l&#8217;appartement, s’ils avaient travaillé correctement et en  respectant une règle de base de sécurité, les gens de Salameh se  seraient aperçu qu&#8217;une des fenêtres donnait sur la rue de la cible, ce  qui aurait accentué leur méfiance et éventuellement provoqué  l&#8217;interpellation et l&#8217;interrogatoire Inge.</p>
<p style="text-align: justify;">Souvenons-nous que l&#8217;affaire se passe à Beyrouth entre 1978 et 1979,  autant dire qu&#8217;ils auraient pu la découper en rondelles sans être  inquiétés&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Autre erreur, et c’est ce qu’attendaient patiemment les agents du  Mossad : Salameh finit par se relâcher…et par venir déjeuner  régulièrement dans son appartement de la rue de Verdun, ce qui est  remarquable, dans la mesure ou il a causé la mort de nombreuses  personnes et sachant qu’il se sent un minimum menacé et traqué.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour une équipe de tueurs, une cible qui devient régulière est perçue  comme imprudente. On associe souvent la reprise de rythmes réguliers au  fait que la conscience du risque disparaît. Techniquement, on parle  alors de « cible amicale » ou « cible molle », dans la mesure ou elle  participe à sa perte en facilitant le travail des tueurs, et vous  comprenez pourquoi.</p>
<p style="text-align: justify;">Inversement, une cible est dite « inamicale » ou « dure » si elle se  comporte d&#8217;une manière qui ne permet pas de prédire où elle se trouvera à  un moment donné. En fait, elle n&#8217;aide pas les tueurs, elle leur  complique la vie et la tâche.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est clair que la sécurité de Salameh ne s&#8217;est pas alarmée de la  présence de travaux impromptus dans la rue. Une grave erreur due à son  service de protection qui n’a jamais daigné poster des sentinelles ou  envoyer des agents faire du renseignement avancé sachant que ces  derniers avaient les moyens de vérifier la présence normale ou non de  ces travaux. Pareillement, ils avaient les moyens de choisir un meilleur  emplacement pour installer Salameh et ils avaient également les moyens  de s&#8217;assurer que toutes les voitures stationnées dans cette rue étaient  légitimement à leur place.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais Salameh était un chef au fort caractère, il n&#8217;était pas facile  de le manoeuvrer. Ce facteur, source de non communication entre le  protégé et sa sécurité, couplé aux erreurs qui furent commises, amena  tout droit Salameh à la mort, aussi sûrement que s&#8217;il s&#8217;était lui-même  tiré une balle dans la tête…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Sources et archives de Laurent Van Pottalsberghe(RIP) et Aviv  Armon.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;"><em>Première publication sur LGO le 15 juillet 2010 à 15 h 35 min</em></span></p>
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