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	<title>Les Grandes Oreilles</title>
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	<description>Actualité, politique, investigation, grands reportages</description>
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		<title>Femmes combattantes en Irak</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Sep 2010 20:01:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un reportage de Al-Jazeera International.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un reportage de Al-Jazeera International.</p>
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		<title>Exactions, tortures: La photo qui fait trembler le régime Ivoirien</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Sep 2010 22:58:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est la photo qui a tout déclenché, un témoignage à charge contre les exactions du régime ivoirien, elle fait en ce moment le tour de l&#8217;Afrique. Publiée pour la première fois avec le témoignage de Jean-Paul Ney, fondateur et rédacteur en chef de LGO, et reprise mercredi dernier par le quotidien Ivoirien &#171;&#160;L&#8217;Intelligent d&#8217;Abidjan&#160;&#187; qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">C&#8217;est la photo qui a tout déclenché, un témoignage à charge contre les exactions du régime ivoirien, elle fait en ce moment le tour de l&#8217;Afrique.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-461"></span><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/2010/07/27/exclusif-la-vie-dans-la-plus-dangereuse-prison-dafrique/" target="_blank">Publiée pour la première fois avec le témoignage de Jean-Paul Ney, fondateur et rédacteur en chef de LGO</a>, et reprise mercredi dernier par le quotidien Ivoirien &laquo;&nbsp;L&#8217;Intelligent d&#8217;Abidjan&nbsp;&raquo; qui en a fait la Une, la photo dévoile les pratiques qui violent la dignité humaine. L&#8217;article a provoqué indignations et réactions à travers l&#8217;Afrique mais aussi tout autour du globe via des associations humanitaires et de défense des droits de l&#8217;Homme. <em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="size-full wp-image-463 alignnone" title="Une 2072" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/09/Une-20721.jpg" alt="" width="519" height="719" /></p>
<p style="text-align: justify;">Selon l&#8217;Intelligent d&#8217;Abidjan, le ministre de la Justice a convoqué une réunion au sommet avec les plus hauts responsables de la prison civile à son cabinet. Il s’est agi pour le ministre d’Etat, Koné Mamadou et ses collaborateurs, d’analyser l’image exclusive et choquante publiée dans « L’Intelligent d’Abidjan ». Une  image incroyable qui montre des prisonniers nus, couchés sous un soleil ardent dans la cour de la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA), sous le contrôle d’un élément des Forces de Défense et de Sécurité de Côte d’Ivoire (FDS-CI). Le Garde des Sceaux veut bien comprendre pourquoi et comment de tels agissements, dignes d’une autre époque et en violation flagrante de la Charte universelle des Droits de l’Homme, ont pu se dérouler dans la plus célèbre prison de Côte d’Ivoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Une enquête a donc été exigée par le ministre de la Justice, afin de situer les responsabilités dans ce scandale qui ternit l’image de l’univers carcéral ivoirien, plusieurs fois dénoncé dans la presse. L’on se souvient qu’en décembre 2008 (date à laquelle l’image en question a été prise par le reporter Jean-Paul Ney), après la mutinerie survenue à la MACA, certains journaux avaient écrit et dénoncé des exactions au sein de la prison, qu’auraient commis certains militaires, venus en renfort aux gardes pénitentiaires pour circonscrire l’émeute qui s’était déclenchée.</p>
<p style="text-align: justify;">A cette époque, aucune autorité n’avait pris au sérieux ces informations, parce qu’il n’y avait aucune preuve matérielle, à part peut être quelques témoignages (vite balayés) de prisonniers. Mais aujourd’hui, avec cette image prise par un ex-détenu (de surcroit témoin oculaire et journaliste), le ministère de la Justice ne pouvait que fléchir en diligentant une enquête pour faire toute la lumière sur ce qui s’est réellement passé pendant et après la mutinerie de décembre 2008. Le ministre Koné Mamadou se serait engagé à ce que ce type de pratiques indignes ne se reproduisent plus dans les prisons ivoiriennes. « Au cours de la réunion tenu hier au cabinet du ministre, le travail d’éveil de conscience, d’interpellation et de professionnalisme de ‘’L’Intelligent d’Abidjan’’ a été reconnu, mais le ministre a déploré que cette publication soit intervenue dans une période préélectorale sensible », a confié une source proche du dossier à Joël Touré, journaliste à l&#8217;Intelligent d&#8217;Abidjan (IA).</p>
<p style="text-align: justify;">Les professionnels du secteur de la presse Africaine, saluent le courage du directeur général du journal  Assé Alafé et de ses journalistes. &laquo;&nbsp;Ne cherchez pas dans les archives,  c&#8217;est la première fois qu&#8217;en Côte d&#8217;Ivoire une telle photographie est  publiée, peut-être même la première fois en Afrique. Elle permet de prendre conscience de l&#8217;état de dégradation de la condition humaine et de la double peine subie par les prisonniers africains&nbsp;&raquo;, nous a confié un haut responsable d&#8217;une ONG basée à Abidjan.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Menaces de mort sur les journalistes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Quelques heures seulement après la publication de l’image notre confrère, le directeur de publication de l&#8217;IA, Touré Youssouf, a reçu des appels anonymes. Ces interlocuteurs ont proféré des menaces de mort. Mais Youssouf reste serein et vaque à ses occupations tout en promettant de publier le reste du dossier, encore plus choquant.</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant, le premier journal ivoirien reste sur ses gardes. Sereins, professionnels, les journalistes de la Socef, société de presse qui publie l&#8217;IA gardent un calme relatif face à des attaques dans les journaux &laquo;&nbsp;bleus&nbsp;&raquo; à la solde du gouvernement ivoirien et du FPI (Front populaire ivoirien, parti du président Laurent Gbagbo). &laquo;&nbsp;Les intimidations existent, mais rien ne nous fera plier, nous sommes journalistes et nous ferons notre travail de journalistes&nbsp;&raquo; nous confirmait au téléphone tôt ce matin l&#8217;un des responsables de la publication, &laquo;&nbsp;certains font déjà couvrir le bruit que cette photographie serait truquée, voire qu&#8217;elle serait prise au Rwanda&nbsp;&raquo;. Mais à la Maison d&#8217;arrêt et de correction d&#8217;Abidjan, personne n&#8217;est dupe, certains prisonniers se reconnaissent même sur la photo. &laquo;&nbsp;Le journal a eu du mal à entrer dans la prison, nous avons finit par récupérer plusieurs exemplaires&nbsp;&raquo; nous a expliqué un détenu au téléphone. &laquo;&nbsp;Elle a fait le tour de la prison, nous ici on se rappelle du blanc Jean-Paul Ney, de l&#8217;aide qu&#8217;il nous a apporté avec les médecins et les pasteurs pour améliorer nos conditions de vie alors que lui était loin de son pays, de sa famille, loin de tout. Il nous a dit qu&#8217;il parlerai de nous, qu&#8217;il nous aiderait depuis la France, il a tenu ses promesses, tout le monde ici en parle !&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">Nous reproduisons ci-dessous un encadré paru dans IA du 2 septembre, un texte qui en dit long sur les pressions subies par les journalistes indépendants en Côte d&#8217;Ivoire.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des actions de déstabilisation et d&#8217;intimidation contre le journal</strong><br />
Par Olivier Dion, journaliste à l&#8217;Intelligent d&#8217;Abidjan</p>
<p style="text-align: justify;">C’est le branle-bas de combat actuellement dans les états major politiques et au sein de certaines structures de défense des Droits de l’Homme, depuis la publication de l’image choquante de prisonniers nus sous le soleil à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). Pendant que les organisations de défense des Droits de l’Homme saluent le travail de ‘’L’Intelligent d’Abidjan’’ en dévoilant les pratiques qui violent la dignité humaine, des pyromanes tapis dans l’ombre, mais qui ont vite été démasqués, manœuvrent pour que le quotidien dont vous avez rêvé soit cloué au pilori. Dans leur sale besogne, ces individus tentent de faire croire aux autorités, qu’en publiant l’image, l’I.A aurait commis un péché, celui d’avoir exposé aux regards, des détenus dans leurs plus simples attributs. Mais à côté des bonnes dispositions du ministre et de certains membres de son cabinet, il faut souligner l’action de quelques ennemis de la liberté de la presse qui ont tenté d’inciter à des poursuites judiciaires contre l’IA, comme si c’était le journal qui avait commis ces traitements dégradants contre des prisonniers. Le vrai problème n’est pas d’avoir publié l’image. Le problème est que les actes aient été commis. Heureusement que le ministre de la Justice a décidé de voir clair dans l’affaire. Pourquoi donc tant d’acharnement et de méchancetés gratuites envers ‘’L’Intelligent d’Abidjan’’, qui n’a fait que son travail d’éveil de conscience et d’interpellation, face aux dérives qui prolifèrent dans les prisons ivoiriennes ! ‘’L’Intelligent d’Abidjan’’ n’est pas Wikileaks. Alors, que ces pyromanes se ressaisissent et laissent l’enquête diligentée par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, aboutir, afin de situer toutes les responsabilités.</p>
<p style="text-align: justify;">Liens :</p>
<p style="text-align: justify;">- <a href="http://maps.google.com/maps?q=5.390540,+-4.076599&amp;num=1&amp;t=h&amp;vps=3&amp;jsv=271c&amp;sll=5.336389,-4.026667&amp;sspn=0.177767,0.256119&amp;ie=UTF8&amp;hl=en&amp;geocode=FcxAUgAdycvB_w&amp;split=0" target="_blank">Photo satellite de la MACA (Google)</a></p>
<p style="text-align: justify;">- <a href="http://www.lintelligentdabidjan.org/" target="_blank">Site Internet de l&#8217;Intelligent d&#8217;Abidjan</a></p>
<p style="text-align: justify;">- <a href="http://presse.ivorian.net/article/?p=18486" target="_blank">L&#8217;article repris par le webring ivoirien</a></p>
<p style="text-align: justify;">- <a href="http://kouamouo.ivoire-blog.com/archive/2010/09/01/decembre-2008-a-la-maca-retour-sur-une-mutinerie-meurtriere.html" target="_blank">Le témoignage du journaliste Théophile Kouamouo sur son blog</a></p>
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		<title>Parole de flic, suite de l&#8217;interview de Marc Louboutin</title>
		<link>http://www.lesgrandesoreilles.com/2010/08/05/parole-de-flic-suite-de-linterview-de-marc-louboutin/</link>
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		<pubDate>Thu, 05 Aug 2010 16:31:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Suite de l’interview de Marc Louboutin, ex-lieutenant de police et fondateur du blog de police sur Facebook. Vous pouvez retrouver la première partie ici : Sécurité Publique: Marc Louboutin ne tire plus à blanc Politique du Chiffre, primes, malaise général, politique de sécurité, violences urbaines et réalité du terrain. Marc Louboutin, le porte-parole non-officiel des flics [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="size-full wp-image-432 alignnone" title="MARCO 4_3" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/08/MARCO-4_3.jpg" alt="" width="548" height="364" /></p>
<p style="text-align: justify;">Suite de l’interview de Marc Louboutin, ex-lieutenant de police et fondateur du <a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=254631551572" target="_blank">blog de police sur Facebook</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-431"></span>Vous pouvez retrouver la première partie ici :<a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/2010/07/27/securite-publique-marc-louboutin-ne-tire-plus-a-blanc/" target="_blank"> Sécurité Publique: Marc Louboutin ne tire plus à blanc</a></p>
<p style="text-align: justify;">Politique du Chiffre, primes, malaise général, politique de sécurité, violences urbaines et réalité du terrain. Marc Louboutin, le porte-parole non-officiel des flics de France dérange depuis qu&#8217;il n&#8217;a de cesse de rappeler à l&#8217;ordre les politiques et Nicolas Sarkozy sur la mission primordiale de la sécurité publique. Depuis l&#8217;affaire du SMS de Grenoble, envoyé par et pour des policiers, le malaise dans la profession la plus mal-aimée de France est palpable. Républicain convaincu, sans langue de bois, Marco parle de la police d&#8217;aujourd&#8217;hui &#8211; au contact du terrain &#8211; face à une justice qui a perdu pied avec la réalité&#8230; tout comme nos hommes politiques.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><span style="color: #333399;">Qui commande la politique du chiffre ?</span></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le gouvernement, relayé par les pôles sécurité des Préfecture. C’est une activité qui est cadrée de manière hebdomadaire pour un meilleur suivi des indicateurs. <strong>Quant aux objectifs chiffrés, ils existent évidemment malgré les dénégations politiques. C&#8217;est un sujet de plaisanterie</strong> aigre douce dans toute la profession policière, PJ comprise.<strong> Certains DDSP (directeur départemental de la sécurité publique), contractualisés, touchent des primes de résultats de plusieurs dizaines de milliers d’euros en fin d&#8217;année</strong>, variables selon les cas, en fonction de cela, mais aussi du reste des bons chiffres de leur activité (gestion des heures fonctionnaires, de leur budget &#8230;)</p>
<p style="text-align: justify;">Personnellement cela me scandalise. <strong>On entre au service de l&#8217;État pour une mission de service public, pas pour toucher des primes</strong>. Si ce sont les objectifs des cadres supérieurs de la police, qu&#8217;ils entrent dans la grande distribution. <strong>Sauf que dans un hypermarché, les tonnes de yaourt, il faut les vendre réellement pour toucher une prime de résultats</strong>. Ces primes, sorte de moyen d&#8217;attachement aux objectifs politiques, sont à mon sens une des plus mauvaises idées de Monsieur Sarkozy<strong>. Le service de l&#8217;État doit être une fierté, un sacerdoce, un sens de l&#8217;intérêt général, pas de satisfaction financière personnelle</strong>. Je trouve cela presque honteux, enfin, si je m&#8217;en tiens à ma conception du service public.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong><span style="color: #333399;">Est-il vrai qu’il vaut mieux « plusieurs petites prises, qu’un seul kilo de drogue, c’est meilleur pour les chiffres » dixit un policier des stups.</span></strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Pour les unités spécialisées dans la lutte contre le trafic je ne pense pas. Par contre, au niveau des unités de base de Sécurité publique, c&#8217;est un principe.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mieux vaut 10 « chiteux » en détention simple d&#8217;une petite « croquette » de résine de cannabis, qu&#8217;une affaire de trafic, couteuse en personnel et en emplois temps plein, juste pour inscrire une croix</strong> (dans la police on dit un ‘bâton’) sur les tableaux de résultats. Cela fait partie des consignes récurrentes que l&#8217;on entend venant des cadres de la police nationale.<strong> C&#8217;est tout bonnement une absurdité sans nom pour la bonne raison que cela ne sert absolument à rien, ni en matière de trafic, ni du point de vue pénal. C&#8217;est de la pure esbroufe chiffrée</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong><span style="color: #333399;">30 véhicules brulés dans le parking de la gare de Grenoble le 27 juillet 2010, menaces sur la vie des policiers de la BAC… n’a-t-on pas les moyens de neutraliser ces fauteurs de troubles ?</span></strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Si bien sûr. J&#8217;ai également fait des propositions dans ce sens. Je n&#8217;ai pas envie d&#8217;en dévoiler le contenu ici pour des raisons opérationnelles. <strong>Si Monsieur Sarkozy veut les connaître, ou ses divers conseillers, il sait où demander. Il y a la ressource pour travailler correctement dans la Police Nationale, il faut juste avoir la volonté de s&#8217;y mettre</strong>. <strong>Je trouve aberrant qu&#8217;une cinquantaine de multirécidivistes par cités puissent tenir ces quartiers</strong>. Il faut impérativement activer de manière déterminée le renseignement judiciaire dans ces quartiers, savoir qui fait quoi, et faire des procédures solides. <strong>C&#8217;est une question de volonté qui manque depuis 25 ans&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La première victime de ces voyous est la population, souvent défavorisée, qui vit dans ces zones. On ne peut les laisser sous la coupe de délinquants et encore moins, pour certains, profiter des subsides illégaux. <strong>La sécurité, c&#8217;est la première des libertés. C&#8217;est cela qu&#8217;il faut rétablir dans ces territoires.</strong></p>
<div id="attachment_442" class="wp-caption alignnone" style="width: 558px"><img class="size-full wp-image-442 " title="21559_274545746978_788651978_4306805_4830290_n" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/08/21559_274545746978_788651978_4306805_4830290_n.jpg" alt="Dans les années 90, CSP Chambery. Constatations de l'incendie du château des Ducs de Savoie. " width="548" height="365" /><p class="wp-caption-text">Dans les années 90, CSP Chambery. Constatations de l&#39;incendie du château des Ducs de Savoie (à gauche, Marc Louboutin). </p></div>
<p style="text-align: justify;">Non, je ne crois pas, l’enquête avance. <strong>Et au point ou nous en sommes, il faut des professionnels de l&#8217;intervention à court terme pour la neutralisation des auteurs des menaces de mort et les détenteurs d&#8217;armes à feu</strong>. On parle de manière insistante de la présence d’un lance-roquette. <strong>Le ministère de l&#8217;Intérieur possède apparemment des documents sur ces tireurs</strong>. Pour aller les chercher autant utiliser des professionnels de ce genre d&#8217;opération ponctuelles. <strong>Le tout est que le travail des policiers de terrain, concernant la délinquance dite « ordinaire », puisse reprendre au plus vite</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333399;"><strong><em>Comment expliquer que des policiers dont le métier passe par les armes, ne puissent pas riposter face à des hommes utilisant des armes de guerre ?</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est une volonté politique. <strong>Monsieur Pandraud, en son temps, avait déclaré à une assemblée de CRS qu&#8217;en cas de confrontations armées, les policiers devaient sortir vainqueurs quel qu&#8217;en soit le prix.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&#8217;hui, les discours sont durs, mais <strong>les conditions d&#8217;ouverture du feu quasi toujours sous l&#8217;unique responsabilité du policier qui utilise son arme</strong>. <strong>La légitime défense est ensuite discutée des heures dans le calme d&#8217;un salon ou d&#8217;un bureau alors que sur le terrain, cela dure quelques secondes</strong>. Le principe sur le Blog de Police est, contrairement à la légende urbaine : « Soyez prudent, personne ne vous couvre. » La plupart du temps, l&#8217;ouverture du feu par un policier est suivie d&#8217;une garde à vue à l&#8217;IGS. Ce n&#8217;est pas systématique, mais&#8230;disons souvent…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333399;"><em><strong>La France va-t-elle sombrer dans les violences urbaines et des émeutes comme celles que nous avons connu en 2005 ?</strong></em></span></p>
<p style="text-align: justify;">Si cela continue <strong>il me semble évident qu&#8217;il y aura de nouveaux troubles avant l&#8217;échéance présidentielle</strong>. Leur généralisation est un risque possible. D&#8217;ailleurs la situation actuelle à Grenoble est une illustration de ce risque. <strong>Le gouvernement a peur d&#8217;un nouveau mort côté délinquants, même si l&#8217;ouverture du feu est justifiée</strong>. Nous sommes en été, période propice à l&#8217;embrasement généralisé de banlieues en « réaction ». <strong>Si c&#8217;est un policier qui est blessé par balle sérieusement ou pire tué, c&#8217;est la colère des forces de l&#8217;ordre qui est à craindre&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong><span style="color: #333399;">Quelle solution, selon vous, pour endiguer ces bandes, sachant aujourd’hui que des experts confirment que le contexte social et l’urbanisme n’y sont pour rien ?</span></strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Donner les moyens de travailler et les consignes aux effectifs sur place. <strong>Arrêter l&#8217;angélisme en matière de peines en comprenant que la dangerosité de ces délinquants dépasse la simple analyse d&#8217;un article du code pénal mais s&#8217;inscrit dans une délinquance organisée</strong>. Travailler sur le renseignement judiciaire opérationnel et doubler tout cela d&#8217;un travail social et de prévention notamment pour les plus jeunes sur le terrain. <strong>Sans sécurité, les travailleurs sociaux travaillent à fonds presque perdus dans la majorité des cas.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il faut briser le cercle de renouvellement de ces générations de délinquants qui existe depuis un quart de siècle, voire plus. <strong>Pour le dire clairement, les discours se suivent du PS à l&#8217;UMP, ne se ressemblent pas, mais l&#8217;échec est clairement le même.</strong><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">J’ai quelques solutions : Neutralisation de la délinquance d&#8217;habitude, création d&#8217;un délit d&#8217;entraînement de mineur dans la délinquance (demandé justement par l’association « AC le feu » après les émeutes de 2005), accompagnement et encadrement de ceux qui l&#8217;acceptent et travail de prévention doivent être des volets non antagonistes mais complémentaires mais surtout pas substitutifs. Il faut le faire sans angélisme, que le gouvernement soit de droite ou de gauche, c’est une question républicaine avant d’être une carotte politique !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>En effet, la « culture de l&#8217;excuse » chère à la gauche est totalement étrangère aux motivations des délinquants qui sont de vrais capitalistes que seuls l&#8217;argent et le profit intéressent</strong>. La surenchère par la Loi, prônée par la droite, les fait marrer doucement. Ils savent qu&#8217;ils ne risquent actuellement finalement pas grand chose&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut également clarifier la réalité et les instructions. Monsieur Sarkozy dit blanc. L&#8217;opposition dit évidemment noir. Alors pour essayer de ratisser large, sur le terrain on donne des consignes grises. <strong>Le gris, en matière de police, c&#8217;est la couleur du « démerdez-vous », celle de l’article 22 en argot policier…</strong><strong> C&#8217;est à dire : « Ayez des résultats pour que ma carrière soit assurée, mais pas de vagues&#8230; »</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Certains patrons sont des exceptions, mais ils sont devenus rares</strong>. Je peux comprendre car ils sont aussi des fusibles. Un peu plus chers sans doute qu&#8217;un simple gardien de la paix, mais interchangeables aussi facilement. <strong>Tout cela manque quand même de prestance, de « gueule » comme on dit chez les militaires. </strong><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><span style="color: #333399;">En 2012, selon la petite blague de certains députés UMP « ce sera Martine (Aubry) ou Marine (Le Pen), ce gouvernement et nos politiques n’ont-ils pas entendu le ras-le-bol des français en 2002 ? Sarkozy a-t-il perdu la mémoire ?</span></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le tout est de savoir, pour reprendre l&#8217;expression d&#8217;un de mes amis, si Monsieur Sarkozy à atteint le « PNR », le point de non retour comme disent les pilotes d&#8217;hélicoptères en mission. C&#8217;est à dire s&#8217;il peut redevenir crédible en matière de sécurité publique. Je vais lui donner un conseil taquin. Si le PNR est atteint, il lui faudra donc faire le chemin du retour à pied ou à la nage…<strong> Plus que jamais donc, ce ne sont pas sur les conseillers des fauteuils de l&#8217;hôtel Bristol qu&#8217;il faut qu&#8217;il compte, ceux-là ne bougeront pas</strong>, surtout s&#8217;ils pensent que la cause est perdue, <strong>mais sur son « infanterie » en matière de sécurité publique : les gardiens de la paix.</strong> Encore faut il qu&#8217;il arrive à leur donner l&#8217;envie de le suivre&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Propos recueillis par Jean-Paul Ney<br />
Photographies : (c)Jean-Fabien (couleur), Archives Marc Louboutin (noir et blanc).<br />
</em></strong></p>
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		<title>Sécurité Publique: Marc Louboutin ne tire plus à blanc</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Jul 2010 18:29:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Marc Louboutin a été, entre 1985 et 2001, inspecteur puis lieutenant de police, successivement en poste à Paris, Chambéry et Quimper. Spécialiste des interventions de flagrant délit, il a encadré diverses unités (brigade des mineurs, poste ZUP &#8211; zones à urbaniser en priorité -, groupe d’intervention et de recherches, unité de traitement judiciaire, groupe de lutte contre les stupéfiants). Titulaire de la médaille de bronze des actes de courage et de dévouement pour l’arrestation en 1986 de Michel Vaujour, Marc Louboutin a rendu cette décoration avec toutes ses lettres de félicitations avant de démissionner en 2001. Journaliste et photographe indépendant depuis cette date, il a lancé en août 2009 un blog sur Facebook, « <a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=254631551572" target="_blank">Le blog de police</a> », qui est une interface de dialogues alimentée par un fil d&#8217;actualités sur le thème de la sécurité publique en général.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-403"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-406" title="marc Louboutin" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/Marc-Louboutin-Arnaud-Fevrier-2.jpg" alt="" width="556" height="361" />Il est l’auteur de « <a href="http://www.amazon.fr/M%C3%A9tier-chien-Lettres-%C3%A0-Nicolas/dp/2350760677" target="_blank">Métier de chien. Lettres à Nicolas</a> » paru en 2007 aux éditions Privé. Ce livre, qui raconte son passé de 16 ans dans la Police nationale, est aujourd’hui indisponible. L&#8217;auteur s&#8217;estime victime d&#8217;une censure liée à son intervention, en 2009, dans l’émission Complément d’enquête (France 2) sur le malaise actuel de la Police. Selon lui, les livres ont disparu du jour au lendemain de toutes les librairies alors qu’il en restait encore environ 2 000 exemplaires à vendre. En conflit avec son ancienne maison d&#8217;édition, Marc Louboutin cherche aujourd&#8217;hui à rééditer son livre chez un nouvel éditeur et a déjà commencé l&#8217;écriture de plusieurs autres ouvrages dont la première investigation au cœur de la police avec plus d&#8217;une centaines de témoignages recueillis à ce jour.</p>
<p style="text-align: justify;">Parce qu&#8217;il le vaut bien, c&#8217;est sans fioritures que nous nous sommes entretenus avec celui qui, depuis plus d&#8217;un an, fait bouger tous les policiers de France et de Navarre au point de secouer les hauts sommets de la pyramide Sarkozy.</p>
<p style="text-align: justify;">Il parle du malaise dans la police, des banlieues, des émeutes, de la délinquance, de l&#8217;incompétence latente des conseillers &laquo;&nbsp;présidentiels&nbsp;&raquo;, il tire sur la sonnette d&#8217;alarme, lui le porte parole officieux des flics de France. Sa passion du service de l&#8217;État est encore ancrée en lui comme marquée au fer rouge. &laquo;&nbsp;Marco&nbsp;&raquo; ne lâchera pas le morceau d&#8217;aussi tôt, on ne fait pas plier si facilement celui qui fut l&#8217;un des meilleurs éléments de sa génération.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em> </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333399;"><strong><em>Pouvez-vous nous présenter le groupe « Le Blog de Police » que vous avez crée sur Facebook ?</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le Blog de Police est un Groupe Facebook d’Informations et de débats sur la sécurité publique et la réalité du travail et des missions des forces de l’ordre. Il regroupe environ 7000 inscrits, en grande majorité des policiers de base, des gardiens de la Paix, mais aussi des citoyens curieux et concernés par la réalité de l’État de la Sécurité Publique, <strong>environ 20 000 policiers le fréquentent régulièrement pour s’informer</strong>. Il faut préciser que l’inscription permet d’intervenir dans les débats.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce groupe fonctionne comme un magazine, avec un fil d’actualités en continu sur le thème assez général de la Sécurité Publique. Nous existons depuis un an, <strong>le Blog de Police est connu dans l’ensemble des services de police, devenu de fait un média </strong>qui permet de véhiculer l’actualité et des débats de manière plus complète et rapide que les supports traditionnels.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em> </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333399;"><strong><em>Comment se présente-t-il ?</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">L’information de base, sous forme de liens vers les sites internet des titres de presse <strong>est complétée par des témoignages de terrain, souvent par les fonctionnaires de police directement concernés comme acteurs</strong>. <strong>C’est une sorte de soupape au devoir de réserve</strong> qui a vu son utilité transformée au fil du temps pour partir d’une préservation évidente des éléments d’enquête et opérationnelle afin d’organiser une sorte de black out sur l’information factuelle et réelle.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333399;"><strong><em>Cette manie de vouloir témoigner vous a valu quelques soucis…</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/marc-louboutin-jean-paul-ney-les-grandes-oreilles.jpg"><img class="size-medium wp-image-409 alignleft" title="marc-louboutin-jean-paul-ney-les-grandes-oreilles" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/marc-louboutin-jean-paul-ney-les-grandes-oreilles-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a>Ces témoignages  de terrain sont <strong>une nécessité républicaine</strong> que je défends depuis longtemps. <strong>Donner la parole aux flics de base pour savoir de quoi l’on parle</strong> est la conclusion de mon précédent livre sur ma carrière, au titre évocateur : « Métier de Chien. Lettres à Nicolas » paru en avril 2007 aux éditions Privé. <strong>C’est apparemment un angle qui dérange</strong>. Les libraires n’ont pas été réapprovisionnées alors que des exemplaires étaient disponibles. Cette affaire fait étonnamment suite à un de mes passages sur France 2 dans « Complément d’Enquête », émission dédiée au malaise dans la Police. Cet éditeur semble-t-il a du mal à apporter une réponse à mon avocate sur ce sujet… Dans le même état d’esprit je me suis fait débarquer de VSD, hebdomadaire auquel je collaborais à plein temps, début 2004, suite à un article intitulé « Paroles de Flics », contesté vivement par M. Gaudin qui était alors DGPN…</p>
<p style="text-align: justify;">Tout cela n’arrive sans doute pas par hasard. Mais je préfère croire que c’est plus le fait de courtisans que d’une réelle volonté politique du gouvernement ou de l’ancien Ministre de l’Intérieur, ce qui revient un peu au même. <strong>Force est de constater qu’aujourd’hui les policiers de base sont toujours pour le moins sceptiques sur la portée des discours officiels</strong>. D’où la nécessité de cet espace de liberté de discussion.</p>
<p style="text-align: justify;">Et je suis toujours là, malgré tout, pour la permettre. Au grand désespoir de certains sans doute… Ils doivent finir par me prendre pour le ‘Bruce Willis’ de la liberté d’expression des flics de base…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333399;"><strong><em>Les informations sur le blog de police remontent de la base voire du commandement de la police, cela veut-il dire que les policiers ne croient plus aux syndicats pour parler des conditions du métier ?</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">C’est un peu plus complexe que cela. Les syndicats négocient tout ce qui est statutaire et évolution de carrières (mutations, avancement), ils sont donc quasiment incontournables pour les policiers. <strong>Néanmoins leur pouvoir de négociation est perçu par les effectifs comme la contrepartie d’une certaine souplesse avec le gouvernement</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Les effectifs de base ont donc légitimement l’impression, notamment en Sécurité Publique, que <strong>leur situation sur le terrain n’est pas suffisamment défendue par ces organisations</strong>, ils veulent maintenant que les bureaux nationaux tapent du poing sur la table. Cela n’arrivera évidemment pas.</p>
<p style="text-align: justify;">De plus, les détachés au niveau national ont pour certains de brillantes carrières linéaires, des postes honorifiques, des décorations, <strong>sinon des promotions purement politiques alors qu’ils ne prennent aucun risque opérationnel</strong> – a quelques exceptions près – et seraient techniquement incapables de les assumer. <strong>Les troupes de base qui elles sont au contact quotidien d’une délinquance se radicalisant, sont souvent écœurées</strong> et vont jusqu’à rejeter ces carrières parallèles administratives.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Certains syndicalistes nationaux ont oublié que la neutralité politique est à la fois un devoir général</strong> pour les fonctionnaires et une obligation encore plus particulière pour les policiers. Ils se laissent aller aux tentations de prendre parti. <strong>C’est aussi à cause de cela que les policiers sont catalogués, à torts, comme des « militants politiques » proche de l’UMP. Dans la réalité, ils sont très loin de tout cela</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour autant, toutes tendances confondues, <strong>ils gardent en général confiance dans leurs délégués de terrain qui sont à leurs côtés dans les missions quotidiennes</strong>. En fait, c’est un peu comme le pouvoir politique. <strong>Deux mondes se superposent et ne se comprennent souvent pas</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Dans les témoignages que vous recevez pour votre nouvel ouvrage, quels sont les plus marquants ?<br />
</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce livre débute de manière ludique des scènes récurrentes que l’on retrouve dans les séries télévisées et les films de cinéma. Son titre « Flic c’est pas du cinoche » résume son objectif : <strong>Mettre en miroir ce que les gens pensent savoir de la police et la réalité du vécu de terrain</strong>. j’ai reçu environ 600 témoignages de policiers sur une quarantaine de thèmes.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne crois pas qu’une telle enquête ait été réalisée. <strong>Ils se livrent sans tabous sur leur gestion de la mort au quotidien</strong>, que cela soit sur les enquêtes décès, les affaires criminelles ou <strong>les accidents de la route, les dépressions, les suicides dans la police nationale, l’alcoolisme supposé ou réel</strong>, la violence, leurs vies de famille et sociales, la gestion des indicateurs, <strong>leurs peurs en interventions, leurs blessures en service, au corps et à l’âme, leurs relations avec la hiérarchie</strong>…</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai moi-même appris beaucoup de choses, en dialoguant avec eux. J’ai ri, j’ai parfois pleuré, j’avoue… et aussi je me suis révolté notamment sur certaines situations concernant les moyens de <strong>la Sécurité Publique, cette « infanterie de base » de la police nationale</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><img class="alignleft size-medium wp-image-410" title="Marc-Louboutin-Jonathan-Abbou" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/Marc-Louboutin-Jonathan-Abbou-300x298.jpg" alt="" width="300" height="298" />Beaucoup m’ont dit que ces témoignages leur servaient de thérapie puisqu’ils ne peuvent parler de leur quotidien à personne</strong>. C’est difficile d’entendre comment une mère de famille de trois enfants en bas âge, gardienne de la paix, s’est décidée à mettre fin à ses jours avec son arme de service. Une autre, « fana » de son travail de police raconter une dépression de plusieurs années, gravement intoxiquée de « médicaments » après s’être fait très violemment passer à tabac par un gang de rue mais encore entendre un policier raconter comment après quelques jours de boutique une jeune fille de son âge est morte victime d’un accident de voiture et s’est vidée de son sang dans ses bras en attendant les secours. <strong>Idem pour ce fonctionnaire pris  un jour sous le feu simultanément d’un lance-roquettes puis d’un Kalachnikov</strong>…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et puis les témoignages sur certaines situations, sur les moyens dérisoires pour travailler</strong>, alors que le discours gouvernemental raconte exactement l’inverse sont également très décourageants…</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai dû éponger avant d’écrire leurs révoltes, leurs détresses, mais aussi leurs réussites et le sens de la dérision qui est depuis toujours le quotidien du flic par rapport aux responsables politiques. Je suis toujours en plein dedans. <strong>Le livre sortira en octobre publié par les éditions du Moment</strong>. J’espère qu’il ne sera pas frappé par l’autocensure médiatique qui enrobe souvent ce genre d’ouvrages parce qu’il ne va pas dans le bon sens politique ou qu’il dérange les opinions auto satisfaites….</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333399;"><strong><em>Avez-vous des témoignages de simples citoyens ? Quel est leur état d’esprit ?</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Les simples citoyens qui viennent sur le Blog de Police sont souvent en phase avec les gardiens de la paix. <strong>Ils ne comprennent plus la politique actuelle du gouvernement en matière de délinquance</strong>, qui pour des raisons sans doute électoralistes, produit des discours qui ne sont pas appliqués sur le terrain.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y en a qui viennent pour faire du mauvais esprit, ou cultiver la culture de l’excuse propre à certains intellectuels de l’opposition. Ils sont vite recadrés.<strong> Leurs opinions ne tiennent pas face aux démonstrations factuelles</strong>. En un an nous avons dû bannir seulement une vingtaine d’intervenants pour des discours racistes ou anti-flics. Chez nous, nous gardons comme principes ceux de la République, nous n’avons pas de temps à perdre avec les nuisibles de la pensée…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333399;"><strong><em>La rupture entre Nicolas Sarkozy et la police est-elle consommée ?</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Je crois qu’il y a une grande incompréhension</strong>. Le discours de Monsieur Sarkozy est martial, de manière récurrente, mais sur le terrain les ordres ne suivent pas. <strong>Les fonctionnaires de police sont coincés entre le marteau et l’enclume</strong>. <strong>Ils rejettent la politique du chiffre car ils en connaissent parfaitement et concrètement les arcanes</strong>, les absurdités et surtout les manipulations.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em> </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si vous me confiez un département durant trois mois, je vous fais varier durant cette période les chiffres de 10 % sans forcer mon talent. <strong>Ils veulent que les missions soient recentrées sur les priorités qualitatives et non plus sur une production chiffrée.</strong> Le fossé s’est creusé de manière importante entre Monsieur Sarkozy et les effectifs de base depuis 2007 de manière très sensible. Si <strong>les policiers de terrain qui gèrent la sécurité publique au quotidien ne croient plus dans la politique menée par Monsieur Sarkozy</strong>, c’est tout de même un vrai constat d’échec pour lui, et ce n’est pas faire de la politique partisane que de l’affirmer. Paradoxalement, d’ailleurs, défendre l’application réelle de la politique de sécurité prônée par Monsieur Sarkozy est considérée dans l’administration comme une preuve de mauvais esprit et pour les « extérieurs » comme moi, comme une opposition politique de fait. C’est totalement schizophrène.</p>
<p style="text-align: justify;">A la place, c’est <strong>une surenchère perpétuelle de lois, alors même que l’arsenal actuel n’est pas appliqué</strong>. Les policiers en ont assez de cette politique des annonces successives. <strong>Ils veulent des actes.</strong><span style="color: #333399;"><strong><em> </em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333399;"><strong><em>Que doit faire aujourd’hui Sarkozy pour redorer son blason auprès des flics de France ?</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">J’ai prévenu le conseiller personnel de sécurité, Monsieur Alain Bauer, du danger de la situation actuelle, il y a plus d’un an et demi, lors d’une enquête de préconisations réalisée à sa demande. <strong>La situation actuelle était assez facilement prévisible</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut impérativement que <strong>Monsieur Sarkozy et son Ministre de l’Intérieur se rapprochent des effectifs de terrain</strong>, fassent des audits de moral dans les services et gardent le contact pour connaître la réalité dans la rue et les difficultés réelles de l’exercice des missions de police.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ce n’est pas le cas actuellement malgré sans doute ce que peuvent raconter à Monsieur le Président ses conseillers, dont les diplômes à rallonge n’ont jamais arrêté le moindre délinquant</strong>. Il faut impérativement que le Président <strong>Sarkozy sorte de la communication de surface, qui commence à lasser tout le monde</strong>, même ses partisans, pour rentrer avec détermination dans le factuel et la réalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Je vais vous donner un exemple parlant d’absurdité politique qui révolte les policiers : <strong>Lorsque Monsieur Sarkozy était Ministre de l’Intérieur, le nombre de gardes à vue est devenu un outil de performance statistique</strong>. En fonction, des consignes ont été données pour les systématiser. Que peuvent faire les policiers d’autre que de les appliquer ? Le trois février de cette année, devant la polémique sur l’augmentation et le nombre de ces mesures dans le bilan de l’année 2009, Monsieur Fillon, Premier ministre – donc responsable de son gouvernement et des consignes données par les différents ministres de l’Intérieur depuis 2007 – déclare : « Je suis choqué du nombre de gardes à vue dans notre pays ». « (Les enquêteurs) utilisent les gardes à vue comme des moyens de pression pour obtenir des aveux »..</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Autant dire que Monsieur Fillon nie les instructions données sous sa responsabilité pour jeter les policiers en pâture à la presse</strong>…qui évidemment s’en régale et lapide les pratiques policières sans se poser de questions…<strong> Il ne faut pas s’étonner ensuite du désamour entre les policiers et le gouvernement. Quand on commande on assume</strong>. C’est une règle. Intransigeante, difficile et ingrate, surtout lorsque l’on se trompe. Mais on ne se tourne pas vers les simples exécutants pour les dénoncer injustement…</p>
<p style="text-align: justify;">Les policiers, comme le disait un de mes amis chroniqueur de radio, sont « dopés à la République citoyenne ». <strong>Monsieur Sarkozy doit sortir de son rôle de patron de l’UMP pour devenir radicalement le représentant de la République</strong>, de tous les français, pour lequel il a été élu, n’en déplaise à l’opposition politique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu’il oublie les prochaines élections. Tout cela brouille le discours et en matière de sécurité publique</strong> il est facile de constater qu’il est entre deux chaises. <strong>Policier, c’est un métier. Qui s’apprend et s’exerce dans la rue</strong>. Tant qu’il sera coupé de cela, Nicolas Sarkozy sera à côté de la plaque.<strong> Aujourd’hui la priorité c’est de rétablir l’ordre républicain partout en France</strong>. Ce n’est à l’évidence plus le cas. Lorsque l’on pense qu’à Grenoble on doit mettre les policiers sous protection pour les protéger de « contrats » lancés contre eux par des simples délinquants de banlieue, <strong>on se rend bien compte de la situation exacte dans laquelle nous sommes</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le gouvernement joue en défense face à une petite équipe de voyous. C’est tout de même inconcevable</strong>. Je ne doute pas qu’actuellement il y ait <strong>des policiers compétents et leurs cadres, qui travaillent efficacement sur ce dossier</strong>. Mais c’est justement que cette situation ait pu arriver qui est incroyable dans un État de droit. <strong>je crois qu’on a oublié qu’il n’y a pas de « zones de non-droit » comme le titrent les journaux</strong>. Soit c’est <strong>la loi de la République qui s’applique, soit celle des voyous</strong>. Dans la rue, n’en déplaise aux idéalistes pleins de bons sentiments, c’est la loi du plus fort.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333399;"><strong><em>Selon vous Nicolas Sarkozy es-t-il mal conseillé ?</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">En ce qui concerne la réalité du terrain, <strong>je ne suis pas certain que les informations remontent</strong>. Je suis loin de penser que Monsieur Sarkozy est un imbécile. Alors quand je vois les constats factuels des policiers de base et <strong>les discours récurrents qui, sous des airs guerriers, ne reflètent qu’une forme d’impuissance</strong>, je ne peux que me poser légitimement la question de savoir où passent les informations…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il faut de toute urgence que Monsieur Sarkozy reprenne – sous une forme qui lui appartient évidemment – le contact avec la réalité </strong>et s’éloigne résolument des discours théoriques qui sous forme de slogans répétitifs ne fonctionnent plus, même à droite.</p>
<p style="text-align: justify;">Si ce sont ses conseillers qui persistent à le diriger vers cette politique, il me semble évident qu’il faut qu’il prenne de la distance et revienne dans la réalité.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Aujourd’hui, pour être conseiller, il faut apparemment avoir un cursus universitaire long comme un jour sans pain, faire partie de cercles d’influence ou être un militant politique</strong>. Où se trouvent l’esprit Républicain désintéressé et la compétence technique dans son premier cercle ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Je suis certain que pas un conseiller en sécurité de Monsieur Sarkozy n’a croisé un délinquant dans la vraie vie et encore moins discuté sans réserve avec un simple gardien de la paix</strong>. Difficile dès lors de se trouver au cœur du sujet.</p>
<p style="text-align: justify;">Je le répète : « flic c’est un vrai métier. »</p>
<p style="text-align: justify;">Pour vous donner un exemple, j’ai proposé à plusieurs reprises, par différents canaux, d’organiser la remontée des informations de terrain concernant le sentiment des gardiens de la paix, leur moral et leurs constats dans l’exercice de leurs missions. Un proche de Monsieur Sarkozy m’a répondu ‘Si vous voulez faire de la politique, faites en’. … ‘Le Président de la République a décidé de ce qu’il voulait faire, et après tout, c’est lui qui se présente aux élections. Ni vous, ni moi.’</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai bien entendu le message. Et c’est bien pour cela que je vous accorde cette interview… La politique cela commence avec la prise de parole publique<strong>. Reste à savoir si Monsieur Sarkozy est à l’écoute</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le reste, ma démarche s’inscrit dans une logique purement républicaine. Pas partisane. j’ai d’ailleurs conseillé également, techniquement en matière de police, des élus écologistes ou socialistes.<strong>Concernant la Sécurité Publique, pour être pertinent, il faut être au dessus des querelles de partis, des œillères militantes et des opportunismes de Cour. C’est une grande question républicaine qui concerne *tous*  les français sans exception.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au final, c’était donc un avis de non recevoir. <strong>Peut-être que les constats des policiers ne sont pas les bienvenus dans la partie à fleurets mouchetés qui se joue à la proximité du pouvoir</strong>. Loin de ces duels courtois pour une place au soleil, sur le bitume et dans l’ombre, <strong>les fonctionnaires de police sont pris pour cible par des vrais pavés et des balles réelles</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="../2010/08/05/parole-de-flic-suite-de-linterview-de-marc-louboutin/" target="_self"><em><strong>Lire la suite de l&#8217;interview sur ce lien<br />
</strong></em></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Propos recueillis par Jean-Paul Ney<br />
Photographies : (c)Jonathan Abbou (sépia) &amp; (c)Arnaud Février (couleur)</em></strong></p>
<p><span style="color: #339966;"><strong><em>MISE A JOUR: 28 juillet 2008 à 12:00 : Correction orthographique et mise en forme des paragraphes </em></strong></span><strong><em> </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/2010/08/05/parole-de-flic-suite-de-linterview-de-marc-louboutin/" target="_self"><span style="color: #ff0000;"> </span></a></p>
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		<title>La vie dans la plus dangereuse prison d&#8217;Afrique</title>
		<link>http://www.lesgrandesoreilles.com/2010/07/27/exclusif-la-vie-dans-la-plus-dangereuse-prison-dafrique/</link>
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		<pubDate>Tue, 27 Jul 2010 02:48:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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		<description><![CDATA[De décembre 2007 à mai 2009, soit pendant 497 jours, le reporter Jean-Paul Ney  a été retenu en otage par le président ivoirien Laurent Gbagbo. Le reporter était parti sur place pour couvrir un probable coup d&#8217;état qui pesait sur le régime ivoirien. Pour les besoins de son investigation, il avait suivi une équipe de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>De décembre 2007 à mai 2009, soit pendant 497 jours, le reporter Jean-Paul Ney  a été retenu en otage par le président ivoirien Laurent Gbagbo.</strong><strong> Le reporter était parti sur place pour couvrir un probable coup  d&#8217;état qui pesait sur le régime ivoirien. Pour les besoins de son  investigation, il avait suivi une équipe de mercenaires français chargés  de liquider Laurent Gbagbo et de placer au pouvoir l&#8217;opposant politique  Ibrahim Coulibaly. Alors qu&#8217;il devait rejoindre les unités de la  rébellion dans le nord du pays, Jean-Paul Ney et son guide ont été  enlevés par les escadrons de la mort de Laurent Gbagbo. Ces derniers ont  été portés disparus pendant plusieurs heures. Après avoir été torturés  et menacés d&#8217;exécution, ils ont été envoyés dans les géoles de la DST  ivoirienne puis, un mois après, à la MACA, la maison d&#8217;arrêt et de  correction d&#8217;Abidjan, l&#8217;une des pires prisons d&#8217;Afrique, ils y  connaitront la faim, la peur, les exécutions sommaires mais aussi une  très grande solidarité. Jean-Paul Ney </strong><strong>(grand reporter et fondateur du site lesgrandesoreilles.com) </strong><strong>a décidé de publier son enquête extraite de l&#8217;ouvrage qu&#8217;il est en train d&#8217;écrire. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><img class="alignnone size-full wp-image-393" title="jean-paul-ney-MACA-Adidjan-droits-de-l-homme" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/jean-paul-ney-MACA-Adidjan-droits-de-l-homme.jpg" alt="Violations des droits de l'Homme dans les prisons de Laurent Gbagbo" width="558" height="418" /></strong><strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Témoignage et photos exclusives: Il a pu se procurer un carnet et un appareil photographique, exerçant alors son métier au cœur même de l&#8217;enfer et au péril de sa vie à chaque photo, à chaque mot noté sur le carnet&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/jean-paul-ney-MACA-Adidjan-2.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-391" title="jean-paul-ney-MACA-Adidjan-2" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/jean-paul-ney-MACA-Adidjan-2-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>J’ai mal, j’ai très mal. Je ne sais pas par quel miracle je tiens debout, mon nez me fait encore souffrir et je pense avoir une côte cassée. Je fixe fortement mes mains sur une barre en métal, des grands yeux par dizaine me fixent comme on scruterait un gros poisson rapporté à terre. Je suis le seul blanc à bord de la « bétaillère », un gros camion jaunâtre dans lequel nous sommes entassés, compressés comme des animaux, il y a des gars partout, même au plafond, allongés entre les barres de fer. La majorité tient debout, ceux qui ont été passés à tabac sont allongés à même le sol. La chaleur, l’odeur nauséabonde et le manque d’air frais me portent à la limite du malaise, envie de vomir en prime. Nous devons être une bonne soixantaine dans ce « camion-poubelle » de l’administration pénitentiaire ivoirienne, qui devrait logiquement n’en contenir qu’une dizaine tout au plus.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette nuit sent mauvais, j’ai le sentiment d’aller tout droit en enfer, des gémissements se font entendre dans la bétaillère, ils souffrent au sol, sans un frère pour les secourir : chacun a déjà ses propres problèmes…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/jean-paul-ney-MACA-Adidjan-1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-390" title="jean-paul-ney-MACA-Adidjan-1" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/jean-paul-ney-MACA-Adidjan-1-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>Ca fume, si on rajoute à ça l’odeur du gazole et de la circulation &#8211; qu’on devine grâce aux sons et aux à-coups du chauffeur – la nausée est vite arrivée. Je suis trempé de sueur, je sens très mauvais, je le sais, c’est insupportable. Un type à ma droite me regarde fixement depuis quelques minutes, il s’approche de moi et me dit « on va te bouffer là-bas, puis on va te faire le cul, prépares toi petit blanc »&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">La MACA, maison d’arrêt et de correction d’Abidjan, l’une des plus dangereuses et l’une des pires d’Afrique est un véritable mouroir où la justice ivoirienne entasse les combattants rebelles – à majorité musulmans – ainsi que les bandits de grands chemins et autres assassins. Pourtant dans ce grand village, où tout s’achète, se retrouvent aussi des homosexuels, pédophiles, drogués, petits voyous à l’arrache et surtout, une grande majorité de pauvres, dont le seul recours pour survivre a été de voler un fruit ou un morceau de pain.</p>
<p style="text-align: justify;">La première chose qui marque c’est l’odeur, une odeur qui imprègne les murs, les vêtements et s’incruste dans la peau, une odeur d’humidité, de pisse et d’excréments, se mélange aussi chaque jour à cette odeur l’effluve du riz pénal et de sa sauce, un mélange immonde cuisiné dans des conditions d’hygiène déplorables, que mangent pourtant quelques 1500 personnes pour vivre, mais ce riz tue à petit feu…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/jean-paul-ney-MACA-Adidjan.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-392" title="jean-paul-ney-MACA-Adidjan" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/jean-paul-ney-MACA-Adidjan-300x225.jpg" alt="Le reporter Jean-Paul Ney dans sa cellule à la prison d'Abidjan" width="300" height="225" /></a>Nous sommes « officiellement » 5800 prisonniers – sans compter les oubliés – pour 1500 places, la surpopulation est la première cause de maladies, de violences et d’agressions sexuelles. Dès les premiers jours j’ai décidé de faire ce reportage à mes risques et périls. Bien qu’interdit de quitter le bâtiment des « assimilés », sorte de carré VIP qui n’a de VIP que son nom, j’ai pu très vite disposer d’une relative liberté pour aller visiter les malades et surtout enquêter dans la plus grande discrétion au cœur de la prison. Face à moi, le bâtiment B, celui des prévenus, c&#8217;est-à-dire des personnes dont la détention provisoire s’avère nécessaire à la manifestation de la vérité pendant la durée de l’investigation, hors, j’ai croisé des détenus dont la détention, dite provisoire, dépasse les 5 ans et peut aller jusqu’à 10 ans, comme le dit Armand « nous sommes les oubliés, moi-même la justice ne sait plus que je suis ici, mon dossier a disparu et je n’ai pas d’argent pour prendre un avocat, je suis ici pour une affaire de vol, tous les jours pour survivre je vends des légumes et des condiments, sinon je serais obligé de manger le riz pénal qui rend malade ».</p>
<p style="text-align: justify;">Armand n’est pas seul, Moussa est un chauffeur malheureux qui a embouti une voiture a un carrefour, cela fait cinq ans qu’il attend un jugement… Les exemples sont nombreux, les injustices se comptent par milliers, tout comme l’affaire de Bamba, un jeune « majeur-mineur » c&#8217;est-à-dire plus assez mineur pour être logé dans le bâtiment des mineurs, mais assez grand pour affronter le monde sans pitié de la vraie prison. Bamba se prostitue depuis quelques mois, il est logé au 4e étage, là où sont parqués tous les jeunes de son âge. « moi et mes amis avons été raflés par les gendarmes, on nous a dit que nous étions des rebelles et que nous préparions un coup d’Etat, depuis, je suis là, et le greffier demande 300.000 Francs CFA (458€) à ma famille pour que je sorte… ». Bamba est rentré dans le système du pire pédophile de la Maca : Django. Ce « chef-pédophile » comme le nomment les pasteurs évangéliques est chez lui ici depuis plus de dix ans. Multi condamné, Django accueille les jeunes majeurs dès leur arrivée : « il m’a proposé sa protection, un matelas, de l’eau pour me laver, de la véritable nourriture et non pas le riz pénal. En échange, je devais coucher avec lui et être ‘sa femme’. Lors de la mutinerie de décembre 2008, Django sera battu à mort par cinq gendarmes devant une centaine de témoins, dont « ses femmes ».</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Jean-Paul Ney</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Fin de la première partie.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #ff0000;">Les photographies publiées dans cet article sont la propriété exclusive de Jean-Paul Ney et ne peuvent être reproduites sous peine de poursuites. </span><br />
</em></p>
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		<title>Police : le SMS de la peur</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Jul 2010 23:45:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
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		<category><![CDATA[INVESTIGATION]]></category>
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		<description><![CDATA[Depuis l&#8217;embrasement la semaine dernière de la cité de La Villeneuve à Grenoble et après la mort d&#8217;un braqueur tué dans une course-poursuite avec la BAC, les esprits s&#8217;échauffent dans la police. &#171;&#160;Comme l’état n’est pas capable d’assurer la protection de ses fonctionnaires, il organise leur fuite. Ne prenez plus de risque pour  un état [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="size-full wp-image-362 alignleft" title="emeutes-jean-paul-ney" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/emeutes-jean-paul-ney.jpg" alt="" width="365" height="242" />Depuis l&#8217;embrasement la semaine dernière de la cité de La Villeneuve à Grenoble et après la mort d&#8217;un braqueur tué dans une course-poursuite avec la BAC, les esprits s&#8217;échauffent dans la police.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-360"></span></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;<strong><em>Comme l’état n’est pas capable d’assurer la protection de ses  fonctionnaires, il organise leur fuite. Ne prenez plus de risque pour  un état qui ne peut garantir la  sécurité des premiers de ses défenseurs</em></strong>.&nbsp;&raquo;</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">En effet, un SMS bien particulier est tombé ce week-end sur les portables de presque tous les policiers de France et de Navarre, sans compter leurs amis reporters, photographes ou simples connaissances journalistiques de passage.</p>
<p style="text-align: justify;">Le contenu est explicite, nous le reproduisons ici tel quel :</p>
<p style="text-align: justify;">« TR : Une info qui ne passera surement pas dans les médias. Suite aux évènements de Grenoble, les effectifs BAC-Grenoble ont été mis en repos de force par le préfet et obligés de quitter la région avec femmes et enfants. La BAC étant impliquée dans la mort du braqueur, les bruits courent que ses amis ne vengeront sa mort que par la mort d&#8217;un BACman au lance-roquettes si nécessaire (info véridique). Comme l’état n’est pas capable d’assurer la protection de ses fonctionnaires, il organise leur fuite (voir leur conseille de poser des mut). Ne prenez plus de risque pour état qui ne peut garantir la sécurité des premiers de ses défenseurs. Faites passer.»</p>
<p style="text-align: justify;">Une première vague de messages pouvait faire croire à un canular, mais rapidement, l’information a été vérifiée et soutenue par des centaines de policiers <a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=254631551572" target="_blank">sur le groupe Facebook &#8216;Le Blog de Police&#8217;</a>, dirigé par <a href="http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Que-fait-la-police-/3234950,CmC=3235110.html" target="_blank">Marc Louboutin, un ex-flic devenu journaliste et photographe indépendant depuis 2001</a>. Il a été, entre 1985 et 2001, inspecteur puis lieutenant de police et a été révélé au public suite à l’ouvrage qu’il a écrit en 2007 « Métier de chien. Lettres à Nicolas » (éditions Privé). La source est sérieuse, Louboutin est connu pour avoir fédéré à lui tout seul un réseau de plus de cinq mille policiers tous grades et opinions confondus. Selon une source au ministère de l’Intérieur, Le Blog de Police est très suivi, très écouté et très surveillé…</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le terrain, des écoutes téléphoniques et des renseignements bien précis ont fait état de ces menaces sur les policiers de la BAC de Grenoble. Selon nos confrères du magazine Le Point, <a href="http://www.lepoint.fr/societe/grenoble-un-contrat-sur-les-policiers-de-la-bac-26-07-2010-1218906_23.php" target="_blank">des informateurs auraient confirmé que plusieurs policiers de la BAC locale feraient l&#8217;objet d&#8217;un contrat</a>. Une menace suffisamment sérieuse pour que le ministère de l&#8217;Intérieur place sous protection ces policiers et leurs familles.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-372" title="SMS-police" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/SMS-police1.jpg" alt="" width="205" height="307" />« C&#8217;est le monde à l&#8217;envers, on plie face à la voyoucratie ! » s&#8217;insurge un policier, un autre sourit et lance avec humour « à l&#8217;époque, y&#8217;a bien une ministre qui voulait faire raccompagner les femmes policiers par des agents de sécurité&#8230; et qui raccompagnerait alors les agents à leur tour ? » Un troisième laisse exploser sa colère « on atteint le sommet de la connerie ! qu’on nous envoie des moyens pour nous protéger et pour tous les attraper, qu’ils foutent le paquet ! ça servira d’exemple ! Même si ça doit passer par plusieurs voyous au tapis. On n’attaque pas la police impunément. Le braqueur qui braque il sait qu’il court de risque de s’en prendre une, c’est arrivé, tout métier a un risque ! »</p>
<p style="text-align: justify;">Sur les 45 hommes de la BAC de Grenoble, la plupart ont obtenu d&#8217;être mis &laquo;&nbsp;au repos&nbsp;&raquo; et certains d&#8217;être mutés. Pour les remplacer, on a fait appel à d&#8217;autres BAC, notamment celles de Lyon et de Marseille. Ont été également déployés sur place, le RAID (Recherche Assistance Intervention Dissuasion), le GIPN (Groupe d&#8217;intervention de la police nationale) et la BRI (Brigade de recherche et d&#8217;intervention) sous l’égide de la FIPN, la Force d’intervention de la police nationale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Moral au plus bas</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, la pire crainte serait la mort d’un policier, tué par vengeance. « C’est le scénario cata, toutes les troupes sont à cran et le moral au plus bas, un policier à la morgue et c’est une grève générale, un débrayage jamais vu. De là le pire est à craindre » confirme une source de la place Beauvau.</p>
<p style="text-align: justify;">Toujours selon Le Point et des sources communes, un lance-roquettes circulerait actuellement dans la cité de La Villeneuve. Craignant qu&#8217;il ne soit utilisé contre l&#8217;hôtel de police, la sécurité a été renforcée autour cet immeuble.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors qu’ils se sentent de plus en plus délaissés et peu soutenus par les politiques et le gouvernement, les policiers brisent de plus en plus leur DDR, le droit de réserve: « Que peut-on faire dans ces conditions ? la population nous crache à la figure et nos patrons nous demandent de ne pas faire de vagues, depuis les évènements de la cité (NDA : cité de La Villeneuve à Grenoble) j’ai l’impression d’être un marin ! avant chaque mission, le commissaire rajoute à la fin « et pas de vagues ! » c’est hallucinant… je crois que je vais me mettre en dispo ou au pire démissionner. Mais c’est dur car j’aime ce métier… »</p>
<p style="text-align: justify;">D’autres sont plus radicaux : « Sommes-nous en guerre civile ? Les voyous se donnent le droit de posséder des armes de guerre ! on fait quoi nous avec nos neuf millimètres (NDA : calibre de l’arme de service, le Sig Sauer SP 2022, un pistolet automatique) ? Ils ont des Taser et des Flashball, alors que nous il nous faut passer des habilitations spéciales chaque année… Je ne sais pas comment font tous mes collègues pour tenir, mais là-haut le ras-le-bol général va leur péter à la figure très bientôt. »</p>
<p style="text-align: justify;">A Grenoble, les prémices d’une guerre civile ont-ils été jetés comme le disent à demi-mots les plus grands experts et criminologues ? « Il faut raison garder, seuls quelques éléments isolés sont susceptibles d’être armés, ce n’est dans l’intérêt de personne de déclencher des hostilités à grande échelle. La police doit traiter fermement ces éléments, les identifier &#8211; si ce n’est déjà fait &#8211; et les neutraliser avec l’aide de la justice : une condamnation exemplaire pour les membres d’une même bande. Répéter ainsi ces opérations coups de poing et non pas opérations de communication serait beaucoup plus efficace ! » explique un expert des questions de sécurité.</p>
<p style="text-align: justify;">Reste qu’ici, à Grenoble, les policiers ont définitivement perdu confiance.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;"><strong>&gt;&gt;&gt;</strong></span> <a href="http://www.lesgrandesoreilles.com/2010/07/24/police-le-grand-malaise/" target="_self"><strong>Le débat continue sur VOTRE OPINION : POLICE, LE GRAND MALAISE</strong></a></p>
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		<title>Hortefeux porte plainte contre deux blogs anti-police</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Jul 2010 10:29:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le ministre de l&#8217;Intérieur, Brice Hortefeux, a annoncé lundi avoir déposé plainte contre deux blogs internet hostiles à la police. Le ministre n&#8217;a pas voulu citer ces blogs &#171;&#160;pour ne pas leur faire de publicité&#160;&#187; mais, selon une source proche du ministère de l&#8217;Intérieur, il s&#8217;agit de juralibertaire.over-blog.com et grenoble.indymedia.org ou les policiers sont traités [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le ministre de l&#8217;Intérieur, Brice Hortefeux, a annoncé lundi avoir déposé plainte contre deux blogs internet hostiles à la police. Le ministre n&#8217;a pas voulu citer ces blogs &laquo;&nbsp;pour ne pas leur faire de publicité&nbsp;&raquo; mais, selon une source proche du ministère de l&#8217;Intérieur, il s&#8217;agit de juralibertaire.over-blog.com et grenoble.indymedia.org ou les policiers sont traités de &laquo;&nbsp;troupes d&#8217;assassins&nbsp;&raquo; et la BAC est traitée de &laquo;&nbsp;bande armée de criminels&nbsp;&raquo;. Le ministre a dit avoir déposé plainte pour &laquo;&nbsp;injure et diffamation publiques contre la police&nbsp;&raquo; et de rajouter &laquo;&nbsp;il y a des campagnes qui me choquent et que je ne laisserai pas passer&nbsp;&raquo;. Selon lui, le contenu de ces sites &laquo;&nbsp;porte atteinte à l&#8217;honneur de la police&nbsp;&raquo;.</p>
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		<title>Votre opinion: Police, le grand malaise</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Jul 2010 21:42:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Débats en ligne]]></category>
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		<description><![CDATA[Policiers à Villiers le Bel en 2007 (c) Jean-Paul Ney / Gamma / SICoP C&#8217;est une triste réalité que nous, journalistes et reporters, constatons chaque jour sur le terrain: Nos policiers sont pris en étau entre une population hostile et des politiques frileux, mais pourquoi ce malaise aussi palpable ? Suite au documentaire de notre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone size-full wp-image-307" title="police-jean-paul-ney-SICOP" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/police-jean-paul-ney-SICOP.jpg" alt="" width="544" height="361" /><br />
<em>Policiers à Villiers le Bel en 2007 (c) Jean-Paul Ney / Gamma / SICoP</em></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est une triste réalité que nous, journalistes et reporters, constatons chaque jour sur le terrain: Nos policiers sont pris en étau entre une population hostile et des politiques frileux, mais pourquoi ce malaise aussi palpable ?</p>
<p style="text-align: justify;">Suite au documentaire de notre confrère Jean-Michel Décugis (journaliste au magazine Le Point), nous lançons le premier grand débat sur la question.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-288"></span></p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="392" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xdcnx3?additionalInfos=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="392" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xdcnx3?additionalInfos=0" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object><br />
<strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/xdcnx3_sarko-et-les-flics-jean-michel-decu_news">Sarko et les flics / Jean-Michel Décugis</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em></em>Nous attendons vos contributions, vos témoignages et expériences.</p>
<p style="text-align: justify;">Merci de débattre dans le calme et la bonne humeur.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Alerte on vous espionne !</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Jul 2010 18:35:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Surveillance & vie privée]]></category>
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		<description><![CDATA[L’espionnage au quotidien gagne du terrain. De la microcaméra aux gran des oreilles planétaires, les outils ne manquent pas. On surveille dans la rue, au bureau ou sur internet, on suit à la trace via téléphone por table, cartes à puce ou système de vidéosurveillance. Quand M. Dupond devient James Bond&#8230; Suivez le guide. Vous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">L’espionnage  au quotidien gagne du terrain. De la microcaméra aux gran des oreilles  planétaires, les outils ne manquent pas. On surveille dans la rue, au  bureau ou sur internet, on suit à la trace via téléphone por table,  cartes à puce ou système de vidéosurveillance. Quand M. Dupond devient  James Bond&#8230; Suivez le guide.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-244"></span><img class="alignleft size-medium wp-image-246" title="espionnage" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/espionnage-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" />Vous ne pourrez pas y échapper : l’espionnite est à la mode.  Psychose, parano ou réalité ? En tout cas, sur le lieu de travail, chez  soi, à l’occasion d’un achat, lors d’un voyage, dans les supermarchés,  chaque moment de la vie donne lieu, à notre insu, à écoute et  surveillance ! On estime qu’en moyenne un Français est fiché vingt fois  dans une journée à travers ses actes de la vie courante. Neuf  ordinateurs sur dix connectés à la toile portent, sans le savoir, des  logiciels espions, les fameux spywares. Mais ce n’est pas tout : il y a  le petit patron soucieux de protéger sa caisse, la grande entreprise  suivant attentivement les faits et gestes de ses salariés ou l’homme de  marketing nourrissant d’immenses bases de données. Sans oublier  l’espionnage entre voisins, conjoints ou employés qui donne lieu à des  procès en cascade. Depuis le 11 Septembre, les grandes oreilles de  l’Etat mais aussi celles des entreprises ne se sont jamais autant  déployées. Les yeux aussi : on estime à un million le nombre de caméras  de vidéosurveillance en France.</p>
<p style="text-align: justify;"><img title="Lire la suite…" src="http://www.jeanpaulney.com/wp-includes/js/tinymce/plugins/wordpress/img/trans.gif" alt="" />Longtemps  réservés aux services secrets, les caméras miniatures, les micros  cachés et les stéthoscopes capables d’écouter à travers des murs de  béton armé sont aujourd’hui interdits d’utilisation, mais en vente libre  dans le commerce. Sans compter un arsenal de produits grand public, de  l’appareil photo numérique miniaturisé au smartphone dernier cri, tous  faciles à détourner de leur usage premier.</p>
<p style="text-align: justify;">Les affaires médiatisées constituent l’arbre qui cache une jungle :  contrôle excessif dans les bureaux, piratage d’ordinateurs, installation  sauvage de vidéosurveillance, faux entretiens de recrutement, filature  de personnels gênants, bases de données marketing non déclarées,  utilisation de « loggers » décryptant les journées de travail, fouilles  illicites des disques durs, etc. Le danger menaçant nos vies privées est  d’autant plus grand que &#8211; les hackers le disent haut et fort &#8211; aucune  donnée confidentielle informatisée n’est inviolable, cartes de crédit et  cartes Vitale comprises. Bref, le secret n’existe plus. Et c’est bien  le droit à la vie privée qui se trouve menacé par le développement tous  azimuts du Big Brother technologique. Enquête sur le monde flou et fou  de ce nouvel espionnage.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sortez les mouchards</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En les mettant en relation avec le reste du monde, le web rend les  internautes plus que jamais vulnérables aux espions. Attention, le  terrain est miné&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Peer-to-peer : ce procédé d’échange d’informations entre ordinateurs  privés crée une énorme polémique, à la suite de l’essor du partage  illégal de fichiers musicaux ou de vidéos. Le 29 avril 2004, le tribunal  de grande instance de Vannes a condamné six internautes à des peines de  un à trois mois de prison avec sursis ainsi qu’à une somme de 2 000 à 5  800 euros de dommages et intérêts pour avoir téléchargé jusqu’à 814  CD-Rom de films et de logiciels&#8230; Confortablement installés derrière  leurs ordinateurs, les internautes se croyaient peut-être  inatteignables. Or, les fournisseurs d’accès internet ont les moyens de  tracer leurs activités en associant leurs adresses IP, uniques pour  chaque connexion internet, à leurs coordonnées. D’autres procédés  permettent d’épier les internautes, souvent de manière totalement  invisible. Les spywares (logiciels espions) sont de petits programmes  qui se chargent en mémoire discrètement, en téléchargeant un jeu  gratuit, par exemple, ou en cliquant simplement sur une page web. Ils  profitent de failles de sécurité présentes dans les navigateurs ou les  systèmes d’exploitation. Ces mouchards amassent des informations  personnelles sur l’utilisateur (configuration, sites visités, mots de  passe) et les transmettent à des pirates qui oeuvrent parfois pour le  compte d’organisations mafieuses ou de sociétés publicitaires. Ils  alimentent régulièrement des bases de données utilisées pour le spam  (envoi massif de courrier non sollicité). Selon Webroot, éditeur de  logiciels de sécurité, 87% des PC d’entreprise sont infectés de  spywares. Avec parfois une centaine de variantes. Plus dangereux, les  keyloggers enregistrent les frappes au clavier pour découvrir mots de  passe et codes de cartes bancaires. Dans le même esprit, le phishing  détourne les utilisateurs sur une fausse page web aux couleurs d’une  banque afin de les inciter à révéler leurs coordonnées. Les chevaux de  Troie ont pour mission d’ouvrir une porte dérobée dans l’ordinateur afin  de permettre à un pirate de prendre son contrôle à distance. On notera  également le programme Rbot-GR, qui espionne depuis la webcam d’un PC  distant. Enfin, les cookies, petits fichiers enregistrés sur le disque  dur par le serveur web d’un site, permettent de reconnaître l’internaute  à chaque visite et de collecter ses habitudes de surf. Le moteur de  recherche Google, avec ses puissants algorithmes, peut révéler de  nombreuses informations privées présentes sur un site. De même, son  nouveau service de courrier électronique, Gmail, en conservant les  fichiers des utilisateurs sur les serveurs et en proposant des outils de  recherche pointus, inquiète quant à la confidentialité des données.  Enfin, n’omettons pas les pirates en herbe qui disposent sur le web de  tout un arsenal de logiciels prêts à l’emploi leur permettant de scanner  de façon automatique les réseaux, à la recherche d’ordinateurs mal  protégés. Devant ce tableau inquiétant, une seule attitude : la  vigilance. Ne pas cliquer sur des liens douteux et, surtout, mettre à  jour ses antivirus, anti-spywares, firewalls (qui surveillent les  entrées et sorties) et systèmes d’exploitation.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Souriez, vous êtes filmés</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Micros, caméras, puces électroniques&#8230; les techniques de surveillance  profitent d’une véritable explosion technologique pour se multiplier.  Rassurant ou inquiétant ?</p>
<p style="text-align: justify;">Vous avez demandé la gendarmerie, ne quittez pas&#8230; Un appel banal,  un dialogue de routine. Cette fois, un radio-amateur se plaint d’avoir  ses communications perturbées : en bruit de fond, il capte toutes les  conversations d’une entreprise des environs. La nuisance retient  cependant l’attention des gendarmes lorsque, vérification faite, ceux-ci  constatent que la susdite entreprise est un site de développement de  technologies de pointe et est sous contrat avec un groupe international  de défense aéronautique. C’est donc la DST qui prend immédiatement et  tout naturellement la relève et procède au « dépoussiérage » des locaux.  Sans grande surprise, ses agents découvrent dans la salle de conférence  quatre rallonges électriques multiprises, identiques en tous points à  celles que l’on trouve dans les rayons de tout bon supermarché. Sauf que  celles-ci, en l’occurrence, hébergent dans leurs entrailles des  microphones à longue portée. Le tout parfaitement insoupçonnable pour un  profane. « La technique a déjà dix ans, s’amuse Stéphane, patron d’une  entreprise londonienne spécialisée dans la sécurité et le  contre-espionnage. Dans la multiprise, le micro est alimenté par le  courant. »<br />
Autrement dit, on sait déjà faire bien mieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Il existe en fait une multitude de micros très facilement  dissimulables dans les objets les plus inattendus, ou de stéthoscopes  capables d’écouter à travers d’épais murs de béton. Le tout est en vente  libre sur internet, même si, officiellement, ce matériel est réservé à  l’armée, à la police ou encore aux professionnels de la sécurité. « Mais  les clients peuvent aussi être des entreprises privées, des médias (pas  Le Figaro Magazine ! NDLR), et même des particuliers », révèle le  patron d’une entreprise spécialisée du XIe arrondissement.</p>
<p style="text-align: justify;">Une épidémie d’« écouteurisme » qui n’a d’égale que celle du  voyeurisme. Car les caméras espionnes ne sont pas en reste, même si  toutes ne sont pas aussi sophistiquées que la coqueluche du jour, une  minicaméra qui, fichée dans un mur, passe pour une innocente tête de  vis.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des coupables identifiés, mais trop tard</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-248" title="surveillance-cameras-400" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/surveillance-cameras-400-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" />La vidéosurveillance a, elle aussi, explosé ces dernières années en  France. On compte désormais un million de caméras disséminées sur le  territoire. « Un chiffre bien loin de la réalité quand on pense aux  dispositifs non déclarés », confirme un inspecteur de la Cnil.</p>
<p style="text-align: justify;">400 000 en région parisienne, dont 320 000 dans la capitale, selon  les chiffres recoupés des associations, de la Cnil et des fournisseurs.  La RATP possède à elle seule un maillage de quelque 5 000 caméras (et  bien davantage, selon certains experts).</p>
<p style="text-align: justify;">Un million de caméras « officielles », dont 150 000 partagées entre  les 185 villes qui ont adopté la vidéosurveillance en 1997. Plus de 100  caméras à Levallois-Perret, 80 à Puteaux, 22 à Montargis&#8230; Le quartier «  sensible » des Coteaux, à Mulhouse, fourmille de 165 caméras depuis le  11 Septembre. Un nombre qui devrait être porté à 300&#8230; Cannes en  possède 87, sur un parc prévu de 170. Strasbourg en dispose de 80.  Résultat : le marché de la vidéosurveillance, en France, est estimé à  275 millions d’euros par an (chiffres du Milipol). Et sa croissance est  exponentielle.</p>
<p style="text-align: justify;">Londres est un parfait exemple du phénomène de la vidéosurveillance.  Le simple citoyen y est filmé 300 fois par jour. Sur les 2,5 millions de  caméras de surveillance britanniques, partagées entre police,  établissements privés et sociétés, 150 000 sont implantées à Londres.  Moins qu’à Paris, mais bien présentes : « Près de 800 caméras peuvent  contrôler 250 000 voitures chaque jour, en lisant les plaques  minéralogiques et en transmettant le numéro à un ordinateur central »,  commente un expert.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, ces installations n’empêchent pas le pire. A Londres, les  systèmes de vidéosurveillance ont permis d’identifier les auteurs  présumés des attentats du 7 juillet. Mais pas de les empêcher d’agir.  Idem pour le meurtrier d’Amélie Delagrange, étudiante française,  assassinée le 19 août 2004. Il court toujours. La police a pourtant  reconstitué, seconde après seconde, le parcours d’Amélie vers la mort.  Les images ne conduiront les enquêteurs sur aucune piste. Le tueur a  sans doute frappé dans un endroit sans caméras. « Il connaissait  parfaitement les angles de couverture », affirmait, dépité, un enquêteur  de Scotland Yard.</p>
<p style="text-align: justify;">Moins dramatique, mais presque aussi inquiétante, une autre tendance se dessine.</p>
<p style="text-align: justify;">« Vouloir savoir ce que l’autre fait, ce qu’il se passe chez lui, est  une maladie moderne. C’est du voyeurisme associé à un sentiment de  toute-puissance », affirme le sociologue Jordì Seras en nous conduisant  dans une boîte de nuit de Barcelone. Là, le directeur de  l’établissement, Conrad Chase, propose à sa clientèle de se faire  implanter sur-le-champ une puce électronique dans le bras &#8211; un moyen sûr  d’être identifié et de payer ses consommations. Succès incontestable au  moins sur un point : la boîte de nuit est devenue célèbre dans le monde  entier.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand la technologie nous trahit</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-247" title="espionnage-multimédia" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/espionnage-multimédia-300x234.jpg" alt="" width="300" height="234" />A tout instant de la vie quotidienne, des technologies tracent et  analysent insidieusement les activités et les opinions de chaque  Français. Entre exigences de sécurité et battues commerciales, personne  n’est à l’abri !</p>
<p style="text-align: justify;">La journée ordinaire d’un citoyen français recèle de nombreux pièges  insoupçonnés. Dès son premier appel téléphonique avec un téléphone  mobile, le numéro appelé, la durée de la conversation et la position  géographique de l’appelant sont stockés par l’opérateur téléphonique.  Lors d’un transport en métro, le paiement avec la carte Navigo de la  RATP, qui dispose d’une puce RFID (Radio Frequency Identification),  consigne les horaires et lieux de passage. Dans une grande surface, les  caméras de surveillance filment d’abord le client, puis les puces RFID  présentes sur les articles tracent son chemin jusqu’à la caisse, où son  identité sera révélée par sa carte bancaire et croisée avec ses  habitudes de consommation. De retour à la maison, la consultation du  courrier électronique est enregistrée par le FAI (fournisseur d’accès  internet). Lors de la réalisation d’opérations bancaires en ligne, la  banque recueille ces démarches dans un fichier informatisé. Ajoutons à  cela le départ en voiture depuis un parking souterrain avec  vidéosurveillance, le flashage au radar pour excès de vitesse, le  paiement dans une boutique avec la carte Moneo (actuellement en phase de  test) ou la consultation d’un médecin avec sa carte Vitale.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutes ses activités sont consignées dans des fichiers informatisés  dont la destination et les multiples duplications demeurent incertaines.  On estime qu’un citoyen français est fiché jusqu’à vingt fois par jour.  Les données recueillies laisseront des traces vingt-cinq ans après sa  mort.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette pratique n’est pourtant pas nouvelle. Impôts, Sécurité sociale,  abonnements, achats par correspondance, cartes de club, codes-barres&#8230;  De nombreuses techniques de fichage existaient déjà. Mais le nombre et  la taille des bases de données ont explosé avec l’avènement de  l’informatique. Sous couvert de sécurité, d’optimisation des stocks ou  d’études de consommateurs, elles traquent l’individu dans les moindres  recoins. Au niveau sécuritaire, les exigences ont explosé après les  événements du 11 septembre 2001. La loi Perben 2 a légalisé des  pratiques jusqu’alors officieuses comme le piratage d’un ordinateur, la  mise à disposition d’e-mails ou l’installation de systèmes d’écoute (par  les autorités compétentes). Utile pour traquer les criminels, mais  inquiétant lorsqu’il s’agit de pister un passionné d’islam, de la langue  arabe ou un curieux de l’histoire du terrorisme, sur la simple  observation de ses habitudes de consommation. Si demain la carte Moneo  s’avérait le seul moyen de paiement, quelle serait notre liberté lors de  nos achats ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le rasoir qui trace plus près</strong><br />
<img class="alignleft size-medium wp-image-249" title="RFID-jean-paul-ney" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/RFID-jean-paul-ney-300x210.jpg" alt="" width="300" height="210" />La palme de l’élément le plus intrusif dans la vie privée revient sans  conteste au téléphone portable, que certains n’hésitent pas à surnommer  la « laisse électronique ». Pour pouvoir vous joindre à tout moment, les  opérateurs localisent en permanence la position de votre mobile parmi  les antennes-relais de leur réseau. Vous devenez ainsi repérable avec  une précision de 100 mètres, même quand votre appareil est en veille (et  vingt minutes après l’avoir éteint, le temps que les condensateurs se  déchargent). L’exemple le plus spectaculaire est peut-être la mort du  président tchétchène Djokhar Doudaïev en avril 1996, localisé dans son  refuge par son téléphone cellulaire et touché par un missile russe. En  France, le site www.ootay.com propose un service de géolocalisation des  enfants. En répondant à un simple texto, le portable utilisé devient  pistable en temps réel. On imagine les débordements possibles entre un  mari jaloux et une femme trompée. Un individu malintentionné peut  également fixer un appareil sous une voiture pour connaître tous ses  déplacements.</p>
<p style="text-align: justify;">La puce RFID permet également le traçage à distance. Dépassant à  peine 1 millimètre, elle contient une grande capacité de mémoire et  s’avère détectable à 5 mètres. Elle ne nécessite aucune alimentation et  demeure éternelle ! La grande distribution (Wall-Mart aux Etats-Unis ou  Metro en Allemagne) l’a déjà adoptée pour suivre l’acheminement des  marchandises. Gillette l’a incorporé à ses rasoirs pour suivre l’état  des stocks ou, peut-être, espionner les habitudes de ses clients. On la  retrouve actuellement au travers des cartes de transport comme Navigo ou  dans les systèmes de péage automatique sur autoroute. La discothèque  Baja Beach Club à Barcelone propose de greffer une puce dans le bras de  ses clients. Ils sont identifiés dès leur arrivée dans le club, leurs  consommations déduites du crédit dont ils disposent. Un développement  intéressant dont les dérives possibles font frémir. Le cabinet d’études  américain Datamonitor estime ce marché à 6 milliards de dollars en 2010.</p>
<p style="text-align: justify;">Si la vidéosurveillance commence à poser des problèmes de par son  évolution rapide, l’écueil principal pour le respect de la vie privée  réside dans « le développement des technologies d’identification par  biométrie », selon Alex Türk, président de la Cnil (Commission nationale  informatique et libertés). Encore à l’état de projet, la future carte  d’identité biométrique Ines déclenche déjà l’ire des associations de  défense des droits de l’homme et des libertés. Contenant une  photographie et des empreintes digitales numérisées au sein d’une puce,  ce document sera payant et obligatoire. Inquiétant lorsque l’on sait que  Ines sera reliée à un fichier central répertoriant 60 millions de  Français. Du jamais vu ! « L’usage de la biométrie doit rester  extrêmement prudent et encadré, précise Alex Türk. Sur 60 millions  d’individus, on peut imaginer, chaque année, une centaine de victimes du  système (usurpations d’identité, données erronées&#8230;). Il faut  également se méfier des consultations abusives. Si vous connaissez un  policier, rien ne vous empêche de lui demander des informations sur une  personne. De plus, la carte Ines est lisible à 20 mètres. On peut  enregistrer vos déplacements à votre insu. »</p>
<p style="text-align: justify;">Cette situation met en lumière le principal danger de l’ère numérique  : la conservation des données informatiques et le croisement possible  (quoique interdit) des fichiers. « Nous sommes tous répertoriés dans des  centaines de fichiers, renchérit Alex Türk. Le Stic (fichier de la  police recensant les délits, mises en cause ou simples victimes)  contient des dizaines de millions de coordonnées. Récemment, une femme  qui briguait un emploi dans la sécurité à l’aéroport de Roissy s’est vu  écartée, car elle apparaissait, à tort, dans le fichier pour une  histoire vieille de onze ans (alors que les données doivent être  détruites au bout de cinq ans). Le temps de nous contacter et de  régulariser la situation, la place était prise&#8230; » Cela pose également  le problème du droit à l’oubli. Plus d’erreur permise. On peut se voir  refuser un emploi à 30 ans pour un tag malheureux à 18 ans. « C’est la  disparition de l’espace public anonyme, ajoute Alex Türk. Si vous croyez  que le monde ressemblera un jour à celui de Big Brother,  détrompez-vous&#8230; Vous êtes en plein dedans ! »</p>
<p style="text-align: justify;">Lors du boum d’internet en France, de nombreux fournisseurs d’accès  offraient gratuitement leurs services à la condition de renvoyer un  questionnaire composé de questions banales (profil, coordonnées, centres  d’intérêt&#8230;). Ces réponses alimentaient des fichiers qui venaient  s’ajouter à d’autres : abonnés au téléphone, adhérents à un club, achats  par correspondance&#8230;<br />
<strong><br />
La traque commerciale</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Toutes les informations sont bonnes à prendre pour venir grossir des  bases de données comportementales de plusieurs millions d’adresses. En  procédant à des recoupements, on bénéficie alors de renseignements  précis selon de multiples critères : socio-démographie, style de vie,  comportement d’achat&#8230; Essentiel pour cibler les familles de deux  enfants qui consomment du lait au petit déjeuner ou les personnes  susceptibles de contracter un crédit. Les informations collectées  alimentent les études et les campagnes de marketing des entreprises du  monde entier qui se les arrachent à prix d’or. Deux géants détenaient la  majeure partie du marché français : Consodata et Claritas. Ils ont été  rachetés par Axciom, qui affiche aujourd’hui une MBDD (mégabase de  données) de 6 millions de foyers, soit 18 millions d’individus dans  l’Hexagone. Avec des tarifs variant entre 0,1 euro et 0,8 euro hors  taxes l’adresse, on perçoit l’ampleur du marché. Le secteur a connu un  développement considérable avec internet où la collecte sauvage abondait  en toute illégalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, la Cnil impose de cocher une case sur les formulaires  internet si l’on désire recevoir de la publicité ciblée. Le but étant  d’éviter le spam (envoi massif de mails non sollicités). Pourtant, le  citoyen reste traqué sans relâche, puis fiché à son insu au cours de  grandes battues commerciales.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Votre patron sait tout, voit tout, entend tout</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-252" title="cravate-camera-jean-paul-ney" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/cravate-camera-jean-paul-ney-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" />Enregistreurs, caméras, contrôle des disques durs mais aussi filatures  et enquêtes internes : c’est un véritable bras de fer qui se joue entre  directions et employés sur le thème de la surveillance &#8211; notamment  technologique &#8211; des salariés. Les magistrats, eux, tentent d’arbitrer en  émettant des jugements en rafales.</p>
<p style="text-align: justify;">L’affaire fait grand bruit et secoue le landerneau judiciaire. Les  faits au départ relevaient pourtant d’une anecdote à la Courteline,  mâtinée de high-tech : un employeur découvre des photos érotiques sur le  bureau d’un salarié. « Rien d’affolant aujourd’hui compte tenu de  l’accroissement spectaculaire de photos X circulant dans les entreprises  via internet », glisse, moqueur, un avocat. L’affaire se complique  quand la direction décide de contrôler &#8211; discrètement &#8211; le disque dur de  l’ordinateur de son employé. Trouvant sous l’intitulé « Perso »  d’autres dossiers tout aussi étrangers à la fonction de l’intéressé,  l’employeur convoque l’homme aussi sec. Et licencie le licencieux pour  faute grave. Sanction confirmée par la cour d’appel. Le 19 mai dernier  pourtant, rebondissement : la Cour de cassation casse la décision. Au  motif que, hors événement ou risque particulier, l’employeur n’a pas le  droit d’ouvrir les fichiers personnels sur un disque dur informatique  sans que l’intéressé soit présent, ou du moins prévenu.</p>
<p style="text-align: justify;">Face à cette jurisprudence, quelques millions de salariés heureux  possesseurs de dossiers persos &#8211; à forte flatulence &#8211; sur leurs disques  durs sont tentés de pousser un ouf de soulagement. A tort. « Cette  décision ne dit pas que les contrôles sont illicites, ou que la faute  n’existe pas, rappelle Me Michel Henry, un des avocats réputés de  l’Hexagone en droit social, conseil de nombreux syndicats. Il confirme  simplement que ces fouilles ne peuvent se faire à l’insu des intéressés.  »</p>
<p style="text-align: justify;">« Si le combat est rude, c’est que les technologies fragilisent en  réalité l’une et l’autre partie, commente Luc Mensah, directeur de Siva,  une société en pointe dans le conseil en surveillance informatique. Les  entreprises voient leurs données stratégiques exposées aux courants  d’air du monde numérique, et les salariés se sentent menacés dans leurs  libertés individuelles. » L’affaire de la jeune stagiaire chinoise,  supposée espionne de Valeo, est révélatrice de la vulnérabilité des  employeurs, notamment vis-à-vis des personnels non permanents :  stagiaires, CDD, intérimaires, indépendants.<br />
<strong><br />
Une variété de mouchards technologiques</strong><br />
<img class="alignleft size-medium wp-image-253" title="espionnage-animal-L-1" src="http://www.lesgrandesoreilles.com/wp-content/uploads/2010/07/espionnage-animal-L-1-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" />De leur côté, les employés n’ont pas forcément de quoi être rassurés.  Les caméras de vidéosurveillance externes, toujours plus nombreuses  depuis le 11 Septembre, captent les déplacements des salariés &#8211; arrivées  et départs notamment &#8211; et parfois par inadvertance quelques recoins des  locaux internes. Contestables devant les tribunaux, ces enregistrements  créent une tension, parfois une psychose, qui peut devenir explosive.  Or, la tentation de l’accumulation des systèmes de surveillance est  d’autant plus forte que le marché fourmille de mouchards technologiques  toujours plus performants. « Les key loggers, par exemple, en  enregistrant les frappes sur le PC, avec la date et l’heure, sont  capables de reconstituer l’intégralité d’une journée de travail d’un  salarié ; les log trackers sont des mouchards internet capables de  tracer toute l’activité d’une personne sur la toile », détaille un  spécialiste internet.</p>
<p style="text-align: justify;">Seule limite à ces outils : ils ne doivent être utilisés que dans un  objectif de statistique globale et ne peuvent viser un salarié  particulier. Car la Cnil veille à ce que libertés individuelles et  respect de la vie privée soient respectés. « Hors activités sensibles,  l’autorisation d’une vidéosurveillance dans les bureaux, devant la  machine à café&#8230; sera toujours refusée, analyse Luc Mensah. Dès lors,  face aux contraintes légales, la meilleure solution consiste à ceinturer  les données elles-mêmes plutôt que les hommes. Via des clés d’accès,  cryptages, tunnels, connexions sécurisées sans oublier les filtres  internet pour dissuader le personnel de surfer sur certains sites&#8230; »</p>
<p style="text-align: justify;">Deux règles viennent renforcer la protection des salariés. « Celle de  la transparence, qui oblige l’entreprise à faire connaître les systèmes  de contrôle qu’elle installe, et celle de la proportionnalité des  moyens mis en place par rapport aux risques encourus », décrit Me Michel  Henry. Pour le viol de cette seconde disposition, l’avocat vient ainsi  de faire condamner une filiale de la SNCF ayant mis en place un système  de pointage du personnel par empreinte biométrique du pouce. Un  dispositif disproportionné par rapport aux risques encourus parce que «  irrespectueux des droits de la personne humaine », dit le jugement. Une  première en France.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme dans les meilleures agences de renseignements, l’entreprise se  nourrit aussi de renseignements humains sur le terrain : évaluations  annuelles, visites médicales, dialogues informels, suivi de carrière,  etc. Là où les choses dérapent, c’est quand les services de sécurité  interne ou les officines sont saisies. Car les détectives privés  français ont fait leur révolution : fini les maris jaloux qui veulent  des flags dès potron-minet. Leurs clients aujourd’hui sont souvent des  chefs d’entreprise en quête de révélations sur l’évaporation de secrets  industriels, des détournement de marchandises ou&#8230; de l’info sur les  habitudes d’un collaborateur gênant. Certes, les officines ont des codes  de déontologie féroces. « Mais on peut toujours invoquer des prétextes  bidons pour faire suivre une personne dont on veut la peau », remarque  ce détective d’une enseigne parisienne ayant pignon sur rue.</p>
<p style="text-align: justify;">Il en est de même pour tous les systèmes d’espionnage sauvages : ils  sont totalement interdits, mais la sanction pénale reste faible. Et leur  efficacité souvent payante. Témoin cette affaire dans une école de  commerce d’une grande CCI où les distributeurs de cafés et de boissons  se trouvaient régulièrement vidés de toute leur monnaie par un étudiant  non identifié. Au bout de quelques mois, exaspéré, le directeur  dissimule dans le plus grand secret, et en dehors de toute autorisation,  une caméra au-dessus des fameuses machines. Et découvre que le pilleur  de tronc est&#8230; son principal adjoint, professeur de culture générale ! «  Sommé de choisir entre la démission immédiate ou la plainte au  commissariat, le salarié a craqué et disparu du jour au lendemain des  murs de l’établissement », raconte un témoin. S’il était allé devant les  tribunaux, son licenciement aurait pu être contesté, compte tenu de  l’illégalité totale de l’enregistrement.</p>
<p style="text-align: justify;">Contester, c’est aussi ce qu’ont tenté de faire récemment quatre  agents de sécurité, non sans un certain culot. Pris en flagrant délit  d’« indélicatesse » (le mot est joli) par des caméras installées dans le  local de stockage de clients de l’entreprise où ils n’avaient pas  accès, les lascars ont plaidé avec force la nullité de l’enregistrement.  Au motif qu’ils n’étaient pas prévenus de l’existence des caméras.  Habile mais raté : les juges de la Cour de cassation ont estimé en mai  dernier qu’il n’était pas besoin de prévenir les salariés d’une  vidéosurveillance dans des locaux où le personnel n’a pas l’autorisation  d’entrer.</p>
<p style="text-align: justify;">Le rôle des juges n’est donc pas partial mais au contraire précis,  équilibré, avec néanmoins une double ambiguïté : les magistrats sont  eux-mêmes ordonnateurs d’écoutes judiciaires &#8211; 30 000 par an environ &#8211;  en extension mal contrôlée. Et, ironie supplémentaire, eux-mêmes  n’échappent pas à l’espionnite croissante. Après les accusations des  magistrats de Nanterre se plaignant de piratage informatique dans  l’affaire Juppé, un autre scandale a éclaté à Caen. Un système de  téléphonie donnait au premier président de la cour et au procureur  général les moyens techniques d’espionner les conversations  téléphoniques des magistrats de la juridiction. Si l’enquête a conclu à  une « maladresse », l’émoi suscité par cette affaire a conduit le  ministre de la Justice à se fendre d’une circulaire rappelant que dans  les juridictions « seul le standard est autorisé sans aucune faculté  d’écoute ». Un texte surréaliste à souhait, parfaitement révélateur,  jusqu’à la caricature, des dérives actuelles.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Espionnage industriel : tous les coups sont permis</strong><br />
Du faux entretien d’embauche pour recueillir des informations aux  &laquo;&nbsp;grandes oreilles&nbsp;&raquo;américaines qui surveillent les communications de  toute la planète, l’espionnage économique ne regarde pas à la dépense et  peut rapporter gros. A condition de ne pas se faire prendre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le scandale a explosé au début de juin. Et l’enquête suivie par  Interpol pourrait bien révéler une des plus importantes affaires  d’espionnage industriel des dix dernières années.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout commence au mois de novembre 2004. A sa grande stupéfaction, un  écrivain israélien découvre sur internet des extraits de son livre,  alors en préparation. Il porte plainte. La police déniche sur son  ordinateur un cheval de Troie, petit programme informatique permettant  d’espionner à distance le contenu d’un ordinateur. Son gendre,  rapidement soupçonné, passe aux aveux. Quitté par sa femme, il avait  décidé de se venger sur sa famille.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais en tirant le fil de cette affaire, les enquêteurs découvrent que  le triste sire est allé bien plus loin. Il a vendu son logiciel espion à  des sociétés de renseignements privées, et ces dernières ont  elles-mêmes proposé à des sociétés implantées dans le monde entier ou  représentant des grandes marques en Israël de leur vendre des  informations confidentielles&#8230; La police a déjà découvert plus de  quatre-vingts entreprises victimes de cet espionnage industriel à grande  échelle.</p>
<p style="text-align: justify;">« Rien n’est pire en matière d’espionnage industriel que de se faire  prendre », commente un spécialiste de ces questions, ancien de la Sûreté  du territoire (DST) travaillant aujourd’hui pour une entreprise privée.  Car, pour lui, il n’y a pas de doute, « croire que les limites légales  de la recherche d’information sur un concurrent ne sont jamais  franchies, c’est être un peu naïf ».</p>
<p style="text-align: justify;">L’affaire de la petite Chinoise Li Li Whuang, stagiaire chez Valeo,  soupçonnée d’espionnage industriel par la justice française, est loin  d’être unique en son genre. Le Centre européen pour le renseignement  stratégique et la sécurité (ESISC), basé à Bruxelles, a révélé qu’un  véritable réseau d’espionnage économique chinois, dont la base se  trouverait au sein de l’université de Louvain, essaimerait dans toute  l’Europe du Nord.</p>
<p style="text-align: justify;">« La Chine est considérée comme l’un des pays les plus agressifs en  matière d’intelligence économique », rappelle Jacques Baud, auteur de  l’ouvrage de référence l’Encyclopédie du renseignement et des services  secrets *. Mais bien souvent les affaires sont étouffées. Une entreprise  n’a que rarement intérêt à montrer qu’elle ne sait pas se défendre. De  surcroît, des intérêts nationaux peuvent être en jeu. La France ne veut  pas se brouiller avec la Chine ? C’est tout bénéfice pour l’entreprise  ou le pays qui a profité de l’espionnage. Car « suivant la qualité des  informations recueillies, entre cinq et dix ans de recherche peuvent  être économisés. Dans certains cas, des marchés entiers sont gagnés ou  perdus », confie un expert en protection de secret industriel.</p>
<p style="text-align: justify;">« Il ne faut être ni naïf ni paranoïaque », rappelle de son côté  Alain Juillet, haut responsable à l’Intelligence économique, après avoir  dirigé Marks &amp; Spencer-France et tenu le deuxième rang des services  secrets français, en charge notamment de la création d’un système de  veille et d’alerte pour les entreprises stratégiques. A la suite du  rapport du député UMP Bernard Carayon sur les faiblesses de la France en  matière de défense économique, il a également lancé un fonds de soutien  pour les entreprises sensibles en difficulté. Un moyen d’éviter une  technique connue de l’espionnage industriel : prendre le contrôle  financier d’une société pour piller le résultat de ses recherches.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce souci de l’Etat français de protéger son patrimoine scientifique  et technologique est une première quand dans certains pays on pratique  depuis des lustres des techniques bien plus offensives. L’une des plus  connues à ce jour est celle du faux entretien d’embauche. Une entreprise  voulant obtenir des informations sur un concurrent diffuse des petites  annonces laissant miroiter des rémunérations importantes. Ces annonces  ciblent des profils d’ingénieurs ou de chercheurs très spécifiques. Une  fois attirés, ces derniers sont soigneusement manipulés grâce à une  série d’entretiens étudiés pour que rien ne filtre de la machination.  Ils cherchent bien évidemment à briller auprès de leur futur employeur  et lâchent sans même s’en rendre compte les informations stratégiques  recherchées. Le candidat reçoit quelques jours plus tard une lettre.  Elle stipule qu’il n’a pas décroché le poste.</p>
<p style="text-align: justify;">D’autres utilisent des méthodes plus classiques&#8230; Ainsi, la  multinationale Procter &amp; Gamble, par le biais du cabinet privé  Phoenix Consulting Group, a été impliquée dans une affaire d’espionnage  industriel alors que certains des agents de Phoenix Consulting  fouillaient les poubelles d’une filiale de son concurrent Unilever.</p>
<p style="text-align: justify;">L’espionnage touche quasiment tous les secteurs. L’armement et la  sécurité sont parmi les plus sensibles. Un officier de l’armée grecque  vient d’être arrêté pour avoir divulgué à des sociétés privées des  informations confidentielles concernant l’achat de F-16 et d’avions de  combat Eurofighter du consortium européen EADS. Mais tous les secteurs  extrêmement concurrentiels, que ce soit l’agroalimentaire, les  cosmétiques, les secteurs pharmaceutiques&#8230; sont concernés. Comme  toutes les guerres, la guerre économique ne se gagne qu’avec de bonnes  informations.</p>
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		<title>Sarko et les flics, la rupture</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Jul 2010 18:29:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
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